19 mars 2015

Pourquoi j'allaite ?

Parce que les industriels n'arriveront pas à me convaincre que le lait maternel n'est pas la meilleure chose à donner à mon enfant !

Voyez plutôt...

Lait

Première restriction
après le vôtre = il y a mieux que ce que nous voulons vous vendre !

Deuxième restriction
probablement = ce (qui suit) n'est pas certain !

Troisième restriction
l'un des meilleurs laits = nos concurrents font aussi bien que nous !

J'ai beau ne pas être une as du marketing, ce slogan - bien qu'honnête - me semble tout de même contre-productif ! ^^

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18 mars 2015

18

Il y a 18 mois, jour pour jour, nous étions un "18" aussi.
Il y a 18 mois, jour pour jour, nous étions un mercredi aussi.

Il y a 18 mois, heure pour heure, nous pouvions encore changer d'avis.
Il y a 18 mois, heure pour heure, nous pouvions encore faire machine arrière.
Il y a 18 mois, heure pour heure, nous pouvions encore préférer la vie à la mort.

Il y a 18 mois, jour pour jour, heure pour heure, tu étais encore vivante.

Réflexion

13 mars 2015

En attendant Hector...

... nous avons immortalisé, fin janvier, les derniers instants de la grossesse avec notre amie et photographe Chrystelle.

Petit aperçu dans cet album !

Silhouette

Ces photos m'inspirent un seul regret : ne pas avoir eu le courage ou la présence d'esprit de faire de même pour la grossesse d'Élise et Gaspard.

Ces photos vous ont plu ?
Vous souhaitez profiter du talent de Chrystelle ?
Vous habitez la région rouennaise ?
Alors c'est par ici que ça se passe : http://www.chrystelleriquier.com/.

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12 mars 2015

Merci

Suite à mon billet "baby blues" (même si c'est un peu plus que ça...), j'ai reçu beaucoup de réactions, que ce soit en commentaire ou en message privé, qu'il s'agisse de témoignages similaires ou de marques d'affection.

Je tâcherai de répondre à chacun d'entre vous, mais, comme je suis souvent "longue à la détente" (j'ai dans la boîte de réception liée au blog des messages datant de plusieurs semaines voire mois auxquels je ne désespère pas de répondre un jour !), cela risque de prendre un peu de temps.

En attendant, je voulais simplement vous remercier, tous et chacun.
Me livrer sur ce sujet si sensible m'a libérée. Tout n'est pas rentré dans l'ordre - loin de là - mais me sentir moins seule, me savoir soutenue, me découvrir comprise a été salvateur. Cela me conforte dans l'idée à laquelle je croyais déjà : parler est le début de la guérison.

Aujourd'hui, un peu plus d'un mois après l'arrivée d'Hector et une semaine après m'être ouvertement exprimée à ce sujet, je me sens moins mal ; je me sens mieux, même.
Je n'ai toujours pas réussi à lui dire "je t'aime". J'ai encore du mal à lui parler, de ce que je ressens précisément par rapport à lui ou comme on parle à son bébé. Je ne suis pas encore tout à fait naturelle ou à l'aise avec lui. Toutes mes pensées négatives ne m'ont pas quittée.
Mais il commence à trouver le chemin de mon cœur et je commence à m'attendrir devant lui. Petit à petit.
Il commence à me séduire et je commence à me laisser charmer. Petit à petit.
Nous commençons à échanger un peu plus que des gestes techniques. Nous commençons à dépasser le nécessaire pour atteindre autre chose, quelque chose de plus beau, de plus sincère, de plus naturel, de plus évident.

L'évidence se fait attendre mais elle est en train de poindre.

Réflexion

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11 mars 2015

Quel ingrat !

La semaine dernière, mon mari est allé retirer pour moi un colis chez la fleuriste qui fait office de relais colis à côté de chez nous.

En voyant le nom de l'expéditeur (Envie de fraises), la fleuriste a demandé à mon mari si un bébé allait bientôt arriver. Il lui a alors dit qu'il était arrivé quelques jours plus tôt mais que sa femme - moi, donc - avait toujours besoin de vêtements de grossesse.

Comment ?!
Quoi ?!
Pardon ?!

