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Tannabelle et ses grumeaux
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"Livre-lui tes pensées. Des pensées que tu ne dis pas, ce sont des pensées qui pèsent, qui s'incrustent, qui t'alourdissent, qui t'immobilisent, qui prennent la place des idées neuves et qui te pourrissent. Tu vas devenir une décharge à vieilles pensées qui puent si tu ne parles pas."
Oscar et la dame rose - Éric-Emmanuel Schmitt
   
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Derniers commentaires
4 septembre 2013

Ça bouge, là-dedans !

Les grumeaux sont d'habitude capricieux ou timides mais pour une fois ils n'ont pas fui devant la caméra ! :-) Bon, ils restent discrets, je vous l'avoue, mais je n'ai pas encore réussi à mieux les capter !

(Au passage, vous pourrez admirer mes jolies vergetures et deviner mon petit tatouage devenu grand ;-))

Élise à gauche, Gaspard à droite ! <3
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21 janvier 2014

La parenthèse inattendue

Mercredi dernier, le 15 janvier, La parenthèse inattendue de Frédéric Lopez accueillait, entre autres, Grégoire, l'auteur et interprète de la chanson Ta main, qu'il a écrite en pensant à ses frères décédés et que j'écoute en pensant à Élise. J'étais sûre qu'il parlerait de ses frères à l'occasion de la séquence "Retour en enfance" dans le grenier, je ne voulais pas le louper...

5 novembre 2014

Dans la maison

Il reste encore plus de trois mois avant la date prévue d'accouchement ; nous ne sommes pourtant pas du genre à tout préparer dans l'excitation, l'impatience et l'insouciance. Certains diront que c'est normal avec la grossesse que nous avons vécue pour les grumeaux ; disons qu'elle n'a fait que nous rendre plus prudents, plus méfiants mais que nous n'étions déjà pas du genre à repeindre la chambre pendant le premier trimestre. Cette fois-ci, c'est différent : les quelques réaménagements que nous avons prévus dans la maison vont prendre un peu de temps, mon mari souhaitait donc profiter du pont du 11 novembre (puisqu'il ne travaille pas lundi, lui !) pour s'y attaquer et éviter de laisser la maison "en chantier" plusieurs jours ou semaines s'il s'en occupait par intermittence le soir ou le week-end.
Et puis, comme les réaménagements prévus impliquent un changement de chambre pour Gaspard, nous voulons le préparer à l'arrivée de son petit frère suffisamment longtemps à l'avance pour qu'il ne soit pas trop perturbé et qu'il n'associe pas ce chamboulement à l'arrivée de Hector.

Ce soir, nous avons donc commencé à vider les meubles qui vont devoir changer de pièce pour l'arrivée de Hector. J'ai participé comme j'ai pu mais ai rapidement dû me contenter de regarder mon mari faire, mon bidon commençant à peser, surtout en fin de journée. J'aurais préféré pouvoir être plus active, ça m'aurait peut-être évité de cogiter...

Car l'aménagement que l'on entreprend pour accueillir Hector, c'est celui que nous aurions dû faire à notre entrée dans la maison il y a 13 mois, pour Élise et Gaspard. Nous disposons en effet d'une chambre au rez-de-chaussée, qui aurait dû être la nôtre dès le début et qui va désormais la devenir, et de deux chambres à l'étage, qui auraient dû être celles des grumeaux. En même temps, je suis heureuse de préparer tout ça pour Hector mais je ne peux m'empêcher de penser que les choses ne sont pas à leur place.

Et pour couronner le tout, l'angoisse inhérente à cette grossesse trouve dans ces remaniements un terreau fertile. À anticiper autant l'arrivée de Hector, moi qui ne suis pas superstitieuse, j'ai pourtant peur que ça ne nous porte malheur, comme si en rendant sa présence imminente un peu plus concrète, on jouait à provoquer le diable.
Nous préparons l'arrivée de Hector mais si c'est à lui qu'il arrive quelque chose ? Que fera-t-on si Hector n'arrive jamais dans sa chambre, dans son lit ?...

30 mai 2015

Demain

Scène (presque) ordinaire de la vie de bureau un vendredi soir.

Mon mari : Bon week-end !
Sa collègue (parfaitement au courant de notre histoire) : Bon week-end ! Et n'oublie pas Annabelle dimanche !
Mon mari : Non non.
Sa collègue : En plus, elle est doublement mère !
Mon mari : Non, triplement.
Sa collègue : ... Ah...

À force de taper sur le clou, il finira bien par rentrer !

C'est sûr, Élise ne pourra jamais me souhaiter "Bonne fête Maman !" mais je serai toujours sa mère.
C'est même elle, avant Gaspard puis Hector, qui a fait de moi une mère alors c'est dire !

27 octobre 2014

Question sans réponse

Une question me revient régulièrement en tête :

Si j’avais eu le choix, qu’aurais-je préféré : que l’embryon d’Élise ne tienne pas, quitte à ne jamais la connaître et à ce qu’elle ne devienne jamais mon petit supplément d’âme, ou la connaître, au prix des souffrances que son passage dans nos vies a engendrées ?

