05 novembre 2014

Dans la maison

Il reste encore plus de trois mois avant la date prévue d'accouchement ; nous ne sommes pourtant pas du genre à tout préparer dans l'excitation, l'impatience et l'insouciance. Certains diront que c'est normal avec la grossesse que nous avons vécue pour les grumeaux ; disons qu'elle n'a fait que nous rendre plus prudents, plus méfiants mais que nous n'étions déjà pas du genre à repeindre la chambre pendant le premier trimestre. Cette fois-ci, c'est différent : les quelques réaménagements que nous avons prévus dans la maison vont prendre un peu de temps, mon mari souhaitait donc profiter du pont du 11 novembre (puisqu'il ne travaille pas lundi, lui !) pour s'y attaquer et éviter de laisser la maison "en chantier" plusieurs jours ou semaines s'il s'en occupait par intermittence le soir ou le week-end.
Et puis, comme les réaménagements prévus impliquent un changement de chambre pour Gaspard, nous voulons le préparer à l'arrivée de son petit frère suffisamment longtemps à l'avance pour qu'il ne soit pas trop perturbé et qu'il n'associe pas ce chamboulement à l'arrivée de Hector.

Ce soir, nous avons donc commencé à vider les meubles qui vont devoir changer de pièce pour l'arrivée de Hector. J'ai participé comme j'ai pu mais ai rapidement dû me contenter de regarder mon mari faire, mon bidon commençant à peser, surtout en fin de journée. J'aurais préféré pouvoir être plus active, ça m'aurait peut-être évité de cogiter...

Car l'aménagement que l'on entreprend pour accueillir Hector, c'est celui que nous aurions dû faire à notre entrée dans la maison il y a 13 mois, pour Élise et Gaspard. Nous disposons en effet d'une chambre au rez-de-chaussée, qui aurait dû être la nôtre dès le début et qui va désormais la devenir, et de deux chambres à l'étage, qui auraient dû être celles des grumeaux. En même temps, je suis heureuse de préparer tout ça pour Hector mais je ne peux m'empêcher de penser que les choses ne sont pas à leur place.

Et pour couronner le tout, l'angoisse inhérente à cette grossesse trouve dans ces remaniements un terreau fertile. À anticiper autant l'arrivée de Hector, moi qui ne suis pas superstitieuse, j'ai pourtant peur que ça ne nous porte malheur, comme si en rendant sa présence imminente un peu plus concrète, on jouait à provoquer le diable.
Nous préparons l'arrivée de Hector mais si c'est à lui qu'il arrive quelque chose ? Que fera-t-on si Hector n'arrive jamais dans sa chambre, dans son lit ?...

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31 octobre 2014

Halloween

Aujourd'hui, c'est Halloween. En France, la tendance est mitigée. Certains n'en ont que faire ; d'autres s'y donnent à fond. En tout cas, personne ne s'étonne de rien, que ce soit de l'enthousiasme des uns ou de l'indifférence des autres : chacun fait ce qu'il veut.

Enfants ou ados, mon mari et moi ne l'avons jamais fêté. Adultes, nous ne l'avons fêté qu'une fois, il y a plusieurs années déjà et parce que nous étions invités. Nous avions à cette occasion joué le jeu à fond : mon mari en "the Crow" et moi en "homme-femme" façon Maxi Monster Music Show.

Homme-femme Maxi Monster Music Show

Ce soir, nous sommes à nouveau invités à le fêter entre amis.
Mon mari a envie de marquer le coup, sans en faire trop : une tenue simple, un maquillage raccord avec l'ambiance de la soirée et le tour sera joué.
Pour Gaspard, un t-shirt blanc trop grand suffira à le transformer en gentil fantôme. Quoi de plus normal pour un petit garçon dont le prénom anglosaxon correspondant est Caspar, si proche de Casper ?! ;-)
Quant à moi, je n'ai eu ni l'inspiration ni l'envie de trouver quelque chose d'approprié à mon bidon qui pousse et je n'avais aucunement l'intention de m'appliquer je-ne-sais-quel maquillage pas très recommandé aux femmes enceintes. Je me contenterai donc d'un petit accessoire.

Cela dit, même sans être grimée ou déguisée de la tête aux pieds, je serai dans le thème : Halloween, c'est bien la fête des monstres, non ? Et quel autre nom peut-on donner à quelqu'un qui a tué son enfant délibérément ?...

