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Tannabelle et ses grumeaux
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"Livre-lui tes pensées. Des pensées que tu ne dis pas, ce sont des pensées qui pèsent, qui s'incrustent, qui t'alourdissent, qui t'immobilisent, qui prennent la place des idées neuves et qui te pourrissent. Tu vas devenir une décharge à vieilles pensées qui puent si tu ne parles pas."
Oscar et la dame rose - Éric-Emmanuel Schmitt
   
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Derniers commentaires
2 mai 2018

J'vous ai pas dit !

Pour Élise et Gaspard, j'avais pris 14 kg. "Seulement", j'ai envie de dire ! :-)

Pour Hector, j'avais pris 10 kg. "Seulement" aussi, j'ai toujours envie de dire ! :-)

Et cette fois-ci, alors que je m'apprête à rentrer dans mon sixième mois, j'en suis à... -5 kg ! Oui oui ! Je n'ai effectivement pas pris un gramme et j'en ai même perdu 5000 en tout début de grossesse : merci le manque d'appétit le premier mois (c'était sympa, Noël et Nouvel an !) et merci la grippe le deuxième mois ! Et depuis, je continue à manger correctement, de façon variée et équilibrée.

Même s'il me reste 4 mois, cela m'apporte une certaine satisfaction et un soulagement certain : ce sera toujours ça de moins à perdre après ! :-)

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1 mai 2016

Bientôt

Avant-hier, c'étaient les 3 ans du blog... et je n'ai même pas le temps de les fêter comme il se doit !
(Je n'avais déjà pas tenu la promesse que j'avais faite pour ses 2 ans : refaire un bilan statistique complet ! Honte sur moi !)

Mais...

Bientôt, je transformerai mes pensées en billets.
Bientôt, je viderai les tiroirs poussiéreux de mon blog.
Bientôt, je répondrai aux messages qui traînent dans la boîte-aux-lettres du blog depuis des jours, des semaines, des mois (mais pas encore des années, mauvaises langues !).
Bientôt, je vous dirai où j'en suis.
Bientôt, je vous raconterai ce qui a changé - ou pas - dans ma vie ces derniers mois.

Bientôt, je ne serai plus débordée professionnellement !

Je reviens dans cinq minutes

... dans cinq minutes... ou un peu plus ! :-)

15 octobre 2019

C'est sa journée !

Vidéo

Aujourd'hui, nous sommes sommes le 15 octobre et, comme chaque année, c'est la "Journée internationale de sensibilisation au deuil périnatal". Un peu relou, comme nom officiel, non ?!

Pour faire court, comme je l'ai dit ce matin à mon mari, aujourd'hui, disons que c'est la "journée des bébés morts" ! C'est un peu plus parlant et un peu plus percutant, non ?!

Mais surtout, c'est la journée des bébés qui manquent à leurs parents.
Qui n'ont jamais vu le jour ou si peu.
Qui ne se sont jamais émerveillés devant la beauté du monde.
Qui n'ont jamais senti la chaleur de leur papa.
Qui n'ont jamais ri aux éclats.
Qui n'ont jamais soufflé leur première bougie.
Qui n'ont jamais goûté à la douceur de leur maman.
Qui n'ont jamais vécu ailleurs que dans la tête et le coeur de leurs parents.

"Le deuil d'un bébé, c'est le deuil de toute une vie."

17 septembre 2015

À deux mots du bonheur

Samedi, contrairement à l'an dernier, nous fêterons l'anniversaire de Gaspard en famille. Pour faire passer Gaspard avant nous. Mais nous ne fêterons pas l'anniversaire d'Élise, puisqu'un anniversaire c'est quand on grandit ou qu'on vieillit mais Élise n'a jamais grandi ni vieilli et ne grandirai ni ne vieillira jamais.

Hier soir, alors que mon mari et moi parlions de l'organisation de cet anniversaire, j'ai fondu en larmes, en disant à mon mari que je prenais énormément sur moi pour le préparer.

Il a essayé de me réconforter par ces quelques mots : "C'est pour Gaspard."

Je lui ai répondu : "Il manque deux mots dans cette phrase."

Et il manquera toujours deux mots dans cette phrase, dans leur anniversaire, dans notre famille.

Larme

23 juin 2017

Quand c'est pas l'un...

... c'est l'autre !

Hector semble en effet suivre les traces de son frère sur le chemin de la pipeletterie. Et pas plus tard que ce matin, il y est allé de son petit coup de poignard verbal dans mon cœur cabossé de maman.

Sur le trajet de la crèche, Gaspard, pour changer, a lancé la discussion sur la mort (à part ça, il semble plutôt bien dans ses sandalettes, je vous rassure !) en commentant : "Nous, on sera morts dans trèèèèèèèès longtemps, quand on sera grands, grands, grands !". Tandis que ma bouche a timidement confirmé, mon cœur s'est contenté d'espérer qu'il en serait ainsi.

Et Hector, d'ordinaire plutôt indifférent à ce genre de conversation, de rebondir : "Élise mort grand !".
Je n'ai pas eu d'autre choix que de le détromper : "Non, Élise était encore toute petite quand elle est morte, c'était un bébé."

Larme

Voilà mes amours, vous êtes en train de découvrir la cruauté de la vie et l'ambiguïté du discours de vos parents : "en général, on grandit avant de mourir, mais pour votre sœur, ça ne s'est pas passé comme ça".

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15 avril 2015

La laisser s'envoler

Je me suis toujours considérée comme plutôt équilibrée et pas trop mal dans mes baskets (adolescence mise à part mais quoi de plus banal ?) alors je ne me serais jamais imaginé dire ça un jour mais la vie a décidé de contrarier mes plans : "je vois une psy". Les plus fidèles d'entre vous le savent déjà : depuis la découverte des malformations d'Élise, nous sommes suivis (surtout moi, ces derniers mois) par la psychologue de la maternité où j'ai accouché. Et je l'ai revue il y a deux semaines, justement. Je l'avais appelée lorsque je n'allais pas bien par rapport à Hector mais elle ne pouvait pas me recevoir avant début avril. Lorsque j'ai pris rendez-vous, je pensais lui parler surtout de Hector et moi ; en réalité, les choses étant redevenues quasiment normales entre Hector et moi entre-temps, c'est surtout d'Élise qu'il a été question.

