03 janvier 2016

D-E-S-I-L-L-U-S-I-O-N-S

Avant 2008, je croyais qu'il suffisait de s'aimer et le vouloir pour devenir parents.
Avant 2013, je ne savais pas qu'on pouvait mourir avant de naître.
Avant 2015, je pensais que la rencontre avec son enfant était forcément une évidence.

Réflexion

Et toi, 2016, quelle illusion vas-tu me voler ?

 

 

Posté par Tannabelle à 14:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


22 décembre 2015

Trois en un

Eh oui, je vais encore vous rapporter les propos de Gaspard ! Toujours pour les mêmes raisons : il est une source intarissable qui m'évite, en ces temps où ma fatigue est inversement proportionnelle à mon moral, la peine de mettre en mots et en forme les autres billets qui prennent la poussière dans mes brouillons.

J'en profite pour officialiser une nouvelle catégorie, qui, au vu de la prolixité de Gaspard qui ne fait sans doute que commencer, devrait être alimentée régulièrement par lui et probablement son frère dans quelque temps. J'ai nommé "Eux et Elle".

Samedi dernier donc, Gaspard a remporté le tiercé dans le désordre : il m'a émue aux larmes trois fois en quelques heures en parlant de sa sœur... Émue parce qu'elle n'est pas là. Émue parce qu'elle existe pour lui.

 

La première fois, c'était à propos du sapin. Chacun de nos trois enfants a "sa" boule dans le sapin. Gaspard cherchait la sienne et s'est réjoui de la trouver. Il a ensuite cherché celle de son frère, avant de la lui montrer puisque Hector était près de lui à ce moment-là. Il a alors cherché celle de sa sœur et, au moment où il l'a repérée, il s'est tourné vers le petit coin d'Élise dans notre bibliothèque en s'écriant : "Élise ! Élise ! 'garde Élise !".

*****

La deuxième fois, c'était à propos du petit nounours qu'il a eu en cadeau à l'occasion de la fête de la crèche la veille. Innocemment, je lui ai demandé comment il s'appelait. Et Gaspard de me répondre du tac-au-tac : "Élise !". Je ne m'y attendais tellement pas que je n'ai pas su quoi dire ou quoi faire. Je ne sais pas s'il vaudrait mieux éviter, pour empêcher toute confusion, ou si cela reste anodin. Heureusement, ce fameux nounours a déja changé trois fois de nom depuis ; il importe donc peu - pour l'instant du moins - que je n'aie toujours pas la réponse à cette question.

*****

La troisième fois, c'était à propos des larmes d'Élise. Alors que nous regardions encore le ciel étoilé et la lune, Gaspard a enchaîné sans transition : "Pas pleure Élise" (qu'il faut comprendre comme "Ne pleure pas Élise"). S'en est alors suivie cette conversation :
- Elle pleure, Élise ?!
- Oui.
- On ne sait pas si elle pleure... Mais à ton avis, pourquoi elle pleure, Élise ?
- Est tombée Élise.
- Où ça ?
- Pa' terre là.
- Ah bon. Le pire, c'est qu'on ne peut même pas la voir pour la réconforter.
- Vais c'erc'er Élise moi.
- On ne peut pas aller la chercher, tu sais.
- Attends Élise moi.
- ...
 
Une fois de plus, je n'ai pas su quoi lui dire. Mais je n'ai pu m'empêcher de penser qu'il allait l'attendre longtemps...

Posté par Tannabelle à 22:01 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

14 décembre 2015

À côté d'elle

Aujourd'hui, je vais - encore - vous rapporter ce que Gaspard nous a dit. Quand je vous dis qu'il est une vraie pipelette ! Et puis cela m'arrange bien qu'il nourrisse mes billets, puisque je n'ai toujours pas retrouvé l'énergie d'écrire plus longuement.

Ce soir, en rentrant de la crèche à pieds, tous les quatre, nous avons pris le temps de nous arrêter devant les maisons décorées et illuminées, de chercher les marrons et les vers de terre, d'admirer les Père Noël en train d'escalader les grillages et autres clôtures, de regarder les oiseaux voler au-dessus de nos têtes, de guetter le petit chat que nous avions vu à l'aller ce matin... et de lever les yeux vers la lune qui commençait à apparaître.

Et Gaspard de s'exclamer : "C'est la lune à Élise !"

Je ne sais pas si nous faisons comme il faut, mais pour l'instant, tu places Élise au même endroit que nous, mon Crapaud...

Posté par Tannabelle à 21:24 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

12 décembre 2015

Si nous avions pu...

