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Tannabelle et ses grumeaux
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"Livre-lui tes pensées. Des pensées que tu ne dis pas, ce sont des pensées qui pèsent, qui s'incrustent, qui t'alourdissent, qui t'immobilisent, qui prennent la place des idées neuves et qui te pourrissent. Tu vas devenir une décharge à vieilles pensées qui puent si tu ne parles pas."
Oscar et la dame rose - Éric-Emmanuel Schmitt
   
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Derniers commentaires
19 septembre 2015

Miam miam !

Pour le premier anniversaire des grumeaux, nous avions voulu faire ça entre nous. À trois.

Cette année, comme Gaspard se rend plus compte de ce qui se passe et de ce qui l'entoure, nous avons décidé de lui organiser un "vrai" anniversaire avec nous, ses papis-mamies, sa tata et l'un de ses tontons, et en pensée avec son autre tonton qui ne pouvait se joindre à nous.

Qui dit anniversaire, dit repas d'anniversaire. Plutôt que de nous lancer dans une cuisine élaborée que nous ne maîtrisons pas, de prendre des choses toutes faites ou de commander chez un traiteur, nous avons préféré ne préparer que des choses simples et qu'il aime, en misant sur le visuel.

Pour l'apéritif, je remercie mon amie diététicienne qui m'a laaaaaaargement inspirée :-)

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Pour le plat, rien que du simple mais efficace... un gratin de pâtes ! Tellement simple qu'il n'a pas mérité de photo.

Pour le fromage, que du bon qui venait en partie de chez nous.   

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Pour le dessert, c'est son (et mon !) goût pour le chocolat qui m'a guidée : mousse au chocolat (à l'emporte-pièce + le surplus en coupelles) et gâteau caché chocolat-noisette-amande.

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Je crois que tout le monde a apprécié, surtout mon Crapaud : c'est le plus important !

Et bien sûr, ma Princesse des étoiles était elle aussi présente à sa façon...

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12 août 2015

Pas que ça

Lui sourire.
Me détendre.
Provoquer le peau à peau.
Prendre plaisir à être avec lui.
Apprécier sa chaleur.
Plonger mon regard dans le sien.
Le faire rire.
Savourer sa douceur.
Me reconnecter à lui.
Prolonger l'instant.

C'est ce que j'ai vécu hier soir avec Hector, à l'occasion d'un bain partagé, pendant que Gaspard était avec son papa.

Je voulais en parler ici pour rétablir l'équilibre suite à mes deux derniers billets. Parce que, au milieu de ma tempête, il y a aussi des instants de grâce et que ce sont ces moments qui me donnent l'énergie d'affronter, tant bien que mal, les autres moments...

Réflexion

24 décembre 2016

Quatrième

2013 - Gaspard était parmi nous.
2014 - Hector était presque parmi nous.
2015 - Gaspard et Hector étaient parmi nous.
2016 - Gaspard et Hector sont parmi nous et nous espérons que dans un an, un autre petit bout sera (au moins presque) parmi nous. Non, non, ce n'est pas l'annonce de ma troisième grossesse, mais la confirmation que nous faisons de notre mieux pour concrétiser notre nouveau "projet bébé". ;-)

Et ce Noël 2016 est le quatrième Noël sans toi, Mon Amour...
Quatre fois qu'au lieu de placer un cadeau sous le sapin, nous allumerons une bougie.
Quatre fois que nous ne verrons pas tes yeux illuminés par la magie de Noël, puisque de toutes façons nous ne les avons jamais vus tout court.
Quatre fois que nous ne te verrons pas t'amuser avec tes frères ou ta cousine.
Quatre fois que ta place restera détestablement vide.
Quatre fois que je suis tiraillée entre l'envie de me terrer en attendant que Noël soit passé et l'idée que je n'en ai pas le droit, ne serait-ce que pour tes frères.

Et qu'on ne vienne pas me dire que tu es quand même avec nous en pensées. Ce n'est pas dans mes pensées, mais dans mes bras que je veux t'avoir !

Tu me manques mon bébé, tu me manques à en crever. Qu'on me donne une journée, une heure ou même une seconde pour te serrer à nouveau contre moi et je la ferai durer une éternité.

Belle-Île-en-Mer

1 octobre 2014

Retour au travail

Cela fait une semaine que j'ai repris le travail, après 19 mois d'interruption (jour pour jour) entre arrêt maladie, congé maternité, congé parental et congés payés. J'avais programmé ma reprise après l'adaptation de Gaspard à la crèche, j'aurais pu reprendre plus tôt puisqu'elle s'est terminée le 15 septembre mais, pour ces "premières fois depuis", je ne voulais pas travailler les 18, 19 ou 23 septembre. J'ai donc repris le 24 septembre, après avoir temporairement arrêté de travailler le 25 février 2013.

Pour me sentir bien dès le début, j'ai commencé par me réapproprier mon poste de travail, qui était entre-temps passé entre les mains de ma remplaçante et d'une stagiaire.
Entre mes deux écrans, j'ai posé une des étoiles de la boîte à souvenirs d'Élise.
En fond d'écran, j'ai choisi la carte que ma mère a dessinée pour le premier anniversaire des grumeaux :

carte premier anniversaire grumeaux maman

Par l'accueil qui m'a été réservé, j'ai eu l'impression de revenir tout simplement de vacances alors qu'au fond de moi, je ne suis plus la même. Pour mes collègues, l'équation est simple : ils ne m'ont pas vue enceinte au travail, puisque j'ai été arrêtée au bout d'un mois de grossesse, et quand j'ai fait une visite de courtoisie en janvier dernier, j'avais un bébé à présenter. Alors que l'absence de ma fille m'habite en permanence et que la grande majorité de mes collègues sont au courant (ne serait-ce qu'avec le mail que j'avais adressé à l'ensemble du personnel de mon entreprise en décembre dernier), je suis sûre que certains d'entre eux ont purement et simplement oublié que j'avais perdu un enfant.

En témoigne la brève discussion que j'ai eue avec un collègue (qui figurait pourtant parmi les destinataires de mon mail) à propos de ma nouvelle grossesse. Alors que je commentais le fait d'attendre un autre petit garçon d'un "je vais avoir une tribu de garçons à la maison", il m'a répondu : "c'est le deuxième alors ?". J'ai laissé un petit blanc, volontairement, puis ai précisé : "le deuxième vivant, oui, mais le troisième dans les faits".
Pas d'autre réaction qu'un embarras silencieux mais peu importe : Élise est mon premier enfant, Hector est mon troisième enfant et je ne laisserai personne croire qu'il en est autrement ! Ce n'est pas un caprice, une lubie ou un arrangement avec la réalité : mon livret de famille dit et dira la même chose.

Vis-à-vis de mes collègues, j'ai pris le parti de saisir chaque occasion de parler d'Élise. Je ne provoque pas ces occasions - je n'y arrive pas alors que l'envie de parler de ma fille me brûle les lèvres à chaque instant - mais je les guette. Alors que je discutais avec un jeune collègue de ma nouvelle grossesse (encore ! Je dois reconnaître que le fait que je revienne enceinte de congé maternité peut être un peu déroutant !) et de la brièveté de mon retour au travail, j'expliquais que mon futur congé maternité serait celui accordé pour un troisième enfant, ce qui l'a étonné : "c'est bizarre que ta fille soit considérée à charge par la sécurité sociale". Je lui ai alors expliqué la différence entre la CAF et la sécu, et entre les enfants "à charge" et les enfants "mis au monde viables". J'aurais pu être perturbée par sa question "cash" mais j'ai précisément apprécié qu'il ne s'embarrasse pas d'une éventuelle retenue pour évoquer ma fille ! Des questions sans détours à propos d'Élise, j'en redemande !