Réflexion

Et le constat n'est pas glorieux puisque, quatre mois plus tard, il est identique à celui de novembre.
Voici en vrac ce qui est ressorti de ce nouveau rendez-vous :

  • Je n'arrive pas à lâcher le petit ballon d'Élise, à le laisser s'envoler ; je m'accroche désespérément à sa ficelle.
  • Élise n'est encore que douleur et tristesse. Mais comment peut-il en être autrement ? Comment peut-on ne pas - ne plus - souffrir de la mort de son enfant ?
  • En associant Élise à autre chose que la douleur et la tristesse, j'aurais l'impression de la trahir.
  • Je rame à contre-sens, comme si je ramais vers elle alors qu'elle devrait être le souffle qui me pousse en avant.
  • Je n'accepte pas que la place d'Élise ne soit pas la même que celle de Gaspard et Hector.
  • Ma réalité ne correspond pas à la réalité que me renvoient les autres : là où je me sens maman de trois enfants, on me dit que je suis maman de deux enfants.
  • J'ai l'impression de tenir la ficelle du ballon d'Élise toute seule, pour tout le monde, mais si ce n'est pas moi qui le fais, qui le fera ? À cela, "ma psy" répondrait : y a-t-il besoin que quelqu'un tienne cette ficelle ?

Renoncer
Je me souviens d'une phrase prononcée par un papa (qui a perdu son fils il y a plus de 6 ans) lors du dernier groupe de parole de l'association Nos tout-petits auquel j'ai assisté, en décembre dernier : "Accepter, c'est renoncer". Accepter la mort de son enfant, c'est renoncer : renoncer à la vie qu'on avait imaginée, à la famille qu'on avait espérée, aux projets qu'on avait rêvés, à la personne qu'on était. Et c'est bien ça mon problème - ou plutôt l'étape que je n'ai pas franchie, que je n'arrive pas à franchir : je n'ai pas renoncé. Je n'ai pas renoncé à "tout ça" alors que maintenir l'illusion que "tout ça" est encore possible est absolument absurde, vain, vide de sens.
Lors de ce même groupe de parole, une autre maman s'étonnait (sans jugement, sans reproche) de ce que je persistais à faire vivre, à faire exister Élise au quotidien, de ce que je n'acceptais pas qu'Élise ne soit pas intégrée à notre vie de tous les jours, comme Gaspard et aujourd'hui Hector. Je crois qu'on en revient exactement à la même chose : le renoncement, que je n'ai pas encore atteint.
En d'autres termes, je n'accepte pas la vie d'Élise telle qu'elle est, telle qu'elle a été. D'une certaine façon, je l'attends encore, je n'ai pas tout à fait compris, accepté, intégré, admis que c'était fini. Je ne veux pas que ce soit fini. Je ne veux pas qu'Élise ne se conjugue qu'au passé alors qu'elle est si présente en moi.
Quand j'aurai franchi cette étape, je crois que j'aurai fait un grand pas et que je ne pourrai plus reculer. Mais je ne sais pas encore quand, comment ni à quel prix j'y arriverai.

Le début du renoncement, ce sera peut-être quand je réussirai, entre autres, à :

  • changer l'image de profil de mon compte Facebook personnel, qui est toujours la même depuis plus de 18 mois : le faire-part de naissance officieux des grumeaux,
  • dire de Gaspard qu'il est "mon premier" ou "mon aîné",
  • changer le fond d'écran de mon portable, qui est toujours le même depuis plus de 18 mois : les empreintes de pieds d'Élise,
  • arrêter de préciser "vivants" quand je dis que mon mari et moi voulons quatre enfants.
26 mars 2015

Hiérarchie

7 janvier - Charlie Hebdo
Un policier, un agent de maintenance ou un client de supermarché, ça compte moins qu'un dessinateur.

9 mars - Argentine
Un technicien ou un pilote d'hélicoptère, ça compte moins qu'une navigatrice, une nageuse ou un boxeur.

18 mars - Tunis
Un Japonais, un Italien ou un Polonais, ça compte moins qu'un Français.

24 mars - A320 4U9525
Un adulte, ça compte moins qu'un lycéen.

Tous les jours - Partout
Un bébé, ça compte moins que tout.

Réflexion

 

15 octobre 2014

Journée internationale du deuil périnatal

Aujourd'hui, nous sommes le 15 octobre. Comme tous les ans, c'est la journée internationale du deuil périnatal.

En 2012, je ne savais même pas ce qu'était le deuil périnatal ; je n'avais pas conscience qu'un bébé pouvait mourir avant sa naissance ou peu après. Alors de là à être au courant de l'existence d'une journée internationale consacrée à ce drame...

En 2013, je venais de tomber en plein dans ce cauchemar et de découvrir l'existence de cette journée. Pour plusieurs raisons, mon mari et moi n'avions rien fait de spécial ce jour-là.
Le matin, nous avions participé à un atelier sur l'allaitement maternel et le portage en écharpe organisé par des sages-femmes et infirmières, dans l'hôpital où nous sommes suivis. Le grand écart imposé par ce moment dédié à Gaspard et cette journée du deuil périnatal aurait été impossible à vivre davantage.
Je crois d'ailleurs qu'aucun évènement particulier n'était organisé autour de chez nous.
Et surtout, le décès d'Élise était bien trop proche chronologiquement pour que nous puissions trouver l'énergie qu'il faut pour participer à ce genre d'évènement.

Cette année, je participerai donc pour la première fois à une marche blanche en l'honneur et en la mémoire de nos bébés décédés.

Marche blanche Rouen JIDPN

Je marcherai pour ma fille, Élise...

et pour...
Adam
Alice
Anna
Aurore
Calie
Camille
Charly
Clément
Dany
David
Elise
Eloïne
Emma
Hugo
Jérémy
Jules
Laura
Lilou
Linaëlle
Loris
Maëlys
Marcel
Margaux
Maxine
Maxym
Méziane
Nathan
Noé
Ronan
Timothée
Victorine

... et toutes les étoiles qui illuminent votre ciel chaque soir !

8 août 2013

Élise & Gaspard

Hier, on m'a rappelé que Gaspard est le roi mage qui apporte l'encens, ce symbole du lien entre la terre et le ciel. J'aime encore plus l'idée d'avoir appelé notre fils ainsi. Peut-être était-ce déjà un signe...

Encens

J'essaie désormais de penser à Élise comme notre petite étoile filante, qui veillera sur nous de là-haut...

17 mai 2013

Et si on parlait français ?

