31 décembre 2014

2014

Nous allons bientôt changer d'année. Mon sentiment à cet égard est moins douloureux, moins violent que l'an passé - sans doute la preuve que le temps, ce traître de temps qui passe, fait son oeuvre.

Car le temps qui passe fait grandir Gaspard et me rapproche de l'arrivée de Hector.
Mais le temps qui passe m'éloigne de toi, ma fille, qui ne grandiras jamais, qui seras pour tes frères "la-grande-soeur-qui-restera-toujours-petite".

Aujourd'hui, et pour quelques heures à peine encore, je peux dire que tu es née, ou morte, "l'an dernier".
Bientôt, ce ne sera plus vrai et je devrai rajouter du temps au temps. Bientôt, il me faudra compter en années et non plus en mois. Bientôt, si ce n'est pas déjà fait, on jugera que je te pleure depuis trop longtemps déjà, que je te pleure trop tout court. Peut-on jamais trop pleurer son enfant ?...

Posté par Tannabelle à 20:23 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,


13 mai 2014

13 mai

13 mai 2013.
Deux semaines après m'être lancée dans la blogosphère, je me décide à communiquer l'adresse du blog à mon entourage direct : famille, amis, quelques contacts Facebook.

13 mai 2014.
J'ai rendez-vous pour la première fois chez la psychiatre que m'a conseillée bien maladroitement la médecin de la PMI et qui est spécialisée dans les questions autour de la périnatalité.

Posté par Tannabelle à 08:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

29 avril 2014

29 avril

29 avril 2013.
Je me lance dans la blogosphère, pas bien certaine de la tournure que prendra cette aventure et de la longévité de mon inspiration.

29 avril 2014. Je participe à un groupe de paroles de l'association Nos tout-petits destiné aux parents de jumeaux esseulés...

Nos tout-petits

Posté par Tannabelle à 12:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

01 janvier 2014

"Joyeux Noël et bonne année !"

"Joyeux Noël !" -  "Bonne année !"... Quatre mots, deux vœux que j'appréhendais... Les fêtes ont été compliquées, mon cœur était lourd, les larmes ont coulé et, même si j'ai été heureuse de les passer avec les personnes qui comptent le plus pour moi, je suis soulagée qu'elles soient maintenant derrière nous.

Pour 2013, nous espérions devenir parents. Nous le sommes... à quel prix ! Alors pour 2014, je ne nous souhaite rien. Rien d'autre que de trouver la force de donner à Gaspard la chance de s'épanouir. Rien d'autre que de perpétuer, inlassablement, la chimérique existence d'Élise. Rien d'autre que de continuer à être les parents "à part" que nous sommes devenus, puisque mon vœu le plus cher ne sera jamais exaucé.

 

Aujourd'hui, pour fêter la nouvelle année, la newsletter d'Etam m'a proposé de "revivre tous les moments forts de 2013". Si ça ne les ennuie pas, je vais passer mon tour.

Aujourd'hui, quelqu'un de notre famille qui connaît notre histoire nous a souhaité une année 2014 "aussi bonne que 2013". C'était un de ces sms standard envoyés à tout le monde pour faire court, efficace et impersonnel. Dans la plupart des cas, ça passe. Dans la plupart des cas...

Posté par Tannabelle à 22:45 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

Pour 2014...

... je fais le vœu que ta tombe soit toujours aussi fleurie...

Tombe 20131229

Posté par Tannabelle à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

31 décembre 2013

2013

Je me revois le 31 décembre 2008, à nous souhaiter, avec enthousiasme, un bébé pour l'année à venir.
Je me revois le 31 décembre 2009, à nous souhaiter, avec impatience, un bébé pour l'année à venir.
Je me revois le 31 décembre 2010, à nous souhaiter, avec désillusion, un bébé pour l'année à venir.
Je me revois le 31 décembre 2011, à nous souhaiter, avec résignation, un bébé pour l'année à venir.
Je me revois le 31 décembre 2012, à nous souhaiter, avec lassitude, un bébé pour l'année à venir.

Il y a 365 jours, je croyais que notre parcours d'AMP serait l'épreuve la plus difficile sur notre chemin de la parentalité.
Il y a 365 jours, je faisais confiance à la vie.
Il y a 365 jours, je croyais que seul le meilleur, aussi peu pressé fût-il, nous attendait.

Je ne veux pas changer d'année.
Comme si quitter 2013, c'était quitter encore un peu plus Élise, la laisser sur le bord du chemin.
Comme si je laissais Élise dans un autre espace-temps.
Comme si être en 2013, c'était être avec Élise et qu'être en 2014, ce sera s'éloigner d'elle.
Comme si changer d'année me forçait à tourner une page que je ne suis pas prête à tourner.