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Tannabelle et ses grumeaux
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"Livre-lui tes pensées. Des pensées que tu ne dis pas, ce sont des pensées qui pèsent, qui s'incrustent, qui t'alourdissent, qui t'immobilisent, qui prennent la place des idées neuves et qui te pourrissent. Tu vas devenir une décharge à vieilles pensées qui puent si tu ne parles pas."
Oscar et la dame rose - Éric-Emmanuel Schmitt
   
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24 mai 2018

Le jour où...

Il n’y a rien à faire.
Tous les ans, c’est la même chose et cette année n’échappe pas à la règle.
Nous y sommes.
Nous sommes le 24 mai.

Pourtant, rien ne s’est réellement passé ce jour-là. Tout était déjà en marche avant. Depuis quand, nous ne le savons pas. Depuis le traitement en AMP, depuis la fécondation in vitro, depuis la formation de cet embryon, depuis sa réimplantation, depuis mes saignements en tout début de grossesse ? Tout était déjà en préparation, en latence.
Toute cette bulle de malheur et de désespoir a grossi, en secret, avec lâcheté, de façon insidieuse… jusqu’à éclater en ce jour de mai.

Elles s’étaient déjà invitées dans mon ventre à notre insu, mais c’est ce jour-là que la maladie, les malformations, la mort ont fait une entrée fracassante dans notre vie.

Le vendredi 24 mai 2013.
Le jour où tout a basculé.
Le jour où nous avons atteint un point de non-retour.
Le jour qui marque la frontière entre l’avant et l’après.
Ce jour-là, nous avons su.
La macabre machination destinée à nous faire choisir était enclenchée.
Cette boîte de Pandore qu’on ne pouvait plus refermer.
Cet engrenage infernal qu’on ne pouvait plus arrêter.

Neuropédiatrie

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21 novembre 2017

Si t'étais là

En ce moment, cette chanson de Louane passe en boucle à la radio et dans ma tête :

Et pour cause, les paroles sont plus qu'évocatrices... :

Parfois je pense à toi, dans les voitures
Le pire, c'est les voyages, c'est d'aventure
Une chanson fait revivre, un souvenir
Les questions sans réponse ça c'est le pire

Est-ce que tu m'entends ? Est-ce que tu me vois ?
Qu'est-ce que tu dirais, toi, si t'étais là ?
Est-ce que ce sont des signes que tu m'envoies ?
Qu'est-ce que tu ferais, toi, si t'étais là ?

Je m'raconte des histoires pour m'endormir
Pour endormir ma peine et pour sourire
J'ai des conversations imaginaires
Avec des gens qui ne sont pas sur la terre

Est-ce que tu m'entends ? Est-ce que tu me vois ?
Qu'est-ce que tu dirais, toi, si t'étais là ?
Est-ce que ce sont des signes que tu m'envoies ?
Qu'est-ce que tu ferais, toi, si t'étais là ?

J'm'en fous si on a peur que j'tienne pas le coup
Je sais qu't'es là, pas loin, même si c'est fou
Les fous c'est fait pour faire fondre les armures
Pour faire pleurer les gens dans les voitures

Est-ce que tu m'entends ? Est-ce que tu me vois ?
Qu'est-ce que tu dirais, toi, si t'étais là ?
Est-ce que ce sont des signes que tu m'envoies ?
Qu'est-ce que tu ferais, toi, si t'étais là ?

Il y a quelque temps déjà, Hector, en entendant cette phrase "C'est fait (...) pour faire pleurer les gens dans les voitures", avait réagi :
"C'est pas bien de faire pleurer les gens"
Oui, tu as raison Chaton, mais parfois, ce n'est pas intentionnel tu sais.

Ce matin, je la fredonnais (encore !) en chaussant Gaspard et Hector, sans autre commentaire, lorsque Gaspard a donné sa propre réponse, en comprenant de lui-même le lien qu'il y a avec Élise :
"Si Élise était là, elle dirait des bêtises et elle nous ferait des câlins"

Mon coeur de maman cabossé s'est fendu... d'un sourire.

Louane Si t'étais là

18 septembre 2016

3 (s)ans

Combien sommes-nous à savoir, au-delà de l’idée intime de la finitude de l’être humain, que notre enfant va mourir ? Cette idée qui plane au-dessus de notre tête et de nos jours de fête…

Combien sommes-nous à préparer la mort de notre enfant ?
Combien sommes-nous à savoir comment notre enfant va mourir ?
Combien sommes-nous à savoir pourquoi notre enfant va mourir ?
Combien sommes-nous à savoir de quoi notre enfant va mourir ?
Combien sommes-nous à savoir par qui notre enfant va mourir ?
Combien sommes-nous à savoir à cause de qui notre enfant va mourir ?
Combien sommes-nous à décider que notre enfant va mourir ?