Ce soir, au milieu d'une phrase anodine, Gaspard a capté le mot "réparer". Fidèle à sa réputation de pipelette, il s'est alors amusé avec.

"Réparer Gaspard moi !
Réparer Papa moi !
Réparer Hector moi !
Réparer Élise moi !"

- On ne peut pas réparer Élise, tu sais. Si nous avions pu, nous l'aurions fait...
- Veux réparer Élise moi.

Si nous avions pu...
Mais nous n'avons même pas essayé...

01 décembre 2015

Lumière

Il y a des semaines - une éternité, en somme - que je n'ai pas publié ici. Ce ne sont ni l'envie, ni l'inspiration, ni le besoin qui manquent : ce sont le temps et l'énergie qui font défaut. Je ne désespère pas de retrouver prochainement et régulièrement l'occasion de m'épancher ici.

En attendant, j'avais envie de vous rapporter une bribe de la conversation que j'ai eue avec Gaspard ce soir.

Alors que je m´apprêtais à mettre Hector en pyjama dans sa chambre, j'ai demandé à Gaspard :

- Tu veux bien allumer la lumière de Hector, s'il te plaît ?
- Oui !
- Merci, Gaspard !
Il s'est empressé de le faire, avant de se précipiter dans sa chambre et de revenir me voir quasiment aussitôt :
- A'umé ma 'umière aussi moi.
- Tu as allumé ta lumière ?
- Oui.
- Super !
- Est où 'umière à 'Etor ?
- Ben elle est là, tu viens de l'allumer.
- Ah oui. Est où ta 'umière à toi ?
- Elle est où ma lumière ?
- Oui.
- C'est vous ma lumière.
- Ah.

Juste des paroles d'une maman amoureuse de ses enfants, mais cette idée de lumière m'a fait du bien... et m'a rappelé ces paroles de Leonard Cohen que j'aime tant (Leonard Cohen et ces paroles) :

image

There is a crack in everything
That's how the light gets in

Posté par Tannabelle à 21:28 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,


08 octobre 2015

Golden Blog Awards 2015

Comme l'an dernier, j'ai inscrit mon blog à un concours de blogs : les Golden Blog Awards.
Pour connaître la mécanique du concours et mes motivations, je vous invite à lire le billet de l'an dernier.

GBA

Pour voter, deux façons :

  • directement via le bouton de vote sur la droite du blog,
  • sur le site des GBA.

Vous pouvez voter une fois par jour, tous les jours jusqu'au 26 octobre !

Alors je compte sur vous ! :-)

03 octobre 2015

Une grande claque...

Ce soir, mon mari et moi nous sommes pris une grande claque, sans l'avoir vue venir.

Hector était couché. Nous finissions le repas avec Gaspard. Nous en étions au fromage et, contre toute attente, notre petit "fromagivore" a tout-à-coup délaissé son morceau de chèvre pour nous annoncer sans préambule qu'il voulait aller dormir. Nous l'avons fait répéter et, devant sa réponse déterminée, nous nous sommes dit qu'il ne fallait pas manquer cette occasion.

Au moment de quitter la table, il a répété "Élise", "va voir", signalant ainsi qu'il voulait aller regarder l'une des photos d'Élise qui est affichée dans un cadre pêle-mêle au-dessus de notre canapé. Parmi les 28 photos qui composent ce cadre, seules trois concernent Élise ; parmi ces trois photos, deux sont symboliques puisqu'elles représentent l'une sa tombe, l'autre une bougie que nous avions allumée pour elle dans la cathédrale de Calvi lors de nos dernières vacances. Tout ça pour dire qu'il n'y a qu'une seule photo d'Élise elle-même dans ce cadre et c'est précisément celle-là qu'il voulait regarder ce soir, alors qu'il s'extasie d'habitude devant celle où il regarde les poules du voisin de ses grands-parents.

Mon mari et moi, un peu pris de court, l'avons laissé faire. Il est monté sur le canapé et n'arrêtait pas de répéter "Élise" en regardant et désignant sa photo. Les larmes ont commencé à ruisseler sur mes joues, en silence. Mon mari l'a rejoint sur le canapé. Je me suis approchée à mon tour. J'ai constaté que le silence de mon mari avait la même origine que le mien. C'est alors que, pour la première fois, Gaspard a réclamé "bisou Élise". Alors que mon mari finissait de s'effondrer en larmes, j'ai porté Gaspard pour qu'il soit à hauteur de la photo d'Élise et puisse l'embrasser.