Certes, mon ventre ne ment pas : il a bien accueilli trois bébés en deux ans, entre fin janvier 2013 et début février 2015.
Mais :

  1. Ce n'est pas un vêtement de grossesse mais un pyjama d'allaitement à manches longues que j'ai commandé car, vois-tu, mon cher époux, on a beau avoir du chauffage dans la maison, quand tu dois sortir de dessous ta couette bien chaude pour aller nourrir ton enfant, eh ben il pèle !
  2. Je rentre dans mes vêtements d'avant Hector et d'avant Élise et Gaspard.
  3. Tu avais remarqué, la veille de ce fameux jour et tout seul comme un grand, que je rentrais même dans l'un de mes pantalons moulants.
  4. Je pèse à ce jour 2 kilos de moins qu'avant Hector.

Alors, la prochaine fois que tu vois la fleuriste, tu as intérêt à rétablir la vérité ! Non mais !

 

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05 mars 2015

Si c'était à refaire

Ce n'est pas ce billet - exception faite des trois courts billets publiés récemment - que j'aurais voulu publier en premier après la naissance de Hector. Mais il faut que je me libère de ce qui me torture en ce moment, pour pouvoir me consacrer, plus tard, avec la légèreté et la joie qu'il mérite, au récit de sa naissance.

 

Je ne sais pas ce qu'il adviendra de ce blog.
Je ne sais pas combien de temps encore j'aurai des choses à lui confier.
Je ne sais pas s'il deviendra un jour plus qu'un blog.
Je ne sais pas s'il passera, d'une façon ou d'une autre, à la postérité familiale.
Je ne sais pas si Gaspard et Hector le liront un jour. Le cas échéant, je ne sais pas ce qu'ils penseront de ce blog et de ce que j'y raconte. J'espère que la relation que je construirai avec chacun d'entre eux d'ici là saura modérer le ressentiment ou l'incompréhension qui pourraient les saisir à la lecture de certains billets.
Car je me suis promis l'honnêteté, quel que soit "mon lectorat".

Et l'honnêteté est douloureuse en ce moment.

La vérité, c'est que ce n'est pas Hector que je voulais bercer. Ce n'est pas Hector qui devait être le deuxième bébé à la maison. Peut-être qu'inconsciemment, je m'attendais à avoir Élise dans les bras alors la déception est rude. Ce n'est pas Hector qui me déçoit ; je me déçois moi-même parce que je me suis trompée, dupée moi-même - volontairement ou non, consciemment ou non.
D'ailleurs, l'ambiguïté entre le français et l'anglais sur ce point est troublante : on pourrait croire que "déception" se traduit par "deception", alors que ce terme signifie en réalité "tromperie". La déception et la tromperie ne sont donc pas si éloignées...

Je suis sur pilote automatique avec Hector. Certes, je l'allaite, je le porte, je le change, je le câline, mais tous mes gestes envers lui sont comme vides. Vides de sens, vides d'amour. Je ne ressens pas l'affection que j'ai immédiatement ressentie pour Élise et Gaspard, je n'éprouve pas cet élan d'amour envers lui. Je suis comme anesthésiée, mon coeur est sec alors que mes yeux sont si humides.

J'ai l'impression que c'était plus facile avec Gaspard alors même que nous étions en pleine tempête, emportés dans ce tourbillon d'émotions contradictoires et tellement intenses. Je pensais que le fait que Gaspard soit le jumeau de notre enfant décédée nous épargnerait un peu lorsque l'enfant d'après arriverait. Je répétais que Gaspard était la fois le bébé d'en même temps et le bébé d'après. C'est faux, je me trompais. Gaspard n'est que le bébé d'en même temps et Hector est pleinement le bébé d'après, avec tout ce que cela implique, même (surtout ?) si cet "après" entre Élise et lui a été court.

Je me souviens de ce billet, où je croyais que la présence de Hector parmi nous serait une évidence, malgré les hauts et les bas que je vivais pendant sa grossesse. Ce n'est pas le cas. Sa présence n'a rien d'une évidence, le lien que je dois construire avec lui n'a rien d'une évidence. J'ai l'impression que tout est à (re)bâtir, même les fondations qui étaient déjà présentes avec son frère et sa sœur.