Combien sommes-nous à être le spectateur de la mort de notre enfant ?
Combien sommes-nous à être – pire encore – le théâtre de la mort de notre enfant ?
Combien sommes-nous à en être le metteur en scène ?
Combien sommes-nous à en être le souffleur ?

Je ne sais même pas pourquoi je m’attarde sur ce « combien », car en réalité je me fiche de connaître ce nombre : il est trop grand, puisqu’il est. ll est trop grand, puisque j'en fais partie.

 

Je t’ai pris la vie
Tu as rendu l’âme
Mais je ne sais pas à qui

Larme

4 septembre 2016

Pas celle que vous croyez

Vendredi matin, Gaspard a fait sa première rentrée scolaire. À part quelques pleurs au moment où nous avons quitté la classe, tout s'est bien passé. De toutes façons, je n'étais pas spécialement inquiète : il ne parle que de l'école depuis des semaines, il est propre (même la nuit, je n'en demandais pas tant !), il retrouve quelques camarades de la crèche dans son école et même dans sa classe. Bref, je n'avais vraiment aucune raison de pleurer pour la rentrée de Gaspard.

Sauf que, alors que nous passions quelques minutes avec Gaspard (et Hector, venu accompagner son grand frère et qui s'est encore plus vite acclimaté à la classe !) le temps que son instit' accueille les autres enfants, je me suis effondrée, au vu et au su de tous les autres parents... Et cette situation m'a rappelé le credo de ma copine Hélène : ne jamais préjuger, ne jamais présumer ! J'ai dû passer pour une mère poule incapable de couper le cordon ou désespérée de voir son fils grandir trop vite. Et pourtant, ce n'était pas pour la rentrée de Gaspard que mes larmes ont coulé à flots, mais bien pour la non-rentrée d'Élise...

Alors ne présumez jamais, ne préjugez jamais, restez ouverts d'esprit. C'est ce que je m'efforce de faire aussi depuis un moment...

Neuropédiatrie

8 septembre 2015

Retour au travail (bis)

J'ai repris le travail il y a deux semaines et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça été - c'est - compliqué. Non pas de reprendre le travail en soi - c’était nécessaire, pour plusieurs raisons - mais de laisser Hector. J'ai comme un sentiment d'abandon.

  • Je suis restée un an non-stop avec Gaspard.
  • J’ai repris le travail après son adaptation, nous avons donc pu nous séparer en douceur ; j’ai en quelque sorte moi aussi fait mon adaptation.
  • C’est moi qui ai fait son adaptation à la crèche, qui l’ai accompagné dans ce nouveau monde.

 

  • Je n’ai passé « que » 6,5 mois avec Hector. Certes, c’est déjà une chance par rapport à tous ces bébés qui atterrissent chez la nounou ou à la crèche dès leurs 2,5 mois mais pour moi, c’était encore trop tôt, surtout qu'on a eu du mal à démarrer.
  • J’ai repris le travail avant son adaptation. Au cours des quelques jours qui ont précédé ma reprise, nous avons profité des congés de mon mari pour amorcer la transition : il s’est au fil des jours de plus en plus occupé de Hector la journée pour que je me « détache » de lui, pour qu’il se « détache » de moi et « s’attache » à son papa. Malgré cela, pendant ces quelques jours, nous étions ensemble quasiment en permanence et nous avons été séparés du jour au lendemain lorsque j'ai repris le travail.
  • Ce n’est pas moi qui fais son adaptation à la crèche, qui l’accompagne dans ce nouveau monde.

 

Ce sentiment n’a rien à voir avec son papa, je sais qu’il est bien avec lui, qu'ils sont bien ensemble. Il n’est pas question de mon mari ou de confiance, mais de moi. Il n’est pas question de  savoir à qui je l’ai laissé mais du fait que je l’aie laissé.

D'ailleurs, rien que pour ce qui va suivre, je me réjouis que mon mari accompagne Hector dans cette étape : mon mari m’a dit à plusieurs reprises qu’en passant autant de temps avec Hector, en tête-à-tête qui plus est, il avait l’impression de le découvrir vraiment. La première fois qu'il m'a fait cette confidence, ça m’a fait comme une bouffée d’amour et de bonheur dans le cœur ! Je suis heureuse que mon mari ait cette chance-là, celle de passer du temps avec ses fils.

 

Ça, c’est pour la séparation. Il y a aussi les retrouvailles...

 

Le premier soir où j’ai retrouvé Gaspard et Hector après le travail, j’étais impatiente et heureuse. Et en même temps, mon cœur s’est serré. J’avais quitté Gaspard et Hector en sachant que je les retrouverais. Élise, je l’ai quittée en sachant que je ne la retrouverais pas. En rentrant ce soir-là, j’ai retrouvé deux de mes enfants. Je n’ai retrouvé que deux de mes enfants.

