11 octobre 2014

Vole - Céline Dion

Audio

Vole, vole petite aile
Ma douce, mon hirondelle
Va-t'en loin, va-t'en sereine
Qu'ici rien ne te retienne

Rejoins le ciel et l'éther
Laisse-nous, laisse la terre
Quitte manteau de misère
Change d'univers

Vole, vole petite soeur
Vole mon ange, ma douleur
Quitte ton corps et nous laisse
Qu'enfin ta souffrance cesse

Va rejoindre l'autre rive
Celle des fleurs et des rires
Celle que tu voulais tant
Ta vie d'enfant

Vole, vole mon amour
Puisque le nôtre est trop lourd
Puisque rien ne te soulage
Vole à ton dernier voyage
Lâche tes heures épuisées
Vole, tu l'as pas volé
Deviens souffle, sois colombe
Pour t'envoler

Vole, vole petite flamme
Vole mon ange, mon âme
Quitte ta peau de misère
Va retrouver la lumière

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09 octobre 2014

Cela va parfois mieux sans dire

Ce billet, il y a longtemps que je l'ai en tête. Depuis que l'on sait que je suis à nouveau enceinte, je crois. J'ai attendu, sans raison, avant de me décider à le rédiger et à le publier. Et puis il y a eu un déclic, avec ce qui est arrivé à "pastoutàfaitpapa". C'est d'ailleurs parce que ce déclic est lié à son histoire que j'ai préféré vous parler de lui au préalable.

J'avais déjà pensé à tout ça avant d'être à nouveau enceinte mais maintenant que je le suis, mon appréhension est encore plus pregnante. Je fais référence à toutes ces phrases que je redoute que l'on me dise ou que je regrette que l'on m'ait dites.

Ne me dites plus...

"Ah ! Tu fais comme moi !"
C'est ma grand-mère, la seule de mes grands-parents qui soit encore là, qui m'a sorti ça alors que je venais de lui annoncer que nous attendions un autre petit garçon. Ma grand-mère, qui n'a eu que des fils. Ma grand-mère, qui a perdu son deuxième fils à l'âge de 7,5 mois. Ma grand-mère, qui n'a pas compris que je suis aussi maman d'une petite fille...

"J'espère que ce sera une fille."
C'est la grand-mère de mon mari, elle aussi la seule de ses grands-parents qui soit encore là, qui m'a "souhaité" ça, alors que nous ne connaissions pas encore le sexe, comme si le fait d'avoir une autre petite fille pouvait adoucir l'absence d'Élise. Comment lui faire comprendre qu'au-delà de toute considération psychologique, le sexe nous importe si peu, pourvu que notre enfant naisse vivant et en pas trop mauvaise santé ? Comment lui faire comprendre qu'Élise ne sera jamais remplacée par une autre petite fille, que son absence ne sera jamais compensée par la présence d'une autre petite fille ?

Et ne me dites pas non plus...

"Il n'y a pas de raison."
Il n'y a pas de raison que ça se passe mal pour ce bébé, soit. Cela veut dire qu'il y avait une raison pour que le destin d'Élise vire au tragique ?!

"Tout va bien se passer."
Qu'en savez-vous ?!

"La foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit."
J'ignorais que chacun avait un quota de malheurs à vivre sur Terre et que le décès d'Élise allait nous prémunir contre un autre drame. Alors comment expliquez-vous que certains parents aient à survivre à plusieurs de leurs enfants ?!

Je sais que ces paroles se veulent réconfortantes mais c'est exactement le but contraire qui est atteint à chaque fois. Je n'ai pas besoin d'entendre des paroles qui sonnent tellement faux à mes oreilles. Personne ne sait la tournure que va prendre cette grossesse. Le fait d'avoir perdu Élise et le fait que cette grossesse se déroule bien pour l'instant ne nous mettent à l'abri de rien.
Voulez-vous que je vous parle de ces grossesses qui se déroulent à merveille, jusqu'à l'accouchement qui se passe mal au point d'en devenir fatal pour le bébé ?
Voulez-vous que je vous parle de ces bébés qui s'épanouissaient pleinement dans le ventre de leur mère jusqu'à ce que leur cordon, qui les reliait à la vie, signe leur arrêt de mort ?
Voulez-vous que je vous parle d'Agnès, qui a perdu trois de ses cinq enfants avant la naissance ? De Stéphanie, qui a perdu ses deux fils avant d'avoir sa fille ? De Roxane, qui a perdu son fils, puis sa fille ? De Valérie, qui a perdu ses jumeaux fille et garçon ? De Marina, qui a perdu sa fille, puis son fils ?

