10 août 2015

L'admettre et le dire

Il est rare que je parle ici de ce qui me fait souffrir si cela n'est pas lié à Élise.
Comme si ce blog était exclusivement le sien.
Comme s'il m'était interdit de me plaindre de quoi que ce soit puisque le pire est déjà avec moi.
Mais j'ai besoin de me décharger.
 
J'ai bien entamé mon capital de mère au foyer en restant quasiment 12 mois à la maison avec Gaspard.
Dans deux semaines, je l'aurai encore grignoté en restant plus de 6,5 mois à la maison avec Hector.
Sans compter les presque 7 mois et presque 2 mois de femme au foyer qui ont précédé la naissance d'Élise et Gaspard puis de Hector.
 
Et voilà que j'arrive au bout de mes capacités.
 
Ce soulagement honteux quand l'un ou l'autre fait la sieste.
Cette impatience de ne plus être seule avec eux.
Ce rêve coupable qu'ils fassent la sieste en même temps, même rien que dix minutes.
Cette lassitude de ne rien pouvoir faire d'autre que ranger, nettoyer ou cuisiner quand ils me laissent un peu de répit.
Cette crainte de ne pas leur apporter ce dont ils ont besoin
Ce regret de n'être complètement ni avec l'un ni avec l'autre tant ils ont besoin d'attention tous les deux.
Cette patience qui s'est envolée.
Cette maman que je suis et que je peine parfois à reconnaître.
Ce besoin - cette nécessité - de repos physique et nerveux.
 
Cette vie n'est pas pour moi.
 
Il me tarde de reprendre le travail, malgré tout.
Pour être une femme. Pour travailler. Pour être entourée d'adultes.
Pour quitter la maison. Pour y revenir avec plaisir.
Pour lâcher du lest.
Pour ne plus être qu'une mère.
Pour être plus qu'une mère.
 


Le cercle vicieux
Tu as vécu - tu vis - le pire : le deuil de ton enfant.
Rien n'est grave, rien n'est important, rien ne vaut le décès de ton enfant, rien ne mérite que tu t'y attardes autant.
Ce que tu vis en ce moment avec tes autres enfants n'est donc ni grave, ni important.
Prends sur toi et ça passera.
Mais tu prends sur toi et ça ne passe pas.
 
Alors tu prends sur toi à nouveau. Pas pour continuer à lutter cette fois mais pour ravaler ta fierté.
Ne pas y arriver. Ne plus y arriver.
Le reconnaître.
L'accepter.
Le dire.
Demander de l'aide. À la famille. Aux amis.
 
Mais par-dessus tout ça : la culpabilité.
De ne pas y arriver, justement.
De ne pas être la mère que tu voulais - que tu voudrais - être.
De te dire - à nouveau, alors que ta relation avec Hector s'est apaisée et ressemble à celle que tu imaginais - que si c'était à refaire, tu ne le referais pas. Pas si vite en tout cas.
De te plaindre de tes deux fils bien vivants alors que tu donnerais tout pour que leur soeur soit là aussi et être encore plus épuisée.
 
Et en même temps le sentiment d'être légitime.
Parce que le décès de ta fille a remis beaucoup de choses à leur place.
Parce que tu sais ce qui est grave ou important.
Et parce que tu sens qu'en ce moment ce n'est pas anodin.

Réflexion

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30 juillet 2015

D'ici et d'ailleurs - Épisode 11

Cela fait des mois que je n'ai pas fait de bilan sur la fréquentation du blog. Je m'étais même promis de faire le bilan annuel fin avril ou début mai et nous voilà aux portes du mois d'août sans qu'aucun billet de ce genre n'ait vu le jour !

Au cours des sept premiers mois de 2015, ma petite tribu est allée visiter de nouvelles contrées :

  • Andorre
  • Grèce
  • Porto Rico
  • Tadjikistan
  • Ukraine

Je poursuis sur la lancée du dernier bilan en associant entre eux les différents chemins qui ont mené au blog et en essayant de les associer aux billets ou mots-clés correspondants.

