15 septembre 2015

Vous n'allez pas me croire

Ce matin, au réveil, mon mari et moi avons d'abord ouvert les yeux. Puis nous avons pris conscience de quelque chose. C'est à ce moment-là que plusieurs options se sont offertes à nous.

Nous avons hésité à faire la danse de la joie.
Nous avons envisagé de sortir de la maison en criant "Bip biiiiiiiiiip".
Nous avons projeté d'enchaîner trois saltos chacun.
Nous avons été sur le point de rédiger un discours larmoyant.
Nous avons pensé arriver à la crèche en nous élançant à genoux avec notre t-shirt sur la tête, à la manière d'un joueur de foot qui vient de marquer un but.
Nous avons même failli croire en Dieu !

Au lieu de cela, nous avons joué la carte de la sobriété : nous nous sommes regardés, nous avons souri et nous nous sommes réjouis de l'endormissement rapide (tout de même avec Maman à ses côtés, la main simplement posée sur sa poitrine, à l'endroit où palpite son petit cœur) ET de la nuit sans interruption que nous a offerts Gaspard ! ^^

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Différente ?

Une petite fille.
Une mère.

Une autre petite fille.
Une autre mère.

Cette petite fille. Qui est lourdement handicapée. Qui ne peut ni parler ni marcher.
Cette mère. Qui tue sa fille.

Cette autre petite fille. Qui sera lourdement handicapée. Qui ne pourra ni parler ni marcher.
Cette autre mère. Qui tue sa fille.

Cette mère. Qui risque la réclusion criminelle à perpétuité.
Cette autre mère. Qui vit en toute impunité - si ce n'est les démons qui me rongent.

Quelle différence ?!

Réflexion

14 septembre 2015

Prisme

Gaspard qui rejoignait Morphée si facilement, dormait si paisiblement, se réveillait si tardivement... à part une zone de turbulences inexpliquées en août 2014 et une autre juste avant l'arrivée de Hector !

Voilà plus de trois mois que Gaspard dort mal.
Il se réveille toutes les nuits, voire plusieurs fois par nuit.
Il se rendort parfois seul en quelques instants, mais la plupart du temps il a besoin au moins de notre présence.

Voilà aussi - surtout - trois semaines que Gaspard n'arrive plus à s'endormir seul. Je crois que nous avons tout essayé ou presque.

La veilleuse.
Le faire rire.
L'histoire.
Se fâcher.
La veilleuse à projection orientable.
Jouer.
Le lit sans barreaux.
Lui parler de ses copains Timothée et Hillel.
La lumière de l'escalier allumée.
Lui rappeler les bons moments de sa journée.
La porte ouverte.
Le chatouiller.
La lampe de chevet allumée.
Lui parler de son biberon et de sa tartine au chocolat du lendemain matin.
Le volet pas complètement fermé.
Le rassurer.
La musique.
Chanter.

Rien n'y fait : il ne s'endort qu'avec nous à ses côtés ou dans nos bras.

Notre dernier recours, que dis-je, notre dernier espoir : l'osthéopathie, qu'on nous a conseillée à plusieurs reprises ces derniers jours. J'attends que l'osthéopathe qu'on nous a recommandé me rappelle pour fixer un rendez-vous.

En plus de ce sommeil complètement chamboulé, Gaspard nous semble perturbé à la maison, tandis que résonne toujours le même son de cloche le soir à la crèche : "Bonne journée. Bien mangé. Bien dormi. Bien joué". Et pourtant, chez nous, notre petit bonhomme si facile à vivre jusqu'à présent en vient à "chouiner" pour un oui ou pour un non, à ne réclamer que "Maman, Maman" au point de se débattre dans les bras de son père, à faire des difficultés à manger, à se montrer indifférent ou jaloux envers Hector, à avoir peur de choses qui ne l'effrayaient pas jusqu'à présent, à paniquer face à des situations connues, à sursauter même à des bruits familiers.

Étrangement - ou non (c'est toute la question) - nous sommes entrés dans cette nouvelle zone de turbulences au moment où :

  • Gaspard a repris la crèche après trois semaines de vacances,
  • j'ai repris le travail,
  • Hector a commencé son adaptation à la crèche.