Vous avez compris où je voulais en venir. Je me contenterai donc de vous recommander deux billets précis de pastoutàfaitpapa : "avec des mots d'enfant" et "mais moi je voulais une petite soeur".

Alors épargnez-moi ces phrases toutes faites et ces remarques vides de sens, s'il vous plaît. Je m'efforce de ne pas sombrer dans la paranoïa par rapport à cette nouvelle grossesse mais je n'ai pas besoin de ces commentaires qui ne font plus écho à ma réalité.

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Pas tout-à-fait papa

Il y a bientôt cinq mois, j'ai découvert un blog tenu par quelqu'un qui avait perdu, quelques mois plus tôt, sa deuxième fille, à 8 mois de grossesse. Les blogs traitant du deuil périnatal sont peu nombreux et les blogs de ce "genre" le sont encore plus, puisque son "originalité" réside dans le fait qu'il est tenu par un papa. Pour une fois qu'un papa ose, à raison, prendre la parole, je ne peux que vous inciter à l'écouter - à le lire, pour être précise.

La sollicitude, les encouragements, les tentatives de réconfort sont quasiment exclusivement adressés à la maman.
Rares sont les personnes qui comprennent que le papa AUSSI a perdu un enfant.
Rares sont les personnes qui demandent des nouvelles du papa, alors que la maman est au coeur de toutes les inquiétudes (quand elles existent).
Rares sont les personnes qui comprennent que ce n'est pas moins difficile pour le papa sous prétexte qu'il n'a pas porté ou mis au monde son enfant. J'aurais pu dire "au contraire" mais ce ne serait pas exact. Ce n'est pas plus difficile pour le papa ou la maman. De toutes façons, il n'est pas question de comparaison ou de hiérarchisation de la douleur. Face au deuil de son bébé, chacun fait comme il peut avec ses forces et ses faiblesses, ses repères et ses manques. Le papa se sent souvent frustré de n'avoir pu partager avec son enfant "autant" de choses, pourtant si peu nombreuses, que la maman. La maman culpabilise souvent de n'avoir pas su protéger son enfant. Aucune position n'est enviable, aucun statut n'est préférable, aucune situation n'est jalousable. Rien de plus vrai que ce que chantait Serge Reggiani :

L'absence, la voilà,
L'absence d'un enfant, d'un amour,
L'absence est la même,
Quand on a dit "Je t'aime" un jour,
Le silence est le même.

Je ne dis pas que mon mari se retrouve(rait) dans tout ce que ce papa désenfanté écrit, je dis simplement qu'il est important qu'un papa puisse aussi faire entendre sa voix, parmi toute l'attention essentiellement portée vers les mamans. Alors, qu'il le veuille ou non, ce papa, à travers son blog, est un peu le porte-parole de tous les papas désenfantés.

Les plus vigilants ou assidus auront peut-être remarqué que ce blog fait partie des liens figurant sur mon blog. Pour les autres, en voici l'adresse : http://pastoutafaitpapa.canalblog.com

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Marche blanche

Mercredi prochain, nous serons le 15 octobre et, comme tous les ans, ce sera la journée internationale du deuil périnatal.

Un peu partout dans le monde, notamment en France, sont organisées des "marches blanches" en l'honneur des bébés décédés.
C'est le cas à Rouen. J'y participerai. Avec mon mari et Gaspard. Contre vents et marées.

Affiche marche blanche JIDPN 2014

J'ai fait poser cette affiche à plusieurs endroits de ma commune : dans deux boulangeries, dans une boucherie, dans une pharmacie et à l'école de musique.Je ne m'attends pas à ce qu'il y ait foule à cette marche mais si ne serait-ce qu'une personne remarque cette affiche et s'interroge sur ce qu'est le deuil périnatal, alors ce sera déjà une petite victoire.

