On dit toujours qu'il faut surveiller les femmes Rh- sous prétexte que leur rhésus peut présenter une incompatibilité foeto-maternelle - sous-entendu qu'elles sont potentiellement "dangereuses" pour leur bébé - sauf qu'on oublie de préciser que ce risque n'existe que si le père est Rh+ et si le résultat est que le bébé est lui aussi Rh+. Donc, c'est autant la faute du papa que de la maman, non mais ! ;-)

Rhésus négatif

Ça veut dire quoi, dans les faits ?

Techniquement, cette incompatibilité foeto-maternelle se traduit par la fabrication, par la mère, d'agglutinines destinées à détruire les globules rouges du bébé. Plusieurs facteurs conditionnent toutefois l'existence de ce risque :

  • Comme dit plus haut, il faut que la mère soit Rh- et le père Rh+. S'ils sont du même rhésus ou si la mère est Rh+ (quel que soit le rhésus du père), aucun risque.
  • Il faut que le bébé soit Rh+ (mais cela ne peut être vérifié qu'après l'accouchement, d'où l'intérêt de prendre des précautions).
  • Il faut que le sang de la mère et celui du bébé entrent en contact, soit lors des remaniements placentaires habituels de la grossesse, soit au moment de la délivrance.

En général, la première grossesse se passe sans problème car la mère se contente alors de détecter les globules rouges Rh+ du bébé et de fabriquer des agglutinines inactives. C'est à partir de la deuxième grossesse que le risque se concrétise puisque la mère reconnaît alors cette deuxième intrusion Rh+ et ses agglutinines se mettent alors en action. Le risque est surtout fœtal puisque le bébé peut alors souffrir d'une anémie sévère et d'une atteinte grave du foie et de la rate, qui peuvent s'avérer mortelles.

Mais qu'est-ce qu'il faut faire alors ?

  • S'assurer de connaître son propre rhésus et celui du père.
  • Le signaler à son médecin (normalement, si c'est un vrai médecin, il doit poser la question de lui-même, généralement plutôt trop tôt que trop tard).
  • Se faire injecter du Rhophylac (ou équivalent) autant de fois que nécessaire au cours de la grossesse (dans mon cas, on m'a parlé de 3 injections maximum).
  • Faire une prise de sang mensuelle pour pratiquer une RAI (= recherche d'agglutinines irrégulières).

Rien de bien contraignant, en somme !
En revanche, si la RAI révèle la présence d'agglutinines irrégulières, j'ignore (pour l'instant !) ce qu'il faut faire mais j'avoue que je préfèrerais ne pas le découvrir :-)

Sinon, être Rh- et surtout O-, c'est pas si mal !

Car ne l'oubliez pas : si vous avez besoin de sang, en tant que O-, je suis donneuse universelle. La classe, non ? ;-)

Le seul hic, c'est que je ne peux recevoir que d'un autre O-. Ça tombe bien : c'est aussi le cas de mon frère ! D'ailleurs, c'est pour ça que nous n'avons pas le droit de vivre trop loin de l'autre. Bon, en fait, on a le droit, mais si c'était le cas, on se manquerait trop :-)

Au fait, faudra qu'on m'explique comment deux O+ (en l'occurrence, mes parents) peuvent donner un O-, à deux reprises qui plus est ! Je sais pas vous, mais mes profs de maths m'ont toujours dit que deux + ne pouvaient donner qu'un autre + ! On m'aurait menti ? ;-)