Aujourd'hui, un petit billet qui n'a a priori rien à voir avec les grumeaux (quoique... en fait, si : quand ils auront l'âge, je leur ferai la guerre aux fautes d'orthographe, de conjugaison et autres massacres linguistiques ! ;-)) : les fautes de langue que j'entends à longueur de journée et qui me hérissent le poil !

Parler français

Quelques exemples :

  • De la même façon qu'on ne dirait pas un sorte de, on ne dit pas un espèce de, même si le mot qui suit de est de genre masculin.
  • Quand on reçoit le courrier annuel de l'administration fiscale, cela veut dire que l'on est près de déclarer ses revenus même si l'on n'est pas forcément prêt à payer ses impôts.
  • Ne pas confondre rebattre les oreilles, comme je fais avec mon homme par rapport à mon bidon qui pousse :-), et rabattre les oreilles, qui ressemble plutôt à ça :

    Rabattre les oreilles

  • Pour souligner ou nuancer leurs propos, certains représentent les guillemets avec leurs petits doigts crochus : mieux vaut alors éviter d'énoncer qu'il s'agit de parenthèses ;-).
  • Si l'on reste logique, une réduction de -20% annulerait ladite réduction puisque, comme on a déjà vu l'inverse ici, normalement deux négatifs (la réduction et le -x%) s'annulent. Une réduction de 20% suffit donc déjà à vous faire faire des économies.
  • L'adjectif super est invariable, incroyable non ? Donc, même si vous êtes un formidable négociateur, vous ne ferez toujours que de super affaires !
11 mai 2013

Une histoire de prénoms

Bien sûr, quand on attend depuis des années qu'un heureux évènement se profile à l'horizon, on a le temps de penser aux prénoms.

Après quelques idées versatiles, notre choix s'est arrêté il y a un moment déjà sur plusieurs prénoms aussi bien masculins que féminins. Et maintenant que les éventualités dépassent la simple alternative fille/garçon, il nous a bien fallu les associer en fonction des différentes combinaisons possibles.

Pour faire simple :

  • S'il s'agit de deux filles : Élise et Agathe, sans référence particulière, simplement parce que ces prénoms nous plaisent.
  • S'il s'agit de deux garçons : Paul et Marceau, avec une double référence familiale cette fois, puisqu'il s'agit respectivement du prénom de mon grand-père maternel et du prénom du grand-père paternel de mon mari. Mais si nous avons choisi ces prénoms, c'est aussi parce qu'ils nous plaisent. Ce n'est pas pour rien que nous n'avons pas choisi les prénoms de nos autres grands-pères : André et Jacques ;-)
  • S'il s'agit d'une fille et d'un garçon : Élise et Gaspard - Elise parce que c'est le prénom féminin qui arrive en tête de notre liste, Gaspard parce que nous aimons ce prénom, sans aucune référence extérieure, et que nous ne voulons pas choisir entre Paul et Marceau étant donné qu'ils font référence à notre famille.

Réponse dans quelques mois car je veux garder la surprise des sexes jusqu'au bout : seul mon mari sera au courant et il a évidemment interdiction de divulguer le secret à quiconque, même sous la torture ou l'emprise de substances plus ou moins licites... gare à lui en cas de gaffe !

Prénom

14 mai 2013

Les p'tits trucs cool et moins cool... - Épisode 1

... de la grossesse, du décollement placentaire, de son copain l'hématome, de l'arrêt maladie, tout ça tout ça, quoi !

 

Les p'tits trucs pas cool :

  • Être réveillée par les tondeuses de la ville qui s'activent au pied de l'immeuble entre 8h02 et 8h13, juste pour flinguer ta grasse mat' !

  • Être soumise aux horaires de sortie. Bon en même temps, je ne sors quasiment que pour mes examens et rendez-vous médicaux :-)

  • Changer de taille de soutien-gorge à même pas 3 mois de grossesse et tant pis s'ils continuent à grossir, je refuse de passer à la lettre suivante !

  • Ranger la tente et l'équipement de camping, étrennés en 2012, pour une durée indéterminée.
  • Annuler :
    • le concert d'Olivia Ruiz,
    • le spectacle de Michaël Gregorio,
    • le concert de P!nk,
    • le concert de Rammstein,
    • peut-être le concert de Leonard Cohen.
    En même temps, pour Olivia Ruiz et Michaël Gregorio, j'en connais un qui en a bien profité à ma place - hein frérot :-) - et qui va peut-être profiter aussi du concert de Leonard Cohen, si mon copain l'hématome se sent toujours bien chez moi d'ici là !

  • Annuler :
    • les week-ends en famille dans le Pas-de-Calais et le Nord,
    • le week-end à Berlin,
    • les vacances en Italie en passant par Lyon pour voir des copains,
    • peut-être le week-end en Bourgogne, à 300 km de chez nous, pour la cousinade annuelle,
    • peut-être le mariage de ma coupine à Tours, à 300 km de chez nous,
    • peut-être le changement de dizaine de mon autre coupine à (seulement, pourtant !) 45 km de chez nous.
  • Mais le truc qui serait vraiment mais vraiment pas cool, ce serait de ne pas pouvoir assister au mariage de mon frère cet été !

 

Les p'tits trucs cool :

  • Aller dans les magasins (par exemple pour aider ton frère à trouver ses chaussures de marié ou pour choisir de la laine pour les grumeaux) et t'asseoir avec plaisir sur invitation des vendeuses attentionnées qui lorgnent plus ou moins discrètement sur ton bidon qui pousse :-)

  • Passer de la 50 000ème place à la 3 000ème place en moins de 3 semaines sur Motus-online (mais si, vous savez bien : ♫ Mo-mo-mo-tus ♪).

  • Être très gentille avec son copain l'hématome pour qu'il reste en ma compagnie au moins jusqu'au 9 juin, histoire que je puisse suivre Roland-Garros du début à la fin :-)

  • Pouvoir recommander les meilleurs jeux de l'après-midi de France 3.
    Donc, parce que je sens que vous brûlez d'impatience et de curiosité, dans l'ordre de (ma) préférence ;-) :
    • Slam : à ma portée et avec un animateur un peu "jeunot" mais pas désagréable à regarder et à écouter
    • Questions pour un champion : à ma portée dans l'ensemble, très intéressant et avec un animateur qui vaut le détour
    • Harry : seulement la troisième place pour ce jeu parce que je ne connais pas la moitié des mots à trouver et que regarder un jeu sans pouvoir jouer moi-même, ben ça m'amuse qu'à moitié
    • Des chiffres et des lettres : parfait pour se réveiller tranquillement de la sieste, d'autant plus que c'est le premier jeu diffusé par France 3 l'après-midi
  • Commander un steak au restaurant juste pour avoir le plaisir de préciser "bien cuit, s'il vous plaît, parce que je suis enceinte".