Anomalies

Art

Blog

  • mes grumeaux et moi / tannabelle et ses grumeaux / mes grumeaux/ annabelle et ses grumeaux / les grumeaux blog / blog grumeaux / blog tannabelle grumeaux

Deuil périnatal

Divers

Écologie

Fait-maison

Hein ? (je n'ai pas compris ces recherches et/ou le lien entre ces recherches et le blog me semble très ténu !)

IMG/ISG

Musique

Tatouage/Piercing

Ventre

Vergetures

Via Canalblog

Statistiques

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29 juillet 2015

Petipo (bis)

Hector va bientôt prendre la suite de Gaspard et goûter à autre chose qu'au lait de sa maman !

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27 juillet 2015

Je t'en veux

Je t'en veux de ne pas me réveiller la nuit.
Je t'en veux de ne pas avoir failli fuguer avec Gaspard la semaine dernière.
Je t'en veux de ne pas faire rire Hector aux éclats en le chatouillant.
Je t'en veux de ne pas attraper la barbe de ton papa à chacun de ses bisous.

Oui, je t'en veux.

Mais moins qu'à moi.

Réflexion

26 juillet 2015

Tous les trois

À l'occasion de la naissance de Hector, les collègues de mon mari ont organisé une collecte qui lui a été remise il y a quelque temps. Pour rendre l'enveloppe qui la contenait plus personnelle, une de ses collègues eu la douce idée de l'agrémenter d'un dessin né sous ses doigts de fée. Par la suite, elle a même eu la gentillesse de le reproduire dans un format un peu plus grand et en donnant à Élise la couleur de cheveux qui était la sienne à la naissance.

Inutile de préciser à quel point cette attention nous a touchés par sa simplicité, sa douceur. Tout y est. Merci Vanessa !

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25 juillet 2015

Mon frère - Maxime Le Forestier

Audio

Toi le frère que je n'ai jamais eu
Sais-tu si tu avais vécu
Ce que nous aurions fait ensemble
Un an après moi, tu serais né
Alors on ne se serait plus quittés
Comme des amis qui se ressemblent
On aurait appris l'argot par cœur
J'aurais été ton professeur
À mon école buissonnière
Sûr qu'un jour on se serait battus
Pour peu qu'alors on ait connu
Ensemble la même première

Mais tu n'es pas là
À qui la faute
Pas à mon père
Pas à ma mère
Tu aurais pu chanter cela

Toi le frère que je n'ai jamais eu
Si tu savais ce que j'ai bu
De mes chagrins en solitaire
Si tu ne m'avais pas fait faux bond
Tu aurais fini mes chansons
Je t'aurais appris à en faire
Si la vie s'était comportée mieux
Elle aurait divisé en deux
Les paires de gants, les paires de claques
Elle aurait sûrement partagé
Les mots d'amour et les pavés
Les filles et les coups de matraque

Mais tu n'es pas là
À
qui la faute
Pas à mon père
Pas à ma mère
Tu aurais pu chanter cela


Toi le frère que je n'aurai jamais
Je suis moins seul de t'avoir fait
Pour un instant, pour une fille
Je t'ai dérangé, tu me pardonnes
Ici quand tout vous abandonne
On se fabrique une famille

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23 juillet 2015

Évité(s) mais...

Ce soir, dans notre famille, deux drames ont été évités.

Le premier, qui est en fait le deuxième chronologiquement, concerne un doudou de Hector.
Il est tombé de la poussette sans que personne ne s'en soit aperçu.
Heureusement, un couple a croisé notre chemin au même moment.
Sinon, Dieu (qui n'existe pas, d'ailleurs, mais c'est une autre histoire) seul sait ce qu'il serait arrivé à ce doudou et comment Hector l'aurait vécu.
Moralité : toujours garder le doudou de Hector sous surveillance.