Pour être honnête, je devrais dire que j’ai quitté Élise sans savoir si je la retrouverais un jour. J’ai envie de croire qu’un jour je la rejoindrai là où elle est partie avant moi mais qui peut me l’assurer ? Cela fait partie de ces croyances auxquelles on se raccroche plus par nécessité que par conviction...

Réflexion

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2 avril 2014

2+1=4

Continuons sur la lancée d'hier avec ce nouveau billet en forme de petite joie.

Aujourd'hui avait lieu la distribution annuelle des sacs pour les poubelles individuelles et les déchets végétaux des habitants de ma commune. Je me suis donc rendue à la mairie pour y récupérer notre lot. Lorsque l'employé de mairie m'a demandé le nombre de personnes vivant au foyer, le nombre de sacs en dépendant, j'ai répondu, puisque je ne savais pas si les enfants et les adultes donnaient droit aux mêmes quantités : "deux adultes et un enfant".

Il a résumé : "donc quatre".

Je l'ai gentiment corrigé avec un immense sourire qu'il n'a pas dû comprendre.
Peu importe.
Le sourire était là.
Élise venait de me faire un clin d'œil.

take-a-smile

17 avril 2014

2 - 7 - 29 - 35

Cela faisait déjà un moment que le moral n'allait pas si mal, ça ne pouvait pas durer éternellement !

Depuis quelques jours, ça ne va plus. Plus du tout, même. Des "évènements" qui s'accumulent, des dates qui approchent inexorablement.

Je suis une fille, je tiens un blog de fille, je peux donc parler de trucs de filles : mes règles sont revenues hier. C'est la première fois depuis mon retour de couches le 9 mars et pour moi, en plus de l'effet des hormones sur mes glandes lacrymales, ça veut dire plusieurs choses :

  • nos tentatives de conception naturelle ont échoué (oui, nous croyons malgré tout à une nouvelle grossesse sans passer par la case CHU - on nous a tellement rabâché que tout était possible après une FIV) ;
  • mes règles, qui portent si mal leur nom, ne sont pas devenues régulières malgré la grossesse (oui, je nourrissais cet espoir secret) ;
  • puisqu'elles ne sont pas régulières, ça va être compliqué de cibler le moment pour maximimer nos chances de conception naturelle.

À côté de ça, il y a les sept mois des grumeaux qui approchent.
Sept mois demain qu'Élise est morte. Et elle est toujours aussi morte.
Sept mois après-demain qu'Élise et Gaspard sont nés. Et Élise est toujours aussi absente.

Et puis il y a mon anniversaire la semaine prochaine et celui de mon homme le mois prochain.
Impossible de ne pas repenser à ces mêmes dates en 2013. Elles étaient tombées pile dans la "bonne période" de la grossesse, entre la presque-fin des problèmes du début et ce jour maudit où tout a commencé à basculer, lentement mais sûrement. Tout allait encore bien. On les avait fêtés le cœur léger, en pensant que l'année suivante, on les fêterait à quatre.
Et maintenant nous sommes "l'année suivante" et nous ne sommes pas quatre.

Et comme souvent dans les moments où ça ne va pas, j'ai mon côté maso qui ressort. Alors j'ai décidé de faire notre déclaration de revenus en ligne.
Je sais bien que cela signifie déclarer Élise et Gaspard pour 2013 tout en sachant qu'Élise ne sera plus là pour 2014. Mais c'est toujours différent de le savoir et de le voir. Comme ce "2" si provisoire, si éphémère me fait mal au cœur...

Foyer fiscal

15 octobre 2014

Newsletter Petite Émilie d'octobre 2014

Logo Petite Émilie

En mai dernier, l'association Petite Émilie, dont je suis adhérente, m'a contactée car ils envisageaient de parler du deuil périnatal dans le cas d'une grossesse gémellaire dans leur newsletter de juillet. J'ai immédiatement accepté, trop heureuse de pouvoir parler de ce sujet qui me tient à cœur. La publication de cet article a finalement été repoussée à octobre, en raison d'une actualité estivale importante pour Petite Émilie : en juin, l'OCIRP (un organisme mutualiste/prévoyance) a en effet décidé de soutenir financièrement l'action de l'association. Le chèque de l'OCIRP, remis lors d'une soirée organisée fin juin, va permettre de financer la réédition du livret de l'association pour continuer à sensibiliser les professionnels. Petite Émilie a alors décidé de consacrer sa newsletter de juillet à cet évènement important et de laisser au deuil périnatal d'un jumeau toute la place qu'il mérite dans la newsletter suivante.

Je me suis donc attelée à la rédaction de l'article en septembre, juste après l'anniversaire d'Élise et Gaspard, pour qu'il puisse être pris en compte pour la newsletter d'octobre. Il ne m'a pas été facile de structurer les choses tant j'avais à dire sur le sujet !
Comme je savais qu'une autre maman, ayant elle perdu l'une de ses jumelles d'une mort fœtale in utero, devait également témoigner, j'ai essayé de distinguer deux aspects de notre histoire : d'une part le deuil périnatal d'un jumeau, d'autre part l'interruption sélective de grossesse.
J'ai par ailleurs essayé de me concentrer sur les particularités de la perte d'un multiple, par contraste avec la perte d'un singleton.

