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Tannabelle et ses grumeaux
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"Livre-lui tes pensées. Des pensées que tu ne dis pas, ce sont des pensées qui pèsent, qui s'incrustent, qui t'alourdissent, qui t'immobilisent, qui prennent la place des idées neuves et qui te pourrissent. Tu vas devenir une décharge à vieilles pensées qui puent si tu ne parles pas."
Oscar et la dame rose - Éric-Emmanuel Schmitt
   
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Derniers commentaires
9 octobre 2014

Cela va parfois mieux sans dire

Ce billet, il y a longtemps que je l'ai en tête. Depuis que l'on sait que je suis à nouveau enceinte, je crois. J'ai attendu, sans raison, avant de me décider à le rédiger et à le publier. Et puis il y a eu un déclic, avec ce qui est arrivé à "pastoutàfaitpapa". C'est d'ailleurs parce que ce déclic est lié à son histoire que j'ai préféré vous parler de lui au préalable.

J'avais déjà pensé à tout ça avant d'être à nouveau enceinte mais maintenant que je le suis, mon appréhension est encore plus pregnante. Je fais référence à toutes ces phrases que je redoute que l'on me dise ou que je regrette que l'on m'ait dites.

Ne me dites plus...

"Ah ! Tu fais comme moi !"
C'est ma grand-mère, la seule de mes grands-parents qui soit encore là, qui m'a sorti ça alors que je venais de lui annoncer que nous attendions un autre petit garçon. Ma grand-mère, qui n'a eu que des fils. Ma grand-mère, qui a perdu son deuxième fils à l'âge de 7,5 mois. Ma grand-mère, qui n'a pas compris que je suis aussi maman d'une petite fille...

"J'espère que ce sera une fille."
C'est la grand-mère de mon mari, elle aussi la seule de ses grands-parents qui soit encore là, qui m'a "souhaité" ça, alors que nous ne connaissions pas encore le sexe, comme si le fait d'avoir une autre petite fille pouvait adoucir l'absence d'Élise. Comment lui faire comprendre qu'au-delà de toute considération psychologique, le sexe nous importe si peu, pourvu que notre enfant naisse vivant et en pas trop mauvaise santé ? Comment lui faire comprendre qu'Élise ne sera jamais remplacée par une autre petite fille, que son absence ne sera jamais compensée par la présence d'une autre petite fille ?

Et ne me dites pas non plus...

"Il n'y a pas de raison."
Il n'y a pas de raison que ça se passe mal pour ce bébé, soit. Cela veut dire qu'il y avait une raison pour que le destin d'Élise vire au tragique ?!

"Tout va bien se passer."
Qu'en savez-vous ?!

"La foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit."
J'ignorais que chacun avait un quota de malheurs à vivre sur Terre et que le décès d'Élise allait nous prémunir contre un autre drame. Alors comment expliquez-vous que certains parents aient à survivre à plusieurs de leurs enfants ?!

Je sais que ces paroles se veulent réconfortantes mais c'est exactement le but contraire qui est atteint à chaque fois. Je n'ai pas besoin d'entendre des paroles qui sonnent tellement faux à mes oreilles. Personne ne sait la tournure que va prendre cette grossesse. Le fait d'avoir perdu Élise et le fait que cette grossesse se déroule bien pour l'instant ne nous mettent à l'abri de rien.
Voulez-vous que je vous parle de ces grossesses qui se déroulent à merveille, jusqu'à l'accouchement qui se passe mal au point d'en devenir fatal pour le bébé ?
Voulez-vous que je vous parle de ces bébés qui s'épanouissaient pleinement dans le ventre de leur mère jusqu'à ce que leur cordon, qui les reliait à la vie, signe leur arrêt de mort ?
Voulez-vous que je vous parle d'Agnès, qui a perdu trois de ses cinq enfants avant la naissance ? De Stéphanie, qui a perdu ses deux fils avant d'avoir sa fille ? De Roxane, qui a perdu son fils, puis sa fille ? De Valérie, qui a perdu ses jumeaux fille et garçon ? De Marina, qui a perdu sa fille, puis son fils ?

Vous avez compris où je voulais en venir. Je me contenterai donc de vous recommander deux billets précis de pastoutàfaitpapa : "avec des mots d'enfant" et "mais moi je voulais une petite soeur".

Alors épargnez-moi ces phrases toutes faites et ces remarques vides de sens, s'il vous plaît. Je m'efforce de ne pas sombrer dans la paranoïa par rapport à cette nouvelle grossesse mais je n'ai pas besoin de ces commentaires qui ne font plus écho à ma réalité.

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15 janvier 2014

Psychologie et psychologie

Hier, alors que j'expliquais l'histoire de mes jumeaux, on m'a sorti : "De toutes façons, des faux jumeaux, c'est pas comme des vrais. Regarde, mon faux jumeau et moi, on ne s'entend pas."
Ah bah ça me rassure, du coup ! Finalement, c'est beaucoup moins sérieux que ce que je croyais : ma fille n'est pas là et mon fils ne grandira pas aux côtés de sa sœur, mais c'est moins grave puisque c'était seulement sa fausse jumelle !

Cerise sur le gâteau : c'est une doctorante en psychologie qui m'a sorti ça. Si, si.
L'avantage, c'est que je sais que je ne me ferai jamais suivre par elle.

12 juillet 2013

Préparation à la naissance - Épisode 1

Vendredi dernier, c'était notre première séance de préparation à l'accouchement. Comme mon mari était en vacances, il a pu m'accompagner mais ce ne sera pas le cas les prochaines fois puisque toutes les séances ont lieu le vendredi matin. Or, comme il doit déjà s'absenter souvent de son travail (sous l'oeil bienveillant et compréhensif, heureusement, de ses responsables et collègues) pour les rendez-vous avec les médecins, il ne peut pas abuser et sera bien obligé de sacrifier ces rendez-vous-là.