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01 octobre 2014

Retour au travail

Cela fait une semaine que j'ai repris le travail, après 19 mois d'interruption (jour pour jour) entre arrêt maladie, congé maternité, congé parental et congés payés. J'avais programmé ma reprise après l'adaptation de Gaspard à la crèche, j'aurais pu reprendre plus tôt puisqu'elle s'est terminée le 15 septembre mais, pour ces "premières fois depuis", je ne voulais pas travailler les 18, 19 ou 23 septembre. J'ai donc repris le 24 septembre, après avoir temporairement arrêté de travailler le 25 février 2013.

Pour me sentir bien dès le début, j'ai commencé par me réapproprier mon poste de travail, qui était entre-temps passé entre les mains de ma remplaçante et d'une stagiaire.
Entre mes deux écrans, j'ai posé une des étoiles de la boîte à souvenirs d'Élise.
En fond d'écran, j'ai choisi la carte que ma mère a dessinée pour le premier anniversaire des grumeaux :

carte premier anniversaire grumeaux maman

Par l'accueil qui m'a été réservé, j'ai eu l'impression de revenir tout simplement de vacances alors qu'au fond de moi, je ne suis plus la même. Pour mes collègues, l'équation est simple : ils ne m'ont pas vue enceinte au travail, puisque j'ai été arrêtée au bout d'un mois de grossesse, et quand j'ai fait une visite de courtoisie en janvier dernier, j'avais un bébé à présenter. Alors que l'absence de ma fille m'habite en permanence et que la grande majorité de mes collègues sont au courant (ne serait-ce qu'avec le mail que j'avais adressé à l'ensemble du personnel de mon entreprise en décembre dernier), je suis sûre que certains d'entre eux ont purement et simplement oublié que j'avais perdu un enfant.

En témoigne la brève discussion que j'ai eue avec un collègue (qui figurait pourtant parmi les destinataires de mon mail) à propos de ma nouvelle grossesse. Alors que je commentais le fait d'attendre un autre petit garçon d'un "je vais avoir une tribu de garçons à la maison", il m'a répondu : "c'est le deuxième alors ?". J'ai laissé un petit blanc, volontairement, puis ai précisé : "le deuxième vivant, oui, mais le troisième dans les faits".
Pas d'autre réaction qu'un embarras silencieux mais peu importe : Élise est mon premier enfant, Hector est mon troisième enfant et je ne laisserai personne croire qu'il en est autrement ! Ce n'est pas un caprice, une lubie ou un arrangement avec la réalité : mon livret de famille dit et dira la même chose.

Vis-à-vis de mes collègues, j'ai pris le parti de saisir chaque occasion de parler d'Élise. Je ne provoque pas ces occasions - je n'y arrive pas alors que l'envie de parler de ma fille me brûle les lèvres à chaque instant - mais je les guette. Alors que je discutais avec un jeune collègue de ma nouvelle grossesse (encore ! Je dois reconnaître que le fait que je revienne enceinte de congé maternité peut être un peu déroutant !) et de la brièveté de mon retour au travail, j'expliquais que mon futur congé maternité serait celui accordé pour un troisième enfant, ce qui l'a étonné : "c'est bizarre que ta fille soit considérée à charge par la sécurité sociale". Je lui ai alors expliqué la différence entre la CAF et la sécu, et entre les enfants "à charge" et les enfants "mis au monde viables". J'aurais pu être perturbée par sa question "cash" mais j'ai précisément apprécié qu'il ne s'embarrasse pas d'une éventuelle retenue pour évoquer ma fille ! Des questions sans détours à propos d'Élise, j'en redemande !

Le lendemain de ma reprise, ma chef a commenté avec pudeur les boucles d'oreilles en étoiles que je portais : "Je n'avais pas fait le lien". J'ai alors mis les pieds dans le plat : "oui, si vous voyez des étoiles sur moi, c'est pour ma fille". Une autre collègue a alors répondu qu'elle avait effectivement remarqué l'étoile entre mes écrans. Gagné !