Je n’ai toujours pas la réponse à cette question.
Je sais que certains ne comprennent pas que je me torture avec ce genre d’interrogations stériles. Je sais que certains ne comprennent pas que je m’encombre le cœur et l’esprit avec ces « et si ».
Pourtant je n’entretiens pas spécialement ces questions ; elles font partie de moi maintenant.

Je crois pourtant que trouver la réponse à cette question m’aiderait à avancer dans le sens où elle participerait à mon acceptation de la réalité et à mon apaisement.
Bien sûr, si la réponse était « j’aurais préféré ne jamais la connaître », un autre travail débuterait : accepter que cette réponse ne signifie pas que je rejette Élise, accepter que cette réponse ne soit pas incompatible avec le fait que je l’aime inconditionnellement et que je suis heureuse de l’avoir connue malgré tout.
Mais si la réponse était « j’aurais choisi de la connaître », je me sentirais apaisée et rassurée – et peut-être, en un sens, sûre de moi et de la décision que nous avons prise.

Pour l’instant, je me sens juste encore torturée parce que des questions dont je suis la seule à détenir les réponses, quelque part, en moi, restent suspendues dans le vide de son absence.

 

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31 décembre 2013

2013

Je me revois le 31 décembre 2008, à nous souhaiter, avec enthousiasme, un bébé pour l'année à venir.
Je me revois le 31 décembre 2009, à nous souhaiter, avec impatience, un bébé pour l'année à venir.
Je me revois le 31 décembre 2010, à nous souhaiter, avec désillusion, un bébé pour l'année à venir.
Je me revois le 31 décembre 2011, à nous souhaiter, avec résignation, un bébé pour l'année à venir.
Je me revois le 31 décembre 2012, à nous souhaiter, avec lassitude, un bébé pour l'année à venir.

Il y a 365 jours, je croyais que notre parcours d'AMP serait l'épreuve la plus difficile sur notre chemin de la parentalité.
Il y a 365 jours, je faisais confiance à la vie.
Il y a 365 jours, je croyais que seul le meilleur, aussi peu pressé fût-il, nous attendait.

Je ne veux pas changer d'année.
Comme si quitter 2013, c'était quitter encore un peu plus Élise, la laisser sur le bord du chemin.
Comme si je laissais Élise dans un autre espace-temps.
Comme si être en 2013, c'était être avec Élise et qu'être en 2014, ce sera s'éloigner d'elle.
Comme si changer d'année me forçait à tourner une page que je ne suis pas prête à tourner.

30 décembre 2013

St Gaspard

Samedi, nous étions le 28 décembre, jour de la Saint-Gaspard. Pour fêter cela, nous sommes allés boire un verre dans le salon cosy d'un hôtel quatre étoiles que nous aimons particulièrement, près de là où est enterrée Élise. Nous verrons où nous nous trouverons les prochains 28 décembre mais j'aimerais instaurer ce rituel de passer un moment privilégié dans un endroit agréable...

Alors que j'avais Gaspard dans les bras, une dame s'est approchée de nous avec sa petite fille pour lui montrer qu'elle aussi avait été si petite. Lorsqu'elles ont finalement passé leur chemin, nous l'avons entendue appeler sa petite fille qui s'éloignait un peu trop : "Élise ! Élise !". Un signe de plus, sans doute.

29 mai 2015

Entre déception et raison

N'ayant pas encore eu de nouvelles suite à mon inscription au don d'ovocytes en ligne mi-avril, je doutais qu'elle eût été (bonjour la concordance des temps et l'imparfait du subjonctif !) prise en compte ou qu'elle fût (rebonjour !) parvenue aux bonnes personnes. J'ai donc téléphoné avant-hier au CECOS du CHU de Rouen pour aller aux nouvelles. La dame qui m'a répondu m'a alors informée que l'activité "don de gamètes" n'était plus gérée par leur centre mais par le service du Dr Chanavaz-Lacheray (LA spécialiste régionale (voire plus) de l'endométriose et, par extension, de l'infertilité), à qui elle allait transmettre mes coordonnées pour qu'elle me recontacte.

Elle a visiblement et rapidement tenu sa promesse puisque le Dr Chanavaz-Lacheray m'a effectivement appelée hier. Après quelques questions banales (adresse, âge, etc.) en guise de prélude avant une éventuelle rencontre de visu, je lui dis que je la connais déjà pour avoir assisté à l'une de ses conférences en fin d'année dernière pour la simple raison que je suis atteinte d'endométriose. Sa réaction ne s'est pas fait attendre : ma démarche s'arrête là.

Les traitements de stimulation inhérents au don d'ovocytes (qui est ni plus ni moins qu'une FIVETE - fécondation in vitro et transfert embryonnaire - à la différence près que la ponction d'ovocytes et le replacement d'embryons ne se font pas chez la même femme) risquant de favoriser le développement de ma maladie, il est inenvisageable que je puisse faire don de mes gamètes. Elle m'a bien demandé si je savais de quoi il retournait, je lui ai donc raconté la version ultra-résumée de mon histoire (AMP, FIV, Élise) pour lui faire comprendre en quoi mon rapport à la fertilité et à la maternité me poussait à vouloir donner. Je lui ai également confié que, maintenant que je connais d'autres femmes atteintes de formes d'endométriose plus graves que la mienne, je crois que je ne souffre pas tant que ça au final. Sa réponse m'a interpellée, mais dans le bon sens : c'est peut-être à cause de l'endométriose et du "c'est normal d'avoir mal pendant ses règles" que l'on m'a rabâché À TORT pendant des années que je me suis endurcie et suis devenue plus résistante à la douleur. Elle s'est en tout cas montrée "impressionnée" par mon courage, ma détermination et ma générosité mais se refuse, en tant que spécialiste de l'endométriose, à prendre le risque de réactiver chez moi la maladie qu'elle combat ardemment par ailleurs.