Ce genre d'aveu n'est pas facile.
Pas facile à se faire à soi-même, d'abord.
Pas facile à faire au père de ses enfants, non plus. Alors que mon mari et moi avons pour habitude de communiquer, surtout depuis Élise, surtout lorsqu'il s'agit de nos enfants, il m'a fallu plusieurs jours pour oser lui en parler, au détour d'un simple "Je vais reprendre rendez-vous avec la psychologue."
Pas facile à faire aux autres.
Car ces mauvais sentiments, voire cette absence de sentiments, me culpabilisent, évidemment. Comment une mère peut-elle ressentir un tel vide face à son enfant qui vient de naître ? Quelle injustice pour ce petit bout qui ne demande qu'à être aimé et rassuré !
Sans parler de la culpabilité qui m'envahit quand je pense à ces parents que je connais et qui n'ont pas (encore ?) eu la chance de vivre une grossesse heureuse depuis le décès de leur(s) enfant(s).
Et sans parler de l'envie que j'éprouve envers ces autres parents qui ont semblé sincèrement n'être qu'heureux lorsque "l'enfant d'après" est arrivé dans leur vie.

Certains doivent sourire à demi-lèvres : ils nous l'avaient dit, ils ont essayé de nous prévenir, ils ont tenté de nous mettre en garde. Car, aussi honteux et douloureux que cela puisse être, j'en viens à avoir des regrets : nous n'aurions pas dû refaire un enfant si vite. Si vite après Gaspard, si vite après Élise.

Si c'était à refaire, je ne sais pas si je le referais.
Pire : si c'était à refaire, je crois que je ne le referais pas.

Réflexion

18 février 2015

Rien n'y fait

Il y a 17 mois, nous donnions la mort et nous donnions la vie.
Il y a 9 jours, nous donnions à nouveau la vie.

Tes frères nous comblent de bonheur mais ne comblent pas le vide que tu as laissé.

Tu me manques. Je t'aime.

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17 février 2015

Comme si de rien n'était (ou presque) - Bis

En attendant de trouver le temps et l'occasion de rédiger les différents billets que j'ai en tête, je voulais juste partager avec vous cette petite satisfaction : une semaine après la naissance de Hector, il ne me reste que 800 grammes sur les 10 kilos pris pendant la grossesse ! :-)

Mes enfants sont formidables : que ce soit Élise et Gaspard ou Hector, ils ont eu pitié de ma balance ! ;-)

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13 février 2015

Lundi 09 février 2015

Hector est né le lundi 09 février 2015 à 22h33.

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30 janvier 2015

Oiseau de nuit

Depuis le 02 janvier, Gaspard dort mal. Il s'endort très bien mais se réveille toutes les nuits ou presque. En 4 semaines, il a dû nous faire 3 bonnes nuits (et encore, nous avons revu nos critères "bonne nuit" à la baisse ces derniers temps). 3 sur 27, c'est faible comme statistique pour un bébé qui dormait si bien : "peut mieux faire", comme dirait l'autre.

Pourquoi ?

Au début, nous avons cru que c'était à cause du changement de rythme. Les vacances de Noël touchaient à leur fin, cela faisait une dizaine de jours qu'il n'était pas allé à la crèche et que son rythme, bien que nous ayons essayé de ne pas trop le décaler, avait été perturbé.

Puis nous avons imaginé que c'était lié à toutes les émotions vécues pendant ces vacances : Noël, les cadeaux, la "fête", les papis/mamies/tontons/tata, les quelques jours passés ailleurs que chez lui.

Ensuite, à la crèche, on nous a parlé de l'arrivée imminente de son petit frère, qu'il doit sentir sans la comprendre.

Et pour finir, la dernière hypothèse en date repose sur une otite. Tous les symptomes concordaient ; le pronostic s'est vérifié chez le médecin il y a 10 jours. Par acquit de conscience, son sommeil ne s'étant amélioré ni pendant ni depuis le traitement, nous sommes retournés chez le médecin ce soir : l'otite n'est toujours pas guérie ou a récidivé.