29 octobre 2014

Autopsie

En ce moment, j’ai comme des flashs.
D’ordinaire, quand je pense à Élise, c’est de façon abstraite. Sa réalité n’est que dans ma tête ; quand je pense à elle, elle est immatérielle, chimérique, comme irréelle. Et pourtant, depuis quelques jours, les images les plus crues et les plus triviales de son existence m’apparaissent devant les yeux, par surprise. Pourquoi ? Je ne sais pas vraiment. On a pourtant dépassé, du moins pour cette année, les dates anniversaires qui auraient pu raviver ce genre d'images.

Les images de son tout petit cercueil se refermant sur son tout petit corps.
Les images de la première fois où nous sommes allées la voir à la morgue, le vendredi 20 septembre 2013.

Les images - que je fantasme - de son autopsie…
Pour beaucoup, accepter une autopsie est une évidence quand on ignore la cause de la mort ou que l'on veut comprendre l'origine de malformations qui ont conduit, directement ou non, à la mort. Pour nous aussi - pour moi aussi - ça a été une évidence d'accepter l'autopsie d'Élise - sur le moment, du moins. Comme si j'espérais que l'autopsie nous apporte des réponses définitives, indiscutables. Comme si j'espérais surtout que l'autopsie légitime la décision que nous avons prise, comme pour me sentir moins responsable, moins coupable. Mais plus j'y pense et plus je me dis qu'il y a vraiment un truc qui ne tourne pas rond sur cette terre pour que des parents aient à associer les mots "enfant" et "autopsie" dans une même phrase, dans une même idée, dans une même réalité.
L'autopsie peut apporter des réponses - mais pas toujours. Dans notre cas, on nous a tellement fait comprendre que les malformations d'Élise étaient "la faute à pas de chance" que je crois que je n'attends plus rien des derniers résultats d'autopsie que nous n'avons pas encore. Du coup, je ne vois plus dans son autopsie qu'un acte sacrilège. Car il y a tellement de violence qu'on ne dit pas derrière une autopsie. Avez-vous jamais imaginé concrètement, réellement, physiquement ce qu'est une autopsie, en quoi elle consiste, ce qu'il advient du corps autopsié ? En ce moment, je n'arrête pas d'y penser.

Son petit corps nu, exposé, seul... sans la chaleur de la vie qui l'a quitté, sans la chaleur de nos bras autour de lui...
Son petit corps si innocent, si délicat, si pur... profané par des inconnus pour qui il n'est qu'un corps sans âme, qu'un organisme autrefois vivant, à étudier, examiner, disséquer...
Son petit corps silencieux et inoffensif... abîmé, martyrisé, torturé par des instruments froids, invasifs, étrangers.
Son petit corps sans vie, sans âme... confié - non, abandonné - à la science pour faire semblant de chercher des réponses que nous n’aurons jamais.

Je voudrais me débarrasser de ces images mais elles sont intrinsèquement liées à la relation, si courte et si incomplète, que nous avons eue avec elle. Je voudrais ne penser à elle que comme ma fille, mon enfant, mon bébé. Mais la réalité, froide, insensible et sans pitié, me rattrape sans cesse.

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27 octobre 2014

Question sans réponse

Une question me revient régulièrement en tête :

Si j’avais eu le choix, qu’aurais-je préféré : que l’embryon d’Élise ne tienne pas, quitte à ne jamais la connaître et à ce qu’elle ne devienne jamais mon petit supplément d’âme, ou la connaître, au prix des souffrances que son passage dans nos vies a engendrées ?

Je n’ai toujours pas la réponse à cette question.
Je sais que certains ne comprennent pas que je me torture avec ce genre d’interrogations stériles. Je sais que certains ne comprennent pas que je m’encombre le cœur et l’esprit avec ces « et si ».
Pourtant je n’entretiens pas spécialement ces questions ; elles font partie de moi maintenant.

Je crois pourtant que trouver la réponse à cette question m’aiderait à avancer dans le sens où elle participerait à mon acceptation de la réalité et à mon apaisement.
Bien sûr, si la réponse était « j’aurais préféré ne jamais la connaître », un autre travail débuterait : accepter que cette réponse ne signifie pas que je rejette Élise, accepter que cette réponse ne soit pas incompatible avec le fait que je l’aime inconditionnellement et que je suis heureuse de l’avoir connue malgré tout.
Mais si la réponse était « j’aurais choisi de la connaître », je me sentirais apaisée et rassurée – et peut-être, en un sens, sûre de moi et de la décision que nous avons prise.