Comme il paraît que les grumeaux sont souvent pressés et que nous risquons, selon la décision que nous prendrons, de devoir déclencher un accouchement prématuré, nous avons intégré un groupe de futurs parents dont les bébés doivent arriver plusieurs semaines avant les nôtres, comme en a attesté le "tour de tapis" de début de séance.

Une bonne surprise dès le début (que nous avons découverte en nous inscrivant quelques jours avant) : je connais et apprécie la sage-femme qui anime ces séances de préparation. Avant de "tourner" dans d'autres services, elle travaillait en effet dans le service d'AMP au début de notre parcours et j'avais alors eu le plaisir de découvrir une femme humaine et attentionnée.

Dans notre groupe, uniquement des premières grossesses et des âges relativement proches, autour de 30 ans, avec une exception : une jeune fille de 17 ans aussi paumée que touchante (en l'écoutant et en l'observant, je n'ai pu m'empêcher de me demander comment j'aurais vécu la situation, il y a 10 ans...).

Après les présentations des couples et futures mamans présents, la sage-femme a expliqué/rappelé le fonctionnement du corps pendant la grossesse et l'accouchement, avant de nous laisser poser nos questions sur l'accouchement. A mesure que j'écoutais les interrogations des autres futures mamans, dont certaines rejoignaient les miennes, et les réponses de la sage-femme, je sentais ma gorge se nouer, à cause d'une question qui m'obsédait mais que je ne voulais pas poser devant tout le monde, d'une part pour ne pas attirer la curiosité des autres sur notre histoire, d'autre part pour ne pas plomber l'ambiance. Et puis quand les questions ont tourné autour de la césarienne (sans rapport direct avec ma question, pourtant. Les autres ont dû croire que je redoutais la césarienne ; s'ils savaient...), je n'ai plus su retenir mes larmes et me suis effondrée jusqu'à ce que je me décide à sortir de la salle pour reprendre mes esprits.

La sage-femme, avec qui nous avions évoqué la drôle de grossesse que nous vivons lors de notre inscription à ces séances, nous a alors rejoints dans la salle d'attente pour me réconforter. J'ai d'autant plus apprécié son soutien qu'elle sait de quoi il s'agit puisqu'elle a elle-même vécu un deuil périnatal. Et avant que nous ne retournions dans la salle, j'ai obtenu ma réponse de sa bouche : "physiquement, ça ne fait aucune différence". Ma question, c'était : "ça fait quoi, d'accoucher d'un bébé vivant et d'un bébé mort à la suite ?"

Après cette petite interruption, la séance a repris son cours normal, entre explications techniques et conseils pratiques, notamment sur le massage périnéal à commencer quelques semaines (voire mois) avant l'accouchement afin de limiter les risques d'épisiotomie.

Malgré l'intermède lacrymal, entre démystification de l'accouchement et réelle préparation à la fois physique et psychologique, le bilan de cette première séance est positif, d'autant plus que ce type de préparation permet de normaliser la grossesse, ce que n'auraient pas permis les séances individuelles que la sage-femme m'a proposées avec une intention tout-à-fait louable.

Prochaine séance : début août, au retour de vacances de la sage-femme. D'ici là, nous allons tenter, en complément, la préparation en piscine, histoire de varier les plaisirs !

9 juillet 2013

Ça bouge, là-dedans !

Cela fait déjà quelques semaines que j 'ai perçu les premiers soubresauts des grumeaux et plusieurs jours que j'ai ressenti leurs premiers petits coups mais c'est ce soir que j'ai vu, pour la première fois, des vaguelettes se dessiner sur mon ventre :-)

Et même que le papa a lui aussi assisté à cette première représentation !

31 juillet 2014

Échographie de datation

Vers la mi-juin, j'ai découvert que j'étais de nouveau enceinte.

Comme mes règles sont très irrégulières (elles ont déjà mis de 3 à 7 semaines pour réapparaître) et que je n'ai pas noté sur le calendrier tous les câlins que mon homme et moi avons faits ;-), je ne savais pas à quand remontait le début de cette nouvelle grossesse. Mon médecin traitant m'a alors prescrit une échographie de datation, que j'ai réalisée fin juin "en ville", comme on dit, dans un laboratoire à quelques minutes à pieds de chez moi, avant de continuer mon suivi à l'hôpital où ma grossesse de 2013 a été prise en charge.

Je savais que cette échographie serait expéditive puisqu'elle ne sert qu'à estimer la date de début de grossesse et, par extension, la date du terme.

Pourtant, je n'ai pu m'empêcher de cogiter plusieurs jours avant, de pleurer sur le chemin, de sangloter aussi discrètement que possible dans la salle d'attente et de retenir mes larmes avec peine en entrant dans la salle d'échographie.

J'étais évidemment accompagnée de Gaspard, ce que l'échographiste n'a pas manqué de (faire) remarquer en demandant son âge.

L'examen a duré quelques secondes à peine. Remarquant que je cherchais à voir l'écran, l'échographiste m'a dit : "Je vais vous montrer après. Enfin, si vous voulez que je vous montre." Sur le coup, je n'ai pas tilté et ai juste confirmé que je souhaitais voir.

Après m'avoir annoncé les dates estimées de début de grossesse et de terme, l'échographiste m'a demandé :
"C'est quoi le projet ?"
"C'est-à-dire ?"
"Eh bien, vu que votre petit a 9 mois, je ne sais pas si c'est une grossesse désirée..."

