09 mars 2017

Le petit garçon qui n'aimait pas le coiffeur

... on pourrait croire que je vous dévoile en avant-première le titre du dernier roman de Jonas Jonasson. Que nenni ! Je vais plutôt vous raconter une anecdote-pas-si-anecdotique-à-mes-yeux qui concerne Hector et son dernier passage chez le coiffeur.

Cela fait des mois que Hector a une peur bleue du coiffeur (et de tout ce qui touche de près ou de loin à ses cheveux). Pourquoi ? Bonne question ! J'ai l'impression que cela coïncide avec son hospitalisation de 24 heures il y a un an pour déshydratation suite à une gastro sévère, qui a par ailleurs marqué le début de sa peur des médecins. J'ai beau me triturer les méninges, je n'arrive pas à faire le lien entre les médecins et ses cheveux. Toujours est-il que nous en avons bien conscience à la maison et que nous repoussons toujours au maximum le passage chez le coiffeur, pour lui éviter ces désagréments.

Hier, voyant depuis quelque temps ses cheveux recouvrir inexorablement ses oreilles (tout comme son frère, d'ailleurs), je les ai emmenés tous les deux chez une coiffeuse que nous n'avions encore jamais testée.

Pour Gaspard, tout s'est passé comme prévu. RAS.
Pour Hector, tout s'est passé comme prévu également : l'inquiétude qui se lit dans son regard et son attitude dès que nous franchissons la porte, la main portée à ses cheveux à coups de "non non non", le soulagement quand il voit son frère passer en premier, la panique quand il comprend que son tour est arrivé, les pleurs intarissables et les efforts désespérés pour s'échapper pendant toute la (tentative de) coupe.

Je sais que ça se passe mal pour l'instant, mais je me dis que ça finira par rentrer dans l'ordre. En attendant, j'aimerais bien trouver un coiffeur qui sache vraiment s'y prendre avec les enfants apeurés. Car, outre le résultat médiocre (mais pouvait-elle vraiment faire mieux sur un modèle aussi agité ?) de la coupe, l'attitude de la coiffeuse m'a dérangée du début à la fin !

Pour commencer, sachez que je suis de celles qui croient (enfin, plus qu'une croyance, c'est carrément une conviction et une certitude !) que les enfants ne font pas de caprices. Alors quand j'ai entendu la coiffeuse répéter à l'envi qu'il faisait "une colère" et "de la comédie", que ce n'était "pas joli de pleurer", je peux vous dire que je me suis retenue de prendre mon "comédien colérique" sous le bras, avec sa coupe à moitié achevée !

Elle a même cru bon de rajouter que "[son] frère n'avait pas pleuré, lui". Cela ne me semble pourtant pas difficile de comprendre qu'il est plus âgé donc plus mature, qu'il n'a manifestement pas les mêmes expériences, les mêmes ressentis, les mêmes appréhensions, les mêmes traumatismes et que la comparaison s'arrête là sans conclusion à en tirer.

Par-dessus le marché, elle s'est occupée d'eux sans avertir ni expliquer. Et pour le coup, même mon docile Gaspard a moyennement apprécié l'histoire de l'eau froide pulvérisée sans aucune précaution ! Alors qu'il paraît que prévenir et expliquer permettent de tuer dans l'oeuf (et je sais de quoi je parle... humour noir, quand tu nous tiens !) tout ce qui est habituellement (et à tort, dirais-je) qualifié de "crise". Enfin, ce n'est pas "il paraît" : on le pratique à la maison et ça marche plutôt bien... elle devrait essayer !

Le clou du spectacle, c'est au moment de payer que nous y avons eu droit. Comme souvent, un bol de bonbons attendait bien sagement et bien en évidence sur le comptoir. Mes deux loustics les ont repérés et en ont réclamé, mais j'ai refusé. Et là, cette fichue coiffeuse a cru opportun de préciser à l'attention de Hector : "ah bah non, tu as trop pleuré, Maman elle veut pas". J'aurais vraiment dû remettre quelques points sur ses "i", à celle-là !
Premièrement, chez nous, les bonbons c'est en quantité très limitée. En réalité, nous n'en achetons pas et les seuls qu'ils consomment sont ceux qu'ils reçoivent à différentes occasions (rapportés de l'école lors de l'anniversaire d'un(e) camarade de Gapard par exemple).
Deuxièmement, à une demi-heure du repas, il était évident qu'ils n'auraient pas à droit à ce genre d'apéritif !
Troisièmement, chez nous, les bonbons et autres friandises ne servent certainement pas de moyens de pression, chantage ou récompense (systèmes plutôt inusités à la maison d'ailleurs).
Et quatrièmement, si j'avais été dans cette absurde logique, j'en aurais donné à Gaspard mais pas à Hector.