Pour l’instant, je me sens juste encore torturée parce que des questions dont je suis la seule à détenir les réponses, quelque part, en moi, restent suspendues dans le vide de son absence.

 

26 octobre 2014

Préparation à la naissance - Épisode 3

La première fois que je vous ai parlé des séances de préparation à la naissance, c'était pour la grossesse des grumeaux, l'an dernier. J'avais pu suivre toutes les séances de préparation "classiques" (heureusement car, cette fois-ci, ce service est au moins temporairement fermé dans l'hôpital où je suis suivie, faute de personnel et de budget) et aller aux séances en piscine jusqu'au bout.

Ces séances en piscine m'avaient beaucoup plu, j'ai donc naturellement décidé de m'y remettre pour Hector, cette fois sans mon homme, qui m'avait accompagnée tous les samedis l'an dernier, puisqu'il faut bien garder Gaspard pendant que maman fait trempette ! :-)

Afin d'en profiter assez longtemps (et ayant la conviction inexplicable qu'Hector arrivera en avance - mais peut-être que je transforme en pressentiment une simple envie...), j'ai commencé les séances en piscine dès la semaine dernière, au début du sixiëme mois de grossesse. Naïvement sans doute, je n'appréhendais pas du tout de recommencer ces séances. En préparant mes affaires avant de partir, en attendant la sage-femme en compagnie des autres mamans et couples, en me changeant dans le vestiaire, en me douchant, je ne cogitais pas du tout : j'avais simplement hâte de retrouver les sensations qui m'avaient fait tant de bien l'an dernier.

Et pourtant, à peine entrée dans l'eau, alors que la sage-femme (que je connaissais déjà à travers les séances en piscine de l'an dernier mais qui n'était pas au courant pour autant de notre histoire) expliquait le premier exercice à faire, j'ai senti peu à peu que ça n'allait pas. J'ai tenté tant bien que mal de suivre les autres dans le premier exercice, censé se dérouler sur toute la longueur du bassin, mais je n'arrivais pas à me concentrer et à faire ce qu'il fallait. J'étais à peine à la moitié du bassin quand les autres étaient déjà prêts à faire demi-tour ; c'est là que je me suis effondrée et que la sage-femme, l'ayant remarqué, m'a rapidement rejointe. Elle a d'abord cru que j'avais mal quelque part, je l'ai détrompée entre deux sanglots. Elle m'a alors raccompagnée jusqu'au bord du bassin et a attendu que je puisse lui expliquer ce qui se passait après avoir calmé mes pleurs. Je lui ai alors raconté en quelques phrases la grossesse des grumeaux, les séances en piscine que j'avais suivies pour eux - avec eux - et l'émotion qui m'avait submergée complètement par surprise en entrant dans l'eau. Elle s'est montrée à l'écoute et réconfortante, m'a rassurée sur le fait que ma démarche de vouloir refaire cette préparation en piscine pour ce nouveau bébé était saine et que mes émotions étaient normales. Elle m'a ensuite proposé d'aller reprendre mes esprits sous la douche avant de les rejoindre, si je le voulais et le pouvais, dans le petit bassin pour les exercices de respiration et de relaxation. La fin de la séance n'a pas été facile mais j'ai tout de même réussi à me détendre un peu. La sage-femme est revenue me parler après la séance pour s'assurer que j'allais mieux, me répéter que ma réaction était légitime, m'encourager à aller voir la psychologue plus tôt que prévu si j'en ressentais le besoin et m'inviter à demander une consultation supplémentaire avec elle "juste pour parler" si je le voulais. Cette sollicitude m'a fait beaucoup de bien ; même si rien d'autre que le temps et le travail sur moi-même ne pourront oeuvrer, j'ai été rassurée et apaisée d'être écoutée et entendue.

C'est donc le coeur léger que je suis allée à ma deuxième séance hier, pour avoir le plaisir de tomber cette fois sur une sage-femme que j'avais également vue lors des séances en piscine l'année dernière mais avec qui nous avions pu discuter de la grossesse des grumeaux. Elle est restée discrète devant les autres mamans et couples présents en se contentant de demander des nouvelles de Gaspard mais son clin d'oeil à mon intention juste avant d'entrer dans l'eau m'a fait comprendre qu'elle se souvenait très bien de moi.


18 octobre 2014

Trois en une

Mercredi soir, j'ai surtout été la maman d'Élise avec la marche blanche organisée à Rouen à l'occasion de la journée internationale de sensibilisation au deuil périnatal.
Jeudi soir, j'ai surtout été la maman de Gaspard avec la réunion d'information à la crèche.
Et ce matin, j'ai surtout été la maman de Hector avec ma première séance de préparation à la naissance en piscine - la première pour cette grossesse (j'y reviendrai dans un prochain billet) mais pas la "première-tout-court".