Il m'a fallu un instant avant de comprendre que derrière le mot "projet" se cachait en réalité une alternative : poursuite de la grossesse ou avortement.

"Alors en fait j'ai déjà tué ma fille donc ce bébé-là, je vais essayer de le mettre au monde vivant - et en bonne santé, idéalement - si vous voulez bien." Ça, c'est ce que j'aurais voulu lui répondre.
À la place, je me suis contentée d'un laconique : "Si si, c'est une grossesse désirée."

Je sais qu'il faut bien que ceux qui annoncent ou confirment une grossesse débutante aient un a priori, en faveur ou non de ladite grossesse : je n'avais simplement pas besoin d'un tel sous-entendu ce jour-là...

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12 janvier 2014

Déception

Nous avons passé le week-end en famille, avec des proches qui n'avaient jamais rencontré Gaspard ni vu Élise.

Tout le week-end, j'ai attendu, espéré, guetté une ouverture pour parler d'Élise. Nous avons finalement "forcé" les choses ce midi en leur proposant de voir l'album que nous avons fait des seules photos que nous avons d'Élise, ce que nous appelons "le livre d'Élise". Ils ont regardé, silencieusement, poliment, pour nous faire plaisir. Et ça s'est arrêté là. Dans la seconde qui a suivi, ils ont relancé la conversation sur la balade que nous avions faite le matin même.

Aucune question sur elle, aucune sollicitude, aucune compassion, aucune empathie, aucune interrogation sur notre santé et notre moral. Aucune prise de conscience. Rien que de l'indifférence.

19 septembre 2015

Deussan...

... et pas toutes tes dents, mais une langue bien pendue !

D'ailleurs, tu parles de mieux en mieux le français, tout comme nous parlons de mieux en mieux le gaspard : il paraît qu'un jour nous nous rejoindrons dans un langage parfaitement et complètement commun. En attendant, par exemple, quand quelque chose est fermé et te résiste, tu demandes à ce qu'on loul et au milieu de ton ventre, tu as un bribril.

A table, tu adores le momage et les fuits. L’ordre dans lequel on les mange t'importe peu. Si on t’écoutait, je crois même que tu avalerais du Maroilles en même temps qu’une banane, que tu dégusterais du camembert et une pêche à la fois ou que tu engloutirais Chaource et raisin simultanément.

Dans la rue, tu adores les motos, les camions, les tunnels et les klaxons.
Si tu vois à la fois une moto et un camion, tu es aux anges.
Si tu vois une moto et un camion dans un tunnel, tu ne réponds plus de rien.
Si tu vois une moto et un camion dans un tunnel et que tu entends un klaxon, tu es en transe.

Chez les animaux, tu t'extasies devant les cococotiles, les vevals et les vevaux.
Je pense que tu auras un choc le jour où tu comprendras que les vevaux et les vevals, c'est le même animal.

Tu adores imiter le chien en enchaînant 23 aboiements.
Tu adores imiter le chat en plissant les yeux.
Tu adores imiter le singe en t’épouillant la tête.
Tu adores imiter la poule en secouant ton popotin.
Tu adores imiter le canard en te pinçant le nez.
Mais je ne connais personne qui imite le flamant rose comme toi !

Pour obtenir un bisou de toi, il suffit de te dire en souriant « il y a longtemps ».
Au début, il fallait te dire « Il y a longtemps que tu ne m’as pas fait de bisou » mais au bout de quelques fois, tu avançais les lèvres dès les premiers mots. Alors, par fainéantise, nous avons raccourci notre formule de réclamation de bisou !

 

Quand nous te demandons quel âge tu as, tu nous réponds "couss". Nous n'avons toujours pas identifié le vrai mot qui se cache derrière.
Quand nous te redemandons quel âge tu as, tu nous dis "deussan". Ça nous parle déjà plus, mais nous t'avons prévenu : la bonne réponse risque d'évoluer régulièrement.

Alors... joyeux deussan mon Crapaud !

15 septembre 2015

Vous n'allez pas me croire

Ce matin, au réveil, mon mari et moi avons d'abord ouvert les yeux. Puis nous avons pris conscience de quelque chose. C'est à ce moment-là que plusieurs options se sont offertes à nous.

Nous avons hésité à faire la danse de la joie.
Nous avons envisagé de sortir de la maison en criant "Bip biiiiiiiiiip".
Nous avons projeté d'enchaîner trois saltos chacun.
Nous avons été sur le point de rédiger un discours larmoyant.
Nous avons pensé arriver à la crèche en nous élançant à genoux avec notre t-shirt sur la tête, à la manière d'un joueur de foot qui vient de marquer un but.
Nous avons même failli croire en Dieu !

Au lieu de cela, nous avons joué la carte de la sobriété : nous nous sommes regardés, nous avons souri et nous nous sommes réjouis de l'endormissement rapide (tout de même avec Maman à ses côtés, la main simplement posée sur sa poitrine, à l'endroit où palpite son petit cœur) ET de la nuit sans interruption que nous a offerts Gaspard ! ^^

31 décembre 2014

2014

Nous allons bientôt changer d'année. Mon sentiment à cet égard est moins douloureux, moins violent que l'an passé - sans doute la preuve que le temps, ce traître de temps qui passe, fait son oeuvre.

Car le temps qui passe fait grandir Gaspard et me rapproche de l'arrivée de Hector.
Mais le temps qui passe m'éloigne de toi, ma fille, qui ne grandiras jamais, qui seras pour tes frères "la-grande-soeur-qui-restera-toujours-petite".

Aujourd'hui, et pour quelques heures à peine encore, je peux dire que tu es née, ou morte, "l'an dernier".
Bientôt, ce ne sera plus vrai et je devrai rajouter du temps au temps. Bientôt, il me faudra compter en années et non plus en mois. Bientôt, si ce n'est pas déjà fait, on jugera que je te pleure depuis trop longtemps déjà, que je te pleure trop tout court. Peut-on jamais trop pleurer son enfant ?...