Bref, tout ça pour dire que, aussi futile que cela puisse paraître, nous recherchons toujours un coiffeur qui connaisse son métier et sache s'y prendre avec les enfants !

Vous me direz qu'on pourrait aussi prendre le parti de laisser pousser ses cheveux le temps qu'il s'y fasse, mais le problème, c'est qu'avec sa blondeur et son manque de volume, il risque de ressembler... à ça !

coupe au bol

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06 mars 2017

Rebelote !

Ce soir, entre la poire et le fromage (ou plutôt entre le camembert et la pomme), Gaspard nous a encore cueillis :

"Maman, je pense à Élise. Je voudrais qu'elle soit pas morte."

Et bam ! Un cœur qui s'emballe et des larmes qui roulent.

Larme

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15 février 2017

Un signe ?!

Hier, pour la Saint-Valentin, mon homme m'a offert un test de grossesse.
(En vrai, on ne la fête pas et c'est moi qui le lui ai demandé. Et encore plus en vrai, c'est un résultat positif qui aurait pu être qualifié de cadeau de Saint-Valentin, si on s'en offrait !)

Ledit test de grossesse s'est révélé négatif ce matin : je ne m'avoue pas vaincue, mais plutôt (trop) pressée. Il se pourrait que je l'aie effectué trop tôt, non pas à cause de mes lacunes en mathématiques, mais par impatience... Alors accordons-nous encore un peu de temps avant de sauter de joie ou de déchanter !

D'ici là, je garde espoir et, en plus des signaux que m'envoie mon corps (et que j'interprète selon mon désir, évidemment), je vois des signes partout. Car si Facebook me suggère comme ça, de but en blanc, de m'inscrire à une newsletter intitulée "Hector" et "qui donne envie de faire des enfants", ce n'est tout de même pas par hasard, n'est-ce pas ?! :-D

site Hector

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09 février 2017

Deujans !

Dans moins d'une heure, tu seras né depuis 2 ans. 2 ans ! "Deujans", comme tu dirais !

Je me souviens si bien des heures qui ont précédé ta naissance, ce lundi soir. J'étais tellement impatiente ! Je m'étais mis en tête que tu arriverais en avance - pas trop bien sûr, mais suffisamment pour abréger raisonnablement l'angoisse que mon ventre devienne à nouveau tombeau. Et puis, coquin que tu étais déjà, tu nous as fait mariner jusqu'aux dernières heures de la veille du terme officiel !

Je me souviens de tout. Le bain que j'ai pris le lundi matin pour apaiser les contractions, leur chronométrage, l'appel à la maternité pour me faire confirmer la conduite à tenir, l'excitation en entendant ce "venez nous voir, on va contrôler", l'appel à mon mari, l'appel à ma belle-soeur pour la prévenir qu'on allait déposer Gaspard sous peu, mon mari qui récupère Gaspard à la crèche en rentrant précipitamment du travail, Gaspard que l'on jette chez Tonton et Tata, l'examen à la maternité et ce sésame qu'on nous accorde enfin : "on vous garde".

Quelques heures et quelques frayeurs plus tard, tu étais parmi nous, grâce à Franck - encore lui ! Depuis, après un démarrage compliqué, tu illumines toi aussi notre vie, avec tes habitudes, tes plaisirs et tes clowneries !

Tu adores les tracteurs et les camions, et tu es aux anges quand on voit le camion-toupie garé presque quotidiennement près de la crèche.
Mais ce que tu préfères, ce sont les trains ! Les trains en bois, les trains en plastique, les trains en métal ; les trains qu'il faut faire avancer, les trains motorisés ; les petits trains, les grands trains. Alors que dire du circuit de train électrique de ton Papi ! La première chose à laquelle tu penses quand tu vas là-bas, c'est aller à l'étage pour le faire rouler et le regarder tourner en boucle ! Tu es même devenu expert en manœuvre ferroviaire et en commande de transfo.

Ton langage progresse de jour en jour, tu t'amuses de plus en plus à essayer de prononcer les mots. Ton onomatopée préférée du moment, ce sont deux syllables répétées à l'envi et à toute vitesse : "légâ-légâ-légâ-légâ-légâ" ! Tu sais que ça nous fait rire, mais nous n'en avons pas encore décodé la signification...