  • Tricoter devant Drucker (presque) sans honte.

Michel Drucker

25 avril 2013

Vous avez dit "psychologique" ?

Depuis quelques jours, mon ventre s'est très légèrement arrondi. Même mon homme dit ne pas encore voir la différence et affirmer que pour lui c'est toujours mon petit ventre d'avant grossesse (charmant n'est-ce pas ?!). Pourtant je le sens bien : mes hauts ne remontent pas encore jusqu'à mon nombril, c'est sûr, mais je ne peux plus fermer certains pantalons qu'à l'aide d'un élastique.

Et puis aujourd'hui (jour de mes 28 ans, quel heureux concours de circonstances !), alors que je viens de recevoir le premier jean de grossesse que j'avais commandé sur Internet (un peu par anticipation, je le reconnais), dans les minutes qui ont suivi ce premier enfilage, mon ventre a comme qui dirait poussé d'un coup ! En l'espace d'un instant, il s'est mis à ressembler à un vrai bidon de femme enceinte !

Je vous jure que je ne vous mens pas : une collègue de ma belle-soeur, que j'avais rencontrée il y a quelques semaines lors d'une soirée et qui nous a aperçus en ville cette après-midi, lui a demandé si j'étais enceinte ! C'est donc que ça se voit et que ce n'est pas juste "un peu de ventre" !

Autre coïncidence, cette concrétisation physique subite de la grossesse apparaît précisément le jour :

  • où j'ai envoyé ma déclaration de grossesse officielle à mon employeur,
  • et où nous avons envoyé des "faire-part de grossesse" à notre famille proche.

Quand je vous dis que c'est psychologique !

Et en bonus, mon premier jean de grossesse, commandé chez Mamma Fashion (http://www.mammafashion.com/), pas donné mais de bonne qualité et bien coupé (j'ai pris ma taille habituelle et le bandeau abdominal s'adapte à l'évolution du bidon) :

Jean

12 octobre 2017

La seule, l'unique !

Ce soir, nous avons parlé d'Élise à table. Jusque-là, rien d'extraordinaire. À un moment, Gaspard a tilté, tout fier : "Eh ! Je connais 3 Élise : Mme F., notre sœur et la collègue de Papa !"

La première, c'est sa maîtresse de l'an dernier et la maîtresse de Hector cette année.
Quant à la troisième, c'est effectivement une ancienne collègue de mon mari (coucou Élise !), dont le fils est d'ailleurs né le jour où le cœur de notre Élise a cessé de battre, mais c'est une autre histoire ! ;-)

Et Hector de s'exclamer, sa voix trahissant à la fois inquiétude et offuscation : "Non, Mme F. pas Élise ! Élise, ma sœur !"

Oui, tu as raison mon chaton, pour nous il n'y aura toujours qu'une seule Élise ! <3

Belle-Île-en-Mer

15 septembre 2015

Toute une histoire

Vendredi prochain, nous serons le 18 septembre.
Vendredi prochain sera diffusée, sur France 2, une nouvelle émission Toute une histoire consacrée aux interruptions médicales de grossesse. J'ai failli y participer mais n'ai finalement pas été "retenue".
Vendredi prochain, cela fera deux ans que nous avons arrêté le cœur d'Élise.

Jeudi prochain sera diffusée l'émission Toute une histoire où Emmanuel Moire parle du décès de son frère jumeau.

Et aujourd'hui était diffusée l'émission Toute une histoire mettant à l'honneur deux frères, dont l'un lourdement handicapé depuis la naissance.

 

Élise, je te capte bien en ce moment, la liaison doit être meilleure qu'à l'accoutumée...

14 mars 2014

Comparer

Combien de fois ai-je entendu "c'est moins pire que si vous l'aviez connue" ou "c'est mieux que si vous aviez eu des souvenirs" ?! Les gens se sentent obligés ou rassurés de rationaliser, de hiérarchiser, de comparer. Mais ce n'est pas là l'essentiel. Bien sûr que l'on peut s'estimer heureux ou chanceux de telle ou telle chose, bien sûr que l'on peut toujours trouver pire. Mais est-ce que l'on souffre moins pour autant ?!

C'est la troisième fois que je vais au groupe de paroles alors j'ai déjà entendu et vu plusieurs histoires de deuil périnatal.
Des couples. Des mamans seules. Des papas seuls.
Des parents hétérosexuels. Des parents homosexuels.
Le deuil d'un premier enfant. Le deuil du deuxième ou plus. Le deuil du petit dernier.
Des décès in utero. Des décès à la naissance. Des décès à quelques jours ou semaines de vie.
Des interruptions médicales de grossesse. Des décès inattendus. Des décès prévisibles.
Le deuil d'un enfant. Le deuil d'un des jumeaux. Le deuil de plusieurs enfants.
Des décès en début de grossesse. Des décès à quelques jours ou heures du terme.

Autant d'histoires que de familles mais toujours la même douleur. Toujours.

Réflexion

17 décembre 2013

En prévision...

Je suis encore en congé maternité jusqu'à la fin du mois de mars et, entre les congés payés qu'il me reste à poser et le congé parental que j'envisage de prendre pendant quelques semaines ou mois, je ne devrais pas reprendre le chemin du travail avant la fin du printemps voire de l'été mais je pense déjà à mon retour au bureau.

Après avoir obtenu l'accord de mon directeur (s'agissant d'une communication personnelle envoyée sur des adresses professionnelles), j'ai envoyé un mail à l'ensemble de mes collègues d'une part pour expliquer, au plus proche de la réalité et sans les possibles déformations du "téléphone arabe", ce qui s'est passé et d'autre part pour les "préparer" à mon retour et leur éviter, pour ceux qui seront réceptifs, de se montrer maladroits, indélicats ou blessants à mon égard.

