22 mars 2014

Avec... puis sans...

Aujourd'hui était un jour plutôt "avec".
Séance de bébés-nageurs avec Gaspard.
Préparation des vacances à la veille du départ.
Soleil timide mais lumineux.

En écoutant la "playlist des grumeaux", j'avais même réussi à ne pas pleurer sur "Les petits pieds de Léa" et sur "Sois tranquille".

Et puis j'ai décidé de mettre en place notre nouveau système de rangement/classement des papiers.

C'est là que que je suis tombée sur la demande de places en crèche déposée le 26 mars 2013, il y a bientôt un an.

Je me souviens que j'avais rempli deux formulaires - un pour chaque grumeau.
Je me souviens qu'il fallait préciser le prénom et le sexe de l'enfant sur les formulaires.
Je me souviens que j'avais expliqué, plutôt amusée, qu'il s'agissait de jumeaux et que nous n'en connaissions ni les prénoms ni les sexes.
Je me souviens que j'avais alors précisé sur l'une et l'autre demandes : "jumeau 1" et "jumeau 2".

Un an plus tard, comme mon cœur est lourd...

Crèche

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21 mars 2014

Injustice

Je me souviens de la réaction quasiment immédiate d'une personne en particulier à qui nous venions d'apprendre que Gaspard avait une jumelle : "Je n'en parlerai pas à mes enfants, ils sont trop petits". Ils sont deux garçons et ils doivent avoir entre 4 et 10 ans.

Je comprends cette volonté de protéger ses enfants, surtout lorsqu'ils sont encore trop jeunes pour appréhender certaines choses "de grands". Je comprends, je crois même que j'approuve. Mais ça ne m'empêche pas de trouver ça injuste.

Ces enfants-là vont grandir - du moins, un certain temps - sans savoir que la mort existe, sans savoir que la vie est cruelle, sans savoir que l'on n'a pas besoin d'être vieux pour mourir, sans savoir que certains enfants grandissent sans leur sœur à leurs côtés.

Je ne suis pas jalouse. Au contraire, je trouve ça bien parce que c'est comme ça qu'on devrait commencer sa vie : avec légèreté et insouciance. Je ne dis pas non plus que, puisque Gaspard n'aura pas cette chance, ils ne devraient pas l'avoir non plus. Ce n'est pas comme ça que je réfléchis et ce n'est pas comme ça que ça marche.

Mais mon Gaspard, quand il aura l'âge de l'aîné ou même du cadet, il saura déjà tout ça. D'abord affectivement, puis intellectuellement au fur et à mesure qu'il sera capable de verbaliser. Et je trouve ça injuste.

Parce que la vie a été injuste avec Élise et avec nous, mais aussi avec Gaspard. C'est injuste de mourir avant de vivre. C'est injuste d'enterrer son enfant. Et c'est injuste de grandir sans sa sœur.

Injustice

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20 mars 2014

Pierre après pierre

Je ne sais pas pour vous mais, quand il fait beau, j'ai envie que les choses soient en ordre et à leur place. Alors aujourd'hui, le soleil printanier aidant, j'ai fait un peu de tri et de rangement, en particulier sur l'ordinateur. J'ai notamment fait le ménage dans tous les favoris Internet.

Je ne vous cache que ça m'a fait drôlement mal au cœur de supprimer tous les liens que j'avais mis de côté en début de grossesse, sur les poussettes doubles et l'allaitement de jumeaux en particulier.
Dans le lot, il y avait aussi tous ces liens sur les fentes labio-palatines, sur la dilatation ventriculaire, sur l'interruption de grossesse.
Et puis il y avait les liens de repérage vers les seuls vêtements d'Élise.

Tout cela est derrière nous.
Je suis restée sur ma simple envie, non assouvie, d'allaiter mes jumeaux.
Nous avons dû nous contenter d'une poussette simple.
Nous savons qu'une fente labio-palatine peut s'opérer et se réparer, même de façon imparfaite.
Nous connaissons les enjeux et les impacts de la dilatation ventriculaire.
Nous vivons dans notre chair et dans notre cœur le drame de l'interruption de grossesse.
Nous avons un double de la robe grise et du body qu'elle porte.
Mais ce qui n'est pas derrière nous, c'est le manque d'elle, son absence, le vide qu'elle a laissé.

Une nouvelle pierre - un nouveau petit caillou, plutôt - à l'édifice du deuil, sans doute.
Une nouvelle page qui se tourne. Parce qu'il faut bien tourner les pages pour que l'histoire puisse continuer à s'écrire, malgré son absence, avec son absence, avec elle quand même.

Derrière soi

18 mars 2014

Six mois

15 638 400 secondes
260 640 minutes
4 344 heures
181 jours
26 semaines
6 mois
1 demi-année
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