Ce que j'aime chez toi, parmi des milliers de choses, c'est :

  • quand tu reviens en courant et les mains sur les yeux en t'exclamant "-umer !" lorsque la pièce où tu voulais te rendre n'est pas éclairée,
  • quand tu marches sur la pointe des pieds en te trémoussant,
  • quand tu repousses systématiquement la couette quand je veux te border, toi qui as toujours trop chaud,
  • quand tu essaies d'imiter le geste de la main des métalleux en courant et sautant dès que tu entends du Metallica ou du Rammstein,
  • quand tu ris à gorge déployée, de ton rire si contagieux - l'un des plus communicatifs que je connaisse,
  • quand tu plisses les yeux et avances le menton lorsque l'on te demande simplement de sourire,
  • quand tu cours à travers la crèche en riant, le soir, pour que je ne puisse pas t'attraper,
  • quand tu réclames "tap tap" pour que je t'aide à enfiler ton pantalon en mode "sac à patate", c'est-à-dire que tu te suspends à mon cou, les jambes dans le vide, et que je remonte ledit pantalon en te secouant les fesses,
  • quand tu te blottis contre moi lorsque ton papa te taquine en t'appelant "le bébé à sa maman",
  • quand tu réfléchis longuement à une question que l'on te pose pour finalement nous donner sempiternellement la même réponse "hmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm... non !",
  • quand tu enlèves ton chausson droit en mangeant - toujours le droit, à chaque repas.

Mais le geste qui me fait fondre, c'est quand je te couche.
Après l'histoire et le câlin, tu t'installes dans ton lit, avec la tétine dans la bouche et Banane, ton doudou-âne, dans les bras.
Je te demande si tu veux faire chanter Lison, une peluche musicale. Tu me réponds invariablement "non".
Je te demande si tu veux mettre la musique du hibou accroché aux barreaux de ton lit. Tu me réponds immanquablement "non".
Je te demande si on se fait un dernier bisou. C'est alors que tu poses la tétine, attrapes ma main et l'embrasses, tantôt sur le dessus, tantôt sur la paume, pour que je dépose ensuite ton bisou sur ma joue...

À ton arrivée, j'ai douté. Aujourd'hui, tu es l'évidence. Je t'aime mon Koala.

image

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29 janvier 2017

Et bam !

Hier soir, pendant le repas.

Alors qu'il venait de se faire reprendre parce qu'il avait fait une petite bêtise, Gaspard, après être resté silencieux un instant, s'est tourné vers moi, l'air penaud, les yeux humides. Je lui ai demandé s'il pleurait parce que Papa l'avait disputé et m'apprêtais à lui réexpliquer tranquillement le pourquoi du comment lorsqu'il m'a interrompue : "non, je suis kriste" - "Ah bon, pourquoi tu es triste ?" - "Ze suis kriste passque Élise elle est morte"

Et bam, on l'avait pas vue venir celle-là ! Une maman au bord des larmes, un papa en pleurs...

Larme

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Je m'en contenterais

Un matin de cette semaine, dans la voiture.

Nous venions de déposer Hector à la crèche et étions en route pour l'école. Comme cela lui arrive régulièrement, Gaspard m'a demandé de "mettre Élise". Je vous explique : notre voiture possède un GPS intégré et qui affiche, l'espace de quelques secondes, un fond d'écran à chaque fois que nous mettons le moteur en marche. Le fond d'écran par défaut, nous l'avons remplacé par cette image, que nous pouvons par ailleurs afficher à volonté. Gaspard m'a donc demandé de mettre à l'écran ce dessin où apparaît Élise. Pourquoi n'y associe-t-il qu'Élise, alors qu'il sait parfaitement qui sont les deux petits garçons, je ne sais pas, mais peu importe.

J'affiche donc le dessin en question, mais après quelques secondes à peine, Gaspard change d'avis et s'exclame, comme s'il était agacé : "ze veux plus Élise !". Dans ces cas-là, je ne discute pas, j'ai la hantise chevillée au corps de lui imposer malgré moi l'envahissante absence de sa sœur. Mais j'essaie quand même de désamorcer la colère que je pense avoir détectée. Et lui de me répondre, sur un ton de reproche : "je veux qu'Élise elle vienne jouer avec nous !".

Moi aussi, mon amour, je voudrais qu'elle vienne jouer avec vous. Pour tout te dire, je n'en demande même pas plus. Qu'elle vienne occasionnellement s'amuser en famille. Même juste un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires, ça me suffirait... Je ne ferais pas la gourmande : je veux bien la laisser où elle est même à Noël et le jour de la fête des mères ! Puisqu'il n'y a pas de mot pour nous désigner, moi ou mon mari, empruntons ceux qui existent : je veux bien être juste "divorcée de ma fille" plutôt qu'être "veuve de ma fille"...