Cela fait donc trois semaines que cela dure, avec un point culminant (sommes-nous sur la pente descendante ?!) la semaine dernière où, par lassitude, découragement, fatigue ou un peu de tout ça, nous l'avons laissé commencer toutes ses nuits avec nous dans le canapé pour les finir dans notre lit.
Là encore, étrangement ou non, ce "pic" coïncide avec le retour en force de mon mal-être par rapport à Élise, à l'approche de leurs deux ans.

Réflexion

Et la frustration qui nous assaille, l'incompréhension qui nous taraude, l'inquiétude qui nous tourmente nous poussent à nous poser des questions. Des questions que nous ne nous poserions pas si Élise n'était pas morte.

Même si nous sommes nécessairement différents des parents que nous aurions été si nous n'avions pas perdu d'enfant, nous essayons d'être ceux que nous voulions être, malgré tout. Nous nous efforçons donc de ne pas tout voir à travers le prisme du décès d'Élise. Il n'empêche...

Je me trouvais ridicule de me poser ces questions-là. Et puis, en échangeant avec mon homme, je me suis rendu compte qu'il se posait les mêmes.

Dans quelle mesure cela est-il "normal" ou lié à Élise ?
Est-ce que Gaspard est perturbé par rapport à Élise ?
Est-ce que c’est à travers ce qu'il ressent, lui ? Ou à travers ce qu’on lui communique - surtout moi - en ce moment ?
Cette période anniversaire est particulière pour nous. L’est-elle aussi pour lui ?
Il nous semble avoir peur de quelque chose le soir. Est-ce du noir ? Est-ce de dormir ? Est-ce d'être abandonné ?
Associe-t-il le sommeil à la mort ?

Le plus frustrant, c'est de le voir aller moins bien qu'avant et de ne pas savoir l'aider.
Le plus culpabilisant, c'est de se dire que, même s'il y a probablement d'autres choses là-dessous et qu'il est probablement trop jeune pour être affecté à ce point par le décès de sa jumelle, notre histoire avec Élise ne doit pas faciliter sa construction...

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13 septembre 2015

Endométriose : cette maladie dont les femmes ne parlent pas

Vidéo

Émission "Toute une histoire" diffusée sur France 2
Date : 8 septembre 2015
Durée : 1h00

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08 septembre 2015

Retour au travail (bis)

J'ai repris le travail il y a deux semaines et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça été - c'est - compliqué. Non pas de reprendre le travail en soi - c’était nécessaire, pour plusieurs raisons - mais de laisser Hector. J'ai comme un sentiment d'abandon.

  • Je suis restée un an non-stop avec Gaspard.
  • J’ai repris le travail après son adaptation, nous avons donc pu nous séparer en douceur ; j’ai en quelque sorte moi aussi fait mon adaptation.
  • C’est moi qui ai fait son adaptation à la crèche, qui l’ai accompagné dans ce nouveau monde.

 

  • Je n’ai passé « que » 6,5 mois avec Hector. Certes, c’est déjà une chance par rapport à tous ces bébés qui atterrissent chez la nounou ou à la crèche dès leurs 2,5 mois mais pour moi, c’était encore trop tôt, surtout qu'on a eu du mal à démarrer.
  • J’ai repris le travail avant son adaptation. Au cours des quelques jours qui ont précédé ma reprise, nous avons profité des congés de mon mari pour amorcer la transition : il s’est au fil des jours de plus en plus occupé de Hector la journée pour que je me « détache » de lui, pour qu’il se « détache » de moi et « s’attache » à son papa. Malgré cela, pendant ces quelques jours, nous étions ensemble quasiment en permanence et nous avons été séparés du jour au lendemain lorsque j'ai repris le travail.
  • Ce n’est pas moi qui fais son adaptation à la crèche, qui l’accompagne dans ce nouveau monde.

 

Ce sentiment n’a rien à voir avec son papa, je sais qu’il est bien avec lui, qu'ils sont bien ensemble. Il n’est pas question de mon mari ou de confiance, mais de moi. Il n’est pas question de  savoir à qui je l’ai laissé mais du fait que je l’aie laissé.