22 décembre 2015

Trois en un

Eh oui, je vais encore vous rapporter les propos de Gaspard ! Toujours pour les mêmes raisons : il est une source intarissable qui m'évite, en ces temps où ma fatigue est inversement proportionnelle à mon moral, la peine de mettre en mots et en forme les autres billets qui prennent la poussière dans mes brouillons.

J'en profite pour officialiser une nouvelle catégorie, qui, au vu de la prolixité de Gaspard qui ne fait sans doute que commencer, devrait être alimentée régulièrement par lui et probablement son frère dans quelque temps. J'ai nommé "Eux et Elle".

Samedi dernier donc, Gaspard a remporté le tiercé dans le désordre : il m'a émue aux larmes trois fois en quelques heures en parlant de sa sœur... Émue parce qu'elle n'est pas là. Émue parce qu'elle existe pour lui.

 

La première fois, c'était à propos du sapin. Chacun de nos trois enfants a "sa" boule dans le sapin. Gaspard cherchait la sienne et s'est réjoui de la trouver. Il a ensuite cherché celle de son frère, avant de la lui montrer puisque Hector était près de lui à ce moment-là. Il a alors cherché celle de sa sœur et, au moment où il l'a repérée, il s'est tourné vers le petit coin d'Élise dans notre bibliothèque en s'écriant : "Élise ! Élise ! 'garde Élise !".

*****

La deuxième fois, c'était à propos du petit nounours qu'il a eu en cadeau à l'occasion de la fête de la crèche la veille. Innocemment, je lui ai demandé comment il s'appelait. Et Gaspard de me répondre du tac-au-tac : "Élise !". Je ne m'y attendais tellement pas que je n'ai pas su quoi dire ou quoi faire. Je ne sais pas s'il vaudrait mieux éviter, pour empêcher toute confusion, ou si cela reste anodin. Heureusement, ce fameux nounours a déja changé trois fois de nom depuis ; il importe donc peu - pour l'instant du moins - que je n'aie toujours pas la réponse à cette question.

*****

La troisième fois, c'était à propos des larmes d'Élise. Alors que nous regardions encore le ciel étoilé et la lune, Gaspard a enchaîné sans transition : "Pas pleure Élise" (qu'il faut comprendre comme "Ne pleure pas Élise"). S'en est alors suivie cette conversation :
- Elle pleure, Élise ?!
- Oui.
- On ne sait pas si elle pleure... Mais à ton avis, pourquoi elle pleure, Élise ?
- Est tombée Élise.
- Où ça ?
- Pa' terre là.
- Ah bon. Le pire, c'est qu'on ne peut même pas la voir pour la réconforter.
- Vais c'erc'er Élise moi.
- On ne peut pas aller la chercher, tu sais.
- Attends Élise moi.
- ...
 
Une fois de plus, je n'ai pas su quoi lui dire. Mais je n'ai pu m'empêcher de penser qu'il allait l'attendre longtemps...

29 décembre 2014

Le papa

J'ai souvent entendu dire qu'une femme devient mère le jour où elle se sait enceinte.
J'ai souvent entendu dire aussi qu'un homme devient père le jour où son enfant naît.
Il y a sans doute une part de vérité dans ces deux phrases.
Mais il y a aussi des hommes qui deviennent pères bien avant la naissance de leur enfant.
Il y a des hommes qui imaginent, pensent, rêvent leur enfant alors même qu'il tarde à arriver.
Des hommes qui font un bébé dans leur tête avant de le faire en vrai.
Des hommes qui assistent à tous les rendez-vous du parcours d'AMP, même les facultatifs.
Des hommes qui passent et repassent tous les examens médicaux de bonne grâce parce qu'ils jugent normal de faire leur partie du boulot dans ce parcours d'AMP.
Des hommes qui s'impliquent dans la grossesse espérée autant que les traitements de stimulation de la fertilité le leur permettent.
Des hommes qui prennent des jours de congé "juste" pour accompagner leur femme lors des ponctions d'ovocytes ou de kystes ou lors des transferts embryonnaires.
Des hommes qui assument tout dans la maison "juste" parce que leur femme doit se ménager pour favoriser l'implantation des embryons replacés.
Des hommes qui sont aussi déçus que leur femme par les tentatives de FIV infructueuses.
Des hommes qui sont aussi heureux que leur femme par le transfert réussi de deux embryons, confirmé par le premier test de grossesse positif de leur couple.
Des hommes qui sont aussi inquiets que leur femme lorsqu'elle perd du sang en début de grossesse.
Des hommes qui sont aux petits soins pour leur femme qui doit se reposer pour favoriser la résorption du décollement placentaire à l'origine des saignements.
Des hommes qui empruntent les mêmes montagnes russes que leur femme lorsqu'on leur annonce qu'un des deux embryons ne vit plus, puis qu'il n'y a jamais eu qu'un seul embryon et enfin que les deux embryons vivent toujours.
Des hommes qui sont aussi soulagés que leur femme lors de la première échographie officielle qui confirme que les deux bébés vont bien et que le décollement placentaire est en voie de résorption.
Des hommes qui tombent d'aussi haut que leur femme lors de l'échographie suivante qui révèle, sans prévenir, que leur petite fille ne va pas bien.
Des hommes qui prennent un jour de congé pour assister au rendez-vous de diagnostic anténatal et soutenir leur femme pendant l'amniocentèse.
Des hommes qui ont besoin, comme leur femme, de voir la psychologue après l'annonce des malformations de leur bébé à venir.
Des hommes qui, comme leur femme, se posent des milliers de questions sur la suite de la grossesse, l'avenir de leur bébé malade, le futur de leur famille à peine en construction.
Des hommes qui, même si leur consentement n'est pas officiellement requis, participent autant que leur femme à la pire décision concernant la vie de leur enfant.
Des hommes qui sont aux côtés de leur femme à chaque instant de la grossesse, le jour comme la nuit, à la maison ou à l'hôpital.
Des hommes qui profitent de leur enfant autant que la barrière du ventre de leur femme le leur permet.
Des hommes qui préparent avec leur femme l'arrivée si particulière de leur enfant.
Des hommes qui tiennent la main de leur femme lors du geste fatidique pratiqué sur leur bébé dans le ventre de leur femme.
Des hommes qui soutiennent leur femme dans chaque contraction qui les rapproche de la naissance sans vie de leur enfant.
Des hommes qui coupent le cordon de leur enfant né sans vie.
Des hommes qui bercent leur enfant né sans vie.
Des hommes qui puisent au plus profond d'eux-mêmes la force de prendre des photographies de leur enfant décédé parce qu'ils savent qu'ils n'auront pas de seconde chance.
Des hommes qui ont la douloureuse fierté de porter le cercueil de leur enfant jusqu'à la tombe.
 