Lorsque je l'ai reposé sur le canapé, il a associé les mots "a mal" et "Élise". C'est difficile dans ces cas-là de l'aider à nous faire comprendre ce qu'il veut dire sans orienter ou induire quoi que ce soit. Nous avons fini par supposer qu'il imaginait qu'Élise avait mal, probablement à cause de la fente labio-palatine qui la défigure et donne à son nez et sa bouche la couleur du sang.

Mon mari s'était isolé dans notre chambre pour pleurer, j'étais moi-même en larmes alors que Gaspard était encore dans mes bras. Je me suis alors empressée de lui expliquer que son papa et moi ne pleurions pas à cause de lui mais parce que nous étions émus qu'il parle d'Élise, parce que nous étions tristes qu'elle ne soit pas là. Je l'ai rassuré en lui disant que même si ça nous fait pleurer, ce n'est pas grave, qu'il peut continuer à parler d'elle, quand il veut, où il veut, comme il veut. Ma plus grande hantise serait qu'il se censure ou étouffe ses sentiments pour nous préserver. Ce n'est pas à lui de nous protéger.

C'est arrivé ce soir alors que nous avions décidé de moins lui parler d'Élise, pour voir si cela l'aidait en quoi que ce soit, bien que nous n'ayons pas l'impression de lui en parler trop.
C'est arrivé ce soir, alors que nous n'avions pas parlé d'Élise aujourd'hui.
C'est arrivé ce soir alors que, jusqu'à hier, il croyait qu'Élise faisait dodo sur cette photo, ce que nous avions immédiatement et systématiquement corrigé.

Qu'est-ce qu'il se passe dans ta tête, mon Crapaud ? À quoi tu penses ? Qu'est-ce qui t'a fait penser à Élise ce soir ? Pourquoi as-tu voulu embrasser sa photo ?

Ce soir, mon mari et moi nous sommes pris une grande claque. Mais ce n'est sans doute que la première...

Réflexion

Posté par Tannabelle à 22:25 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

Par tous les moyens

Cela fait plusieurs semaines que ça ne va pas, dans ma tête et dans mon coeur. En ce moment, je n'y arrive pas. J'ai besoin d'aide mais je ne sais pas vraiment de quelle aide.

J'ai fait l'aller-retour entre jeudi soir, après le boulot, et vendredi matin, avant le boulot jusqu'à Lille, à 2h30 de chez moi, pour assister au groupe de parole mensuel de l'association Nos tout-petits, dont je suis adhérente et membre bénévole à distance. Mon dernier groupe de parole remontait à décembre dernier, c'est dire si j'avais un trop-plein de chagrin à y déverser ! Il m'est toujours difficile d'expliquer précisément ce que m'apporte cet espace d'expression libre ; je sais juste que je suis toujours impatiente d'y retourner, même (ou surtout) si je ne peux y aller qu'occasionnellement...

J'ai également repris rendez-vous avec "ma" psychologue, celle de la maternité où j'ai accouché, celle qui me suit depuis le début, pour début novembre, faute de place avant. Mais ça me semble tellement loin encore...

J'ai donc également contacté le centre médico-psychologique de ma ville. La secrétaire que j'ai eue au téléphone m'a d'abord informée que le délai de rendez-vous se comptait en mois... encore pire qu'avec "ma" psychologue. Mais, lui ayant quand même confirmé que je souhaitais être inscrite sur la liste d'attente, elle a pris mes coordonnées et noté, avec mon accord, la raison de ma demande. En la lui expliquant en quelques phrases, j'avais la gorge nouée et la voix tremblante. Elle m'a alors dit qu'elle allait essayer de me donner un rendez-vous en "urgence".

Je prévois de prendre rendez-vous chez l'ostéopathe chez qui nous avons emmené Gaspard il y a quelques jours pour ses troubles du sommeil. Non que nous ayons déjà constaté une amélioration de ce côté-là, mais il nous a inspiré confiance et je me dis que ça ne peut sans doute pas me faire de mal.

J'envisage de reprendre rendez-vous avec la psychiatre que j'avais vue l'an dernier.

J'ai même pensé à accepter un traitement anti-dépresseur, tellement j'ai besoin d'aller mieux...

Réflexion

27 septembre 2015

Elles ont dû interrompre leur grossesse pour raison médicale

Vidéo

Émission "Toute une histoire" diffusée sur France 2
Date : 18 septembre 2015
Durée : 59mn

Emmanuel Moire et la mort de son frère jumeau

Vidéo

Émission "Toute une histoire" diffusée sur France 2
Date : 17 septembre 2015
Durée : 59mn