Je suis donc obligée de renoncer à donner mes ovocytes et j'en suis vraiment déçue. J'étais prête à subir les traitements, les piqûres, les ponctions. J'ai failli insister mais je préfère écouter le Dr Chanavaz : si elle, l'experte en endométriose et en infertilité, ne veut pas que je donne mes ovocytes, je n'irai pas contre son avis (je ne sais même pas si je pourrais insister si je le voulais vraiment, de toutes façons).

Les couples en attente d'ovocytes ne pourront donc pas compter sur moi et j'en suis désolée. En revanche, j'y ai gagné quelque chose : elle m'a dit qu'elle était prête à me suivre pour mon endométriose, alors que je pensais ne pas être légitime pour être suivie par elle, comparée aux autres femmes bien plus atteintes. Je n'ai pas tardé à saisir la perche qu'elle m'a tendue : j'ai appelé son secrétariat ce matin et ai obtenu un rendez-vous avec elle au mois d'août.

Cet échec a un petit arrière-goût de soulagement, malgré tout.

23 juillet 2015

Évité(s) mais...

Ce soir, dans notre famille, deux drames ont été évités.

Le premier, qui est en fait le deuxième chronologiquement, concerne un doudou de Hector.
Il est tombé de la poussette sans que personne ne s'en soit aperçu.
Heureusement, un couple a croisé notre chemin au même moment.
Sinon, Dieu (qui n'existe pas, d'ailleurs, mais c'est une autre histoire) seul sait ce qu'il serait arrivé à ce doudou et comment Hector l'aurait vécu.
Moralité : toujours garder le doudou de Hector sous surveillance.

Le deuxième, qui est donc le premier chronologiquement, concerne Gaspard.
Il s'est retrouvé seul sur le pas de la porte d'entrée de la crèche, sur le trottoir donc, sans que personne ne s'en soit aperçu.
Heureusement, ses parents sont arrivés à la crèche au même moment.
Sinon, Dieu (qui n'existe toujours pas, d'ailleurs, mais c'est toujours une autre histoire) seul sait ce qu'il serait arrivé à Gaspard et comment ses parents l'auraient vécu.
Moralité : toujours garder Gaspard sous surveillance.

J'en parle avec un peu de distance à cette heure-ci mais tout à l'heure je n'en menais pas large... Et les puéricultrices qui ont failli dans leur surveillance doivent encore entendre résonner l'arrivée tonitruante de mon mari !

Plus de peur que de mal, au final, mais cela a ravivé des sentiments bien trop douloureux dont je n'avais vraiment pas besoin qu'ils remontent à la surface...

18 septembre 2014

Tu es morte il y a un an

Ce message a été rédigé hier et sa publication a été programmée par avance car, en ce jour anniversaire, nous souhaitons faire de cette journée une journée à part, centrée sur nous, Élise, Gaspard et le haricot. Nous ne répondrons ni aux mails, ni aux sms, ni aux messages Facebook, ni aux appels, ni aux visites.

Aujourd'hui, cela fait un an que tu es morte. Et je pense à toutes les façons de décrire ta réalité.

Tu es morte in utero.
C'est la vérité mais je n'aime pas le dire comme ça car (j'ai l'impression que) ça ne dit pas vraiment ou toute la vérité, ça laisse entendre que c'est une mort spontanée, naturelle, accidentelle, inexpliquée.

Tu es mort-né - ou peut-être faut-il dire morte-née.
Tu vois, moi qui fais tellement attention aux mots, je n'ai jamais trouvé la force de vérifier si ce terme se met au féminin.
Cette façon-là non plus, je ne l'aime pas. Parce qu'il y a dedans le pire mot que l'on puisse associer à son enfant, un mot que je n'arrive pas à prononcer quand il s'agit de toi.

Tu es née sans vie.
C'est la formulation que j'utilise le plus souvent, voire tout le temps. Parce qu'elle est plus douce à mes oreilles et mon cœur de maman. Mais je regrette qu'elle ne semble pas dire exactement la vérité, qu'elle l'adoucisse un peu trop aux oreilles des autres. Étrange contradiction !

Tu es morte avant de naître.
Une formulation que je n'utilise jamais. Pourtant elle a le mérite, par sa temporalité explicite, de souligner tout le paradoxe et toute l'absurdité de ton existence.

 

Aujourd'hui, nous sommes le 18 septembre 2014. Tu es morte il y a 365 jours et tu es née il y a 364 jours.

9 octobre 2014

Pas tout-à-fait papa

Il y a bientôt cinq mois, j'ai découvert un blog tenu par quelqu'un qui avait perdu, quelques mois plus tôt, sa deuxième fille, à 8 mois de grossesse. Les blogs traitant du deuil périnatal sont peu nombreux et les blogs de ce "genre" le sont encore plus, puisque son "originalité" réside dans le fait qu'il est tenu par un papa. Pour une fois qu'un papa ose, à raison, prendre la parole, je ne peux que vous inciter à l'écouter - à le lire, pour être précise.