J'ai hésité à intégrer une copie de ce mail sur le blog - j'ai parfois du mal à savoir ce qui y a sa place ou non - mais je me suis finalement dit qu'il n'y avait pas vraiment de raison d'en faire un mystère. Et puis dans un coin de ma tête scintille toujours une lueur particulière : celle qui me dit que quelqu'un, quelque part pourrait trouver utile ou inspirante (sans prétention aucune et d'un point-de-vue "concret", matériel ou "administratif") ma façon de vivre ce deuil, d'envisager l'après-grossesse, l'après-congé maternité, le retour à la vie professionnelle.

 

Bonjour à tous,

Pour ceux qui ne me connaissent pas et que je ne connais pas, je suis l'une de vos collègues : je suis chef de projet en traduction, dans l'équipe de M...., et suis actuellement en congé maternité.
J'ai obtenu l'accord d'O...... pour vous adresser ce mail à tous. J'espère qu'au vu de son contenu ou de sa longueur, il ne regrettera pas de me l'avoir donné.

Je présente d'avance mes excuses à ceux qui jugeront ce mail trop long ou inintéressant mais il est de ces douleurs que l'on ne peut taire. Il me faut parler... Parler pour exorciser, parler pour expliquer, parler pour sensibiliser, parler pour faire comprendre, parler pour briser les tabous, parler pour faire exister Élise autant que Gaspard.

J'espère que ce mail ne vous semblera pas déplacé ou impudique mais il est de ces évènements qui vous transforment et vous bouleversent. La grossesse de mes jumeaux, tant attendue et si chèrement obtenue, en fait partie, au-delà du simple fait de devenir parent.

Voici en quelques phrases l'histoire de cette grossesse, que certains connaissent déjà avec plus ou moins de détails.
Après plusieurs années d'AMP, cette grossesse était ma première grossesse, obtenue grâce à notre troisième FIV.
Nous avons su rapidement que nous attendions des jumeaux, que nous avons décidé d'appeler Gaspard et Élise.
Fin mai, lors d'une échographie qui devait être "de routine", il a été découvert chez Élise une fente labio-palatine bilatérale sévère qui ne nous aurait pas inquiétés outre-mesure si elle n'avait pas été associée à une malformation cérébrale qui n'a fait qu'empirer au fil des semaines et des mois. Nous avons tous dans le cerveau des ventricules qui ne doivent pas dépasser 10 mm. De 10 à 12 mm, c'est à surveiller ; de 12 à 15 mm, c'est une malformation modérée ; au-delà de 15 mm, c'est une malformation sévère. Or les ventricules d'Élise n'ont cessé de se dilater au point d'approcher les 40 mm quelques jours avant l'accouchement.
Les médecins ne nous ont pas vraiment laissé d'espoir sur son état et sa santé : sans parler de son handicap physique dû à sa malformation faciale, elle n'aurait pas pu ouvrir les yeux, communiquer, marcher...
Après d'innombrables questions, doutes et interrogations pendant d'interminables semaines, nous avons décidé, la mort dans l'âme, de recourir à une interruption sélective de grossesse pour Élise, c'est-à-dire d'arrêter son cœur pendant qu'elle et Gaspard étaient encore dans mon ventre.
Le cœur d'Élise a cessé de battre le 18 septembre à 12h15.
Élise et Gaspard sont nés, par voie basse, le 19 septembre respectivement à 00h22 et 00h27, avec six semaines d'avance.
Depuis, sans oublier Élise une seule seconde, nous nous efforçons de regarder Gaspard en tant que lui, de ne pas toujours projeter sa sœur sur lui, afin de ne pas l'accabler de notre souffrance et de lui offrir tout ce dont il a besoin pour s'épanouir...

En plus d'expliquer ce qui s'est passé, je souhaite, à travers ce mail, anticiper les réactions, attitudes et remarques que mon histoire a déjà suscitées dans mon entourage plus ou moins proche et qu'elle pourrait susciter dans mon entourage professionnel. Si un seul d'entre vous prend la mesure de ce qu'est le deuil périnatal, et plus particulièrement d'un jumeau, alors ce mail aura rempli sa mission.
  • À ceux qui pensent "qu'il m'en reste un" : Gaspard et Élise ne sont pas des demi-enfants sous prétexte qu'ils sont jumeaux. La présence de l'un ne saurait compenser l'absence de l'autre. Un enfant ne remplace jamais un autre, qu'il s'agisse de Gaspard ou des autres enfants que j'aurai peut-être un jour.
  • À ceux qui pensent que "c'est mieux que ce soit arrivé avant la naissance" ou que "c'est moins dur que si on l'avait connue" : quand avez-vous commencé à aimer vos enfants ? Le deuil d'un bébé, ce n'est pas le deuil d'un parent ou d'un grand-parent, c'est vrai. Le deuil d'un bébé, ce n'est pas le deuil du passé, c'est le deuil de l'avenir, des projets, de l'espoir. La douleur de la perte ne se mesure pas au temps passé auprès d'une personne mais à l'intensité de l'amour que l'on ressent pour elle, à la relation que l'on avait avec elle, à ce que l'on projetait en elle.
  • À ceux qui pensent que "c'est mieux comme ça" et que "la nature est bien faite" : ce qui serait mieux, c'est que ma fille soit avec nous en bonne santé et, si la nature était bien faite, elle ne nous aurait pas repris ce qu'elle avait tant tardé à nous donner.
  • À ceux qui pensent que "nous avons bien fait" : nous n'avons pas "bien" fait, nous avons fait comme nous pouvions. On ne fait jamais "bien" quand on décide d'arrêter la vie de son enfant. De l'extérieur, notre décision peut sembler une évidence. De l'intérieur, il n'en est rien. Savez-vous la responsabilité, la culpabilité, la honte, le caractère contre-nature d'une telle décision ?
  • À ceux qui pensent que perdre un bébé est un non-évènement : si perdre un bébé n'est rien, pourquoi sommes-nous si malheureux ? Pourquoi sommes-nous accompagnés psychologiquement ? Pourquoi faisons-nous partie d'associations de parents "désenfantés" ? Pourquoi participons-nous à des groupes de paroles de parents endeuillés ?
  • À ceux qui pensent qu'Élise n'a pas existé : nous l'avons désirée, espérée, attendue. Je l'ai portée, mise au monde. Nous l'avons vue, regardée, photographiée, touchée, embrassée, enlacée, caressée, présentée à nos parents et frères. Nous lui avons choisi une tenue, un cercueil, une sépulture. Nous l'avons suivie dans le corbillard, nous l'avons enterrée "chez nous" dans le Pas-de-Calais, nous allons sur sa tombe aussi souvent que possible.
  • À ceux qui pensent que la grossesse d'Élise n'a été qu'un mauvais moment à passer : savez-vous l'énergie qu'il faut pour survivre à son enfant ? Savez-vous les mots qu'il nous faudra trouver pour expliquer à Gaspard l'histoire de sa grossesse, de sa naissance, de sa "gémellité fantôme" ? Savez-vous la violence et la contradiction des sentiments lorsqu'il s'agit d'accueillir la vie tout en accompagnant la mort ? Savez-vous l'écartèlement de "rester figé" avec Élise tout en avançant avec Gaspard ? Savez-vous les efforts qu'il nous faut déployer et l'équilibre qu'il nous faut inventer pour faire exister Élise sans étouffer Gaspard de notre chagrin ?
Mon seul souhait aujourd'hui est de continuer à faire reconnaître et exister Élise.
Loin de tout voyeurisme ou exhibitionnisme, je pourrai, à mon retour, montrer des photos d'elle à ceux qui le souhaiteront.
N'hésitez pas à me parler d'elle naturellement et sans appréhension, cela ne me fait pas "plus de mal que de bien", au contraire.
N'hésitez pas à me poser des questions, quelles qu'elles soient ; c'est le signe pour moi de votre empathie, de votre volonté de comprendre, de votre reconnaissance d'Élise.

