18 avril 2014

Ronan

Aujourd'hui, cela fait sept mois qu'Élise est morte.

Ça ne fait pas si longtemps que j'arrive à l'écrire - et même à le dire, parfois : Élise est morte.
Avant, je ne disais pas qu'elle était morte ; je disais qu'elle n'était plus là.
Avant, je ne disais pas qu'elle était morte-née (je ne sais même pas si ça se dit au féminin, d'ailleurs) ; je disais qu'elle était née sans vie.

Je pourrais aussi dire qu'elle a fini de vivre. Comme Ronan.

Car aujourd'hui, je ne vais pas vous parler d'Élise. Enfin, pas tout-à-fait. Je vais vous parler de Ronan.
Mais parler de Ronan, c'est un peu parler d'Élise quand même.
Parce que Ronan a vécu.
Parce que Ronan a une sœur jumelle.
Parce que Ronan est parti trop vite.

Ronan est un petit garçon qui a un grand frère, Yann, et une sœur jumelle, Selma.
Ronan est venu au monde le 14 novembre 2008.
Ronan est mort le 19 janvier 2009. De ce qu'on appelle communément la mort subite du nourrisson.
66 jours avec ses parents, son frère et sa sœur.

Sa maman, Micha, en a fait un récit qu'elle a publié sur son site. Un récit bouleversant, que je voulais partager avec vous, et avec l'autorisation de Micha. En hommage à Ronan et, d'une certaine façon, en ce 18 du mois, en hommage à Élise.

Ronan a fini de vivre

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17 avril 2014

2 - 7 - 29 - 35

Cela faisait déjà un moment que le moral n'allait pas si mal, ça ne pouvait pas durer éternellement !

Depuis quelques jours, ça ne va plus. Plus du tout, même. Des "évènements" qui s'accumulent, des dates qui approchent inexorablement.

Je suis une fille, je tiens un blog de fille, je peux donc parler de trucs de filles : mes règles sont revenues hier. C'est la première fois depuis mon retour de couches le 9 mars et pour moi, en plus de l'effet des hormones sur mes glandes lacrymales, ça veut dire plusieurs choses :

  • nos tentatives de conception naturelle ont échoué (oui, nous croyons malgré tout à une nouvelle grossesse sans passer par la case CHU - on nous a tellement rabâché que tout était possible après une FIV) ;
  • mes règles, qui portent si mal leur nom, ne sont pas devenues régulières malgré la grossesse (oui, je nourrissais cet espoir secret) ;
  • puisqu'elles ne sont pas régulières, ça va être compliqué de cibler le moment pour maximimer nos chances de conception naturelle.

À côté de ça, il y a les sept mois des grumeaux qui approchent.
Sept mois demain qu'Élise est morte. Et elle est toujours aussi morte.
Sept mois après-demain qu'Élise et Gaspard sont nés. Et Élise est toujours aussi absente.

Et puis il y a mon anniversaire la semaine prochaine et celui de mon homme le mois prochain.
Impossible de ne pas repenser à ces mêmes dates en 2013. Elles étaient tombées pile dans la "bonne période" de la grossesse, entre la presque-fin des problèmes du début et ce jour maudit où tout a commencé à basculer, lentement mais sûrement. Tout allait encore bien. On les avait fêtés le cœur léger, en pensant que l'année suivante, on les fêterait à quatre.
Et maintenant nous sommes "l'année suivante" et nous ne sommes pas quatre.

Et comme souvent dans les moments où ça ne va pas, j'ai mon côté maso qui ressort. Alors j'ai décidé de faire notre déclaration de revenus en ligne.
Je sais bien que cela signifie déclarer Élise et Gaspard pour 2013 tout en sachant qu'Élise ne sera plus là pour 2014. Mais c'est toujours différent de le savoir et de le voir. Comme ce "2" si provisoire, si éphémère me fait mal au cœur...

Foyer fiscal

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14 avril 2014

Une jolie robe

Vendredi dernier, je suis sortie prendre un verre en terrasse avec une amie. Avec le soleil qu'il faisait, je me suis fait la réflexion qu'il fallait que je protège la tête de Gaspard. Nous avons donc fait un crochet dans une boutique pour enfants pour y trouver une casquette ou un bob.

J'ai trouvé ce que je cherchais pour Gaspard - et même plus. Je me suis en effet fait plaisir pour cet été car, depuis sa naissance, nous n'avons choisi nous-mêmes que quelques pyjamas et paires de chaussettes : tout ce qu'il porte vient de dons, prêts ou cadeaux !

Quand je me retrouve dans ce genre d'endroit, je prends par ailleurs toujours le soin d'éviter les rayons "petite fille" - c'est encore trop douloureux - mais la boutique était trop petite pour que je ne remarque pas cette jolie petite robe dans laquelle je t'imaginais si bien...

Robe marguerites

Depuis que tu n'es plus là (as-tu seulement été vraiment là ?), je me suis toujours dit que si quelque chose - un vêtement, un doudou - me plaisait au point de t'imaginer avec, je m'autoriserais à le prendre. Cette robe aurait été la première occasion. Mais je ne l'ai pas fait.
Peut-être parce que je n'étais pas seule.
Peut-être parce que j'ai eu peur que la vendeuse ne me pose des questions auxquelles je n'avais pas envie de répondre.
Peut-être parce que je me suis rendu compte que c'était absurde. Mais ton absence n'est-elle pas ce qu'il y a de plus absurde dans ma vie ?
Peut-être parce que j'ai compris que voir cette robe chez nous, sans petite fille à y glisser, me ferait plus de mal que de bien.

Posté par Tannabelle à 09:07 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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