La sollicitude, les encouragements, les tentatives de réconfort sont quasiment exclusivement adressés à la maman.
Rares sont les personnes qui comprennent que le papa AUSSI a perdu un enfant.
Rares sont les personnes qui demandent des nouvelles du papa, alors que la maman est au coeur de toutes les inquiétudes (quand elles existent).
Rares sont les personnes qui comprennent que ce n'est pas moins difficile pour le papa sous prétexte qu'il n'a pas porté ou mis au monde son enfant. J'aurais pu dire "au contraire" mais ce ne serait pas exact. Ce n'est pas plus difficile pour le papa ou la maman. De toutes façons, il n'est pas question de comparaison ou de hiérarchisation de la douleur. Face au deuil de son bébé, chacun fait comme il peut avec ses forces et ses faiblesses, ses repères et ses manques. Le papa se sent souvent frustré de n'avoir pu partager avec son enfant "autant" de choses, pourtant si peu nombreuses, que la maman. La maman culpabilise souvent de n'avoir pas su protéger son enfant. Aucune position n'est enviable, aucun statut n'est préférable, aucune situation n'est jalousable. Rien de plus vrai que ce que chantait Serge Reggiani :

L'absence, la voilà,
L'absence d'un enfant, d'un amour,
L'absence est la même,
Quand on a dit "Je t'aime" un jour,
Le silence est le même.

Je ne dis pas que mon mari se retrouve(rait) dans tout ce que ce papa désenfanté écrit, je dis simplement qu'il est important qu'un papa puisse aussi faire entendre sa voix, parmi toute l'attention essentiellement portée vers les mamans. Alors, qu'il le veuille ou non, ce papa, à travers son blog, est un peu le porte-parole de tous les papas désenfantés.

Les plus vigilants ou assidus auront peut-être remarqué que ce blog fait partie des liens figurant sur mon blog. Pour les autres, en voici l'adresse : http://pastoutafaitpapa.canalblog.com

3 janvier 2016

Premier bilan

Loin d'être une amatrice d'alcool ou de vins, j'apprécie cependant un verre de Vendanges tardives avec le traditionnel foie gras de Noël ou un verre de Haut-Médoc avec le fromage.

En 2013, je n'avais pas pu en profiter, puisque j'allaitais Gaspard.
En 2014, je n'avais pas pu en profiter non plus, puisque j'étais enceinte de Hector.
En 2015, je n'ai toujours pas pu en profiter, puisque je suis "sous anti-dépresseurs" depuis maintenant deux mois.

Tout ça pour vous dire que, oui, je prends des anti-dépresseurs.
Et malgré tous mes efforts, qui vont au-delà de ce traitement médicamenteux, je ne vois pas de franche amélioration.

Je suis désormais régulièrement suivie par trois "psy" :

  • La psychologue de la maternité qui me suit depuis le début. Confiance et apaisement sont les maîtres-mots de nos rares rencontres. Mais ces bienfaits ne sont que temporaires à chaque fois et ne parviennent pas à m'apporter la sérénité que je recherche. Malheureusement, j'ai dû annuler notre dernier rendez-vous à la dernière minute, programmé sur mon temps professionnel avec l'accord de ma chef, en raison d'une charge de travail trop importante et notre prochain entretien n'est prévu que fin février. J'aurais pourtant eu besoin d'une petite dose de réconfort dont elle a le secret...
  • La psychologue du CMP de ma ville. Après notre premier entretien, j'ai failli ne pas donner suite, tellement elle m'avait semblé être dans le jugement et inapte à m'aider. J'ai quand même décidé de ne pas m'arrêter à cette première impression et bien m'en a pris car, même si je suis loin d'avoir beaucoup avancé, j'ai la sensation qu'elle souhaite vraiment m'apporter son aide en m'incitant à me poser les bonnes questions et en me poussant dans mes retranchements. Mais le prix à payer est parfois lourd, tant chacune de nos rencontres - bimensuelles en moyenne - me laisse le cœur en miettes pour plusieurs jours à chaque fois.
  • La psychiatre que j'avais déjà rencontrée l'an dernier. Je ne crois pas qu'elle ait été très surprise de me revoir, même si elle s'est bien gardée de me le dire. Beaucoup d'eau avait coulé sous les ponts depuis notre dernier entretien et pourtant, elle m'a retrouvée quasiment au même endroit sur la berge. Si j'ai accepté - et même décidé - de la revoir, c'est parce que je n'étais plus dans le même état d'esprit qu'en juin 2014 : encore plus mal dans ma tête mais sans doute aussi plus disponible et plus réceptive à toute forme d'aide. Nous nous voyons en moyenne toutes les quatre semaines et à chaque fois c'est son approche globale qui me "plaît". Elle s'intéresse à tout ce qui compose ma vie : mon moral, ma vie professionnelle, ma vie sociale, mes enfants, mon mari, mes projets.
    La première fois que je l'ai revue il y a deux mois, elle m'a immédiatement prescrit un anti-dépresseur, presque à ma demande. Les premiers temps, à part des nausées et un assèchement de la bouche, je n'ai pas ressenti grand-chose. Par la suite, j'ai eu l'impression d'être coupée de mes émotions, d'être comme "neutralisée",ce qui n'était pas plus mal. Mais depuis quelques semaines, le moral est à nouveau descendu en flèche, sans raison apparente ou déclencheur particulier.