Je remercie tous ceux qui ont pris le temps de lire ce mail jusqu'au bout et je remercie tous ceux qui prendront la peine de s'interroger sur ce drame que je ne souhaite à personne.

Je vous souhaite à tous une belle fin d'année et vous dis à bientôt, quelque part en 2014.

Annabelle

 

Je me sens toute fébrile...
Fébrile d'avoir enfin osé communiquer moi-même de façon "officielle" et "publique" auprès de mes collègues, au-delà des échanges plutôt confidentiels que j'ai eus avec ma responsable ces derniers mois.
Fébrile de m'être à nouveau exposée auprès de gens dont je ne sais pas ce qu'ils savent de ma grossesse, dont je ne connais pas la perception du drame que nous vivons.
Fébrile d'avoir risqué d'en déranger, agacer ou ennuyer certains.
Fébrile à l'idée de recevoir des réactions dont je n'ai pas besoin.

5 juillet 2013

Maintenant, je suis grande

Maintenant, je suis grande : je sais quand je dois me maquiller ou non.

Pour les consultations classiques avec la sage-femme, la gynéco et l'acupunctrice, je suis capable de laisser les vannes fermées.

Pour les échographies, les consultations avec les spécialistes et les séances de préparation à l'accouchement/la naissance, je sais que je dois éviter le mascara si je ne veux pas me transformer en panda.

Les épreuves de la vie, ça vous construit et ça vous en apprend beaucoup sur vous-même... du plus profond de votre âme à la plus légère des futilités !

Connais-toi toi-même ("gnothi seauton", comme diraient les Grecs)

19 juin 2013

Première séance d'acupuncture

En attendant d'autres nouvelles, d'autres examens, d'autres rendez-vous, il faut bien apprendre à vivre avec ses angoisses et ses questions...

Pour la tête, il y a les séances chez la psychologue. La première a pris la forme d'une prise de contact ; les éventuelles prochaines séances dépendront des résultats et rendez-vous à venir.

Pour le corps et la tête, il y a l'acupuncture. Première séance lundi après-midi, après l'échographie, ce qui n'a donc pas été du luxe. Je n'avais jamais testé ce type de médecine, je ne savais donc pas à quoi m'attendre. Au final, je dirais que la séance s'est composée de 40% de psychologie, 40% de relaxation et 20% d'acupuncture.

Ce sont surtout le discours et l'approche de l'acupunctrice qui m'ont fait du bien. Sans nier notre douleur et la raison qui nous amenait chez elle, elle a su parler de la grossesse et des bébés simplement, comme de n'importe quelle grossesse et de n'importe quels bébés. Alors que, depuis bientôt un mois, nous avons basculé "de l'autre côté de la barrière", elle a su "démédicaliser" la grossesse. Avec les problèmes détectés chez Élise, l'extrême médicalisation de la grossesse est inévitable mais il est bon aussi de savoir redonner du sens à tout ça, de considérer Élise comme son frère, comme un bébé, comme un enfant, comme notre enfant et pas (seulement) comme un bébé malade, comme un "problème", comme une source de doutes et d'angoisses, comme un bébé peut-être condamné...

Après quelques minutes à essayer de nous montrer comment à nouveau penser à cette grossesse "à court terme", pour savoir en profiter et la savourer de la seule façon que l'on aurait dû connaître, l'acupunctrice m'a fait faire quelques exercices de respiration que mon homme et moi pouvons refaire chez nous.
Elle m'a ensuite posé une aiguille au niveau de chaque poignet (pour l'apaisement) et de chaque mollet (pour soutenir le poids - physique ou moral ? - de la grossesse), avant d'entreprendre son travail énergétique en posant ses mains à différents endroits de mon corps (ce que je sentais) ou de faire des mouvements autour de mon corps (que mon mari m'a décrits a posteriori, puisque j'avais les yeux fermés sur le moment).

Je suis un peu sceptique par rapport à toutes ces médecines douces ou parallèles mais je me dis que ça ne peut pas me faire de mal. À l'issue de la séance, les effets physiques étaient à peine perceptibles, même si j'avais l'impression d'être un peu détendue physiquement. Véritable efficacité ou effet placebo, quelle importance, si mon cœur peut être un peu allégé et apaisé ?...

Prochaine séance prévue dans 2 semaines...

Acupuncture

2 mai 2013

Les robes de Séraphine

Nouveau vêtement = nouveau billet pour mon premier vêtement de grossesse offert par mon chéri pour mon anniversaire, il y a quelques jours.