Et malgré tout ça, certains pensent encore que "c'est moins difficile pour le papa" ou que "c'est surtout pour la maman que ça doit être dur".
Alors qu'il suffirait de presque rien pour adoucir, ne serait-ce qu'un peu, ne serait-ce que l'espace d'un instant, la peine du papa... Par exemple en lui demandant, à lui, comment il va - au lieu de lui demander des nouvelles de la maman, comme si lui n'avait pas perdu d'enfant. Par exemple, si vous avez un cadeau destiné au bébé décédé, en l'offrant aux deux parents - au lieu de le tendre uniquement à la maman. Par exemple.
Tout simplement en considérant, dans vos gestes et vos paroles, que le papa aussi a perdu un enfant, que le papa aussi est en deuil, que le papa aussi souffre de l'absence de sa fille. Parce que c'est tout simplement la vérité.
15 septembre 2015

Et tous les deux ?

Alors que je suis son blog depuis quelque temps déjà, j'ai découvert ce soir ce billet d'un papa de jumelles (et d'une grande soeur) :

http://www.papacube.com/2012/05/reveil-de-nuit.html

De là à dire - sans dimension psychologisante - que c'est Élise qui manque au sommeil de Gaspard... Comment se seraient passées les nuits si Élise avait été là ?

Cette question fait partie de celles que nous nous poserons toujours, de celles qui n'auront jamais de réponse, de celles que nous ne pouvons nous empêcher de nous poser.
Parce que la grossesse des grumeaux - avant qu'elle ne bascule - avait allumé une flamme d'envie, d'impatience, d'excitation, de curiosité qui a été étouffée avant de s'embraser mais qui se consume encore, de façon presque imperceptible... Comment ça se serait passé s'ils avaient été là tous les deux ?...

14 mai 2014

Le cap des 3 mois

Il y a longtemps que le début de ce billet traîne dans mes tiroirs. La preuve : il y est question d'un billet d'un autre blog que j'ai lu le jour où il a été publié, il y a quatre mois et un jour très exactement.
Ce qui m'a décidée à en parler, c'est l'émission des Maternelles de ce matin, qui abordait les angoisses du début de grossesse. Willy Belhassen, le sage-femme invité en tant qu'expert aux côtés des deux mamans-témoins, y a prononcé ces mots :
Quand une femme est enceinte, ce qui va lui arriver, c'est qu'elle va arriver au terme, qu'elle va accoucher et qu'elle va avoir un bébé. C'est ça qui se produit la plupart du temps - quasiment toujours.

Dommage pour nous, on fait partie de ce quasiment. Bref, revenons-en à l'objet du billet du jour.

Parmi les quelques blogs de fille que je lis régulièrement, il y a donc On en parle ou pas ?. Il y a quelques mois, l'auteur y avait publié un billet clôturé par ce PS :

Ps : oui, je suis toujours enceinte :) je passe cette semaine le cap des 3 mois ! "vous aurez votre bébé" qu'elle a dit l'échographiste

Il y a un an, j'aurais eu envie d'y croire, j'y aurais peut-être même cru.
Nous aussi, nous avons attendu d'avoir dépassé "le cap des trois mois" pour l'annoncer à tout le monde.
Nous aussi, nous avons cru que, une fois le cap des trois mois dépassé, le plus dur était derrière nous.
Mais aujourd'hui, je sais que rien n'est jamais gagné, que tout peut basculer à tout moment.

 

Et en commentaire d'un précédent billet relatif au fameux cap des trois mois, l'auteur avait ajouté :

Ma 2nde grossesse m'a donnée confiance en moi, en ma capacité de porter la vie, que je n'avais pas la 1ère fois.

Je ne peux m'empêcher de me demander si j'oserai un jour prononcer - ou, du moins, penser - cette phrase. Et je me rends compte que oui, mais.
Oui, depuis la grossesse d'Élise et Gaspard, je sais que je peux porter la vie.
Mais je sais aussi que je n'ai pas su donner la vie à mes deux enfants.

 

J'aimerais simplement conclure par l'un des derniers billets que l'auteur a publiés : Je vais avoir un bébé prématuré.

Même si je ne souhaite que le meilleur à ce bout de chou, voilà exactement pourquoi la sage-femme qui a fait passer la première échographie à sa maman aurait mieux fait de se taire !