Nous espérons donc que l'une des deux dernières théories est la bonne (voire les deux ensemble). Nous aurions ainsi une explication et surtout une échéance - même imprécise - pour chacune des deux : la guérison de l'otite dans un cas, l'arrivée d'Hector dans l'autre.
Bien sûr, nous restons lucides malgré tout : sans parler des quelques jours où je serai à la maternité avec Hector, notre retour à la maison risque de désamorcer certaines choses dans la tête de Gaspard... tout en en amorçant d'autres ! ;-)

Comment ?

Gaspard se réveille donc pour ainsi dire toutes les nuits. Jamais à la même heure mais toujours en pleurs. Il y a (eu) quelques nuits où rien n'y (a) fait : seul le fait de dormir avec nous avec moi sur moi (et sur Hector, du coup) réussi(ssai)t à le calmer. Mais la plupart du temps, rester à côté de lui en attendant qu'il se calme et se rendorme seul suffit. Et c'est précisément à ce moment qu'il faut savoir rester humble, car entre le moment où il se rendort et celui où je regagne le lit conjugal, le temps semble ralentir. Le chemin ressemble alors étrangement au parcours d'Indiana Jones jusqu'au Graal dans La dernière croisade : une succession d'épreuves où chaque victoire semble dérisoire au regard de l'obstacle suivant.

  1. D'abord, il vous faut patienter sur le petit tabouret en bois placé à côté de son lit. Patienter avec bienveillance et abnégation. Patienter jusqu'à voir ses petites mains s'immobiliser sur les fesses de Simon-le-lion après les avoir malaxées, tripotées, palpées, caressées, papouillées en long, en large et en travers. Patienter jusqu'à deviner, dans la pénombre de la chambre que seul le réverbère de la rue éclaire, ses paupières parfaitement closes et libérées de tout tressaillement. Patienter surtout jusqu'à entendre sa respiration ralentir et trouver un rythme ensommeillé, le signal ultime que "Grand-mère à poussière" (comme on dit chez moi) rôde bel et bien autour de son lit.
  2. Ensuite, il faut vous relever du tabouret sans prendre appui sur quoi que ce soit, ni sur la commode qui grince pourtant de façon presque inaudible, ni sur les barreaux de son lit dont les craquements ressembleraient, pour ses oreilles et son cerveau en plein endormissement, à un orage de juillet en Dordogne. Vous ne pouvez alors compter que sur les muscles de vos cuisses pour passer de la position assise à la station debout, tout en faisant semblant d'ignorer que, à 8 mois de grossesse passés, vos abdos sont aux abonnés absents depuis un petit moment déjà et que votre centre de gravité s'est légèrement déplacé.
  3. Une fois la position debout atteinte, le jeu consiste à parcourir les 2,5 mètres qui séparent le lit de la porte sans un bruit. Les règles sont plus simples à comprendre qu'à appliquer :
    • Prendre une grande inspiration pourtant bien méritée après l'épreuve du tabouret : interdit.
    • Renifler, flatuler, tousser, éructer, éternuer : prohibé.
    • Faire craquer vos articulations en marchant, même malgré vous, même celles du petit orteil : défendu.
    • Faire retentir de tout petits "pop" en décollant trop vite vos talons du sol : proscrit.
    • Un seul mot d'ordre : millimétrer le moindre de vos mouvements. Qu'importe si votre vitesse de déplacement moyenne pour ce trajet de 250 cm ne dépasse pas les 0,3 km/h : en pareilles circonstances, mieux vaut préférer la sécurité à la célérité, l'enjeu est trop important.
  4. Lorsque vous êtes arrivée à la porte de la chambre, la plus grosse méprise serait de vous croire arrivée-tout-court car cette étape dissimule deux pièges. À ce stade, il faut en effet vous garder de refermer la porte trop vite, au risque que le changement soudain de luminosité (rappelez-vous le réverbère qui envahit la chambre de son obscure clarté) (oui, passer de la pénombre à l'obscurité, ça fait une différence pour un cerveau à peine endormi) ou le brusque appel d'air ne vienne chatouiller les yeux ou le visage du petit être qui donne tant de fil à retordre au marchand de sable - à la marchande de sable, en l'occurrence.
  5. Après avoir refermé la porte en douceur, il vous reste encore la poignée à actionner avec non moins de délicatesse. Votre chance, à cette étape cruciale, c'est qu'elle ne fait pas de bruit. Vous pourriez aussi vous contenter de tirer la porte au maximum sans la fermer complètement mais vous ne faites tout simplement pas confiance à votre chat qui, s'il semble indifférent voire fuyant la journée, pourrait très bien être pris d'une irrésistible curiosité en pleine nuit. C'est que c'est stupide imprévisible, un chat.
  6. Une fois toutes ces étapes franchies avec succès, vous pouvez légitimement 1) vous féliciter, 2) vous détendre mais surtout 3) rester concentré car c'est l'épreuve ultime qui vous attend à présent : descendre l'escalier en bois dans le noir sans vous casser la figure sans faire craquer les marches. Et pour y parvenir, vous pouvez là encore compter sur un élément inhérent à votre état actuel : votre pas aussi léger et gracieux que celui d'un pachyderme gavé au McDo depuis six mois (le McDo, c'est juste pour l'image car en réalité je m'efforce de manger de façon saine et équilibrée. La preuve, je n'ai pris "que" 10 kg, dont 4 ces 5 dernières semaines, c'est vrai, mais c'est "la faute à Noël" et au fait que je me suis un peu relâchée depuis le début de mon congé maternité, vu que j'étais persuadée d'accoucher bien avant terme). Mais, là encore, la chance est au rendez-vous : l'expérience vous a appris qu'en marchant sur la pointe des pieds sur les extrêmités des marches et le plus près possible du bord, les craquements du bois sont beaucoup plus discrets et n'atteignent donc pas les petites oreilles de l'autre côté du mur.
  7. Lorsque vous avez descendu ces 17 marches (vous auriez juré qu'il y en avait au moins le triple mais vous avez compté maintes et maintes fois), vous pouvez reprendre votre respiration et retrouver votre démarche habituelle pour regagner votre lit, où vous attend bien sagement votre mari (si tant est que l'on puisse dire de quelqu'un qui dort à poings fermés qu'il "vous attend").
  8. Enfin, vous pouvez vous rendormir, satisfaite du devoir accompli et soulagée de n'avoir passé que 78 minutes de votre nuit à rétablir l'ordre des choses qui prévalait encore il y a quelques semaines.