Le lendemain de ma reprise, ma chef a commenté avec pudeur les boucles d'oreilles en étoiles que je portais : "Je n'avais pas fait le lien". J'ai alors mis les pieds dans le plat : "oui, si vous voyez des étoiles sur moi, c'est pour ma fille". Une autre collègue a alors répondu qu'elle avait effectivement remarqué l'étoile entre mes écrans. Gagné !

Le lendemain de ma reprise toujours, mon patron s'est intéressé, par pure obligation, à ma nouvelle grossesse : "Vous savez ce que c'est ?" J'ai eu envie de lui répondre qu'a priori c'était un humain, pas un alien, mais je me suis dit qu'il serait malvenu, dès ma reprise, de crisper à nouveau nos relations, que le temps et la distance de ces derniers mois ont eu la bonne idée de détendre, par la force des choses. Je me suis donc contentée d'un :
- C'est un petit garçon.
- Et là, vous avez déjà... ?
- Un petit garçon... et ma fille, qui n'est plus là.
Évidemment, rien qu'en prononçant ces quelques mots, ma voix a trahi mon émotion. [mode ironie : ON] Alors on peut me trouver chochotte ou hypersensible [mode ironie : OFF] mais, oui, je m'émeus encore de dire que ma fille n'est plus là ! Mon patron l'a remarqué et n'a pu s'empêcher de commenter : "Vous avez encore du mal". J'ai eu envie de lui répondre "Évidemment que j'ai encore du mal, ça ne fait qu'un an ! Et toute ma vie, j'aurai du mal à vivre l'absence de ma fille et à annoncer, confirmer ou répéter que ma fille n'est plus là". Là encore, j'ai pris sur moi pour lui répondre laconiquement : "oui, et je pense que ça va durer encore longtemps." Fidèle à lui-même, il a ensuite dévié la conversation sur lui mais je n'en attendais pas moins de sa part.

La "bonne nouvelle" de ma reprise, c'est que j'ai trouvé des oreilles attentives et compréhensives non pas auprès de mes collègues, mais auprès de traductrices avec lesquelles je travaille beaucoup à distance mais que je n'ai jamais rencontrées. Évidemment, j'ai fait une "sélection" des relations professionnelles à qui je pensais pouvoir en toucher quelques mots ; je n'en ai parlé à aucun de mes clients (mais si l'occasion se présente un jour, j'en profiterai peut-être) et ai choisi, parmi les dizaines de traducteurs avec lesquels je travaille au quotidien, de ne me confier qu'à trois d'entre eux - d'entre elles, en fait. Leurs réactions ont été à la hauteur du "feeling" que je pensais avoir avec elles et de la confiance que je leur ai témoignée en ouvrant mon coeur et en donnant le lien vers ce blog. Pour le réconfort qu'elles m'ont apporté dans cette étape parfois décevante qu'est ma reprise du travail, je les remercie du fond du coeur !

27 juillet 2015

Je t'en veux

Je t'en veux de ne pas me réveiller la nuit.
Je t'en veux de ne pas avoir failli fuguer avec Gaspard la semaine dernière.
Je t'en veux de ne pas faire rire Hector aux éclats en le chatouillant.
Je t'en veux de ne pas attraper la barbe de ton papa à chacun de ses bisous.

Oui, je t'en veux.

Mais moins qu'à moi.

Réflexion

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4 mai 2015

Je veux

Peut-être est-ce à cause du mauvais temps ou du retour de vacances - ou un peu des deux - mais je me sens déprimée ce soir. Et comme toujours, quand je déprime (ou plus), je pense à toi. Alors j'ai regardé des photos de toi. Il y a longtemps que je n'avais pas eu besoin de le faire, d'ailleurs.

Et en regardant à nouveau ces photos, je me suis dit plein de choses.

Je veux te prendre encore dans mes bras.
Je veux t'entendre rire aux éclats.
Je veux te murmurer à l'oreille que je t'aime.
Je veux te présenter ton petit frère.
Je veux te voir trébucher et te faire tes premières égratignures aux genoux.
Je veux te serrer à nouveau contre mon cœur.
Je veux t'écouter parler sans qu'on n'y comprenne rien.
Je veux lire la joie de vivre dans tes yeux.
Je veux goûter à la chaleur de tes câlins.
Je veux t'entendre te chamailler avec tes frères.
Je veux caresser la douceur de tes cheveux.
Je veux que tu me réveilles la nuit ailleurs que dans mes cauchemars.
Je veux qu'on reprenne ta vie et la nôtre là où elles ont commencé à basculer.
Je veux qu'on efface tout et qu'on recommence.
Je veux que tu me pardonnes et que tu me donnes une seconde chance.
Je veux que tu reviennes et qu'on fasse comme si de rien n'était.

Réflexion

18 mars 2015

18

Il y a 18 mois, jour pour jour, nous étions un "18" aussi.
Il y a 18 mois, jour pour jour, nous étions un mercredi aussi.

Il y a 18 mois, heure pour heure, nous pouvions encore changer d'avis.
Il y a 18 mois, heure pour heure, nous pouvions encore faire machine arrière.
Il y a 18 mois, heure pour heure, nous pouvions encore préférer la vie à la mort.

Il y a 18 mois, jour pour jour, heure pour heure, tu étais encore vivante.

Réflexion

31 octobre 2014

Halloween

Aujourd'hui, c'est Halloween. En France, la tendance est mitigée. Certains n'en ont que faire ; d'autres s'y donnent à fond. En tout cas, personne ne s'étonne de rien, que ce soit de l'enthousiasme des uns ou de l'indifférence des autres : chacun fait ce qu'il veut.

Enfants ou ados, mon mari et moi ne l'avons jamais fêté. Adultes, nous ne l'avons fêté qu'une fois, il y a plusieurs années déjà et parce que nous étions invités. Nous avions à cette occasion joué le jeu à fond : mon mari en "the Crow" et moi en "homme-femme" façon Maxi Monster Music Show.

Homme-femme Maxi Monster Music Show

Ce soir, nous sommes à nouveau invités à le fêter entre amis.
Mon mari a envie de marquer le coup, sans en faire trop : une tenue simple, un maquillage raccord avec l'ambiance de la soirée et le tour sera joué.
Pour Gaspard, un t-shirt blanc trop grand suffira à le transformer en gentil fantôme. Quoi de plus normal pour un petit garçon dont le prénom anglosaxon correspondant est Caspar, si proche de Casper ?! ;-)
Quant à moi, je n'ai eu ni l'inspiration ni l'envie de trouver quelque chose d'approprié à mon bidon qui pousse et je n'avais aucunement l'intention de m'appliquer je-ne-sais-quel maquillage pas très recommandé aux femmes enceintes. Je me contenterai donc d'un petit accessoire.

Cela dit, même sans être grimée ou déguisée de la tête aux pieds, je serai dans le thème : Halloween, c'est bien la fête des monstres, non ? Et quel autre nom peut-on donner à quelqu'un qui a tué son enfant délibérément ?...

27 août 2014

Le jeu des 7 familles

Dans la famille
"je-ne-dors-pas-la-nuit-je-me-lève-exceptionnellement-deux-heures-plus-tôt-que-d-habitude-et-je-ne-fais-même-pas-de-sieste",
je demande le fils !

