25 mai 2014

Un jour presque comme les autres

Aujourd'hui, c'était la fête des mères en France, la première depuis que les grumeaux sont nés.
La première que je passe avec Gaspard. La première que je passe sans Élise.

Ma famille me l'a souhaitée et a compris que, même si je n'attache pas une grande importance à toutes ces fêtes "imposées", c'était un jour particulier. Un jour qui sera toujours particulier, parmi tous ceux qui le sont déjà et qui le resteront toujours.

Aujourd'hui, à droite à gauche, j'ai vu les cadeaux que certains enfants ont préparés pour leurs mamans. Et j'ai imaginé les cadeaux qu'Élise n'aura jamais la joie et la fierté de préparer pour moi.
J'ai lu les souhaits que certains adressaient aux mamans de leur entourage. J'ai notamment vu passer sous mes yeux cette phrase : "Que cette journée des mamans soit la plus belle pour toutes les mamans du monde." Et je me suis dit que cette journée ne pourra jamais être la plus belle.
Je me suis rappelé les cadeaux que j'offrais à ma mère et les poèmes que je lui récitais, dans la chambre de mes parents, le dimanche matin, encore en pyjama, à peine réveillée. Et j'ai pensé que jamais je ne partagerai ces moments-là avec Elise. Jamais.

 

Gaspard est bien sûr encore trop petit pour avoir préparé quelque chose ou même pour avoir simplement conscience de cette fête. Alors c'est le papa qui s'est fait le messager de mon crapaud, à gauche, et de ma grenouille, à droite.

Roses

Tout à droite, c'est le reflet de la "lampe d'Élise"  dans la baie vitrée.
Lampe personnalisée avec d'un côté une photo de la main d'Élise, de l'autre une photo du pied de Gaspard.

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23 mai 2014

24 mai

Aujourd'hui, nous sommes le 23 mai.

Il y a 8 mois, c'était presque la première fois que nous voyions ton visage, que nous prenions ta main, que nous t'embrassions. Et pourtant c'était aussi et surtout la dernière fois.

Demain, nous serons le 24 mai.

Il y a un an, j'avais passé une belle après-midi avec des amis venus égayer mes journées en solitaire.
Nous nous étions amusés de mon statut temporaire de "personne à mobilité réduite", en raison de l'hématome qui m'obligeait à limiter mes déplacements.
Nous avions parlé des sexes qui devaient rester secrets jusqu'à la naissance.
Nous avions évoqué les trois couples de prénoms que nous avions choisis.

Il y a un an, mon mari et moi étions sur le point de découvrir que la vie peut se comporter en traîtresse.
Il y a un an, mon mari et moi étions sur le point de recevoir un message de ces amis désireux, en toute bienveillance et en toute innocence, de savoir si mon statut de PMR était prolongé ou non.
Il y a un an, mon mari et moi étions sur le point d'apprendre les sexes de nos jumeaux de façon un peu fortuite.
Il y a un an, mon mari et moi étions sur le point de commencer à appeler, un peu plus tôt que prévu, nos jumeaux par leurs prénoms.

Il y a un an, notre vie a commencé à basculer. Lentement, progressivement, inexorablement.

Ce 24 mai 2013, la plus grosse inquiétude que nous a laissée l'échographie était liée à la fente labio-palatine d'Élise.
C'était l'anomalie la plus visible.
C'était l'anomalie la plus grave.
C'était l'anomalie qui avait bien voulu dire son nom immédiatement.
C'était l'anomalie définitive, celle qui ne pourrait de toutes façons pas disparaître d'elle-même in utero.
C'était l'anomalie qu'il faudrait traiter et opérer dès les premiers mois de vie d'Élise.
C'était l'anomalie qui nous "parlait" le plus, à nous, les profanes.
C'était l'anomalie qui nous laissait entrevoir que nous avions des moyens d'action.
C'était l'anomalie qui ne nous interdisait pas de nous projeter.

Ce 24 mai 2013, nous avons occulté la deuxième anomalie d'Élise : la dilatation des ventricules de son cerveau.
C'était l'anomalie la moins visible.
C'était l'anomalie la moins grave.
C'était l'anomalie qui pouvait n'être qu'une fausse alerte, celle qui pouvait stagner, voire régresser ou même se résorber d'elle-même in utero.
C'était aussi l'anomalie qui faisait peur, celle-dont-il-ne-fallait-pas-prononcer-le-nom.
C'était surtout l'anomalie qui pouvait faire basculer notre vie.

Cosmopolitan (bis)

Je suis à la une de Cosmopolitan !

Pour être honnête, c'est mon blog qui est à la une de Cosmopolitan.
Pour être un peu plus honnête, c'est dans la rubrique Psycho de Cosmopolitan que mon blog est à la une.
Pour être tout-à-fait honnête, c'est dans la rubrique Psycho du site Internet de Cosmopolitan que mon blog est à la une.

Mais peu importe : cela veut quand même dire que mon blog a attiré et retenu l'attention !

Et je suis certaine que vos votes n'y sont pas étrangers alors : MERCI !

Et si vous ne me croyez pas, voici la preuve en image !

Cosmopolitan
Capture d'écran réalisée il y a quelques minutes

Dépêchez-vous d'aller le vérifier de vos propres yeux car les blogs à la une ne le sont que pour une semaine et je ne sais pas depuis quand le mien est à l'honneur : ils ne m'ont même pas prévenue, les saligauds ! Je l'ai découvert par hasard ce matin alors que c'était la première fois que j'avais l'idée d'aller vérifier.

Posté par Tannabelle à 11:04 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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20 mai 2014

Saint-Aubin

Ce soir, j'ai répété dans une chapelle à Saint-Aubin pour un concert que l'on y donne demain.

Avant de prendre la route pour ma répétition, je n'avais pas réalisé que la dernière fois que j'avais mis les pieds dans cette chapelle, c'était le 13 février 2013.

Sur les dernières minutes du trajet, à mesure que l'itinéraire des derniers kilomètres me revenait en mémoire, cette fameuse journée a défilé en accéléré dans ma tête :

  • le matin, la prise de sang pour évaluer le taux de bêta-HCG ;
  • en début d'après-midi, la réception des résultats par email avec ce taux que l'on voulait croire trop élevé pour qu'il ne soit le premier indice que d'une seule petite vie ;
  • dans la foulée, le coup de fil à mon mari, mes parents, mon frère, ma belle-soeur, mes beaux-parents, mon beau-frère ;
  • l'après-midi, l'ultime répétition pour le concert du soir ;
  • le soir, l'annonce de ma grossesse à ma prof d'alto entre la loge et la scène, juste avant le concert ;
  • après le concert, la conversation avec ma copine altiste, pendant sa pause-cigarette, sur le parvis de la chapelle où nous venions de jouer ;
  • sur la route du retour, dans la voiture, diffusée à la radio, cette chanson d'Etienne Daho qui a soudain pris tellement de sens ;
  • de retour chez moi, la douceur des bras impatients de mon mari ;
  • dans la foulée, la joie d'appeler nos amis proches pour leur annoncer la nouvelle tant attendue.

Une madeleine de Proust dont le goût aussi doux qu'amer m'est resté longtemps en bouche ce soir...

chapelle

En relisant le premier billet publié a posteriori sur le blog et daté de ce fameux 13 février, je me trouve bien naïve : Même s'il y a un problème en route, c'est déjà une victoire. A l'époque, le plus gros "problème en route" auquel je pensais, c'était ce qu'on appelle une fausse-couche du premier trimestre. Si j'avais su...