À chacun son moment !...

Je suis maman de trois enfants (car oui, même si Hector n'est pas encore né, nous sommes déjà ses parents et il sera notre troisième enfant, quoi qu'il arrive) et je ne peux même pas être la maman des trois de la même façon. Élise ne sera plus jamais, ne pourra plus jamais être comme Gaspard ou comme Hector. J'espère juste que rien n'empêchera Hector d'être comme Gaspard...

16 octobre 2014

Golden Blog Awards 2014

J'ai découvert par hasard l'existence d'un concours de blogs : les Golden Blog Awards, dont la cinquième édition est organisée cette année.

Golden Blog Awards 2014

Comme lorsque j'ai inscrit mon blog au concours Cosmopolitan, l'objectif est tout sauf égocentrique : en participant à ce concours, je veux juste donner de la visibilité au deuil périnatal et à l'interruption médicale de grossesse - sélective ou non - et surtout faire exister un peu plus Élise.
Je me fiche de ce qu'il y à gagner - je ne sais même pas s'il y a d'autres récompenses que la satisfaction de voir son blog mis à l'honneur, d'ailleurs. La seule chose que je souhaite gagner, ce sont des lecteurs en plus pour que le voile qui entoure nos bébés décédés se lève peu à peu.

Alors, comme vous avez plus que contribué à mettre mon blog à la une de Cosmopolitan en mai dernier, je compte à nouveau sur vous cette fois-ci !
Vous pouvez voter via le bouton de vote directement intégré sur la droite du blog ou sur le site des GBA.

Aucune des catégories pré-définies pour l'inscription n'était vraiment adaptée à ce que je raconte sur mon blog. Je l'ai donc classé par défaut dans la catégorie "Lifestyle".
Les votes sont répartis en trois catégories et en deux temps :

  • les internautes (vous, donc),
  • le jury, composé de 4 à 5 membres (universitaires, experts et consultants)
  • les partenaires financiers de la société organisatrice.

Pour chaque catégorie de votants, les 10 blogs préférés se voient attribuer entre 1 et 20 points, selon le nombre de voix reçues. Le gagnant est donc celui qui aura reçu le plus de points totaux.

Chacun d'entre vous peut voter une fois par jour jusqu'au 23 octobre inclus. Le jury et les partenaires voteront du 24 octobre au 4 novembre. La remise des prix aura lieu le 12 novembre.

Mon ambition est modeste mais je compte sur vous !

15 octobre 2014

Newsletter Petite Émilie d'octobre 2014

Logo Petite Émilie

En mai dernier, l'association Petite Émilie, dont je suis adhérente, m'a contactée car ils envisageaient de parler du deuil périnatal dans le cas d'une grossesse gémellaire dans leur newsletter de juillet. J'ai immédiatement accepté, trop heureuse de pouvoir parler de ce sujet qui me tient à cœur. La publication de cet article a finalement été repoussée à octobre, en raison d'une actualité estivale importante pour Petite Émilie : en juin, l'OCIRP (un organisme mutualiste/prévoyance) a en effet décidé de soutenir financièrement l'action de l'association. Le chèque de l'OCIRP, remis lors d'une soirée organisée fin juin, va permettre de financer la réédition du livret de l'association pour continuer à sensibiliser les professionnels. Petite Émilie a alors décidé de consacrer sa newsletter de juillet à cet évènement important et de laisser au deuil périnatal d'un jumeau toute la place qu'il mérite dans la newsletter suivante.

Je me suis donc attelée à la rédaction de l'article en septembre, juste après l'anniversaire d'Élise et Gaspard, pour qu'il puisse être pris en compte pour la newsletter d'octobre. Il ne m'a pas été facile de structurer les choses tant j'avais à dire sur le sujet !
Comme je savais qu'une autre maman, ayant elle perdu l'une de ses jumelles d'une mort fœtale in utero, devait également témoigner, j'ai essayé de distinguer deux aspects de notre histoire : d'une part le deuil périnatal d'un jumeau, d'autre part l'interruption sélective de grossesse.
J'ai par ailleurs essayé de me concentrer sur les particularités de la perte d'un multiple, par contraste avec la perte d'un singleton.

La newsletter d'octobre de Petite Émilie est disponible sur leur site et je me permets de la proposer également en téléchargement direct ici.