Cela fait 26 nuits que Gaspard dort mal. Je le sais, je les ai comptées. Parce que des nuits sans sommeil, ça (se) compte !
Du coup, cela fait aussi 26 nuits que nous dormons mal.

Dormir

Par exemple cette nuit, il s'est endormi à près de 23h00 et s'est réveillé deux fois.
"23h00, ça va encore, vous n'étiez pas encore couchés," me direz-vous. Certes.
"Et puis deux fois, c'est peu," ajouterez-vous. Bon, la première fois, il s'est rendormi en 15 minutes, passe encore. Mais la deuxième fois, il a mis 1h30 à se rendormir. Faites le calcul : sur une nuit de 7 heures 30, ça laisse peu de temps pour s'éclater avec Morphée.
Sans compter que ça dure depuis plusieurs semaines et qu'il a déjà fait mieux que ça. Cette nuit, avouons-le, il se l'est jouée petits bras.

Cerise sur le gâteau, je l'ai levé à 7h30 (soit 2 heures environ avant son heure de réveil habituelle - et presque la mienne aussi, au passage) pour une visite chez le pédiatre (trop) tôt ce matin. En bonne mère indigne que je suis, j'avoue que je savourais mon plaisir en allant le chercher dans son lit, alors qu'il n'avait pas encore ouvert les yeux, pour le réveiller à coups de "mon crapaud, il est déjà l'heure de se lever" et de "tu vois ce que ça fait d'être réveillé quand on dort profondément". Et encore, je lui ai parlé à voix basse et avec douceur, pas en pleurant à faire passer le babyphone dans la zone rouge en un quart de seconde. Suivez mon regard.

Eh bien, malgré ce sommeil pour le moins perturbé en termes d'horaires et de durée et les deux rappels de vaccin venus clôturer la visite chez le pédiatre, Gaspard trouve le moyen de ne pas vouloir faire de sieste ce matin. Alors qu'il en fait toujours une le matin. Même quand il dor(mai)t bien la nuit. Même quand il se réveille à 10h. Mieux (Pire ?!), il pète le feu !

S'il ne dort plus la nuit ni la journée, je fais comment pour faire la sieste et pour bloguer, moi ?!

PS : évidemment, le placement de ce billet dans la catégorie Petites joies et grands bonheurs est purement ironique.

11 juillet 2014

Non mais !

Ah, la CAF ne veut pas que ma fille rentre dans ses cases ?! Ben je m'en fiche, moi je l'y fais rentrer quand même !

Ça ne change rien.
Ça ne me donne droit à rien en plus ni en moins.
L'employé de la CAF va se demander pourquoi j'ai rajouté cette mention puisqu'Élise n'existe pas chez eux mais peu importe.
Je n'ai eu qu'une grossesse auparavant, je n'ai qu'un enfant à charge actuellement mais je ne peux pas laisser croire au monsieur ou à la madame de la CAF que, forcément, "une grossesse = un enfant". Non mais !

Déclaration de grossesse 1

 

Et comme je vous aime bien, je vous offre un petit bonus. À vous de trouver l'intrus !

Déclaration de grossesse 2

2 septembre 2014

Un jour comme les autres

Aujourd'hui, Gaspard a fait sa rentrée à la crèche. Bon, disons simplement qu'il a commencé la période d'adaptation qui durera deux semaines. Je ne suis pas spécialement inquiète. J'ai confiance dans la crèche et, pour être honnête, je suis impatiente de ne plus être qu'une maman. Bien sûr, je n'en mènerai sûrement pas large la première fois que Gaspard fera une journée complète à la crèche ou le jour de ma reprise mais le retour au travail, même pour quelques semaines, me fera le plus grand bien (toutes considérations sur mon patron mises à part, évidemment !).

Alors aujourd'hui, comme beaucoup de parents je suppose, j'ai pleuré.
Pas parce que Gaspard a fait sa rentrée à la crèche.
Parce qu'Élise n'a pas fait sa rentrée à la crèche. Parce qu'Élise ne fera jamais sa rentrée à la crèche, ni aucune autre rentrée.

 

Ce billet traîne depuis des semaines parmi les brouillons et aurait pu être complété encore longtemps avant d'être dévoilé. Mais je me suis dit qu'aujourd'hui, en tant qu'étape importante dans la vie de Gaspard, était le bon jour pour le publier.

Et après, on osera encore nous dire que "tout ça, c'est derrière nous"... Vous croyez que ça me, que ça nous (a) fait quoi, tout ça ?

  • Jouer uniquement avec Gaspard
  • Ne faire découvrir les joies de la piscine qu'à Gaspard
  • Choisir des vêtements uniquement pour Gaspard
  • Passer devant les rayons destinés aux petites filles sans pouvoir m'y arrêter
  • Tomber, dans le magasin où nous l'avons acheté, sur le body qu'Élise porte, là où elle est - le seul body qu'elle portera jamais
  • Entendre parler de notre deuxième enfant à venir
  • Faire ma première sortie "loisir" avec Gaspard uniquement
  • Dormir dans la chambre que l'un des grumeaux aurait occupée s'ils avaient été là tous les deux
  • Mettre à jour notre demande de place en crèche pour un enfant, et non plus deux
  • Ne réfléchir que par rapport aux grumeaux et par rapport à la grossesse quand j'entends parler d'évènements survenus en 2013 : "tout allait encore bien", "on savait déjà", "elle n'était plus là"
  • Enfiler à Gaspard sa première paire de Converse, celle qui figurait sur notre faire-part de grossesse, à côté des nôtres et surtout de celle destinée à Élise
  • Croiser une poussette double
  • Entendre parler d'une Élise
  • Accrocher le linge dans le jardin avec les épingles à linge que l'on avait utilisées pour notre faire-part de grossesse
  • Constater que la date de péremption de la barquette de margarine est le 24 mai
  • Enfiler le bonnet rayé à Gaspard, le même que porte Élise
  • Retaper le lit qui aurait dû être celui d'Élise
  • Aller sur la tombe d'Élise avec Gaspard dans les bras
  • Croiser une Élise
  • Imaginer conduire Gaspard à la mairie le jour de son mariage sans pouvoir imaginer mon mari en faire de même avec Élise
  • Regarder des parents rhabiller leurs jumeaux - fille et garçon, qui plus est - en attendant notre tour chez le pédiatre
  • Voir, dans un film, des roses blanches tomber sur le cercueil d'un enfant
  • Passer près de Pleucadeuc pendant nos vacances en Bretagne
  • ...

Cette liste est aussi décousue qu'incomplète. Elle aurait pu s'allonger indéfiniment car c'est tous les jours, dans tout ce que je fais avec/par rapport à/pour Gaspard, dans tout ce que Gaspard découvre, qu'Élise me manque.

Cette absurdité d'un jumeau sans sa jumelle, c'est comme un miroir sans reflet, c'est comme deux lignes parallèles mais dont l'une s'est arrêtée beaucoup plus tôt que l'autre, beaucoup trop tôt.

Je raisonne encore souvent avec des phrases du genre "C'est la première fois que (...) depuis que (...)" ou "La dernière fois que (...), c'était (...)", où les (...) font évidemment référence à la grossesse et au début de l'histoire des grumeaux. Mais il me faudra encore du temps avant d'arrêter avec tous ces "Nous aurions dû/devrions être", "Elle devrait être/aurait dû", "Ils auraient dû/devraient être". Ce qui est certain, c'est que ce n'est pas ce mois-ci, mois de leur premier anniversaire, que j'y arriverai.