29 novembre 2013

Jusque dans les salles de classe

En début d'après-midi, une amie professeur de français en collège m'a envoyé ce sms :

Coucou ma belle.
Un petit clin d'oeil pour toi ce matin en cours : "Analyse la phrase suivante en donnant la classe grammaticale des mots soulignés : Élise et Gaspard sont les enfants chéris de mon amie Annabelle."
Je pense à toi, à vous et t'embrasse bien fort.

C'est ça aussi, faire exister Élise comme Gaspard. <3

6 septembre 2013

Seul à seuls

J'adore quand mon homme me dit "je les ai bien sentis ce matin", sous-entendu quand je dormais encore et n'ai même pas senti sa main sur mon ventre. J'adore l'idée qu'il profite de moments seul à seuls avec eux, sans moi, même si mon corps est bien obligé de servir d'intermédiaire.

Profite, Mon Amour, de tous ces instants volés avec tes deux enfants. <3

7 septembre 2013

Les p'tits trucs cool et moins cool... - Épisode 2

Je continue ma petite liste... en vrac (à vous de décider de ce qui est cool et de ce qui l'est moins !) :

  • Faire des économies de crème hydratante, à force d'échographies "il-ne-faut-plus-rien-mettre-sur-le-ventre-une-semaine-avant" tous les quinze jours.
  • Avoir une place assise "garantie" dans le métro et le bus mais pas forcément la priorité aux caisses dites prioritaires du supermarché - Moralité : les gens qui voyagent sont plus polis et compréhensifs que les gens qui font leurs courses !
  • Avoir une bonne excuse pour ne plus faire le ménage.
  • Être réveillée trois fois par nuit par une envie pressante. Ça me prépare un peu aux tétées nocturnes, vous me direz !
  • Avoir besoin de trois oreillers, une peluche et un coussin de grossesse pour trouver une position presque agréable pour dormir... mais être réveillée quand même par l'inconfort et la douleur provoqués par chaque changement de position nocturne.
  • Coudre devant Motus et goûter devant Des chiffres et des lettres : no comment ;-)
  • Faire le plein de slips jetables et de protections hygiéniques "maxi" pour la maternité. Oui, je sais ce que vous allez dire : "Quoi ?! Elle compte se fourvoyer avec des produits jetables alors qu'elle nous a fait suer avec, entre autres, ses pochettes alimentairesses papillotes sans aluminium et son filtre à café réutilisable ?!" Je n'en suis pas fière mais je l'admets. Il faut dire qu'avec toutes les recherches que j'ai faites et tous les témoignages que j'ai lus au moment de préparer ma liste pour la maternité, je me suis résolue à ne pas "ruiner" mes serviettes lavables ni mes culottes chéries :-)
  • Se mettre au tricot (bon, juste deux paires de chaussons - terminées ! - et une couverture - toujours en cours !) et même à la couture (bon, juste des petits ourlets de rideaux d'étagère provisoire).
  • Avoir des Knacki ball à la place des chevilles, des pieds et des orteils.
  • Avoir le courage de se lever à 8h le samedi matin pour les séances de préparation à l'accouchement en piscine rien que pour avoir le plaisir (et l'illusion) de se sentir légère dans l'eau.
  • Repenser à la mésaventure de sa coupine et penser à retirer son alliance et sa bague de fiançailles avant qu'il ne soit trop tard.
  • Être essoufflée rien qu'en se mettant au lit.
  • Se demander, en voyant la liste pour la maternité, comment tout va rentrer dans un bagage de taille raisonnable.
  • "Kiffer grave" les mouvements des grumeaux qui s'agitent dans mon ventre.
  • Pour une fois, avoir le ventre plus gros que les seins.
18 septembre 2017

Fallait pas me chercher !

Et bim, colère et tristesse du jour canalisées dans un mail de "retour à l'envoyeur"... y avait longtemps !

 

À cette requête impersonnelle et faussement sincère :

Bonjour,

Comme votre blog concerne le monde des enfants... Je me permets de vous faire découvrir nos 6 livres en PDF sur l'éveil musical sur le site blablabla.

Peut-être pourriez-vous en parler dans votre blog? Vos lectrices et lecteurs peuvent être intéressés par ce type de supports bien utiles à la maison ou à l'école. Dès que vous en avez parlé ou juste mis un lien vers notre site internet et pour vous en remercier, je peux vous offrir 3 livres en PDF (valeur 30 euros) pour vous uniquement ou pour 3 de vos lecteurs par l'intermédiaire d'une question ou d'un concours... C'est vous qui decidez !

merci pour votre écoute,
Nicolas

 

... j'ai répondu avec mon amabilité habituelle :

Bonjour,
Je crois que vous avez mal choisi votre cible en me contactant via mon blog, où je parle à 95% de ma fille née sans vie. Je vois en effet mal le lien entre ma fille qui est MORTE, il y a 4 ans jour pour jour d'ailleurs, et vos services. De là où elle est, je crains en effet qu'elle ne puisse malheureusement pas apprécier pleinement la qualité de l'éveil musical que vous proposez, étant donné qu'elle ne s'éveillera plus jamais.
Si vous cibliez un peu mieux les blogs que vous souhaitez voir devenir partenaires, cela éviterait peut-être à certains parents de voir le couteau du deuil se retourner dans la plaie.
 
(Pas tout à fait) cordialement,
Annabelle Maniez

PS : on ne peut pas tout sacrifier sur l'autel de la rentabilité et de la publicité à tout va !

6 avril 2016

Et bam !

Bon, je suis silencieuse depuis des semaines et la liste des brouillons qui végètent dans mes tiroirs est aussi longue que ma disponibilité (matérielle et émotionnelle) est limitée, mais je vais me contenter pour l'instant d'un billet "copier-coller".