Là encore, je suis très satisfaite de cette commande en ligne sur Séraphine (http://www.seraphine.fr/), où il suffit de prendre sa taille habituelle et où la conception de la partie abdominale s'adapte au bidon d'une femme enceinte :

Robe bleue

Et comme mon frère se marie cet été (le 10 août : j'en serai à près de 6 mois 1/2), j'ai commencé à repérer des robes de grossesse "de soirée", notamment celle-ci, chez Séraphine :

Robe soirée

Ce qui me plaît :

  • la longueur : je n'aime déjà pas mes jambes en temps normal et en plus, au mois d'août, je ne sais pas dans quel état elles seront alors autant ne pas prendre de risques ;
  • la couleur : estivale et "douce" ;
  • l'étole : vendue avec la robe (alors que le modèle existe dans une autre couleur mais est vendu - au même prix - sans l'étole, qui n'est même pas disponible à part) ;
  • la coupe : la taille empire me semble parfaitement adaptée aux bidons de femme enceinte ;
  • les bretelles de soutien-gorge : déjà (un peu trop) gâtée par la nature côté poitrine en temps normal, il est primordial pour moi qu'elle puisse être réellement soutenue !

Je pense la commander vers le mois de juin, je reviendrai vers vous le moment venu.

29 janvier 2017

Et bam !

Hier soir, pendant le repas.

Alors qu'il venait de se faire reprendre parce qu'il avait fait une petite bêtise, Gaspard, après être resté silencieux un instant, s'est tourné vers moi, l'air penaud, les yeux humides. Je lui ai demandé s'il pleurait parce que Papa l'avait disputé et m'apprêtais à lui réexpliquer tranquillement le pourquoi du comment lorsqu'il m'a interrompue : "non, je suis kriste" - "Ah bon, pourquoi tu es triste ?" - "Ze suis kriste passque Élise elle est morte"

Et bam, on l'avait pas vue venir celle-là ! Une maman au bord des larmes, un papa en pleurs...

Larme

28 novembre 2013

Retour en arrière - Épisode 6 - Un pont entre deux rives

C'est comme ça que je me suis sentie entre l'accouchement et l'enterrement : comme sur un pont entre deux rives...

Jeudi 19 septembre
L'une des premières pensées qui me sont venues à l'esprit est que je suis "contente" que l'ISG et les naissances n'aient pas eu lieu le même jour. Pour nous qui pouvons distinguer naissance et mort, pour Élise qui n'est pas qu'une date, pour Gaspard dont la naissance est associée à la naissance et non à la mort de sa soeur. De toutes petites choses qui aident à apprivoiser la réalité.

Le Dr Clavier, le Dr Brasseur et le Pr Marret ont eu la délicatesse de passer nous voir. Mais pas le Pr Verspyck. N'a-t-il pas eu le temps ou tout simplement pas l'envie ?

La psychologue est passée elle aussi. Elle nous a confié qu'elle n'arrêtait pas d'entendre parler de moi depuis le matin. Mon mari m'a aussi dit que j'avais assuré pendant l'accouchement et les sages-femmes n'arrêtaient pas de me dire que c'était "génial" ce que je faisais mais j'imagine que c'est leur façon d'encourager toutes les mamans en plein travail.

J'ai essayé de regarder les photos que nous avions faites d'Élise mais il était encore trop tôt, je n'ai pas pu. En plus, du peu que j'ai vu, je l'ai (déjà) trouvée moins belle que dans mes souvenirs tout récents. Mais j'étais sûre que j'aurais le besoin et le courage de les regarder plus tard, quand mes images deviendront floues.

Du vendredi 20 au dimanche 22 septembre
Ce vendredi matin, en attendant l'arrivée de notre famille proche, mon mari et moi avons pris notre courage à deux mains pour aller voir Élise à la chambre mortuaire de l'hôpital. Comme j'étais encore incapable de marcher longtemps et que la chambre mortuaire est située à quelques dizaines de mètres de l'unité kangourou, mon mari m'y a conduite en fauteuil roulant.

L'employé que nous avons vu a été très discret et respectueux et est allé chercher Élise dès notre arrivée pour l'installer dans une pièce dédiée au receuillement, puis il nous a permis d'entrer. J'ai fondu en larmes en la voyant. Je crois que mes jambes ne m'auraient pas soutenue si je n'avais pas été assise. Après la déception que j'ai ressentie en voyant nos photos d'elle en salle de naissance, j'appréhendais de la revoir mais j'ai été soulagée de la voir, de constater qu'elle n'avait pas "bougé", qu'elle était toujours mon petit bébé, inerte, sans vie mais pas morbide.

En la voyant, je n'ai pu m'empêcher de me demander si nous avions fait le bon choix. Je crois que je me le demanderai toute ma vie. C'était tellement insupportable de la voir morte, par notre faute en plus... Je me demande même si j'ai le droit de l'aimer et de la pleurer après ce que nous lui avons fait.

Les parents et le frère de mon mari ont pu aller voir Élise dès le matin mais mes parents et mon frère sont arrivés alors qu'elle venait de partir pour l'autopsie, en début d'après-midi. Il leur a donc fallu patienter encore pour la voir. Alors que, pendant la grossesse, nos frères et belle-soeur n'étaient pas sûrs de vouloir la voir, arrivés au moment fatidique, ils ont tous les trois souhaité la voir. J'en suis heureuse car je suis intimement persuadée que, dans le cas contraire, ils auraient regretté de n'avoir pu lui donner corps et de n'avoir pu lui dire au-revoir.

À son retour de l'autopsie, Élise n'avait toujours pas "bougé". Nous craignions qu'elle ne soit abîmée mais ce n'était pas le cas. Il faut dire qu'elle était habillée et que seuls son visage, ses mains et ses jambes étaient à nu. Depuis l'accouchement, elle portait le même bonnet que Gaspard, gris et blanc à rayures, mais ce n'était pas celui que nous lui destinions pour partir définitivement. À son retour de l'autopsie, nous avons remarqué des tâches de sang à l'arrière de son bonnet, là où elle avait probablement été ouverte. Nous avons "profité de l'occasion" pour demander aux employés de la chambre mortuaire de remplacer ce bonnet, que nous allons garder précieusement sans le laver, par le bonnet rose tricoté par ma mère et qui lui était destiné depuis plusieurs mois.

Le dimanche, la grand-mère de mon mari, qui vit en banlieue dans l'est parisien, a subitement eu envie de voir Élise avant qu'il ne soit trop tard. Elle a donc eu le courage de faire plus de cinq heures de taxi aller-retour pour venir voir ses arrières-petits-enfants. Je suis heureuse qu'elle ait pu voir Élise, elle qui ne parlait que de Gaspard pendant la grossesse. Seul mon mari était avec elle à la chambre mortuaire et il m'a rapporté les paroles qu'elle a dites à son arrière-petite-fille : "Ce n'est pas moi qui devrais être là, c'est toi qui devrais être à mon enterrement." Tellement simple, tellement vrai.