J'ai également commencé à consulter un ostéopathe mais, là encore pour cause de surcharge de travail, j'ai dû annuler notre dernier rendez-vous et ne sais pas encore quand je pourrai le revoir.

Le bilan de toutes ces pistes est donc pour l'instant plutôt mitigé. Après des débuts "prometteurs", tout a ralenti, stagné ou même reculé. Mais peut-être la période des fêtes de fin d'année n'est-elle pas le moment le plus opportun pour prendre du recul...

14 décembre 2015

À côté d'elle

Aujourd'hui, je vais - encore - vous rapporter ce que Gaspard nous a dit. Quand je vous dis qu'il est une vraie pipelette ! Et puis cela m'arrange bien qu'il nourrisse mes billets, puisque je n'ai toujours pas retrouvé l'énergie d'écrire plus longuement.

Ce soir, en rentrant de la crèche à pieds, tous les quatre, nous avons pris le temps de nous arrêter devant les maisons décorées et illuminées, de chercher les marrons et les vers de terre, d'admirer les Père Noël en train d'escalader les grillages et autres clôtures, de regarder les oiseaux voler au-dessus de nos têtes, de guetter le petit chat que nous avions vu à l'aller ce matin... et de lever les yeux vers la lune qui commençait à apparaître.

Et Gaspard de s'exclamer : "C'est la lune à Élise !"

Je ne sais pas si nous faisons comme il faut, mais pour l'instant, tu places Élise au même endroit que nous, mon Crapaud...

19 septembre 2015

Je me souviens

Je me souviens des comptines que je ne t'ai pas chantées.
Je me souviens des tétées que je ne t'ai pas données.
Je me souviens des nuits où je ne t'ai pas bercée.
Je me souviens des couettes que je ne t'ai pas faites.
Je me souviens des repas que je ne t'ai pas préparés.
Je me souviens des parties de cache-cache auxquelles tu n'as pas participé.
Je me souviens des balades en Manduca que tu n'as pas faites.
Je me souviens de la Bretagne et de la Corse où tu n'as pas voyagé.
Je me souviens du chocolat que tu n'as pas goûté.
Je me souviens des bains que tu n'as pas pris.
Je me souviens des cauchemars que tu n'as pas faits.
Je me souviens des livres que tu n'as pas regardés.
Je me souviens de la crèche où je ne t'ai pas emmenée.
Je me souviens des vêtements que je ne t'ai pas choisis.
Je me souviens des sourires que je ne t'ai pas faits.
Je me souviens des histoires que je ne t'ai pas racontées.

Je me souviens de tout. C'est comme si je ne me souvenais de rien, puisqu'il n'y a rien à se souvenir.

J'espère que tu te souviens de tout, de là où tu es.

Doux anniverciel, Ma Princesse.

23 juin 2015

21 mois

21 mois que nous t'avons dit adieu.
21 mois que nous ne pouvons plus caresser ton visage immobile.
21 mois que nous ne pouvons plus te regarder qu'en photos.
21 mois que nous ne pouvons plus faire semblant de réchauffer tes petites mains glacées.

"Mais toute vie achevée est une vie accomplie : de même qu'une goutte d'eau contient déjà l'océan, les vies minuscules, avec leur début si bref, leur infime zénith, leur fin rapide, n'ont pas moins de sens que les longs parcours. Il faut seulement se pencher un peu pour les voir, et les agrandir pour les raconter."
Françoise Chandernagor - La chambre

11 mars 2015

Quel ingrat !

La semaine dernière, mon mari est allé retirer pour moi un colis chez la fleuriste qui fait office de relais colis à côté de chez nous.

En voyant le nom de l'expéditeur (Envie de fraises), la fleuriste a demandé à mon mari si un bébé allait bientôt arriver. Il lui a alors dit qu'il était arrivé quelques jours plus tôt mais que sa femme - moi, donc - avait toujours besoin de vêtements de grossesse.

Comment ?!
Quoi ?!
Pardon ?!

Certes, mon ventre ne ment pas : il a bien accueilli trois bébés en deux ans, entre fin janvier 2013 et début février 2015.
Mais :

  1. Ce n'est pas un vêtement de grossesse mais un pyjama d'allaitement à manches longues que j'ai commandé car, vois-tu, mon cher époux, on a beau avoir du chauffage dans la maison, quand tu dois sortir de dessous ta couette bien chaude pour aller nourrir ton enfant, eh ben il pèle !
  2. Je rentre dans mes vêtements d'avant Hector et d'avant Élise et Gaspard.
  3. Tu avais remarqué, la veille de ce fameux jour et tout seul comme un grand, que je rentrais même dans l'un de mes pantalons moulants.
  4. Je pèse à ce jour 2 kilos de moins qu'avant Hector.

Alors, la prochaine fois que tu vois la fleuriste, tu as intérêt à rétablir la vérité ! Non mais !