Le lendemain de ma reprise toujours, mon patron s'est intéressé, par pure obligation, à ma nouvelle grossesse : "Vous savez ce que c'est ?" J'ai eu envie de lui répondre qu'a priori c'était un humain, pas un alien, mais je me suis dit qu'il serait malvenu, dès ma reprise, de crisper à nouveau nos relations, que le temps et la distance de ces derniers mois ont eu la bonne idée de détendre, par la force des choses. Je me suis donc contentée d'un :
- C'est un petit garçon.
- Et là, vous avez déjà... ?
- Un petit garçon... et ma fille, qui n'est plus là.
Évidemment, rien qu'en prononçant ces quelques mots, ma voix a trahi mon émotion. [mode ironie : ON] Alors on peut me trouver chochotte ou hypersensible [mode ironie : OFF] mais, oui, je m'émeus encore de dire que ma fille n'est plus là ! Mon patron l'a remarqué et n'a pu s'empêcher de commenter : "Vous avez encore du mal". J'ai eu envie de lui répondre "Évidemment que j'ai encore du mal, ça ne fait qu'un an ! Et toute ma vie, j'aurai du mal à vivre l'absence de ma fille et à annoncer, confirmer ou répéter que ma fille n'est plus là". Là encore, j'ai pris sur moi pour lui répondre laconiquement : "oui, et je pense que ça va durer encore longtemps." Fidèle à lui-même, il a ensuite dévié la conversation sur lui mais je n'en attendais pas moins de sa part.

La "bonne nouvelle" de ma reprise, c'est que j'ai trouvé des oreilles attentives et compréhensives non pas auprès de mes collègues, mais auprès de traductrices avec lesquelles je travaille beaucoup à distance mais que je n'ai jamais rencontrées. Évidemment, j'ai fait une "sélection" des relations professionnelles à qui je pensais pouvoir en toucher quelques mots ; je n'en ai parlé à aucun de mes clients (mais si l'occasion se présente un jour, j'en profiterai peut-être) et ai choisi, parmi les dizaines de traducteurs avec lesquels je travaille au quotidien, de ne me confier qu'à trois d'entre eux - d'entre elles, en fait. Leurs réactions ont été à la hauteur du "feeling" que je pensais avoir avec elles et de la confiance que je leur ai témoignée en ouvrant mon coeur et en donnant le lien vers ce blog. Pour le réconfort qu'elles m'ont apporté dans cette étape parfois décevante qu'est ma reprise du travail, je les remercie du fond du coeur !

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23 septembre 2014

Un cœur en automne

Tu es morte en été.
Tu es née en été.

Tu as été enterrée en automne.

C'était il y a un an.

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22 septembre 2014

Échographie prémorphologique

Il y a une dizaine de jours, nous avons passé une nouvelle échographie, une en plus par rapport aux trois "de base" prévues pour une grossesse simple et qui se passe bien. Même si je ne veux pas tomber dans la surmédicalisation pour cette nouvelle grossesse, il est des angoisses que seuls des examens supplémentaires pourront un peu apaiser. La sage-femme que j'ai vue début août l'a bien compris et a renouvelé la proposition de la sage-femme qui nous avait fait passer la première échographie fin juillet : choisir, dans une certaine mesure, le suivi que nous souhaitions.

Pendant les quelques jours qui ont séparé ces deux rendez-vous, j'ai longuement réfléchi à ce qui m'aiderait à vivre cette grossesse le plus sereinement possible et ai finalement décidé de demander un compromis : revoir le Dr Brasseur pour les échographies et voir une sage-femme pour les consultations. Revoir le Pr Verspyck ne m'aurait rien apporté, si ce n'est une vague d'émotions négatives à chaque rendez-vous.
Cela peut paraître étrange car c'est le Dr Brasseur qui a été l'oiseau de mauvaise augure. Pourtant, c'est aussi grâce à elle que nous avons "rencontré" Élise au fil des échographies ; c'est grâce à elle que nous avons pu nous préparer à l'accueillir comme il le fallait. Et surtout, compte tenu du stade précoce auquel elle a découvert les malformations d'Élise, nous avons une confiance absolue en ses compétences.
Non que ce ne soit pas le cas vis-à-vis du Pr Verspyck mais ses interventions au cours de la grossesse des grumeaux ont été beaucoup plus "négatives" à nos yeux. C'est avec lui que nous avons évoqué l'interruption de grossesse ; c'est à lui que nous avons annoncé notre décision d'accepter cette interruption de grossesse ; c'est lui qui a arrêté le coeur d'Élise. Il n'est pas question ici de reproche ou de rancoeur : le Pr Verspyck n'a fait que suivre notre "souhait", il n'a été que l'exécutant d'une mécanique qui nous a tous dépassés. Mais il est trop associé au destin tragique d'Élise pour que nous souhaitions le revoir si nous pouvons l'éviter.