D'ailleurs, rien que pour ce qui va suivre, je me réjouis que mon mari accompagne Hector dans cette étape : mon mari m’a dit à plusieurs reprises qu’en passant autant de temps avec Hector, en tête-à-tête qui plus est, il avait l’impression de le découvrir vraiment. La première fois qu'il m'a fait cette confidence, ça m’a fait comme une bouffée d’amour et de bonheur dans le cœur ! Je suis heureuse que mon mari ait cette chance-là, celle de passer du temps avec ses fils.

 

Ça, c’est pour la séparation. Il y a aussi les retrouvailles...

 

Le premier soir où j’ai retrouvé Gaspard et Hector après le travail, j’étais impatiente et heureuse. Et en même temps, mon cœur s’est serré. J’avais quitté Gaspard et Hector en sachant que je les retrouverais. Élise, je l’ai quittée en sachant que je ne la retrouverais pas. En rentrant ce soir-là, j’ai retrouvé deux de mes enfants. Je n’ai retrouvé que deux de mes enfants.

Pour être honnête, je devrais dire que j’ai quitté Élise sans savoir si je la retrouverais un jour. J’ai envie de croire qu’un jour je la rejoindrai là où elle est partie avant moi mais qui peut me l’assurer ? Cela fait partie de ces croyances auxquelles on se raccroche plus par nécessité que par conviction...

Réflexion


12 août 2015

Pas que ça

Lui sourire.
Me détendre.
Provoquer le peau à peau.
Prendre plaisir à être avec lui.
Apprécier sa chaleur.
Plonger mon regard dans le sien.
Le faire rire.
Savourer sa douceur.
Me reconnecter à lui.
Prolonger l'instant.

C'est ce que j'ai vécu hier soir avec Hector, à l'occasion d'un bain partagé, pendant que Gaspard était avec son papa.

Je voulais en parler ici pour rétablir l'équilibre suite à mes deux derniers billets. Parce que, au milieu de ma tempête, il y a aussi des instants de grâce et que ce sont ces moments qui me donnent l'énergie d'affronter, tant bien que mal, les autres moments...

Réflexion

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11 août 2015

De l'air

Se balader en poussette dans la maison. Jouer dans le parc. Faire la sieste dans son lit. Me regarder depuis sa chaise haute.
...
Rien n'y fait : il veut être avec moi, sur moi.

Sa peau contre la mienne.
Sa chaleur.
Ses gémissements de contentement.
Ses doigts qui s'agrippent à mes vêtements.
Ses yeux qui cherchent les miens.
Sa respiration qui ralentit.
Sa lèvre inférieure qui tète dans le vide.
Ses soupirs d'aise.
Son corps qui s'abandonne en pleine confiance.

Tout ce que j'aurais voulu dire d'Élise, vivre avec Élise, voilà que je n'en peux plus, que je n'en veux plus avec lui.
Ce contact physique. Cette fusion. Cette vampirisation.
Mon coeur, mon esprit, mon âme veulent respirer. Mon corps cherche de l'air malgré moi. Littéralement. Je ne contrôle plus ma respiration. Ma fonction vitale a pris son indépendance et va chercher ce dont elle a besoin comme elle peut, où elle peut.

Lui sur moi.
Lui si bien.
Moi si mal.
Comment est-ce possible ?

La certitude d'être incapable de lui faire du mal, de mal le traiter, volontairement ou par négligence.
Mais le sentiment de le trahir.
Alors mon rejet de lui n'est-il pas déjà une négligence ou une maltraitance ?...

Réflexion

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10 août 2015

L'admettre et le dire

Il est rare que je parle ici de ce qui me fait souffrir si cela n'est pas lié à Élise.
Comme si ce blog était exclusivement le sien.
Comme s'il m'était interdit de me plaindre de quoi que ce soit puisque le pire est déjà avec moi.
Mais j'ai besoin de me décharger.
 
J'ai bien entamé mon capital de mère au foyer en restant quasiment 12 mois à la maison avec Gaspard.
Dans deux semaines, je l'aurai encore grignoté en restant plus de 6,5 mois à la maison avec Hector.
Sans compter les presque 7 mois et presque 2 mois de femme au foyer qui ont précédé la naissance d'Élise et Gaspard puis de Hector.
 