Et c'est au moment précis où vous fermez les paupières que vous entendez à nouveau les pleurs paniqués du petit être qui a décidé de vous faire tourner en bourrique. Lasse à l'idée de recommencer tout le cirque déjà mis en œuvre cette nuit-là, vous vous précipitez dans sa chambre, l'attrapez avec douceur mais détermination, et redescendez vous coucher dans le canapé, là où vous ne réveillerez pas votre mari, où vous pourrez trouver une position confortable à la fois pour vous et votre bidon, et où le petit être pourra se rendormir du sommeil du juste, lui, blotti tout contre vous, jusqu'au lendemain matin 7h00... sauf s'il estime, de sa propre initiative, que 5h23, c'est une bonne heure pour avoir fini sa nuit et être au taquet.

Oui, mais...

  • Pourquoi est-ce moi qui, à près de 9 mois de grossesse, me coltine ces nuits peu reposantes et aléatoires ?

Parce que, contrairement à mon mari, je ne bosse pas le lendemain (le week-end, je lui passe volontiers le relais - relais qu'il accepte lui aussi volontiers) et que je peux faire une des siestes dans la journée.
Et aussi parce que (et ça se vérifie encore plus ces derniers jours) Gaspard semble me rechercher et me réclamer un peu plus que son père en ce moment, au point qu'il n'arrive parfois à se calmer que dans mes bras.

  • Pourquoi est-ce qu'on ne passe pas directement au plan B (également appelé "solution canapé"), ce qui écourterait un peu moins la nuit ?

Parce que nous ne voulons pas lui donner l'habitude de finir dans le canapé dès qu'il pleure ou se réveille la nuit.
Et parce que nous avons toujours l'espoir que cette mauvaise période ne soit justement qu'une mauvaise période et que notre plan A ("le laisser se rendormir tout seul") redevienne LA solution, comme lorsque ses réveils nocturnes ne sont qu'occasionnels.

Optimisme
Malgré la faute de français, cette phrase m'a bien fait rire.
Comme quoi, fatigue et auto-dérision ne sont pas incompatibles.

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