La newsletter d'octobre de Petite Émilie est disponible sur leur site et je me permets de la proposer également en téléchargement direct ici.

  • En première page, l'edito, dont voici un extrait : Ce trimestre, suite à plusieurs demandes d'adhérents, nous vous proposons les très beaux articles d'Elodie et Annabelle. Toutes deux ont accepté de partager avec nous ce deuil si particulier qu'est la perte d'un jumeau. C'est avec beaucoup de finesse et d'émotion qu'elles nous racontent leurs histoires, l'ambivalence de leurs sentiments, pris entre l'enfant qui n'est plus et celui qui est là...
  • En page 4, le témoignage d'Élodie.
  • En page 8, mon témoignage.

Mise à jour communiquée par l'équipe de l'association le 25/10/2014 : L’article sur « La perte d’un jumeau » dans la lettre d’information n°35 a intégré sans le signaler des extraits du livre « L’un sans l’autre, témoignages et réflexions autour du deuil périnatal d'un jumeau », publié en novembre 2008 sous le nom d'auteur "Nathalie Z".
Toute l’équipe de Petite Emilie présente ses excuses à ses lecteurs ainsi qu'à l'auteure de ce livre, et vous propose la lettre d’information dans sa version corrigée.
No comment...

C'est curieux : il y a un an jour pour jour, le 15 octobre 2013, pour la journée internationale du deuil périnatal, je me contentais de vous renvoyer vers une certaine section du site de Petite Émilie. Un an plus tard, en ce 15 octobre 2014, je suis en quelque sorte "de l'autre côté de la barrière" en témoignant dans leur newsletter parue aujourd'hui même.

5 août 2014

Non mais franchement !

Puisque je suis lancée sur l'administration française, autant continuer... avec la Caisse d'allocations familiales, cette fois-ci !

CAF

Début avril, pour 30 jours de congé maternité et 1 jour de congé parental en mars, j'avais touché quasiment un mois de salaire complet (déduction faite du 31 mars, donc)... ainsi qu'un mois de CLCA complet (= complément de libre choix d'activité, l'indemnité que l'on touche quand on prend un congé parental) de la part de la CAF !
Dans la foulée du versement de cette indemnité, j'avais même envoyé un mail à la CAF pour m'assurer que ce n'était pas une erreur et qu'on ne me réclamerait pas le trop-perçu plus tard - ce qu'on m'a confirmé, le plus naturellement du monde...

Aujourd'hui, en ce début du mois d'août, pour 15 jours de congé parental puis 16 jours de congés payés en juillet, je vous le donne en mille : j'ai touché un mois de CLCA complet !
Bon, j'ai aussi touché un mois de salaire complet au lieu d'une bonne moitié mais, pour le coup, ce doit être une erreur ! ^^

En avril comme aujourd'hui, je m'attendais à toucher un CLCA proportionnel au nombre de jours de congé parental dans le mois précédent. Alors, évidemment, je ne crache pas sur cette petite rentrée d'argent inattendue mais je ne trouve vraiment pas ça logique ! Je ne sais pas combien de milliers d'euros on pourrait économiser avec des versements au pro rata mais ce serait toujours ça, non ?!

Du coup, vous l'avez compris : si vous le pouvez et si votre salaire est supérieur au CLCA (ce que je vous souhaite !), vous avez intérêt à démarrer votre congé parental le plus tard possible dans le mois et à l'arrêter le plus tôt possible !

11 août 2014

Manu dans les arbres ou les sirènes tranquilles

Audio

Cela doit faire des semaines, voire des mois, que la chanson Sirens call de Cats on trees est sortie mais comme je suis branchée soit sur Europe 1, soit sur Nostalgie*, j'ai un peu de retard question "nouveautés pop-rock" !

*Et dire que, plus jeune, je me moquais de mon père qui écoutait "la radio des morts". Pourtant, à l'époque, il avait quelques années de plus que l'âge que j'ai aujourd'hui ! ^^

Mais pendant les vacances, j'ai eu l'occasion de l'entendre plusieurs fois et ainsi de remarquer une troublante similitude entre l'intro et le début de la chanson Sois tranquille d'Emmanuel Moire. Juste quelques notes de piano, qui me transportent bientôt 11 mois en arrière...
Depuis, impossible d'entendre Cats on trees - que ce soit celle-ci ou une autre - sans penser à Emmanuel Moire donc à Élise...