Larme

6 juin 2013

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Alors à vos claviers ! :-)

19 juin 2013

Même si...

Même si l'histoire se terminait bien, je sais que ne serai - et ne suis déjà - plus la même. Parce que chaque grossesse s'accompagne forcément de doutes, d'espoirs et de craintes mais que rares sont les parents (et tant mieux pour les autres) qui ont à affronter de telles angoisses, de telles incertitudes, de telles questions...

Sans rien me reprocher et tout en comprenant que chacun de nous deux gère cette grossesse comme il le peut, mon mari trouve qu'il est un peu tôt pour publier autant de vidéos sur la vie qu'Élise aura peut-être, sur l'éventuelle décision que nous aurons à prendre concernant Élise, sur l'épreuve qui nous attend peut-être, mais au fond de moi, je sais que, quelle que soit l'issue, cette expérience m'aura marquée et restera au mieux une épreuve difficile, au pire une douleur insurmontable. Rien que parce que nous aurons eu à nous poser ces questions, tout cela fait désormais partie de moi, de mon histoire, de notre histoire, de l'histoire de notre famille, quoi qu'il arrive. Et pour cette raison, je pense avoir la légitimité nécessaire pour en parler.

 

Je ne sais pas si les quelques phrases qui suivent m'auraient autant interpellée il y a quelques semaines, peut-être suis-je en train de devenir aigrie, intolérante, égocentrique... Il faut dire que, depuis quelque temps, tout est remis en perspective. Même si je n'étais probablement déjà pas du genre insouciante et inconséquente, mes priorités et mes préoccupations ont changé et peut-être que mon capital "empathie pour les petits bobos et autres futilités" en a pris un coup. Mea culpa.

Dans un reportage sur les rencontres sur Internet : "Je cherche quelqu'un de beau."
Ah oui, c'est vrai, les gens beaux valent plus que les autres...

Sur un forum sur Internet : "Je veux accoucher en clinique pour être sûre d'avoir une chambre toute seule."
Ah oui, c'est vrai, le confort de quelques jours prime sur la santé et la sécurité de son enfant...

Un commentaire sur la photo de la fille d'une amie Facebook : "Toute mimi. Tu dois être sacrement fière d'avoir une si jolie petite poupée."
J'avais oublié qu'on ne peut pas être fier de ses enfants s'ils ne sont pas beaux...

Toujours sur un forum sur Internet : "Je ne veux pas une dizaine d'internes autour de moi quand je serai à la maternité."
Sauf que sans les internes d'aujourd'hui, pas de médecins de demain...

Réflexion

5 juin 2013

Attendre des grumeaux ne veut pas dire manger pour trois...

... et heureusement, sinon j'achèverais ma balance d'ici la fin de la grossesse.

Comme j'avais quelques kilos en trop avant de tomber enceinte, ma gynécologue m'a recommandé de me faire suivre par la diététicienne du CHU où nous sommes suivis pour tout le reste. J'ai suivi son conseil avec plaisir, me disant que ça ne pouvait nous faire que du bien, aux grumeaux et à moi.

J'ai donc rencontré la diététicienne pour la première fois il y a un mois. Lors de cette prise de contact, elle a dressé un état des lieux aussi complet que possible de mes habitudes alimentaires pour exploiter les points forts et s'attaquer aux points faibles. Je suis ressortie de son bureau avec un programme à la fois précis, libre et pas franchement restrictif :

  • privilégier les sucres lents aux sucres rapides le matin (j'ai même le droit de continuer à boire mon sacro-saint lait-chaud-deux-cuillers-à-café-de-Poulain :-))
  • manger de tout à chaque repas : crudités, viande ou poisson, féculents ou pain, légumes, fromage ou yaourt blanc "basique", fruit entier ou compote sans sucres ajoutés,
  • s'imposer un petit goûter, composé dans mon cas d'un verre de lait et de 3 Petit Beurre,
  • s'autoriser une viennoiserie ou pâtisserie par semaine,
  • limiter à de rares occasions tout ce qui est pizzas, plats préparés, etc.

Je fuis évidemment les kebabs et McDo (pas tellement difficile !) mais essaie de varier les plaisirs (v'là que je commence à aimer cuisiner, si, si, j'vous jure !) avec par exemple un plat équilibré (pain, viande, fromage, légumes) et qui fait du bien au moral :

Hamburger maisonBien sûr, mayo et frites sont bannies ! ;-)

L'objectif dans mon cas est de ne prendre que de 0 à 6 kilos d'ici l'accouchement et je dois dire que ça fonctionne plutôt bien jusqu'à présent : je mange à ma faim (même plus, parfois !), des choses saines et équilibrées et je n'ai pas encore grossi depuis que les grumeaux ont élu domicile dans mon bidon !

J'ai revu la diététicienne il y a quelques jours pour faire le bilan du premier mois : elle est satisfaite que mon poids n'ait pas bougé mais m'a reproché de ne pas manger assez de féculents pour les 3 organismes que je dois fournir en carburant. J'ai donc son autorisation pour ingurgiter entre 150g et 200g de pâtes ou de riz midi et soir, en conservant bien sûr l'équilibre de chaque repas.

On refait le point dans un mois !

(bien sûr, je ne vous recommande nullement de suivre ce régime, que vous soyez enceinte ou non ; chaque programme nutritionnel est du cas-par-cas !)

19 mai 2013

L'endométri-quoi ?

L'endométriose ! Une maladie méconnue, à la fois du grand public et - plus grave - du corps médical lui-même.

J'en suis atteinte, c'est pour cette raison que je me sens d'une part concernée par la question, d'autre part légitime pour en parler, à travers mon expérience et en m'appuyant sur le site d'Endofrance, l'association française de référence qui lutte contre l'endométriose.

Endométriose

C'est quoi, cette bête-là ?

L'endomètre, c'est le tissu qui tapisse l'utérus. Au cours du cycle menstruel et sous l'effet des hormones, il s'épaissit en prévision d'une grossesse éventuelle, et s'il n'y a pas fécondation, il se désagrège en saignant : ce sont les règles.

L'endométriose, c'est le tissu utérin qui s'étend et provoque des lésions, des adhérences et des kystes en dehors de l'utérus (par exemple sur les ovaires, la vessie, le rectum, etc.).

Et ça fait quoi, d'être atteinte d'endométriose ?

Dans mon cas, la maladie se rappelle à mon bon souvenir principalement au début des règles (désolée si vous me trouvez triviale ou impudique mais c'est la réalité de la maladie) et sous la forme :

  • de douleurs lancinantes insupportables (et je ne pense pas être particulièrement douillette, en toute objectivité) au niveau des ovaires, de l'abdomen, du bas du dos, du rectum et des jambes,
  • de malaises, tellement les douleurs sont fortes,
  • de diarrhées,
  • de "pincements" intenses et plus ou moins brefs lorsque j'urine, quel que soit le moment du cycle.

Il n'est pas rare que je ne puisse pas travailler en début de cycle, les douleurs rendant impossible toute concentration. Dans mon malheur, j'ai quand même la chance que ces douleurs ne durent que les 2 ou 3 premiers jours des règles (exceptées les douleurs urinaires), alors que certaines femmes sont handicapées plusieurs jours, voire semaines, par mois. Les conséquences peuvent également s'avérer graves, voire dramatiques, en fonction de la sévérité de l'endométriose et des organes touchés.

Et - last but not least - l'infertilité est également l'un des symptômes fréquents de l'endométriose. C'est d'ailleurs à l'occasion d'un bilan de fertilité (comme souvent) que la maladie m'a enfin été diagnostiquée, alors que cela faisait des années que ces symptômes existaient.