Echographe

C'est donc le Dr Brasseur qui a réalisé cette échographie prémorphologique, au même terme (à quelques jours près) que celui auquel avaient été découvertes les malformations d'Élise : le moment idéal pour désamorcer toute angoisse quant à une éventuelle récidive de ces anomalies.
Le Dr Brasseur a eu la délicatesse de se concentrer immédiatement sur le cerveau et le visage du haricot alors achevons le faux suspens immédiatement : aucune malformation (ni fente labio-palatine, ni dilatation ventriculaire cérébrale, ni autre anomalie) n'a été décelée. Je ne vous dirai jamais, au sortir d'une échographie, que tout va bien pour ce haricot ; ce type d'examen ne permet pas de l'affirmer. Je me contenterai donc de résumer en disant qu'aucun problème n'a été détecté.
D'ailleurs, quand on regarde bien les formulations sur le compte-rendu de l'examen, on comprend que les médecins aussi restent prudents :
"Les ventricules cérébraux ne présentent pas de dilatation visible."
"Les hémisphères cérébelleux, le vermis et la grande citerne sont d'aspect normal."
"Le nez et les lèvres sont d'aspect normal : pas de fente labiale décelable. Le profil ne présente pas d'anomalie interprétable en échographie."

Le Dr Brasseur a par ailleurs proposé de nous revoir une fois par mois, en plus des échographies des deuxième et troisième trimestres prévues en octobre et décembre. Je reconnais qu'en constatant l'écart entre les trois échographies de base et entre la dernière échographie et le terme prévu, je me suis demandé comment j'allais tenir, psychologiquement parlant, mais je n'aurais jamais demandé à "prendre la place" de quelqu'un d'autre en demandant des examens supplémentaires superflus. J'aurais eu des scrupules à "abuser" de rendez-vous supplémentaires avec une spécialiste mais puisque c'est elle qui l'a proposé, c'est que ces examens lui semblent justifiés, que la raison soit "juste" psychologique ou pas. Dans quelques jours, nous retournons au CHU pour plusieurs rendez-vous calés la même journée (sage-femme, échographie, psychologue) : nous en profiterons pour prendre ces rendez-vous supplémentaires.

Il y a un autre élément à retenir de cette échographie. Vous vous souvenez sans doute que nous ne souhaitions pas connaître le sexe du haricot avant la naissance. En vérité, j'étais la seule à vouloir garder le suspens, contrairement à mon mari. Nous étions donc convenus de prétendre que ni lui ni moi ne le connaissions, histoire de lui éviter de se faire harceler ou piéger par notre entourage. Lors de cette dernière échographie, il devait donc être le seul à savoir si j'avais un petit Hector ou une petite Coline dans le bidon - tout comme il aurait dû être le seul l'an dernier à savoir que j'attendais un petit Gaspard et une petite Élise. Jusqu'à la veille de l'échographie, je maintenais le cap de la surprise. Mais le matin même, j'ai brusquement réalisé que je ne vivrais pas les choses de la même façon selon que j'attendrais un garçon ou une fille et que j'avais besoin de m'y préparer. Attendre une fille serait autrement plus compliqué à gérer que d'attendre un garçon, par rapport à Élise évidemment mais était-il besoin de le préciser.
À la fin de l'échographie, mon mari a donc glissé discrètement mais de façon intelligible tout de même : "alors, tu veux connaître le sexe ou pas ?". Le Dr Brasseur a forcément relevé et, après ma réponse positive, nous a montré les images dévoilant le sexe du haricot. Du coup, pour ne pas risquer la gaffe non maîtrisée, nous avons décidé de révéler le sexe à tout le monde.
J'ai donc le plaisir de vous annoncer qu'Élise et Gaspard vont avoir un petit frère !