 

26 octobre 2014

Préparation à la naissance - Épisode 3

La première fois que je vous ai parlé des séances de préparation à la naissance, c'était pour la grossesse des grumeaux, l'an dernier. J'avais pu suivre toutes les séances de préparation "classiques" (heureusement car, cette fois-ci, ce service est au moins temporairement fermé dans l'hôpital où je suis suivie, faute de personnel et de budget) et aller aux séances en piscine jusqu'au bout.

Ces séances en piscine m'avaient beaucoup plu, j'ai donc naturellement décidé de m'y remettre pour Hector, cette fois sans mon homme, qui m'avait accompagnée tous les samedis l'an dernier, puisqu'il faut bien garder Gaspard pendant que maman fait trempette ! :-)

Afin d'en profiter assez longtemps (et ayant la conviction inexplicable qu'Hector arrivera en avance - mais peut-être que je transforme en pressentiment une simple envie...), j'ai commencé les séances en piscine dès la semaine dernière, au début du sixiëme mois de grossesse. Naïvement sans doute, je n'appréhendais pas du tout de recommencer ces séances. En préparant mes affaires avant de partir, en attendant la sage-femme en compagnie des autres mamans et couples, en me changeant dans le vestiaire, en me douchant, je ne cogitais pas du tout : j'avais simplement hâte de retrouver les sensations qui m'avaient fait tant de bien l'an dernier.

Et pourtant, à peine entrée dans l'eau, alors que la sage-femme (que je connaissais déjà à travers les séances en piscine de l'an dernier mais qui n'était pas au courant pour autant de notre histoire) expliquait le premier exercice à faire, j'ai senti peu à peu que ça n'allait pas. J'ai tenté tant bien que mal de suivre les autres dans le premier exercice, censé se dérouler sur toute la longueur du bassin, mais je n'arrivais pas à me concentrer et à faire ce qu'il fallait. J'étais à peine à la moitié du bassin quand les autres étaient déjà prêts à faire demi-tour ; c'est là que je me suis effondrée et que la sage-femme, l'ayant remarqué, m'a rapidement rejointe. Elle a d'abord cru que j'avais mal quelque part, je l'ai détrompée entre deux sanglots. Elle m'a alors raccompagnée jusqu'au bord du bassin et a attendu que je puisse lui expliquer ce qui se passait après avoir calmé mes pleurs. Je lui ai alors raconté en quelques phrases la grossesse des grumeaux, les séances en piscine que j'avais suivies pour eux - avec eux - et l'émotion qui m'avait submergée complètement par surprise en entrant dans l'eau. Elle s'est montrée à l'écoute et réconfortante, m'a rassurée sur le fait que ma démarche de vouloir refaire cette préparation en piscine pour ce nouveau bébé était saine et que mes émotions étaient normales. Elle m'a ensuite proposé d'aller reprendre mes esprits sous la douche avant de les rejoindre, si je le voulais et le pouvais, dans le petit bassin pour les exercices de respiration et de relaxation. La fin de la séance n'a pas été facile mais j'ai tout de même réussi à me détendre un peu. La sage-femme est revenue me parler après la séance pour s'assurer que j'allais mieux, me répéter que ma réaction était légitime, m'encourager à aller voir la psychologue plus tôt que prévu si j'en ressentais le besoin et m'inviter à demander une consultation supplémentaire avec elle "juste pour parler" si je le voulais. Cette sollicitude m'a fait beaucoup de bien ; même si rien d'autre que le temps et le travail sur moi-même ne pourront oeuvrer, j'ai été rassurée et apaisée d'être écoutée et entendue.

C'est donc le coeur léger que je suis allée à ma deuxième séance hier, pour avoir le plaisir de tomber cette fois sur une sage-femme que j'avais également vue lors des séances en piscine l'année dernière mais avec qui nous avions pu discuter de la grossesse des grumeaux. Elle est restée discrète devant les autres mamans et couples présents en se contentant de demander des nouvelles de Gaspard mais son clin d'oeil à mon intention juste avant d'entrer dans l'eau m'a fait comprendre qu'elle se souvenait très bien de moi.

19 septembre 2014

365 jours avec mon fils

365 jours où j'ai posé un visage sur ton prénom et le début de ton histoire
365 jours où je t'ai vu sourire
365 jours où le soleil s'est glissé sous tes paupières
365 jours où je t'ai lu une histoire le soir
365 jours où ta présence m'a remplie de bonheur
365 jours où je me suis bouché le nez en lavant tes couches
365 jours où je me suis amusée de te voir évoluer
365 jours où je t'ai entendu rire
365 jours où j'ai préparé tes repas moi-même
365 jours où je t'ai imaginé à la crèche
365 jours où je t'ai bercé pour t'endormir
365 jours où j'ai repéré les seuls endroits où l'on trouve tes tétines préférées
365 jours où j'ai choisi des livres et des jouets pour toi
365 jours où j'ai consolé tes pleurs
365 jours où je t'ai parfois bercé quatre fois par nuit
365 jours où j'ai entendu ta voix
365 jours où tu n'as pas quitté mes pensées
...