Si vous voulez vérifier :

Sirens call de Cats on trees

Sois tranquille d'Emmanuel Moire

19 juin 2014

Le jour et la nuit

Après les derniers billets un peu plombants, place à un billet plus léger ! Du plombant, du léger : c'est comme ça que je reste les pieds sur terre et la tête dans les étoiles ! ^^

Je suis fière de vous annoncer que Gaspard utilise désormais 100% de couches lavables, le jour comme la nuit !
Idem pour les lingettes : des lavables colorées pour les fesses et des lavables beiges pour le visage, histoire de limiter les risques d'inversion (dans un sens, ça passe ; dans l'autre c'est moyen ! ;-))
Résultat : les produits jetables pour Gaspard se limitent donc désormais aux coton-tiges pour les narines et les oreilles (je n'utilise pas le même pour ces deux endroits, rassurez-vous !) et à quelques couches en dépannage en cas de retard de lessive notamment.

Quelles couches lavables ?

Cela fait déjà quelques mois que le tout lavable a été mis en place la journée ; pour la nuit, c'est un peu plus récent mais tout aussi concluant et le système est le même.

Il existe de nombreux systèmes de couches lavables et j'avoue que je suis loin d'être une experte. Au moment de me lancer, je n'ai pas écouté LE conseil que j'ai retrouvé partout : louer plusieurs systèmes et modèles avant d'investir dans celui qui convient.
J'ai trouvé un site qui m'a inspiré confiance (http://www.lulu-nature.com) et j'ai choisi le système qui m'a le plus convaincue : couche + culotte de protection (également appelée surcouche).

Couche de jour                                   Couches de nuit                                       Surcouche
Couche diurne Couche nocturne Culotte de protection

Je parlais déjà de couches lavables avant de tomber enceinte ; je pense que j'aurais donc tenté l'expérience même avec un congé maternité pour un seul bébé et même sans congé parental. Mais ces quelques mois entre l'arrivée des grumeaux et ma reprise du travail prévue pour septembre m'ont donné le privilège de pouvoir prendre mon temps pour passer du jetable au lavable.
J'ai donc eu tout le loisir d'attendre avec patience et abnégation que les couches lavables atteignent leur capacité maximale d'absorption après une dizaine de lavages en machine.

Et le porte-monnaie, il va comment ?

Bien, merci - même si la fin du congé parental mi-juillet et donc le retour à une rémunération (et non plus une indemnisation) seront les bienvenus :-)
Trêve de plaisanterie, l'un des arguments en faveur des couches lavables est que leur coût de revient - des premiers mois à la propreté, et lessives incluses - est inférieur à celui des couches jetables. J'ajouterai un seul bémol : la facture finale est certes moins douloureuse avec les couches lavables mais il faut tout de même avoir les moyens d'investir d'un coup ou presque. A titre d'exemple, le jeu complet de Gaspard a coûté autour des 700€ (couches, surcouches, sacs à couches pour les sorties, seau à couches).

En résumé, le choix du système de couches, c'est comme l'achat d'une maison : les jetables, c'est un crédit à la banque (en l'occurrence, c'est surtout la planète qui paie sans jamais être remboursée, à mon avis) et les lavables, c'est un achat comptant. Pour la maison, on a dû demander au banquier ; pour les couches, on a pu investir tout de suite.

Et les lessives, justement ?

Cette première étape passée, il m'a fallu trouver, après quelques tâtonnements, le mode de fonctionnement idéal pour les lessives. Au début, je lavais les couches et les culottes de protection ensemble. J'essayais toujours d'anticiper un peu pour avoir au moins un ou deux jeux d'avance pendant le lavage/rinçage/essorage/séchage mais je me retrouvais vite coincée. J'ai donc trouvé trois parades qui m'ont donné toute satisfaction :

  • investir dans quelques couches et culottes supplémentaires pour avoir plus de latitude dans les tournées de linge (au final, mon stock se compose de 18 couches, 9 culottes petite taille et 9 culottes grande taille pour plus tard - de mémoire, c'est la quantité souvent recommandée sur les différents sites et forums),
  • laver les couches séparément du reste du linge de Gaspard avec lequel je lave désormais également les culottes,
  • quand c'est possible, réutiliser les culottes une fois avant de les laver en alternant avec une propre un change sur deux : Gaspard a sur les fesses une couche propre à chaque fois et une culotte propre une fois sur deux en moyenne, le temps que la culotte déjà utilisée une fois s'aère.

Depuis que j'ai adopté ce système, ça tourne et les ruptures de couches ou culottes propres sont rares. Evidemment, les couches lavables impliquent quelques lessives supplémentaires mais elles se limitent à trois par semaine, maximum. Vraiment pas la mer à boire quand on est convaincu de leurs bénéfices !

Et ce qui est top, c'est que le papa joue le jeu sans rechigner ! :-)

Et la nuit, alors ?