Quand on n'a rien, on se contenterait de peu...

 

Cela me rappelle d'ailleurs une chanson d'Isabelle Boulay qui résonne, en grande partie, différemment aujourd'hui : "Je m'en contenterai"...

Audio

Tu es comme une odeur
Dans un coin de mon coeur
Qui me colle aux regrets
Et même t'apercevoir
À travers le brouillard
Je m'en contenterai

Sur le grand tableau noir
La craie de ma mémoire
Ne peut pas s'effacer
Et même te voir de loin
Dire adieu à un train
Je m'en contenterai

Je m'en contenterai

Je n'ai pas d'autres choix
Tu es le seul été
Qui me sauve du froid
Même de tes non-dits
Et même de ton mépris
Sache que bon gré mal gré

Je m'en contenterai

Tu erres en mon chagrin
Comme on promène un chien
Dans un mauvais quartier
De ces mots de bazar
Que t'écris au hasard
Sur du mauvais papier

Je m'en contenterai

Je n'ai pas d'autres choix
Tu es le seul baiser
Que je n'oublierai pas
Mon coeur vide de mots
Et mon corps, de ta peau

Je m'en contenterai

Dans un coin de mon lit
Ton absence est un cri
Que je n'ai pas poussé
Un cri du fond de moi
Qui grandit chaque fois
Que je crois t'oublier
Jusqu'au bout de ma vie

Je me contenterai
D'un reflet dans la nuit
Je me contenterai
Et faute d'avoir le tout
Je me contenterai
De toi par petits bouts
Je me contenterai
De t'attendre partout

Et si je meurs de ça,
Tu t'en contenteras

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26 janvier 2017

On refait le match

Internet n'oublie rien et Facebook ne déroge pas à la règle. Au contraire, le non-droit à l'oubli a même été institutionnalisé sur ce réseau social. Aujourd'hui, il m'a donc rappelé ce que j'avais publié il y a quatre ans jour pour jour :

Dans le désordre, en près de 3 ans de traitement, à quelques heures de la 3e FIV :

  • 25 échographies
  • 1 IRM
  • 1 ponction de kystes
  • 29 prises de sang
  • 2 suppositoires
  • 1 hystérographie
  • 190 comprimés
  • 2 ponctions d'ovocytes
  • 1 replacement
  • 78 piqûres
  • 2 embryons non viables
  • 1 embryon viable
  • 0 bébé
Cela me fait d'ailleurs penser à une photo qui circule depuis un moment déjà et qui s'est elle aussi rappelée à mon souvenir il y a peu :

traitements FIV


Quatre ans plus tard, je peux refaire mon bilan. À ce même décompte, on peut désormais ajouter :
  • 1 grossesse provoquée
  • 1 grossesse spontanée
  • 2 bébés vivants
  • 1 bébé mort
Sur le papier, le compte est bon : 2 grossesses, 2 bébés à la maison. Mais dans les faits, les statistiques sont moins réjouissantes : 33% de perte, pour laisser parler la froideur implacable des chiffres... Si, avec un peu de chance, d'autres bébés rejoignent notre foyer, le taux diminuera peut-être à 25% voire 20%, mais Elle me manquera toujours autant...
Comme quoi, des chiffres, ça ne veut pas dire grand-chose. Seul ce que l'on ressent importe vraiment.

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17 janvier 2017

Avec et sans

Tu avances, tu ne réfléchis pas, tu te laisses emporter par le tourbillon de la vie, tu gères le quotidien. Et puis, de temps en temps, tu n’arrives plus à donner le change, à faire semblant, à te concentrer. Sans savoir pourquoi, sans raison apparente, sans date particulière, sans facteur déclenchant.
Ça ira mieux demain, certainement. Juste un jour « sans », probablement.

Comme pour reprendre ma dose de souffrance avant de repartir au front, histoire de ne pas oublier que, malgré les apparences, elle est toujours là, tapie, sournoise, préférant la surprise à l’habitude.
Comme pour ouvrir les vannes, laisser se déverser tout le flot qui m’envahit, faire semblant d’assécher pour mieux se laisser submerger, encore et encore. Remplissage, évacuation. Remplissage, évacuation. Le niveau ne se stabilisera-t-il jamais ?!

Ces jours-là, j’ai l’âme en miettes, le regard ailleurs, le manque à fleur de peau.
J’ai envie de m’enfermer dans ma bulle de mélancolie.
J’ai l’humeur à écouter tous ceux qui me parlent de toi sans même le savoir.