Endométriose, médecins et remèdes

L'endométriose est encore méconnue et, même lorsqu'elle est diagnostiquée clairement, les médecins (même les femmes !) ont du mal à s'en préoccuper réellement, les femmes se plaignant de fortes douleurs menstruelles (l'un des symptômes les plus fréquents) étant vues comme des "chochottes" et leurs douleurs étant considérées comme normales pendant les règles. Dans ma vie de (jeune) femme, j'ai rencontré plusieurs gynécologues et sages-femmes. J'ai fait part de mes douleurs à chacun d'entre eux, aucun n'a pris la peine de se pencher sur le problème. Le diagnostic a donc été posé tardivement et un peu par hasard.

Au fil des années, j'ai testé différents médicaments au fur et à mesure que les douleurs s'intensifiaient et que les anti-douleurs devenaient inefficaces. Dernièrement, seule la codéine parvenait à me soulager, et encore pas complètement et pas à chaque fois. La chaleur a aussi un effet bénéfique : bouillotte et bain chaud deviennent donc régulièrement mes meilleurs amis.

Endométriose, infertilité et grossesse

J'ai appris récemment, en regardant l'émission Les maternelles (sur France 5) consacrée à la maladie, qu'en cas d'endométriose et de "désir d'enfant", comme on dit, il faut choisir entre traiter les douleurs et traiter l'infertilité. Si l'on m'avait posé le problème en ces termes, il est évident que j'aurais préféré que l'on s'occupe de mon infertilité, quitte à devoir supporter ces douleurs pour une durée indéterminée. Au final, c'est ce qui s'est passé puisque les médecins ont choisi pour moi, par méconnaissance, désintérêt ou incompétence.

J'ai lu à plusieurs reprises que la grossesse empêcherait la progression de la maladie, voire la ferait régresser. Si seulement cela pouvait être vrai, ce serait double bénéf' ! En tout cas, après la grossesse, je suis bien décidée à me faire entendre et à faire entendre mes douleurs, quitte à passer pour une chochotte ou une emmerdeuse, le temps que quelqu'un se décide à me prendre au sérieux.

Surtout que j'ai eu aujourd'hui, et contre toute attente, une "crise d'endométriose" au niveau du bas du ventre et du rectum. Impossible de marcher ou de m'asseoir pendant plusieurs heures, que j'ai passées à me tordre de douleur pour trouver la position la moins inconfortable. J'avais prévu un billet sur l'endométriose dans les jours prochains mais je me suis dit qu'aujourd'hui était le bon jour pour en parler...

12 mai 2013

Mobile de montgolfières - Épisode 1

Pour diversifier mes activités anti-ennui pendant ces longues journées où je suis cloîtrée chez moi, j'ai décidé, en parallèle - entre autres - de mon repérage pour "l'équipement" des grumeaux et du tricot, de fabriquer moi-même les mobiles à poser au-dessus des lits des grumeaux, plutôt que de dépenser des fortunes dans des mobiles sans âme et sans amour.

Après avoir un peu farfouillé sur le net, je suis tombée amoureuse de cet envol de montgolfières et mon homme a validé mon choix :

Mobile montgolfières

J'adoooooore ces petits ballons tout mignons et en plus j'avais déjà tout ce qu'il fallait pour me lancer dans la fabrication dès aujourd'hui dimanche ! Après avoir réalisé le patron avec mon homme, et à force de découpes et de collages, j'ai pour l'instant réalisé 4 ballons, dont je suis assez fière.

Je table pour l'instant sur une dizaine de ballons pour réaliser un mobile, je verrai en allant si c'est suffisant ou non pour "bien rendre".

Si ce modèle vous plaît, voici le matériel dont vous avez besoin :

  • différents papiers aux coloris et motifs variés selon vos envies (un peu épais pour qu'ils résistent au découpage, aux manipulations et au collage),
  • de quoi faire le patron (je l'avais au format numérique et l'ai imprimé directement sur les papiers mais vous pouvez aussi utiliser un crayon de bois et du papier calque pour le reproduire à la main sur les papiers),
  • des ciseaux assez fins (type de couturière dans l'idéal),
  • de la colle pour papier et carton,
  • de la ficelle.

Et voici les quelques étapes (très simples) pour le reproduire :

  • Concevoir votre patron selon la forme et les dimensions souhaitées ou utiliser le mien, qui mesure environ 4,5 cm de haut sur 3,5 cm de large. J'ai supprimé après coup les traits inutiles sur ce patron mais ils apparaissent encore sur mes échantillons.

    Mobile montgolfières 1

  • Sélectionner les papiers.
    Chez moi, j'avais déjà un petit stock de papiers à motifs et coloris différents de ce genre :

    Mobile montgolfières 2

  • Imprimer le patron de montgolfière directement au dos des papiers sélectionnés (ou le décalquer).
    Prévoir 6 dessins de montgolfières pour obtenir une montgolfière "en relief".
    Sur l'image ci-dessous, on voit clairement les montgolfières au recto et on distingue les motifs du papier au verso :

    Mobile montgolfières 3

  • Découper les montgolfières :

    Mobile montgolfières 4

  • Plier les montgolfières au milieu, dans le sens de la hauteur, de façon à ce que la pliure soit "à l'intérieur" du côté du motif ou de la couleur :

    Mobile montgolfières 5

  • Coller les six montgolfières deux par deux et demi-face contre demi-face, puis coller deux "duos" de montgolfières demi-face contre demi-face :

    Mobile montgolfières 6

  • Lorsque vous avez un "quatuor" de montgolfières et un "duo" de montgolfières, couper la ficelle à la longueur désirée (sans oublier qu'il faudra la replier sur elle-même pour qu'elle forme une boucle) et l'insérer au centre de la montgolfière en la collant :

    Mobile montgolfières 7

  • Coller le dernier "duo" de montgolfières et le dernier "quatuor" de montgolfières... Votre montgolfière est terminée !

    Mobile montgolfières 8

Il ne vous reste plus qu'à réaliser autant de montgolfières que vous le souhaitez, en variant les couleurs, les motifs, et les longueurs de ficelle !

Pour l'instant, je n'ai pas encore réfléchi au type de support, je me pencherai sur la question une fois toutes mes montgolfières terminées.

En revanche, je n'ai pas envie de faire deux fois le même mobile : notre mot d'ordre pour les grumeaux est d'encourager à la fois leur complicité et leur individualité. Nous nous refusons à tout faire en double, à les habiller de la même façon, à ne leur offrir qu'un cadeau commun, etc. En l'occurrence, ça se traduit - à mon sens - par un mobile chacun (évidemment !) mais pas sur le même modèle. J'ai d'ailleurs repéré d'autres idées de mobiles, je vous en reparlerai quand j'aurai avancé sur la question.

29 avril 2013

Des jumeaux aux grumeaux

Avec mon homme, on n'a jamais appelé les jumeaux "les jumeaux". Dès que l'on a su avec certitude qu'il y avait bien deux bébés en route, on les a surnommés "les haricots". Et puis, depuis quelques jours, on s'est dit que "haricots" faisait trop "petit", au niveau de l'image.

Vous allez me dire qu'un grumeau, c'est non seulement encore plus petit qu'un haricot mais aussi moins joli mais c'est surtout la consonance proche entre "grumeaux" et "jumeaux" qui nous a plu. En plus, cela fait référence aux jumeaux du dessin animé Les razmoket, que je regardais quand j'étais enfant !