La première nuit où tu tentes la couche lavable, je te conseille vivement de ne négliger aucun détail. Sinon, voici ce qui risque de t'arriver :

1. te lever à 2h du matin, la tête pas franchement à sa place,
2. te rabattre sur une couche jetable parce que :

  • tu n'as pas encore compris ta boulette,
  • tu te dis bêtement (soyez indulgent : rappelez-vous qu'il est 2h du matin !) que la production nocturne de la vessie de ton enfant est tout simplement supérieure à la capacité d'absorption de la couche en question,
  • tu n'as pas envie de te lever trois heures plus tard pour le changer à nouveau.

3. lui mettre un body, un pyjama et une gigoteuse propres,
4. te rendormir,
5. te réveiller en te disant que c'est bien dommage d'avoir investi dans des couches lavables "spécial nuit" si ton bébé est un gros pisseur,
6. mettre trois semaines à te laisser séduire par l'idée de retenter l'expérience nocturne, de peur de casser ses loooooongues nuits de 14 heures (et ton sommeil à toi aussi - sans parler de celui de ton mari qui bosse, lui),
7. vérifier sur le site où tu as acheté les couches que tu as bien respecté toutes les précautions d'usage,
8. te rendre compte que tu as bien lavé les couches plusieurs fois avant d'y glisser ton bébé afin qu'elles atteignent plus rapidement leur capacité maximale d'absorption,
9. mais surtout te rendre compte que tu as juste oublié la culotte de protection entre la couche et le body.

 

Lessive de couches
Quand je ne sais pas quoi faire de Gaspard, je l'installe devant
une tournée de couches et je suis tranquille pour deux heures !
;-)

Et pour ceux qui se poseraient la question, les couches lavables auraient été adoptées même si Élise avait été là.

16 janvier 2014

Over the rainbow (Derrière l'arc-en-ciel) - Eddy Mitchell et Melody Gardot

Audio

Paroles d'une chanson aussi célèbre que reprise et dont la version (bilingue) Melody Gardot/Eddy Mitchell est celle qui me touche le plus...

Soudain, derrière l'arc-en-ciel
Tu es là
La pluie se mêle au soleil
Et j'ai le cœur qui bat

Ailleurs, derrière l'arc-en-ciel
Le ciel est bleu
Les rêves que l'on fait pour deux
Promettent des jours heureux

Un jour je suivrai ton étoile
Et j'atteindrai plus haut que moi
L'idéal
Dans ce pays plus haut que tout
Le soleil est au rendez-vous
Un eden fait pour nous

4 août 2013

Mon blog n'est pas une tribune

Mon blog a atterri cette nuit sous les yeux de personnes luttant contre l'avortement.

Depuis, j'ai reçu, sur ce billet, un commentaire condamnant et jugeant ouvertement la décision que nous avons prise pour notre fille (voir sous le billet) - commentaire que j'ai décidé de publier, étant hostile à la censure, et auquel j'ai moi-même répondu sous forme de commentaire.

Depuis, j'ai également constaté dans les statistiques de mon blog une augmentation aussi soudaine qu'inhabituelle du nombre de nouveaux visiteurs, qui ont, qui plus est, atterri sur mon blog depuis Facebook. N'ayant fait aucune publicité pour mon blog sur Facebook, sauf auprès de personnes que je connais réellement et via des messages privés, je me suis demandé si ces personnes n'avaient pas diffusé l'adresse de mon blog au sein de leur communauté anti-avortement. Un autre commentaire nettement plus humain a confirmé mes doutes.

Je ne peux rien faire contre cela : je ne veux entrer en guerre avec personne - j'ai d'autres choses en tête en ce moment - et ces personnes n'ont rien fait d'illégal en diffusant l'adresse d'un site public.
Lorsque j'ai créé ce blog, je ne m'attendais pas à vivre l'épreuve qui nous est infligée.
Lorsque j'ai décidé de parler de cette épreuve sur mon blog, aussi bien à travers les étapes purement médicales qu'à travers mon ressenti et le cheminement psychologique de mon mari et moi-même, je ne m'attendais pas à être jetée en pâture à des militants, quels qu'ils soient, ni à servir d'exemple ou de contre-exemple à une cause, quelle qu'elle soit.

Je tiens simplement à rappeler ou à préciser (puisque certains ne semblent pas l'avoir compris d'eux-mêmes) que mon blog n'est pas une tribune. Ce blog n'est qu'un journal, où je raconte ce que je vis, sans prendre parti, sans juger, sans inciter, sans polémiquer, sans faire de politique ou de propagande. Je poste beaucoup de liens, de vidéos, de documents relatifs à l'interruption médicale de grossesse et au deuil périnatal pour comprendre et faire comprendre ce que nous vivons, sans autre intention ou arrière-pensée.

À l'inverse, mon blog ne doit pas servir de support de prosélytisme ou de lieu de propagande à quelque cause que ce soit. Je ne fais de mon blog ni un forum ni un lieu de débat et je ne vois pas pourquoi certains s'arrogeraient un tel droit à ma place. Aussi public soit-il, ce blog reste mon blog, avec la visée et le ton que je veux lui donner. Que ceux qui souhaitent débattre ou défendre leurs idées, quelles qu'elles soient, aillent le faire ailleurs.

