14 décembre 2015

À côté d'elle

Aujourd'hui, je vais - encore - vous rapporter ce que Gaspard nous a dit. Quand je vous dis qu'il est une vraie pipelette ! Et puis cela m'arrange bien qu'il nourrisse mes billets, puisque je n'ai toujours pas retrouvé l'énergie d'écrire plus longuement.

Ce soir, en rentrant de la crèche à pieds, tous les quatre, nous avons pris le temps de nous arrêter devant les maisons décorées et illuminées, de chercher les marrons et les vers de terre, d'admirer les Père Noël en train d'escalader les grillages et autres clôtures, de regarder les oiseaux voler au-dessus de nos têtes, de guetter le petit chat que nous avions vu à l'aller ce matin... et de lever les yeux vers la lune qui commençait à apparaître.

Et Gaspard de s'exclamer : "C'est la lune à Élise !"

Je ne sais pas si nous faisons comme il faut, mais pour l'instant, tu places Élise au même endroit que nous, mon Crapaud...

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12 décembre 2015

Si nous avions pu...

Ce soir, au milieu d'une phrase anodine, Gaspard a capté le mot "réparer". Fidèle à sa réputation de pipelette, il s'est alors amusé avec.

"Réparer Gaspard moi !
Réparer Papa moi !
Réparer Hector moi !
Réparer Élise moi !"

- On ne peut pas réparer Élise, tu sais. Si nous avions pu, nous l'aurions fait...
- Veux réparer Élise moi.

Si nous avions pu...
Mais nous n'avons même pas essayé...

01 décembre 2015

Lumière

Il y a des semaines - une éternité, en somme - que je n'ai pas publié ici. Ce ne sont ni l'envie, ni l'inspiration, ni le besoin qui manquent : ce sont le temps et l'énergie qui font défaut. Je ne désespère pas de retrouver prochainement et régulièrement l'occasion de m'épancher ici.

En attendant, j'avais envie de vous rapporter une bribe de la conversation que j'ai eue avec Gaspard ce soir.

Alors que je m´apprêtais à mettre Hector en pyjama dans sa chambre, j'ai demandé à Gaspard :

- Tu veux bien allumer la lumière de Hector, s'il te plaît ?
- Oui !
- Merci, Gaspard !
Il s'est empressé de le faire, avant de se précipiter dans sa chambre et de revenir me voir quasiment aussitôt :
- A'umé ma 'umière aussi moi.
- Tu as allumé ta lumière ?
- Oui.
- Super !
- Est où 'umière à 'Etor ?
- Ben elle est là, tu viens de l'allumer.
- Ah oui. Est où ta 'umière à toi ?
- Elle est où ma lumière ?
- Oui.
- C'est vous ma lumière.
- Ah.

Juste des paroles d'une maman amoureuse de ses enfants, mais cette idée de lumière m'a fait du bien... et m'a rappelé ces paroles de Leonard Cohen que j'aime tant (Leonard Cohen et ces paroles) :

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There is a crack in everything
That's how the light gets in

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08 octobre 2015

Golden Blog Awards 2015

Comme l'an dernier, j'ai inscrit mon blog à un concours de blogs : les Golden Blog Awards.
Pour connaître la mécanique du concours et mes motivations, je vous invite à lire le billet de l'an dernier.

GBA

Pour voter, deux façons :

  • directement via le bouton de vote sur la droite du blog,
  • sur le site des GBA.

Vous pouvez voter une fois par jour, tous les jours jusqu'au 26 octobre !

Alors je compte sur vous ! :-)

03 octobre 2015

Une grande claque...

Ce soir, mon mari et moi nous sommes pris une grande claque, sans l'avoir vue venir.

Hector était couché. Nous finissions le repas avec Gaspard. Nous en étions au fromage et, contre toute attente, notre petit "fromagivore" a tout-à-coup délaissé son morceau de chèvre pour nous annoncer sans préambule qu'il voulait aller dormir. Nous l'avons fait répéter et, devant sa réponse déterminée, nous nous sommes dit qu'il ne fallait pas manquer cette occasion.