Ma fille, mon amour, ma princesse, ma poupée, mon étoile filante, pardonne-nous, pardonne-moi...

Quelques unes des réflexions qui me sont passées par la tête pendant ces quelques jours
C'était une immense douleur de la voir mais une nécessité absolue. Avec Gaspard, nous avons signé un CDI. Avec Élise, nous avons signé un très court CDD alors il nous fallait en profiter tant qu'il était encore temps.

On parlait toujours d'Élise en tant que petite soeur de Gaspard, comme une petite chose fragile, mais finalement c'est elle la grande soeur. C'est elle l'aînée, c'est elle notre premier enfant.

On avait vu Élise et Gaspard près de huit mois auparavant, au moment du replacement d'embryons dans le cadre de notre troisième FIV, alors qu'ils n'étaient chacun encore qu'un amas de quatre cellules et à présent ils étaient tous les deux là en chair et en os.

Comme c'est compliqué de vivre le deuil et la naissance en même temps. Comme ce grand écart psychologique est difficile à vivre. Et pourtant je n'ose imaginer ce que vivent les parents qui n'ont que le deuil, l'absence, le vide. Gaspard ne peut pas empêcher nos larmes de couler mais il est là pour les sécher : quel bonheur et quel réconfort quand nous le retrouvions après nos moments avec Élise à la chambre mortuaire. 

13 février 2013

Enfin !

Ça y est : je suis enceinte !

PetiteEnceinte

C'est la première fois de ma vie que ça m'arrive ! La troisième FIV semble avoir été la bonne, depuis 4 ans 1/2 que mon mari et moi essayons d'avoir un enfant... Même s'il y a un problème en route, c'est déjà une victoire : je ne suis jamais tombée enceinte, ni naturellement ni avec les traitements entrepris depuis l'été 2009.

12 avril 2013

Première rencontre...

Aujourd'hui, nous avons passé la première "vraie" échographie et... tout va bien ! :-)

Moi qui suis une grosse dormeuse, j'ai très mal dormi et me suis réveillée à 5h du matin : étonnant, non ? ;-)

Au-delà de toutes les inquiétudes de malformations et autres anomalies qui peuvent accompagner une grossesse, ma principale angoisse était de savoir s'ils étaient encore là tous les deux et s'ils étaient encore en vie. J'ai donc pu me détendre dès le début de l'échographie, lorsque l'échographiste a confirmé ces deux points.

L'examen s'est ensuite déroulé normalement et l'échographiste a pu prendre quasiment toutes les mesures qu'elle souhaitait, au gré des mouvements des bébés ! Le premier qu'elle a examiné s'est plutôt laissé faire mais le deuxième s'est montré plus récalcitrant. A sa décharge, c'est dans sa "poche" que se trouve l'hématome - toujours présent et de taille sensiblement identique : on comprend donc qu'il soit moins à son aise et donc moins coopératif !

L'échographiste, très agréable au demeurant, ne disposait pas de l'historique des précédentes échographies (il suffisait pourtant de descendre le dossier du premier étage, celui de la PMA, au rez-de-chaussée, consacré à la gynécologie !) et n'a donc pu comparer l'aspect de l'hématome : elle n'a donc rien pu faire d'autre qu'espérer que, en dépit de la taille plutôt stable depuis la dernière échographie réalisée il y a quelques semaines, l'hématome soit en train de cicatriser. Réponse au prochain épisode !

En attendant, qu'il soit en train de cicatriser ou non, l'hématome est toujours présent et signifie donc que mon arrêt est prolongé jusqu'à la prochaine échographie prévue fin mai.

Echographe

23 mai 2014

24 mai

Aujourd'hui, nous sommes le 23 mai.

Il y a 8 mois, c'était presque la première fois que nous voyions ton visage, que nous prenions ta main, que nous t'embrassions. Et pourtant c'était aussi et surtout la dernière fois.

Demain, nous serons le 24 mai.

Il y a un an, j'avais passé une belle après-midi avec des amis venus égayer mes journées en solitaire.
Nous nous étions amusés de mon statut temporaire de "personne à mobilité réduite", en raison de l'hématome qui m'obligeait à limiter mes déplacements.
Nous avions parlé des sexes qui devaient rester secrets jusqu'à la naissance.
Nous avions évoqué les trois couples de prénoms que nous avions choisis.

Il y a un an, mon mari et moi étions sur le point de découvrir que la vie peut se comporter en traîtresse.
Il y a un an, mon mari et moi étions sur le point de recevoir un message de ces amis désireux, en toute bienveillance et en toute innocence, de savoir si mon statut de PMR était prolongé ou non.
Il y a un an, mon mari et moi étions sur le point d'apprendre les sexes de nos jumeaux de façon un peu fortuite.
Il y a un an, mon mari et moi étions sur le point de commencer à appeler, un peu plus tôt que prévu, nos jumeaux par leurs prénoms.

Il y a un an, notre vie a commencé à basculer. Lentement, progressivement, inexorablement.

Ce 24 mai 2013, la plus grosse inquiétude que nous a laissée l'échographie était liée à la fente labio-palatine d'Élise.
C'était l'anomalie la plus visible.
C'était l'anomalie la plus grave.
C'était l'anomalie qui avait bien voulu dire son nom immédiatement.
C'était l'anomalie définitive, celle qui ne pourrait de toutes façons pas disparaître d'elle-même in utero.
C'était l'anomalie qu'il faudrait traiter et opérer dès les premiers mois de vie d'Élise.
C'était l'anomalie qui nous "parlait" le plus, à nous, les profanes.
C'était l'anomalie qui nous laissait entrevoir que nous avions des moyens d'action.
C'était l'anomalie qui ne nous interdisait pas de nous projeter.

Ce 24 mai 2013, nous avons occulté la deuxième anomalie d'Élise : la dilatation des ventricules de son cerveau.
C'était l'anomalie la moins visible.
C'était l'anomalie la moins grave.
C'était l'anomalie qui pouvait n'être qu'une fausse alerte, celle qui pouvait stagner, voire régresser ou même se résorber d'elle-même in utero.
C'était aussi l'anomalie qui faisait peur, celle-dont-il-ne-fallait-pas-prononcer-le-nom.
C'était surtout l'anomalie qui pouvait faire basculer notre vie.

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Tannabelle et ses grumeaux
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