Dans la famille "Demandes de partenariat complètement à côté de la plaque", je vous présente la petite dernière, reçue cet après-midi et à laquelle j'ai déjà répondu :

 

Le message reçu :

Bonjour,
Je me présente, je suis *****, je travaille pour l’agence ***** dédiée aux relations presse et promo DVD/ Cinéma. Ce mail sera l’occasion de prendre contact avec vous. En allant sur votre blog, j’ai remarqué que vous avez un certain attrait pour l’enfance. Notre agence recherche de nouvelles collaborations avec des bloggeurs.
Actuellement, nous faisons la promotion d’un dessin animé susceptible de vous intéresser « ***** » de ***** et ***** qui sortira en DVD le 14 avril 2016.
Si vous êtes intéressée, je peux vous faire parvenir un DVD ou organiser un jeu concours pour la sortie.
Dans l’attente de votre retour, je reste à votre disposition pour échanger à ce sujet.
Bonne journée
*****

 

Ma réponse :

Bonjour,
Si vous étiez réellement allée sur mon blog, comme vous osez le prétendre, vous auriez très certainement remarqué que celui-ci ne traduit pas mon "attrait pour l'enfance" mais me sert principalement d'EXUTOIRE suite à la MORT de MA FILLE.
J'aurais adoré faire la promotion de votre nouveau dessin animé, mais comme je n'ai plus de contact avec ma fille et que je ne crois pas que nous ayons installé l'électricité ni placé un lecteur DVD dans son cercueil, je crains de ne pas pouvoir (et surtout de ne pas VOULOIR) vous être d'une grande utilité.
Je suppose que votre indélicatesse n'aura d'égale que votre lâcheté, puisque je doute de recevoir ne serait-ce qu'un message d'excuse de votre part suite à cette mise au point. Mais j'ose espérer que ma réponse vous aidera à vous impliquer davantage dans votre travail et à mieux considérer les personnes avec lesquelles vous essayez de gagner de l'argent.
(Pas très) Cordialement,
Annabelle

 

Cette fois-ci, j'y suis allée un peu fort, mais en prêchant le faux pour espérer le vrai, j'ai visé juste puisque j'ai reçu, à peine quelques minutes plus tard, un mail d'excuses !

24 juin 2015

Non merci, toujours pas

Jusqu'à récemment, je me contentais d'ignorer les diverses sollicitations que je reçois via le blog.
Jusqu'à cette demande de partenariat, qui a été la première à recevoir une réponse de ma part.

En faisant un peu de tri, je me suis aperçue qu'un autre mail de ce genre, reçu fin avril, traînait encore dans ma boîte-aux-lettres. Ma mauvaise humeur du jour m'a poussée à ne pas le laisser sans réponse.
Evidemment, si j'y réponds avec autant de cynisme, ce n'est pas pour vous donner le nom de cette entreprise, vous ne m'en voudrez pas.

Mon blog n'a jamais été, n'est pas et ne sera jamais un fourre-tout commercial sans cohérence. Et je crois que je vais désormais tâcher de le faire savoir à quiconque oserait imaginer le contraire.

 

Le message reçu :

Bonjour,
Je m’appelle ***** et je suis co-fondateur de la 1re conciergerie pour super-parents modernes : *****.
***** a pour objectif de faciliter le quotidien des parents et de leur économiser du temps en les délestant de certaines tâches comme par exemple organiser les anniversaires ou les vacances de cet été, rechercher les baby-sitters de confiance ou encore comparer les meilleurs produits de puériculture….
J’aimerais savoir ce que vous pensez, en tant que Maman et membre d’une communauté, de notre service ? Pensez-vous que les parents puissent s’approprier l’idée d’une conciergerie qui centralise tous ces services ? Seriez-vous vous-même prête à nous tester et à en parler autour de vous ?
***** se plie en quatre pour satisfaire chacune des demandes des parents, sans casser pour autant leurs tirelires puisque nos prix varient grosso modo de ** à ** € (ces tarifs ne sont qu’indicatifs car nous sommes en lancement), selon la complexité de la demande. Notre engagement étant d’être accessible à toutes les bourses.
Merci d’avance pour tout retour et tout conseil !
Vous trouverez notre site ici : www.*****.fr
Et notre page facebook ici : https://www.facebook.com/*****
***** de l’équipe *****
06 ** ** ** **

 

Ma réponse :

Bonjour,
Vous souhaitiez des retours et des conseils, je n'en ai qu'un à vous donner : un meilleur ciblage vous aidera peut-être à faire prospérer votre entreprise.
Je crois que vous avez mal choisi votre cible en me contactant via mon blog, où je parle à 95% de ma fille née sans vie. Je vois en effet mal le lien entre ma fille qui est MORTE et vos services.
Les baby-sitters de ma fille sont les taupes.
Pour ses goûters d'anniversaire, elle se contentera de manger les pissenlits par la racine.
Quant aux produits de puériculture, elle n'a aucun besoin puisque son berceau - oh, pardon, son cercueil - doit à l'heure actuelle être en train de se décomposer, tout comme son corps.
Cordialement,
Annabelle

 

Là encore, je doute de recevoir une réaction un jour. Vous noterez que j'ai pourtant essayé d'adopter une entrée en matière constructive !

17 février 2015

Comme si de rien n'était (ou presque) - Bis

En attendant de trouver le temps et l'occasion de rédiger les différents billets que j'ai en tête, je voulais juste partager avec vous cette petite satisfaction : une semaine après la naissance de Hector, il ne me reste que 800 grammes sur les 10 kilos pris pendant la grossesse ! :-)

Mes enfants sont formidables : que ce soit Élise et Gaspard ou Hector, ils ont eu pitié de ma balance ! ;-)

25 novembre 2013

Bec et ongles... petit à petit

Chez le pédiatre, cet après-midi, une maman m'a demandé l'âge et le prénom de Gaspard, avant de me demander si j'avais d'autres enfants, question à laquelle j'ai répondu "non"... pour m'effondrer de culpabilité quelques secondes plus tard.