Alors on a adopté ce surnom, jusqu'au prochain !

Grumeaux

28 novembre 2013

Retour en arrière - Épisode 7 - Une journée belle à pleurer

Dernier billet de retour en arrière pour clôturer cette drôle d'aventure, qui continue... différemment...

Comme mon mari et moi ne sommes Normands que d'adoption et que nous avons l'intention de remonter dans le Nord-Pas-de-Calais d'ici quelques années, nous avons décidé d'y enterrer Élise, pour qu'elle soit chez nous et que nous n'ayons pas à la faire exhumer quand nous déménagerons.
Nous avons choisi un lieu symbolique pour nous - celui où nous nous sommes rencontrés - et facile d'accès à la fois pour nous, pour ses grands-parents et pour ses oncles et tante.

Depuis l'accouchement, Élise reposait à la chambre mortuaire de l'hôpital. Pendant ces quelques jours, nous avons pu y aller aussi souvent que nous l'avons souhaité ; nous avons pu la toucher, la caresser, l'embrasser, la regarder, la prendre en photo. Mais, à chaque fois, nous avons dû limiter notre visite à quelques minutes car la trivialité de la réalité s'imposait rapidement à nous : de la condensation apparaissait sur sa peau, son visage, ses lèvres. Une façon cruelle de nous rappeler qu'elle n'était pas simplement endormie mais que, lorsque nous n'étions pas à ses côtés, elle reposait dans un frigo...

Ce lundi 23 septembre est la dernière fois où nous l'avons vue et prise en photo. Détail aussi précieux qu'insignifiant : j'ai une photo de ses cheveux aussi foncés que les miens, alors que son frère a les cheveux clairs du papa.
Ce lundi 23 septembre est la dernière fois où j'ai pu la regarder, la toucher, la caresser, poser ma main sur la sienne et lui dire que je l'aime en la regardant...

Elle était belle, elle portait un body blanc, une robe gris clair avec de petites étoiles blanches brodées, une culotte assortie à sa robe, des soquettes blanches, les chaussons roses apportés par ses grands-parents paternels et le bonnet rose tricoté par sa grand-mère maternelle. Elle était accompagnée par sa grenouille et les chaussons que je lui avais tricotés. Son bracelet de naissance était posé à côté d'elle (d'ailleurs, si nous avions su qu'ils le lui retireraient du poignet, nous aurions emporté son bracelet pour le remplacer par le double que Franck nous avait préparé). Mon mari aurait voulu déposer une photo de Gaspard à côté d'elle mais nous n'en avons pas eu la présence d'esprit suffisamment tôt.

L'officier des pompes funèbres est arrivé du Pas-de-Calais en début de matinée. La mise en bière a eu lieu à 11h15. Mon mari et moi avons pu assister à la fermeture du cercueil - un joli cercueil blanc, minuscule, avec son prénom et son nom et un petit nounours doré. Nous ignorions ce dernier détail mais nous l'avons préféré à un ange, une symbolique souvent associée aux bébés décédés mais qui ne nous parle pas vraiment.

Les scellés ont été posés à 11h30. Nous avons pris la route vers le Pas-de-Calais à 11h45. Nous avons suivi le corbillard toute la route. Arrivés à destination, nous avons laissé les pompes funèbres préparer l'inhumation loin de nos regards. Nous nous sommes retrouvés avec mes parents, mon frère et ma belle-soeur, les parents et le frère de mon mari pour déjeuner tous ensemble avant de retourner au cimetière à 15h30. Nous n'avions pas prévenu grand-monde que l'enterrement se déroulait ce jour-là mais Élise a quand même reçu des fleurs : ses grands-parents, nos amis proches, les parents d'une amie proche eux-mêmes touchés par la perte d'un bébé, les collègues de sa grand-mère maternelle, son arrière-grand-mère paternelle, mon oncle et sa famille, les oncles/tantes/cousines de mon mari. Parmi ces personnes, la plupart n'ont connu et ne connaîtront Élise qu'à travers nous, et pourtant...

Le soleil brillait de mille feux ; nous l'avons interprété comme la présence de son frère. Nous n'avions pas su choisir de texte, c'est donc l'officier des pompes funèbres qui en a choisi un pour nous, qu'il a lui-même lu sur une musique que mon mari et moi avions choisie, l'Adagio pour cordes de Samuel Barber.

Me glissant au creux du ventre de celle qui m'a tant desirée
Je ressens déjà son amour, le bonheur que je lui ai procuré

J'entends son coeur qui bat, cette douce mélodie qui me berce
Je sens la chaleur de ses mains, la douceur de ses caresses

Elle me parle, me dit combien elle m'aime
Moi aussi, Maman, tu ne peux imaginer à quel point je t'aime

Me voilà simplement qu'un infime petit être
Un petit être qui grandit de jour en jour et qui n'attend qu'à naître

Mais que se passe-t-il ? Que m'arrive-t-il ?
Moi qui étais tellement bien, en sécurité, enveloppée

Pourquoi me retire-t-on de ce nid qui m'était offert ?
Pourquoi m'enlève-t-on la chance de vivre sur cette terre ?

Je ne sais pas où je me dirige, où je m'en vais
Je ne comprends ce qui m'arrive, ce que j'ai fait

Maman, je voulais tellement vivre et dans tes bras me retrouver
Je ne t'ai que trop peu connue mais tellement aimée

Défilant devant la lune et les étoiles, je survole maintenant cette terre
Côtoyant les nuages, je suis un petit ange dans cet immence univers

Regrettant de tout cœur le malheur que vit ma mère 
Je ne cesse d'entendre sa voix qui m'appelle et qui m'espère

Arrêtant devant ma maison, je regarde à la fenêtre
C'est elle, qu'elle est belle, qu'elle est douce, elle était parfaite

Je l'entends qui m'appelle, je ressens tellement son amour maternel
J'entends ses prières, je l'entends supplier le ciel

Maman, j'aimerais terriblement mettre un baume sur ton cœur
Le soulager car il est tellement meurtri par la douleur

Je désirerais sécher tes larmes et ne pas t'incomber ce malheur
Revoir seulement ton sourire, celui qui était rempli de bonheur

Je ne suis qu'un ange qui a seulement envie de se retrouver
Dans les bras de celle qui lui était destinée

Mais la vie, contre mon gré, en a décidé autrement
N'oublie jamais à quel point je t'ai aimée, Maman

Je serai toujours là et toujours je veillerai sur toi
Ne t'en fais pas, je suis bien, ne pleure pas

Au fil des jours, je serai à tes côtés je t'épaulerai
Car n'oublie pas, Maman, un jour je te retrouverai

En substance, c'est ce moment que nous avons vécu, devant le cercueil de notre fille, prêt à être déposé au fond de son caveau :

 Nous nous sommes ensuite recueillis devant son cercueil, avec mon mari. Puis ce fut au tour de nos frères et belle-soeur. Enfin, ce sont les quatre grands-parents, se tenant par la main, qui ont pris quelques instants pour lui dire adieu. L'officier a ensuite proposé à mon mari de l'aider à porter son cercueil jusqu'à la tombe : j'ai porté ma fille dans mon ventre, mon mari l'a portée dans son cercueil... Tous ces moments se sont déroulés avec, pour fond sonore, la chanson Sois tranquille d'Emmanuel Moire, que nous avions également choisie :

Avant de lui dire adieu, je lui ai promis de parler d'elle à son frère, de la faire vivre à travers nous. Elle fait partie de notre famille, de notre histoire, de nous. Je n'oublierai jamais le moment où je l'ai vue pour la première fois, où je l'ai mise au monde...