 

Parmi eux, il y a Benjamin Biolay.

« Si tu n'fleuris pas les tombes
Mais chéris les absents »

Je fleuris rarement ta tombe. J’y vais rarement ; je n’ai pas envie d’y aller, je n’en ai pas besoin non plus. Cela ne m’apporte rien d’y aller et ne m’enlève rien de m’en abstenir. Remarque, j’ai arrêté de culpabiliser de m’y rendre si rarement, quel progrès ! Heureusement, ma culpabilité a encore de quoi se nourrir avec tout le reste...

« Ça n'est pas ta faute
C'est ta chair, ton sang
Il va falloir faire avec
Ou... plutôt sans »

Choisir, mais subir. Subir ce que l’on a choisi. Il va falloir faire sans. Sans toi. « Avec eux » et « sans toi ». Pire, « avec eux » est « sans toi ».
Il y a toujours l’absence, en creux, et le silence, en écho.
Comme le négatif d’une photo.

 

Parmi eux, il y a Lynda Lemay.

« Qu'est-ce qu'il fout Dieu le Père
Quand il ne répond pas
Qu'a-t-il de tout puissant
Ce vieux fantôme-là
Qui n'lève pas le p'tit doigt
Pour sauver mon enfant »

Ça aurait été commode de croire en quelque chose pour supporter tout ça. J’ai souvent regretté de ne pas avoir la foi, que ce soit pendant ta grossesse, pour savoir quoi faire, ou depuis, pour savoir quoi en penser. Mais aucune grâce divine ni occulte ne m’a jamais touchée, ni avant, ni pendant, ni après. Je reste seule face à moi-même et à la décision que nous avons prise. Seule. Tous les « vous avez bien fait », « vous avez pris la bonne décision », « vous lui avez évité des souffrances », « vous avez fait ça pour elle » glissent sur moi, ruissellent le long de mes questionnements sans fin et se fracassent contre le mur de ma culpabilité.

Larme

Juste un jour « sans », probablement. Ça ira mieux demain, certainement.

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12 janvier 2017

Bon appétit !

Hier midi, j'ai déjeuné en tête-à-tête avec Gaspard, qui n'a ni école ni centre aéré le mercredi.

Alors que nous nous apprêtons à manger, il me souhaite un bon appétit. Il me demande alors où sont Papa ("au travail") et Hector ("à la crèche"), puis lance un joyeux "Bon appétit Élise !". Je me contente de le regarder, un sourire attendri au coin des lèvres, ce qui suscite son interrogation: "Tu dis pas bon appétit à Élise ?". Je lui explique alors que je ne le lui souhaite pas parce qu'Élise est morte et que quand on est mort, on ne peut pas manger. Et lui de s'écrier, avec enthousiasme, fier de sa trouvaille : "Bonne mort Élise !".

Oui, c'est ça, bonne mort Élise... Profite bien de l'au-delà, en nous attendant...

Réflexion

 

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24 décembre 2016

Quatrième

2013 - Gaspard était parmi nous.
2014 - Hector était presque parmi nous.
2015 - Gaspard et Hector étaient parmi nous.
2016 - Gaspard et Hector sont parmi nous et nous espérons que dans un an, un autre petit bout sera (au moins presque) parmi nous. Non, non, ce n'est pas l'annonce de ma troisième grossesse, mais la confirmation que nous faisons de notre mieux pour concrétiser notre nouveau "projet bébé". ;-)

Et ce Noël 2016 est le quatrième Noël sans toi, Mon Amour...
Quatre fois qu'au lieu de placer un cadeau sous le sapin, nous allumerons une bougie.
Quatre fois que nous ne verrons pas tes yeux illuminés par la magie de Noël, puisque de toutes façons nous ne les avons jamais vus tout court.
Quatre fois que nous ne te verrons pas t'amuser avec tes frères ou ta cousine.
Quatre fois que ta place restera détestablement vide.
Quatre fois que je suis tiraillée entre l'envie de me terrer en attendant que Noël soit passé et l'idée que je n'en ai pas le droit, ne serait-ce que pour tes frères.

Et qu'on ne vienne pas me dire que tu es quand même avec nous en pensées. Ce n'est pas dans mes pensées, mais dans mes bras que je veux t'avoir !

Tu me manques mon bébé, tu me manques à en crever. Qu'on me donne une journée, une heure ou même une seconde pour te serrer à nouveau contre moi et je la ferai durer une éternité.

Belle-Île-en-Mer

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