365 jours où j'ai aimé la vie avec toi

19 septembre 2014

365 jours sans ma fille

365 jours où j'ai posé un visage sur ton prénom et ton histoire
365 jours où je n'ai pas vu ton sourire
365 jours où le soleil s'est posé sur ta tombe
365 jours où je ne t'ai pas lu d'histoire le soir
365 jours où ton absence m'a brisé le cœur
365 jours où je n'ai pas lavé tes couches
365 jours où tu es restée silencieuse et immobile
365 jours où je n'ai pas entendu ton rire
365 jours où je n'ai pas préparé tes repas
365 jours où je ne t'ai pas imaginée rentrer à la crèche
365 jours où je ne t'ai pas bercée
365 jours où je ne me suis pas demandé où trouver ta tétine préférée
365 jours où j'ai choisi des fleurs pour ta tombe
365 jours où tu n'as pas pleuré
365 jours où tu ne m'as pas réveillée quatre fois par nuit
365 jours où je n'ai pas entendu ta voix
365 jours où tu n'as pas quitté mes pensées
...

365 jours où j'ai détesté la vie sans toi

19 décembre 2013

3 mois

Hier, cela a fait trois mois que ton cœur s'est arrêté...

Ironie du sort, coïncidence, masochisme ? C'est également hier que j'ai trouvé le temps de ranger et classer tous les documents de la grossesse : analyses de sang, échographies, caryotype, étude pangénomique, accouchement, autopsie...

Comme une façon de reprendre l'histoire depuis le début pour un jour tourner cette page, sans jamais refermer le livre, je me suis replongée dans ces documents, un à un.
J'ai à nouveau ressenti chaque émotion, une à une.
J'ai revécu chaque étape, une à une.
L'excitation.
L'inquiétude.

La confiance.
La claque.
L'espoir qui se transforme en peau de chagrin.
L'électrochoc.
La prise de décision.
L'attente, mêlée d'impatience, d'angoisse et d'envie d'arrêter le temps.
La préparation de ton arrivée.
Ton départ.
Ton arrivée et celle de ton frère.
L'adieu.
La réalité en pleine face.

2 novembre 2013

Dis-leur que j'existe

J'emprunte ces mots à une autre maman désenfantée, à destination de ceux qui ne comprennent pas...

 

Dis leur que j'existe

Maman,

Voilà tout juste deux mois que nous sommes séparées.

Une journée après l'autre, de défaites en victoires,
Je t'ai vue doucement accepter mon départ.

De remises en questions en doutes interminables,
Tu apprends peu à peu à vivre l'inacceptable.

Je suis heureuse, Maman, quand je te vois sourire
Et quand je sens en toi lentement la paix venir.

Je peux voir dans ton cœur que la colère s'efface
Et que c'est notre amour qui enfin prend sa place.

Je peux voir la tendresse inonder ton sourire
Quand tu penses en silence à nos rares souvenirs.

Je peux voir ton visage d'où s'effacent les larmes
Et où colère et peine déposent enfin les armes.

Alors pourquoi parfois ce chagrin dans tes yeux ?

Et pourquoi cette douleur, qui soudain ressurgit,
Qui bondit comme un fauve quand les autres m'oublient ?

Comment est-il possible, après tant de douleurs,
Qu'ils puissent nier ma vie et me fermer leurs cœurs ?

Toi qui m'as eue, Maman, l'espace de quelques mois,
Dans ton ventre blottie, là, tout au creux de toi.

Toi qui m'as mise au monde, une fois ma vie enfuie,
Ne les laisse pas me perdre à nouveau vers l'oubli.

Il en est parmi eux qui disent croire en Dieu.
Bien qu'ils ne l'aient pas vu, Il existe à leurs yeux.

Alors comment osent-ils, lorsqu'ils parlent de moi,
Dire : "Nous ne l'avons pas vue" et puis en rester là ?

"Nous ne l'avons pas connue", "Elle n'était pas vivante",
"Pour nous, tu le comprends, tu n'as pas eu d'enfant"

C'est tellement plus facile de tout réinventer
Plutôt que d'accepter ma mort prématurée.

Comme ils sont lâches, Maman, et comme j'aurais aimé
Qu'ils me fassent une place dans leur réalité.

Ce sera dur encore, il te faudra lutter,
Pour leur faire comprendre que j'ai bien existé.

Que mon cœur a battu, logé au creux de toi,
Et que c'est bien une vie qui s'est arrêtée là.

Mais tu ne seras pas seule dans ce si long combat,
Je serai là, Maman, blottie tout contre toi.

Pour finir, Maman, s'il te plaît persiste,
Et encore une fois, dis leur que j'existe...

18 avril 2014

Ronan

Aujourd'hui, cela fait sept mois qu'Élise est morte.

Ça ne fait pas si longtemps que j'arrive à l'écrire - et même à le dire, parfois : Élise est morte.
Avant, je ne disais pas qu'elle était morte ; je disais qu'elle n'était plus là.
Avant, je ne disais pas qu'elle était morte-née (je ne sais même pas si ça se dit au féminin, d'ailleurs) ; je disais qu'elle était née sans vie.

Je pourrais aussi dire qu'elle a fini de vivre. Comme Ronan.

Car aujourd'hui, je ne vais pas vous parler d'Élise. Enfin, pas tout-à-fait. Je vais vous parler de Ronan.
Mais parler de Ronan, c'est un peu parler d'Élise quand même.
Parce que Ronan a vécu.
Parce que Ronan a une sœur jumelle.
Parce que Ronan est parti trop vite.