Au moment de quitter la table, il a répété "Élise", "va voir", signalant ainsi qu'il voulait aller regarder l'une des photos d'Élise qui est affichée dans un cadre pêle-mêle au-dessus de notre canapé. Parmi les 28 photos qui composent ce cadre, seules trois concernent Élise ; parmi ces trois photos, deux sont symboliques puisqu'elles représentent l'une sa tombe, l'autre une bougie que nous avions allumée pour elle dans la cathédrale de Calvi lors de nos dernières vacances. Tout ça pour dire qu'il n'y a qu'une seule photo d'Élise elle-même dans ce cadre et c'est précisément celle-là qu'il voulait regarder ce soir, alors qu'il s'extasie d'habitude devant celle où il regarde les poules du voisin de ses grands-parents.

Mon mari et moi, un peu pris de court, l'avons laissé faire. Il est monté sur le canapé et n'arrêtait pas de répéter "Élise" en regardant et désignant sa photo. Les larmes ont commencé à ruisseler sur mes joues, en silence. Mon mari l'a rejoint sur le canapé. Je me suis approchée à mon tour. J'ai constaté que le silence de mon mari avait la même origine que le mien. C'est alors que, pour la première fois, Gaspard a réclamé "bisou Élise". Alors que mon mari finissait de s'effondrer en larmes, j'ai porté Gaspard pour qu'il soit à hauteur de la photo d'Élise et puisse l'embrasser.

Lorsque je l'ai reposé sur le canapé, il a associé les mots "a mal" et "Élise". C'est difficile dans ces cas-là de l'aider à nous faire comprendre ce qu'il veut dire sans orienter ou induire quoi que ce soit. Nous avons fini par supposer qu'il imaginait qu'Élise avait mal, probablement à cause de la fente labio-palatine qui la défigure et donne à son nez et sa bouche la couleur du sang.

Mon mari s'était isolé dans notre chambre pour pleurer, j'étais moi-même en larmes alors que Gaspard était encore dans mes bras. Je me suis alors empressée de lui expliquer que son papa et moi ne pleurions pas à cause de lui mais parce que nous étions émus qu'il parle d'Élise, parce que nous étions tristes qu'elle ne soit pas là. Je l'ai rassuré en lui disant que même si ça nous fait pleurer, ce n'est pas grave, qu'il peut continuer à parler d'elle, quand il veut, où il veut, comme il veut. Ma plus grande hantise serait qu'il se censure ou étouffe ses sentiments pour nous préserver. Ce n'est pas à lui de nous protéger.

C'est arrivé ce soir alors que nous avions décidé de moins lui parler d'Élise, pour voir si cela l'aidait en quoi que ce soit, bien que nous n'ayons pas l'impression de lui en parler trop.
C'est arrivé ce soir, alors que nous n'avions pas parlé d'Élise aujourd'hui.
C'est arrivé ce soir alors que, jusqu'à hier, il croyait qu'Élise faisait dodo sur cette photo, ce que nous avions immédiatement et systématiquement corrigé.

Qu'est-ce qu'il se passe dans ta tête, mon Crapaud ? À quoi tu penses ? Qu'est-ce qui t'a fait penser à Élise ce soir ? Pourquoi as-tu voulu embrasser sa photo ?

Ce soir, mon mari et moi nous sommes pris une grande claque. Mais ce n'est sans doute que la première...

Réflexion

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Par tous les moyens

Cela fait plusieurs semaines que ça ne va pas, dans ma tête et dans mon coeur. En ce moment, je n'y arrive pas. J'ai besoin d'aide mais je ne sais pas vraiment de quelle aide.

J'ai fait l'aller-retour entre jeudi soir, après le boulot, et vendredi matin, avant le boulot jusqu'à Lille, à 2h30 de chez moi, pour assister au groupe de parole mensuel de l'association Nos tout-petits, dont je suis adhérente et membre bénévole à distance. Mon dernier groupe de parole remontait à décembre dernier, c'est dire si j'avais un trop-plein de chagrin à y déverser ! Il m'est toujours difficile d'expliquer précisément ce que m'apporte cet espace d'expression libre ; je sais juste que je suis toujours impatiente d'y retourner, même (ou surtout) si je ne peux y aller qu'occasionnellement...