Et voilà que j'arrive au bout de mes capacités.
 
Ce soulagement honteux quand l'un ou l'autre fait la sieste.
Cette impatience de ne plus être seule avec eux.
Ce rêve coupable qu'ils fassent la sieste en même temps, même rien que dix minutes.
Cette lassitude de ne rien pouvoir faire d'autre que ranger, nettoyer ou cuisiner quand ils me laissent un peu de répit.
Cette crainte de ne pas leur apporter ce dont ils ont besoin
Ce regret de n'être complètement ni avec l'un ni avec l'autre tant ils ont besoin d'attention tous les deux.
Cette patience qui s'est envolée.
Cette maman que je suis et que je peine parfois à reconnaître.
Ce besoin - cette nécessité - de repos physique et nerveux.
 
Cette vie n'est pas pour moi.
 
Il me tarde de reprendre le travail, malgré tout.
Pour être une femme. Pour travailler. Pour être entourée d'adultes.
Pour quitter la maison. Pour y revenir avec plaisir.
Pour lâcher du lest.
Pour ne plus être qu'une mère.
Pour être plus qu'une mère.
 


Le cercle vicieux
Tu as vécu - tu vis - le pire : le deuil de ton enfant.
Rien n'est grave, rien n'est important, rien ne vaut le décès de ton enfant, rien ne mérite que tu t'y attardes autant.
Ce que tu vis en ce moment avec tes autres enfants n'est donc ni grave, ni important.
Prends sur toi et ça passera.
Mais tu prends sur toi et ça ne passe pas.
 
Alors tu prends sur toi à nouveau. Pas pour continuer à lutter cette fois mais pour ravaler ta fierté.
Ne pas y arriver. Ne plus y arriver.
Le reconnaître.
L'accepter.
Le dire.
Demander de l'aide. À la famille. Aux amis.
 
Mais par-dessus tout ça : la culpabilité.
De ne pas y arriver, justement.
De ne pas être la mère que tu voulais - que tu voudrais - être.
De te dire - à nouveau, alors que ta relation avec Hector s'est apaisée et ressemble à celle que tu imaginais - que si c'était à refaire, tu ne le referais pas. Pas si vite en tout cas.
De te plaindre de tes deux fils bien vivants alors que tu donnerais tout pour que leur soeur soit là aussi et être encore plus épuisée.
 
Et en même temps le sentiment d'être légitime.
Parce que le décès de ta fille a remis beaucoup de choses à leur place.
Parce que tu sais ce qui est grave ou important.
Et parce que tu sens qu'en ce moment ce n'est pas anodin.

Réflexion

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30 juillet 2015

D'ici et d'ailleurs - Épisode 11

Cela fait des mois que je n'ai pas fait de bilan sur la fréquentation du blog. Je m'étais même promis de faire le bilan annuel fin avril ou début mai et nous voilà aux portes du mois d'août sans qu'aucun billet de ce genre n'ait vu le jour !

Au cours des sept premiers mois de 2015, ma petite tribu est allée visiter de nouvelles contrées :

  • Andorre
  • Grèce
  • Porto Rico
  • Tadjikistan
  • Ukraine

Je poursuis sur la lancée du dernier bilan en associant entre eux les différents chemins qui ont mené au blog et en essayant de les associer aux billets ou mots-clés correspondants.

Anomalies

Art

Blog

  • mes grumeaux et moi / tannabelle et ses grumeaux / mes grumeaux/ annabelle et ses grumeaux / les grumeaux blog / blog grumeaux / blog tannabelle grumeaux

Deuil périnatal

Divers

Écologie

Fait-maison

Hein ? (je n'ai pas compris ces recherches et/ou le lien entre ces recherches et le blog me semble très ténu !)

IMG/ISG

Musique

Tatouage/Piercing

Ventre

Vergetures

Via Canalblog

Statistiques

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29 juillet 2015

Petipo (bis)

Hector va bientôt prendre la suite de Gaspard et goûter à autre chose qu'au lait de sa maman !

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