Ronan est un petit garçon qui a un grand frère, Yann, et une sœur jumelle, Selma.
Ronan est venu au monde le 14 novembre 2008.
Ronan est mort le 19 janvier 2009. De ce qu'on appelle communément la mort subite du nourrisson.
66 jours avec ses parents, son frère et sa sœur.

Sa maman, Micha, en a fait un récit qu'elle a publié sur son site. Un récit bouleversant, que je voulais partager avec vous, et avec l'autorisation de Micha. En hommage à Ronan et, d'une certaine façon, en ce 18 du mois, en hommage à Élise.

Ronan a fini de vivre

17 novembre 2013

Ste Élise

Aujourd'hui, c'est la Sainte Élise, ce prénom que ton papa et moi t'avions choisi, le coeur rempli d'espoir et de promesses d'un bel avenir.

Ce 17 novembre 2013 est la première fois où j'aurais dû te souhaiter ta fête, ma fille, la première fois d'une longue série où tu ne seras pas là.

 

Maintenant que ma fille n'est plus là, mon seul combat est de continuer à la faire exister aux yeux du monde entier. Alors, quand vous croiserez le chemin d'une Élise, pensez à ma fille. C'est le plus beau cadeau que vous puissiez me faire et lui faire.

23 septembre 2015

S'il fallait t'enterrer à nouveau

Ce 23 septembre 2013, nous n'étions que huit à accompagner ton cercueil. Parce que ton papa et moi avions choisi de faire ça "en petit comité".

Si c'était à refaire, je ferais autrement. J'annoncerais ton décès à notre entourage - familial, amical, professionnel ou autre - et "l'inviterais" à ton enterrement comme si tu n'avais pas été qu'un fœtus mort-né, comme si tu n'étais pas un bébé que personne n'a connu. Je me dis souvent que si Gaspard ou Hector mourait, on ne ferait probablement pas ça "en petit comité". Alors pourquoi est-ce qu'on t'a cachée comme si tu n'avais pas vraiment vécu, comme si tu n'étais pas vraiment morte, comme si tu n'existais pas vraiment ?!

Ce jour-là, nous n'avons souhaité la présence de personne à part nos parents et nos frères et belle-sœur. Sûrement parce que j'aurais eu trop peur que personne ne vienne, que personne ne juge ton départ comme un vrai départ et ta mort comme une vraie mort, que personne ne prenne la peine de se déplacer pour toi, ou à défaut pour nous. En assistant à ton enterrement, les gens se seraient peut-être rendu compte pour de bon que tu as existé ; ils auraient peut-être même compris que tu as vécu, uniquement dans mon ventre mais quand même.

Si c'était à refaire, je ferais les choses autrement.
Pour que les gens voient ton cercueil, ton tout petit cercueil, ton minuscule cercueil.
Pour que les gens voient notre chagrin.
Pour que les gens sachent. Pas pour qu'ils comprennent, mais pour qu'ils sachent, au moins.

11 juin 2015

Non merci

J'ai déjà reçu quelques "demandes de partenariat" entre mon blog et d'autres sites divers et variés. Jusqu'à présent, je me contentais de mettre directement à la poubelle ces mails envoyés en masse (je déteste les messages de masse en général) mais aujourd'hui - je ne sais pas si c'est le soleil qui m'a donné l'énergie de remettre les choses à leur place - j'ai eu envie de répondre.

 

Le message reçu :

Bonjour, mon nom est Thibaut, et je voulais vous dire que j'ai beaucoup aimé votre site!
J'aimerais vous proposer une petite collaboration de votre blog avec mon entreprise de produits lumineux.
Comme nous avons plein de produits pour enfants, pour organiser des activités nouvelles et originales, faire des jeux ou des petites fêtes!
Mais nous disposons aussi de produits pour adultes, de la peinture fluo et du maquillage.
Je crois que cela peut vous intéresser car nos produits ont un grand succès!
Pour faciliter cela, nous sommes disposés à vous envoyer quelques produits de façon gratuite, pour vous permettre de les éssayer et d'avoir ainsi une idée plus claire et proche de notre boutique et de ses produits, ou d'offir un code de réduction à tous les abonnés de votre blog sur notre site.
Merci d'avance pour votre réponse.
Passez une agréable journée,
Cordialement, Thibaut.

 

Ma réponse :

Bonjour,
Contrairement à ce que votre mail impersonnel veut me faire croire, il est clair que vous n'avez pas passé beaucoup de temps sur mon blog, où je parle à 95% de ma fille née sans vie. Je vois donc mal le lien entre ma fille qui est MORTE et vos "produits pour enfants, pour organiser des activités nouvelles et originales, faire des jeux ou des petites fêtes" à moins que vous ne proposiez des articles funéraires.
Cordialement,
Annabelle

Je me demande si je dois m'attendre à une réponse de sa part ou non !

Je suis désolée de décevoir les "déjà-abonnés" au blog et ceux qui auraient voulu s'y abonner dans l'unique but de bénéficier de cet alléchant code de réduction : je crois que ce monsieur et moi ne ferons pas affaire.

 

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Tannabelle et ses grumeaux
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