19 septembre 2014

365 jours avec mon fils

365 jours où j'ai posé un visage sur ton prénom et le début de ton histoire
365 jours où je t'ai vu sourire
365 jours où le soleil s'est glissé sous tes paupières
365 jours où je t'ai lu une histoire le soir
365 jours où ta présence m'a remplie de bonheur
365 jours où je me suis bouché le nez en lavant tes couches
365 jours où je me suis amusée de te voir évoluer
365 jours où je t'ai entendu rire
365 jours où j'ai préparé tes repas moi-même
365 jours où je t'ai imaginé à la crèche
365 jours où je t'ai bercé pour t'endormir
365 jours où j'ai repéré les seuls endroits où l'on trouve tes tétines préférées
365 jours où j'ai choisi des livres et des jouets pour toi
365 jours où j'ai consolé tes pleurs
365 jours où je t'ai parfois bercé quatre fois par nuit
365 jours où j'ai entendu ta voix
365 jours où tu n'as pas quitté mes pensées
...

365 jours où j'ai aimé la vie avec toi

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365 jours sans ma fille

365 jours où j'ai posé un visage sur ton prénom et ton histoire
365 jours où je n'ai pas vu ton sourire
365 jours où le soleil s'est posé sur ta tombe
365 jours où je ne t'ai pas lu d'histoire le soir
365 jours où ton absence m'a brisé le cœur
365 jours où je n'ai pas lavé tes couches
365 jours où tu es restée silencieuse et immobile
365 jours où je n'ai pas entendu ton rire
365 jours où je n'ai pas préparé tes repas
365 jours où je ne t'ai pas imaginée rentrer à la crèche
365 jours où je ne t'ai pas bercée
365 jours où je ne me suis pas demandé où trouver ta tétine préférée
365 jours où j'ai choisi des fleurs pour ta tombe
365 jours où tu n'as pas pleuré
365 jours où tu ne m'as pas réveillée quatre fois par nuit
365 jours où je n'ai pas entendu ta voix
365 jours où tu n'as pas quitté mes pensées
...

365 jours où j'ai détesté la vie sans toi

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18 septembre 2014

Tu es morte il y a un an

Ce message a été rédigé hier et sa publication a été programmée par avance car, en ce jour anniversaire, nous souhaitons faire de cette journée une journée à part, centrée sur nous, Élise, Gaspard et le haricot. Nous ne répondrons ni aux mails, ni aux sms, ni aux messages Facebook, ni aux appels, ni aux visites.

Aujourd'hui, cela fait un an que tu es morte. Et je pense à toutes les façons de décrire ta réalité.

Tu es morte in utero.
C'est la vérité mais je n'aime pas le dire comme ça car (j'ai l'impression que) ça ne dit pas vraiment ou toute la vérité, ça laisse entendre que c'est une mort spontanée, naturelle, accidentelle, inexpliquée.

Tu es mort-né - ou peut-être faut-il dire morte-née.
Tu vois, moi qui fais tellement attention aux mots, je n'ai jamais trouvé la force de vérifier si ce terme se met au féminin.
Cette façon-là non plus, je ne l'aime pas. Parce qu'il y a dedans le pire mot que l'on puisse associer à son enfant, un mot que je n'arrive pas à prononcer quand il s'agit de toi.

Tu es née sans vie.
C'est la formulation que j'utilise le plus souvent, voire tout le temps. Parce qu'elle est plus douce à mes oreilles et mon cœur de maman. Mais je regrette qu'elle ne semble pas dire exactement la vérité, qu'elle l'adoucisse un peu trop aux oreilles des autres. Étrange contradiction !

Tu es morte avant de naître.
Une formulation que je n'utilise jamais. Pourtant elle a le mérite, par sa temporalité explicite, de souligner tout le paradoxe et toute l'absurdité de ton existence.

 

Aujourd'hui, nous sommes le 18 septembre 2014. Tu es morte il y a 365 jours et tu es née il y a 364 jours.