Pardonne-moi, Élise, de ne pas toujours savoir comment parler de toi...

 

Une ancienne voisine a appelé ce soir pour prendre de nos nouvelles depuis notre déménagement il y a un peu plus d'un mois. Dans la conversation, elle glisse "bon il y a eu un petit problème à la naissance." "Non, un gros problème."

Puis, après lui avoir expliqué en deux phrases ce qui s'est passé, je l'entends me dire "oh vous savez, ça aurait été dur si elle avait été là." "C'est dur aussi maintenant."

Et d'ajouter "C'est sûr, il vous faudra du temps pour oublier." "On n'oubliera jamais."

Là-dessus, Gaspard, que j'avais dans les bras, a eu la bonne idée de faire entendre sa voix, ce qui m'a permis de couper court à cette pénible conversation.

 

En quelques heures, j'ai commencé à apprendre à parler de toi, coûte que coûte. Une défaite pour une victoire.

28 septembre 2013

Comme si de rien n'était (ou presque)

Ayant séjourné près de 3 semaines à l'hôpital, je ne sais pas combien de kilos j'ai pris au total. Je sais juste que j'étais à +13 kg le 5 septembre.

Mais la bonne nouvelle du retour à la maison, c'est que j'ai déjà retrouvé mon poids d'avant grossesse ! Alors, entre l'allaitement et la reprise d'une activité "normale", j'ai hâte de voir ce que ça va donner d'ici quelques semaines !

7 juin 2015

La liste

  1. Retaper le lit de Hector trouvé sur Leboncoin
  2. Retaper la bibliothèque trouvée sur Leboncoin
  3. Installer un compost dans le jardin
  4. Rédiger le billet qui me tient à coeur depuis des mois sur les photographies que nous avons d'Élise
  5. Appliquer le protecteur de bois composite sur la terrasse
  6. Rédiger le bilan statistique annuel pour le deuxième anniversaire du blog
  7. Rédiger le bilan statistique occasionnel du blog
  8. Confectionner l'imagier de Gaspard
  9. Confectionner l'imagier de Hector
  10. Graver le deuxième CD de chansons d'Élise
  11. Confectionner le parolier d'Élise
  12. Répondre à tous les messages qui dorment depuis des jours, des semaines ou des mois dans mes boîtes-aux-lettres
  13. Demander le dossier médical complet d'Élise

Ça prend du temps, un bébé ! De toutes ces choses à faire, je n'ai pour l'instant pu m'occuper que du cinquième point.

6 novembre 2014

Perles

Après les perles du bac, les perles de mon directeur adoré !

Au détour d’une conversation pro (je vous épargne la proportion pro/perso sur seulement 3mn28 !), il me demande – pour la 3e fois en 6 semaines – si « je sais ce que c’est », rapport à l’alien que j’ai dans le bidon. Je lui réponds.
Il enchaîne « Et là vous avez déjà ? ».
« Vivant ? Un garçon ».
J’ai arrêté de me battre avec lui. De toutes façons, avant mon départ en congé mat’ dans 6 semaines, il m’aura reposé ces mêmes questions au moins 3 fois !

Lors de mon entretien individuel la semaine dernière, j’ai eu droit aux grandes phrases sur la vie qui nous change, nous fait grandir, etc.
« Surtout avec l’échec que vous avez connu ».
« Ma fille n’est pas un échec. »
« Oui, pardon, ce n’est pas ce que je voulais dire. »

Et aujourd’hui, au moment de signer mon rapport d’entretien : « Je suis désolé pour l’autre jour, il faut faire attention au poids des mots ».
En effet.
Ça ne l’a pas empêché pour autant, quelques phrases plus tard, alors qu’il me parlait de sa fille à la naissance, de me la décrire comme « toute petite et cadavérique ».
Tu veux qu’on fasse un concours de celui dont la fille ressemblait le plus à un cadavre ?!

(J'aurais bien rangé ce billet dans la catégorie "Y a des claques qui se perdent" mais je n'ai pas envie de trop polluer ce blog ! :-))

23 juin 2014

Psychiatre - Non-épisode 4

Lors du dernier rendez-vous avec la psychiatre, auquel mon mari a assisté, j'ai eu le sentiment de tourner en rond : rien de nouveau n'a été dit ni envisagé. C'est pourquoi je n'y ai pas consacré de billet spécifique, contrairement aux deux premiers.

Je crois que le discours de mon mari l'a rassurée. J'ai pourtant l'impression qu'il n'a fait que répéter ce que je lui avais déjà dit moi-même mais sans doute qu'une nouvelle fenêtre sur ma vie et mon état lui aura permis d'avoir plus de certitudes sur moi.
Elle est toutefois restée sur son idée de traitement, sans chercher à me l'imposer pour autant.

Nous étions convenues de nous revoir la semaine prochaine, elle et moi. Mais depuis deux semaines, j'ai compris que ces rendez-vous me font plus de mal que de bien, ne m'aident pas et auraient plutôt tendance à me faire replonger.

J'ai donc décidé d'une part de ne pas prendre de traitement anti-dépresseur, d'autre part de carrément arrêter de voir cette psychiatre. Je me contenterai de nos rendez-vous avec la psychologue.

Je viens de lui expliquer ma décision par téléphone.
Je me sens soulagée. Comme si mon deuil redevenait normal, comme si je reprenais un semblant de contrôle dessus.

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Tannabelle et ses grumeaux
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