Journal

3 septembre 2013

RDV avec le Pr Verspyck - Beaucoup de réponses

S'il n'a pas pu répondre à l'intégralité de nos questions - certains facteurs étant encore soumis à une évolution impossible à maîtriser ou à prévoir, le Pr Verspyck a aujourd'hui pu éclaircir dans une certaine mesure la situation que nous allons vivre dans les prochaines semaines.

Il n'est pour l'instant pas possible de prévoir précisément la date de l'ISG. Dans la mesure où le dernier examen obstétrical (réalisé - heureux concours de circonstances - quatre heures avant notre entretien avec le Pr Verspyck) est rassurant (pas de menace d'accouchement prématuré), le Pr Verspyck préfère temporiser au maximum dans l'intérêt de Gaspard. S'il avait évoqué au départ une ISG à partir de 34 SA, compte tenu de mon état physique, toute semaine ou même journée de plus au chaud est bonne à prendre pour le p'tit loup !
Le Pr Verspyck a donc proposé de m'hospitaliser dans une quinzaine de jours pour faire un point à la fois médical (examen clinique, bilan sanguin de référence, échographie) et psychologique. Ma sortie dépendra des résultats de ce bilan : s'ils jugent préférable de me garder pour une raison ou une autre (indication médicale de pratiquer l'ISG rapidement, fragilité psychologique), il se pourrait que je reste hospitalisée jusqu'à l'accouchement.
Si nous avons bien compris, je serai de toutes façons hospitalisée à compter de l'ISG, d'une part pour que Gaspard et moi soyons sous surveillance - cette intervention n'étant pas anodine sur le plan médical non plus, d'autre part parce que mon mari (et moi aussi, je dois bien l'admettre) ne souhaite pas que je reste seule à cogiter toute la journée avec Élise morte et Gaspard vivant dans mon ventre pendant qu'il sera au travail.

Le cerveau d'Élise sera peut-être un peu drainé lors de l'ISG. Ce sera probablement confirmé lors de la prochaine échographie que réalisera le Pr Verspyck.

Du prochain bilan dépendra peut-être aussi la décision de programmer et déclencher l'accouchement.

Le rendez-vous du 13 septembre avec l'anesthésiste tombe finalement à point nommé.

Il est encore trop tôt pour savoir si l'accouchement se fera par voie basse ou par césarienne ; les voies naturelles ne semblent pas encore exclues.
En cas d'accouchement par voie basse, mon mari pourra rester avec moi en salle d'accouchement.
En cas de césarienne, il n'est pas impossible qu'il puisse rester avec moi, compte tenu du contexte particulier. Bien sûr, en cas de complications (souffrance fœtale ou ralentissement du rythme cardiaque chez Gaspard ou urgence médicale pour moi par exemple), moins il y aura de monde dans le bloc opératoire, mieux ce sera et nous le comprenons parfaitement.

Le Pr Verspyck nous a confirmé que nous pourrions voir Élise entre l'accouchement et l'autopsie et que nous pourrions choisir l'accueil que nous voulons lui faire : passer quelques minutes ou plusieurs heures avec elle, simplement la regarder ou la toucher et la prendre dans nos bras, la voir seule ou avec son frère, prendre des photos, prendre ses empreintes.

A priori, les premiers prélèvements pour l'autopsie seront réalisés dès le lendemain de l'accouchement et ne dureront que quelques jours au plus.
Après l'autopsie, nous pourrons la revoir, elle sera "visible" ; le Pr Verspyck nous a confirmé qu'elle ne serait pas "un bébé en mille morceaux".

Si nous avons bien compris, Élise ne restera pas très longtemps à la morgue, ce qui veut dire que, si Gaspard doit séjourner en néonatalogie, nous ne pourrons pas l'emmener avec nous à l'enterrement de sa soeur. Nous ne tenons pas spécialement à ce qu'il y "assiste", nous souhaiterions simplement pouvoir passer quelques jours dans la maison de vacances de mes parents après l'enterrement pour souffler un peu mais, si Gaspard est encore à l'hôpital, il sera inenvisageable que nous restions ne serait-ce qu'une nuit loin de lui.

24 février 2013

Les montagnes russes - Episode 1

Après quelques pertes marron considérées comme normales par l'équipe de PMA qui me suit et par toutes les références que j'ai pu consultées sur Internet, j'ai eu des pertes rouges très abondantes, autant que mes règles, et aucun des sites (que je consulte parmi les plus sérieux, j'espère) n'est rassurant sur leur origine et leurs conséquences... La journée se poursuit entre pleurs et angoisse de la fausse couche, loin de Marc Lavoine, au concert duquel je devais assister à l'Olympia avec ma mère.