Le deuxième, qui est donc le premier chronologiquement, concerne Gaspard.
Il s'est retrouvé seul sur le pas de la porte d'entrée de la crèche, sur le trottoir donc, sans que personne ne s'en soit aperçu.
Heureusement, ses parents sont arrivés à la crèche au même moment.
Sinon, Dieu (qui n'existe toujours pas, d'ailleurs, mais c'est toujours une autre histoire) seul sait ce qu'il serait arrivé à Gaspard et comment ses parents l'auraient vécu.
Moralité : toujours garder Gaspard sous surveillance.

J'en parle avec un peu de distance à cette heure-ci mais tout à l'heure je n'en menais pas large... Et les puéricultrices qui ont failli dans leur surveillance doivent encore entendre résonner l'arrivée tonitruante de mon mari !

Plus de peur que de mal, au final, mais cela a ravivé des sentiments bien trop douloureux dont je n'avais vraiment pas besoin qu'ils remontent à la surface...

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22 juillet 2015

Un jour !

Un jour, quand les loustics s'endormiront de bonne heure pour ne se réveiller qu'à une heure décente le lendemain matin, j'aurai peut-être le temps de venir à bout de ma pile de livres en attente (sans parler des ebooks)... Un jour ! ^^

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17 juillet 2015

Ils sont de mèche !

Un jeudi soir de juillet, quelque part en Normandie. Un petit blond de 22 mois (bientôt) et un petit blond de 5 mois (et quelques) discutent.

- Bon, on leur fait quoi aujourd'hui ?
- Je sais pas, tu proposes quoi ?
- On leur pourrit la soirée, la nuit ou les deux ?
- Je leur ai déjà pourri la nuit hier.
- Bon, tu t'occupes de leur soirée et je m'occupe de leur nuit alors.
- Ça marche. Tu veux qui, toi, cette fois ?
- La dernière fois, j'ai eu Maman alors je te la laisse si tu veux.
- Ça me va ; en plus c'est surtout Papa qui s'est occupé de moi hier.
- On les laisse dormir un peu ou j'enchaîne juste après toi ?
- On peut leur laisser deux ou trois heures de répit, non ?
- Oui, si tu veux.
- Et demain, on fait quoi ?
- On passe le week-end chez Papi-Mamie alors je propose qu'on fasse tous les deux notre nuit d'une traite.
- Ah oui, comme ça les parents passeront pour des cons à répéter qu'on dort mal tous les deux !
(Rirediaboliques) ?
- Bon allez, bonne soirée, amuse-toi bien petit frère !
- Et toi amuse-toi bien cette nuit. À demain grand frère !

Dormir

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Hier, tu m'as fait pleurer

Sur le trajet du retour de la crèche, ton père t'a posé des questions auxquelles tu as bien répondu. À votre retour à la maison, vous avez reproduit ce petit dialogue devant moi.

- Elle est où, Maman ?
- Mama maison.

- Il est où, Hector ?
- 'Eto' maison.

- Elle est où, Élise ?
- Éli' mor'.

Entendre ces horribles mots prononcés par toi.
Entendre cette horrible réalité dans ta petite bouche innocente.
Tu n'as même pas deux ans et la mort fait déjà partie de ton vocabulaire et de ta vie...

Et en même temps, à chaque fois que tu fais ou dis quelque chose de nouveau par rapport à Élise, une partie de moi se réjouit, derrière le rideau de larmes. Parce que je me dis que, petit à petit, sans lourdeur j'espère, nous parvenons à ce que nous nous sommes promis, à ce que nous lui avons promis, à ce que je lui ai dit à voix haute devant son cercueil au fond de sa tombe ce lundi 23 septembre 2013 : Élise existe pour toi, naturellement, simplement.
Il y aura sûrement des moments plus compliqués, plus délicats, plus embarrassants, avec des questions inévitables, des réponses impossibles, des doutes ravivés, des reproches insupportables mais au moins elle EXISTE pour toi et, si nous continuons ainsi, elle existera aussi pour Hector. C'est tout ce que nous (nous) souhaitons.

Hier, tu m'as fait pleurer, mais comme je te le dis À CHAQUE FOIS que je pleure devant toi, ce n'est pas de ta faute si je pleure, c'est parce que ta sœur n'est pas là.

Larme

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