 

Aujourd'hui, je revois sans cesse cette image : son tout petit cercueil reposant au fond de ce si grand caveau... Et j'imagine ma fille toute seule, loin de nous, dans le froid, dans le noir... et mon coeur se brise en mille morceaux à chaque fois...

24 mai 2020

7 ans et puis s’en va...

7 ans... Il y a 7 ans, le 24 mai tombait un vendredi, en pleine insouciance.
Hier soir, en me couchant, j’ai repensé à ce jeudi 23 mai 2013, à cette dernière nuit de légèreté. Et j’ai éprouvé comme de la honte ou de la gêne pour celle, si naïve, que j’étais alors...

Il s’en est passé, des choses, en 7 ans. Pour vous, pour nous, pour tout le monde.
En 7 ans, nous avons déménagé 3 fois, mon mari a changé de métier et d’entreprise, j’ai quitté le salariat pour m’installer à mon compte, nous avons perdu - ne serait-ce que de vue - des personnes chères à notre cœur.
Et surtout, nous avons rempli notre vie de rires et de chagrins d’enfants, de rires et de chagrins d’adultes... pour combler ce vide immense, ce gouffre, cet abime qui s’est ouvert ce jour-là, ce vendredi 24 mai 2013.

Ce vide est toujours là. Il est rempli de tout ce que la vie a à offrir, de bon ou de mauvais, de réjouissant ou de désespérant, mais il est toujours là et sera toujours là. Ma fille, mon Élise, c’est un trou éternel dans le cœur.

Je crois que ce 24 mai est, pour moi du moins, la pire journée de ma vie de maman d’Élise - pire encore que la journée fatale du 18 septembre - parce que c’est ce jour-là que je suis tombée... non, que j’ai commencé à tomber, à tomber, à tomber, jusqu’à toucher le fond... pour un jour commencer à remonter à la surface... 

Ce blog, dans sa véritable essence, a débuté il y a 7 ans jour pour jour. 7 ans, l’âge de raison ? L’âge pour y mettre un terme, en tout cas. Je n’ai pas encore décidé si j’allais le supprimer ou non de la toile et j'en conserverai de toute façon une archive personnelle qui passera peut-être à la postérité familiale, si un jour Gaspard, Hector et Agathe veulent en savoir davantage, mais il est certain que je n’y publierai plus rien.
Cette aventure sur le net a vu le jour par ennui ou par hasard, elle se termine par choix. D’aucuns diront que c’est parce que j’ai « tourné la page ». Je ne suis pas d’accord : à la rigueur, j’ai « tourné une page », mais mon livre d’Élise ne se refermera jamais. Je pense à elle CHAQUE JOUR et il en sera ainsi jusqu’à ma mort.

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Merci à celles et ceux qui m'ont lue, assidument ou sporadiquement, qui m'ont soutenue de près ou de loin, qui m'ont écrit en privé ou ont commenté en public, qui se sont manifestés d'une manière ou d'une autre ou qui sont restés dans l'ombre.Rendez-vous dans cette vie-là ou dans celle d'après !

19 mars 2015

À ma place

À quoi ressemble la voix de votre enfant ?
De quelle couleur sont les yeux de votre enfant ?
La dernière fois que vous avez posé les yeux sur votre enfant, que faisait-il ?
Même s'il est peut-être déjà grand ou loin de vous, imaginez ce que fait et où se trouve votre enfant en cet instant.

...

Peut-être avez-vous compris, à la lecture de ces quelques lignes, où je voulais en venir. Dans le doute - et parce que, même si les choses vont parfois sans dire, elles vont toujours mieux en le disant - je vais expliciter ma pensée : je voulais simplement qu'en lisant ces quelques questions ou suggestions vous pensiez à mes réponses.

Je ne sais pas et ne saurai jamais à quoi ressemble la voix d'Élise : je ne l'ai jamais entendue.
Je ne connais pas et ne connaîtrai jamais la couleur des yeux d'Élise : je ne les ai jamais vus.
La dernière fois que j'ai posé les yeux sur Élise, elle était dans un cercueil long de 70 cm et le couvercle se refermait sur elle.
Quand j'imagine où Élise se trouve en ce moment, je me dis qu'il ne doit pas rester grand-chose d'elle au fond de son cercueil.

Combien de temps faut-il à un corps humain pour se décomposer ? 18 mois doivent largement suffire à un corps si petit, si fragile, si vulnérable.

Réflexion

16 mars 2018

Réflexion(s)

Si, physiquement, cette grossesse se passe pour l'instant sans problème, il n'en va pas de même - loin de là - psychologiquement. Ce billet sera décousu, comme mes pensées. D'ailleurs, il est classé dans la catégorie « La grossesse d'après », mais si je voulais aller au bout des choses, je devrais la renommer « LES grossesseS d'après », car je n'ai assurément pas gagné en sérénité depuis la grossesse de Hector !

. Mort foetale in utero, sous-entendu inexpliquée.
. Tours de cordon.
. Infections diverses.
. Accouchement prématuré.
. IMG.
. Malformations.
. Prééclampsie.
. ...
Cette liste est longue, interminable, infinie. C'est la liste de tout ce qui peut (mal) se passer pendant une grossesse. Pendant cette grossesse.

Pas par caprice ou velléité, mais pour être débarrassée d'une trop lourde responsabilité, je n'attends qu'une chose : que cette grossesse soit terminée, que ce bébé soit né, que mon ventre ne soit plus son cocon.

La foudre peut tomber plusieurs fois au même endroit ; le malheur n'immunise pas contre sa récidive.

- Vous tentez la p'tite fille.
- Non, on tente le bébé en pas trop mauvaise santé.
Bordel, c'est quoi cette injection d'avoir au moins un garçon et une fille dans une fratrie ?! Hector est une erreur, un second choix parce qu'il est un garçon ?! Et ce bébé sera un échec ou une déception de plus s'il est de sexe masculin ?! Et puis vous savez quoi, si j'avais le choix, je ne choisirais pas une petite fille ! Si c'en est une, il faudra bien que je m'y fasse, il faudra bien que je finisse par l'aimer, mais si j'avais ce pouvoir, je donnerais un zizi à ce bébé.

Que le premier qui me dit « Il n'y a pas de raison [que ça se passe mal] » m'explique la raison des malformations d'Élise ! Personne n'en sait rien. Personne ne sait comment vont se passer cette grossesse et l'accouchement.
Peut-être que ce bébé est déjà malade, déjà en train de mourir, déjà mort.
Peut-être que le destin a déjà mis en branle son plan machiavélique.
Peut-être qu'il est déjà écrit quelque part que ce bébé ne rejoindra pas physiquement notre famille.

************

À chaque fois que je caresse mon ventre, je me dis que tu es peut-être mort.

J’ai hâte de te sentir pour avoir un moyen, certes pas infaillible, de savoir si tu es encore vivant.

Moi qui espérais pouvoir profiter d’un suivi de grossesse « light », loin de l'hôpital, avec une sage-femme libérale, voilà que le gynéco qui nous a fait passer l’échographie du premier trimestre ne l'a pas vraiment entendu de cette oreille. Compte tenu de notre histoire, il nous a vivement recommandé un suivi centralisé en maternité (principalement pour éviter les pertes d’informations entre les différents intervenants et donc pour limiter les risques de « passer à côté de quelque chose ») ainsi que des échographies plus fréquentes que dans le cadre d’un suivi lambda. Moi qui voulais essayer « d’oublier » la médicalisation renforcée, quoique justifiée, de mes deux premières grossesses, je n’y couperai pas pour celle-ci, ni pour la ou les suivantes si elle n'est pas la dernière...