  • En première page, l'edito, dont voici un extrait : Ce trimestre, suite à plusieurs demandes d'adhérents, nous vous proposons les très beaux articles d'Elodie et Annabelle. Toutes deux ont accepté de partager avec nous ce deuil si particulier qu'est la perte d'un jumeau. C'est avec beaucoup de finesse et d'émotion qu'elles nous racontent leurs histoires, l'ambivalence de leurs sentiments, pris entre l'enfant qui n'est plus et celui qui est là...
  • En page 4, le témoignage d'Élodie.
  • En page 8, mon témoignage.

Mise à jour communiquée par l'équipe de l'association le 25/10/2014 : L’article sur « La perte d’un jumeau » dans la lettre d’information n°35 a intégré sans le signaler des extraits du livre « L’un sans l’autre, témoignages et réflexions autour du deuil périnatal d'un jumeau », publié en novembre 2008 sous le nom d'auteur "Nathalie Z".
Toute l’équipe de Petite Emilie présente ses excuses à ses lecteurs ainsi qu'à l'auteure de ce livre, et vous propose la lettre d’information dans sa version corrigée.
No comment...

C'est curieux : il y a un an jour pour jour, le 15 octobre 2013, pour la journée internationale du deuil périnatal, je me contentais de vous renvoyer vers une certaine section du site de Petite Émilie. Un an plus tard, en ce 15 octobre 2014, je suis en quelque sorte "de l'autre côté de la barrière" en témoignant dans leur newsletter parue aujourd'hui même.

Journée internationale du deuil périnatal

Aujourd'hui, nous sommes le 15 octobre. Comme tous les ans, c'est la journée internationale du deuil périnatal.

En 2012, je ne savais même pas ce qu'était le deuil périnatal ; je n'avais pas conscience qu'un bébé pouvait mourir avant sa naissance ou peu après. Alors de là à être au courant de l'existence d'une journée internationale consacrée à ce drame...

En 2013, je venais de tomber en plein dans ce cauchemar et de découvrir l'existence de cette journée. Pour plusieurs raisons, mon mari et moi n'avions rien fait de spécial ce jour-là.
Le matin, nous avions participé à un atelier sur l'allaitement maternel et le portage en écharpe organisé par des sages-femmes et infirmières, dans l'hôpital où nous sommes suivis. Le grand écart imposé par ce moment dédié à Gaspard et cette journée du deuil périnatal aurait été impossible à vivre davantage.
Je crois d'ailleurs qu'aucun évènement particulier n'était organisé autour de chez nous.
Et surtout, le décès d'Élise était bien trop proche chronologiquement pour que nous puissions trouver l'énergie qu'il faut pour participer à ce genre d'évènement.

Cette année, je participerai donc pour la première fois à une marche blanche en l'honneur et en la mémoire de nos bébés décédés.

Marche blanche Rouen JIDPN

Je marcherai pour ma fille, Élise...

et pour...
Adam
Alice
Anna
Aurore
Calie
Camille
Charly
Clément
Dany
David
Elise
Eloïne
Emma
Hugo
Jérémy
Jules
Laura
Lilou
Linaëlle
Loris
Maëlys
Marcel
Margaux
Maxine
Maxym
Méziane
Nathan
Noé
Ronan
Timothée
Victorine

... et toutes les étoiles qui illuminent votre ciel chaque soir !

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11 octobre 2014

Danse avec les stars

Vidéo

Ceux qui regardent Danse avec les stars savent qu'en début de saison, les "stars" en question doivent choisir un morceau sur lequel danser pour évoquer un moment ou évènement particulier de leur vie.

La semaine dernière, Tonya Kinzinger a choisi d'évoquer - selon ses termes - "le moment le plus douloureux de sa vie" : la perte de son bébé, en 2005, à 4,5 mois de grossesse. Pour que, près de 10 ans plus tard, ce décès reste sa plus grande douleur, c'est peut-être qu'il ne s'agit pas d'un non-évènement, comme certains voudraient le croire. Pour honorer son bébé, elle a choisi de danser sur la chanson Vole de Céline Dion.

En 2012, Emmanuel Moire avait choisi de parler de son frère jumeau, décédé en 2009 dans un accident de voiture, et de lui rendre hommage en dansant sur sa propre chanson : Sois tranquille.

Comment ne pas être touchée par ces deux chansons, ces deux histoires qui s'entremêlent pour former ma propre histoire et celle de ma famille...