J'ai également repris rendez-vous avec "ma" psychologue, celle de la maternité où j'ai accouché, celle qui me suit depuis le début, pour début novembre, faute de place avant. Mais ça me semble tellement loin encore...

J'ai donc également contacté le centre médico-psychologique de ma ville. La secrétaire que j'ai eue au téléphone m'a d'abord informée que le délai de rendez-vous se comptait en mois... encore pire qu'avec "ma" psychologue. Mais, lui ayant quand même confirmé que je souhaitais être inscrite sur la liste d'attente, elle a pris mes coordonnées et noté, avec mon accord, la raison de ma demande. En la lui expliquant en quelques phrases, j'avais la gorge nouée et la voix tremblante. Elle m'a alors dit qu'elle allait essayer de me donner un rendez-vous en "urgence".

Je prévois de prendre rendez-vous chez l'ostéopathe chez qui nous avons emmené Gaspard il y a quelques jours pour ses troubles du sommeil. Non que nous ayons déjà constaté une amélioration de ce côté-là, mais il nous a inspiré confiance et je me dis que ça ne peut sans doute pas me faire de mal.

J'envisage de reprendre rendez-vous avec la psychiatre que j'avais vue l'an dernier.

J'ai même pensé à accepter un traitement anti-dépresseur, tellement j'ai besoin d'aller mieux...

Réflexion

27 septembre 2015

Elles ont dû interrompre leur grossesse pour raison médicale

Vidéo

Émission "Toute une histoire" diffusée sur France 2
Date : 18 septembre 2015
Durée : 59mn

Emmanuel Moire et la mort de son frère jumeau

Vidéo

Émission "Toute une histoire" diffusée sur France 2
Date : 17 septembre 2015
Durée : 59mn

23 septembre 2015

S'il fallait t'enterrer à nouveau

Ce 23 septembre 2013, nous n'étions que huit à accompagner ton cercueil. Parce que ton papa et moi avions choisi de faire ça "en petit comité".

Si c'était à refaire, je ferais autrement. J'annoncerais ton décès à notre entourage - familial, amical, professionnel ou autre - et "l'inviterais" à ton enterrement comme si tu n'avais pas été qu'un fœtus mort-né, comme si tu n'étais pas un bébé que personne n'a connu. Je me dis souvent que si Gaspard ou Hector mourait, on ne ferait probablement pas ça "en petit comité". Alors pourquoi est-ce qu'on t'a cachée comme si tu n'avais pas vraiment vécu, comme si tu n'étais pas vraiment morte, comme si tu n'existais pas vraiment ?!

Ce jour-là, nous n'avons souhaité la présence de personne à part nos parents et nos frères et belle-sœur. Sûrement parce que j'aurais eu trop peur que personne ne vienne, que personne ne juge ton départ comme un vrai départ et ta mort comme une vraie mort, que personne ne prenne la peine de se déplacer pour toi, ou à défaut pour nous. En assistant à ton enterrement, les gens se seraient peut-être rendu compte pour de bon que tu as existé ; ils auraient peut-être même compris que tu as vécu, uniquement dans mon ventre mais quand même.

Si c'était à refaire, je ferais les choses autrement.
Pour que les gens voient ton cercueil, ton tout petit cercueil, ton minuscule cercueil.
Pour que les gens voient notre chagrin.
Pour que les gens sachent. Pas pour qu'ils comprennent, mais pour qu'ils sachent, au moins.

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20 septembre 2015

Anniverciel

À la fin de cette journée en famille en l'honneur de Gaspard, nous sommes allés sur la tombe d'Élise, pour son "anniverciel".

Il faisait beau et doux, exactement comme il y a deux ans.

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Et le soir, à la nuit tombée, mon mari et moi avons pu faire ce que nous n'avions pas réussi la veille, malgré notre patience et trois tentatives : envoyer une lanterne pour Élise, comme l'an dernier, depuis la plage de la petite ville où elle est enterrée.

Il faut croire qu'Élise ne voulait pas que l'on célébre sa mort mais sa naissance...

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