Depuis quelques mois, j’ai retrouvé une psychologue près de notre nouveau chez-nous et nos derniers entretiens tournent exclusivement autour de cette grossesse et d’Élise. J’ai reporté mon prochain RDV avec elle, initialement prévu avant la prochaine échographie (programmée au même stade que celui où les malformations d’Élise avaient été détectées), à après cette écho, au cas où elle apporterait son lot de mauvaises nouvelles et que j’aurais besoin d’en parler.

Neuropédiatrie

Voilà à quoi ressemble une grossesse chez moi maintenant : la grossesse est pour moi le lieu de tous les dangers. Alors voilà pourquoi j'ai hâte que cette période soit derrière nous.

9 février 2017

Deujans !

Dans moins d'une heure, tu seras né depuis 2 ans. 2 ans ! "Deujans", comme tu dirais !

Je me souviens si bien des heures qui ont précédé ta naissance, ce lundi soir. J'étais tellement impatiente ! Je m'étais mis en tête que tu arriverais en avance - pas trop bien sûr, mais suffisamment pour abréger raisonnablement l'angoisse que mon ventre devienne à nouveau tombeau. Et puis, coquin que tu étais déjà, tu nous as fait mariner jusqu'aux dernières heures de la veille du terme officiel !

Je me souviens de tout. Le bain que j'ai pris le lundi matin pour apaiser les contractions, leur chronométrage, l'appel à la maternité pour me faire confirmer la conduite à tenir, l'excitation en entendant ce "venez nous voir, on va contrôler", l'appel à mon mari, l'appel à ma belle-soeur pour la prévenir qu'on allait déposer Gaspard sous peu, mon mari qui récupère Gaspard à la crèche en rentrant précipitamment du travail, Gaspard que l'on jette chez Tonton et Tata, l'examen à la maternité et ce sésame qu'on nous accorde enfin : "on vous garde".

Quelques heures et quelques frayeurs plus tard, tu étais parmi nous, grâce à Franck - encore lui ! Depuis, après un démarrage compliqué, tu illumines toi aussi notre vie, avec tes habitudes, tes plaisirs et tes clowneries !

Tu adores les tracteurs et les camions, et tu es aux anges quand on voit le camion-toupie garé presque quotidiennement près de la crèche.
Mais ce que tu préfères, ce sont les trains ! Les trains en bois, les trains en plastique, les trains en métal ; les trains qu'il faut faire avancer, les trains motorisés ; les petits trains, les grands trains. Alors que dire du circuit de train électrique de ton Papi ! La première chose à laquelle tu penses quand tu vas là-bas, c'est aller à l'étage pour le faire rouler et le regarder tourner en boucle ! Tu es même devenu expert en manœuvre ferroviaire et en commande de transfo.

Ton langage progresse de jour en jour, tu t'amuses de plus en plus à essayer de prononcer les mots. Ton onomatopée préférée du moment, ce sont deux syllables répétées à l'envi et à toute vitesse : "légâ-légâ-légâ-légâ-légâ" ! Tu sais que ça nous fait rire, mais nous n'en avons pas encore décodé la signification...

Ce que j'aime chez toi, parmi des milliers de choses, c'est :

  • quand tu reviens en courant et les mains sur les yeux en t'exclamant "-umer !" lorsque la pièce où tu voulais te rendre n'est pas éclairée,
  • quand tu marches sur la pointe des pieds en te trémoussant,
  • quand tu repousses systématiquement la couette quand je veux te border, toi qui as toujours trop chaud,
  • quand tu essaies d'imiter le geste de la main des métalleux en courant et sautant dès que tu entends du Metallica ou du Rammstein,
  • quand tu ris à gorge déployée, de ton rire si contagieux - l'un des plus communicatifs que je connaisse,
  • quand tu plisses les yeux et avances le menton lorsque l'on te demande simplement de sourire,
  • quand tu cours à travers la crèche en riant, le soir, pour que je ne puisse pas t'attraper,
  • quand tu réclames "tap tap" pour que je t'aide à enfiler ton pantalon en mode "sac à patate", c'est-à-dire que tu te suspends à mon cou, les jambes dans le vide, et que je remonte ledit pantalon en te secouant les fesses,
  • quand tu te blottis contre moi lorsque ton papa te taquine en t'appelant "le bébé à sa maman",
  • quand tu réfléchis longuement à une question que l'on te pose pour finalement nous donner sempiternellement la même réponse "hmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm... non !",
  • quand tu enlèves ton chausson droit en mangeant - toujours le droit, à chaque repas.

Mais le geste qui me fait fondre, c'est quand je te couche.
Après l'histoire et le câlin, tu t'installes dans ton lit, avec la tétine dans la bouche et Banane, ton doudou-âne, dans les bras.
Je te demande si tu veux faire chanter Lison, une peluche musicale. Tu me réponds invariablement "non".
Je te demande si tu veux mettre la musique du hibou accroché aux barreaux de ton lit. Tu me réponds immanquablement "non".
Je te demande si on se fait un dernier bisou. C'est alors que tu poses la tétine, attrapes ma main et l'embrasses, tantôt sur le dessus, tantôt sur la paume, pour que je dépose ensuite ton bisou sur ma joue...

À ton arrivée, j'ai douté. Aujourd'hui, tu es l'évidence. Je t'aime mon Koala.

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12 janvier 2017

Bon appétit !

Hier midi, j'ai déjeuné en tête-à-tête avec Gaspard, qui n'a ni école ni centre aéré le mercredi.

Alors que nous nous apprêtons à manger, il me souhaite un bon appétit. Il me demande alors où sont Papa ("au travail") et Hector ("à la crèche"), puis lance un joyeux "Bon appétit Élise !". Je me contente de le regarder, un sourire attendri au coin des lèvres, ce qui suscite son interrogation: "Tu dis pas bon appétit à Élise ?". Je lui explique alors que je ne le lui souhaite pas parce qu'Élise est morte et que quand on est mort, on ne peut pas manger. Et lui de s'écrier, avec enthousiasme, fier de sa trouvaille : "Bonne mort Élise !".

Oui, c'est ça, bonne mort Élise... Profite bien de l'au-delà, en nous attendant...

Réflexion

 

12 décembre 2014

Grand écart

Lors du dernier tri que j'ai fait sur notre ordinateur, je suis tombée sur un répertoire qui ne contenait que deux documents rangés ensemble, faute de mieux. Ils sont tellement représentatifs du grand écart qui a débuté en 2013...

Le premier est un document que j'avais récupéré sur le site de l'AFIF, l'Association française d'information funéraire.
Le second est une compilation d'informations que j'avais glanées ici et là pour décider du système de couches lavables à adopter.

Grand écart

26 février 2014

Famili

Comme un double fait exprès, le Famili de février-mars, que m'a prêté une copine, parle, en page 98, de sujets qui ne peuvent que trouver écho en moi !

Famili

S'ils avaient ajouté une mention "Dédicace à Tannabelle", ça m'aurait fait le même effet !

Dommage qu'ils se soient limités à deux encarts de quelques lignes chacun. Mais c'est vrai que parler en profondeur d'une affection pathologique ou d'une grossesse qui se passe mal, ça ferait mauvais genre dans leur magazine où "tout le monde est beau, tout le monde est gentil"...

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Tannabelle et ses grumeaux
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