Nous ne sommes pas du genre à nous précipiter aux urgences au moindre bobo alors j'attends demain matin pour appeler la PMA.

Montagnes russes

25 février 2013

Les montagnes russes - Episode 2

Je me rends à mon travail quand même et appelle la PMA, juste avant de m'installer à mon poste. La sage-femme que j'ai au téléphone ne cache pas sa crainte sérieuse de la fausse couche et m'oriente vers les urgences gynécologiques du CHU, où nous sommes suivis en temps normal, pour s'assurer que j'ai bien tout évacué...

Mon mari me rejoint sur place, l'interne qui m'examine nous apprend ce qui pourrait être une bonne nouvelle sans pouvoir écarter la mauvaise nouvelle tant redoutée. Alors qu'elle voit deux poches embryonnaires, ce qui veut dire qu'il s'agi(rai)t de jumeaux, et qu'elle nous confirme la présence du premier embryon, sans pouvoir affirmer s'il est toujours vivant, la grossesse est encore trop peu avancée pour qu'elle puisse confirmer la présence du deuxième embryon. Elle voit également un hématome d'environ 5 cm, qui pourrait être à l'origine des saignements, mais ne peut exclure définitivement la fausse couche...

Par précaution, le seul remède contre l'hématome étant le repos, on m'arrête jusqu'à la fin de semaine prochaine... précisément pendant les congés de ma responsable (nous ne sommes que 2 dans mon service). Après un passage éclair au bureau pour assurer, tant bien que mal, la passation d'informations à une autre collègue en attendant le retour de ma responsable, je rentre chez moi, le coeur partagé entre espoir et angoisse, dans l'attente de la prochaine échographie prévue lundi prochain pour laisser le temps à la grossesse d'évoluer un peu - si grossesse il y a toujours - et ainsi donner des images plus fiables.

Montagnes russes

21 novembre 2014

Allô Rufo - Teaser

Il y a quelques mois - en début d'année, je crois - j'avais envoyé une question à l'émission Allô Rufo, diffusée sur France 5, concernant notre histoire. Jusqu'à présent, les différentes réponses que je reçois d'ici et d'ailleurs correspondent entre elles mais je préfère multiplier les avis pour arriver peut-être à une synthèse.

Allô Rufo

Contre toute attente, j'ai été contactée en juillet par l'équipe de l'émission pour savoir si ma question était toujours d'actualité, ce que j'ai confirmé. Ma question a été retenue pour une émission dont le tournage était prévu début octobre. On m'a alors proposé de me rendre sur le plateau pour poser ma question face à Marcel Rufo ou de la lui poser par téléphone. Comme le tournage tombait quelques jours après ma reprise du travail, je ne me voyais pas poser une journée si tôt, surtout que je ne voulais pas expliquer à ma chef et mon directeur le pourquoi de cette absence. Alors, même si j'aurais été curieuse de découvrir l'envers du décor, j'ai préféré intervenir par téléphone.
En plus, comme j'avais dès le début l'idée de partager cette courte expérience sur le blog, cela m'arrange que seule ma voix, et non mon visage, soit diffusée !

On m'a effectivement rappelée le jour convenu, début octobre, pendant le tournage de l'émission et j'ai pu poser ma question à Marcel Rufo. Comme je m'y attendais, l'échange a été bref mais sa réponse rejoint la plupart de celles que l'on m'a déjà faites.

Vous pourrez normalement entendre ma question et la réponse du pédopsychiatre vendredi prochain, le 28 novembre, à 10h00 sur France 5.
Sauf problème technique, je publierai cette émission sur le blog dans les jours qui suivront.

2 mai 2014

Coquillages

Et voilà, nous avons trouvé le vase qu'il fallait pour rassembler et poser sur sa tombe les cailloux et coquillages que nous avons ramassés pour Élise, avec un couvercle pour éviter que l'eau et les saletés ne s'y accumulent, du sable de la commune où elle est enterrée et des gravillons aux couleurs des grumeaux.

Vase  Tombe

Élise  Plaque et vase

31 octobre 2013

Demain, dès l'aube

Ce n'est pas parce que c'est la Toussaint mais parce que ce week-end est notre première occasion de retourner sur la tombe d'Élise depuis son enterrement, chez nous, à 150 km de là où nous vivons.

 

Demain, dès l'aube

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo

Demain, dès l'aube

8 octobre 2015

Golden Blog Awards 2015

Comme l'an dernier, j'ai inscrit mon blog à un concours de blogs : les Golden Blog Awards.
Pour connaître la mécanique du concours et mes motivations, je vous invite à lire le billet de l'an dernier.

GBA

Pour voter, deux façons :

  • directement via le bouton de vote sur la droite du blog,
  • sur le site des GBA.

Vous pouvez voter une fois par jour, tous les jours jusqu'au 26 octobre !

Alors je compte sur vous ! :-)

15 septembre 2015

Différente ?

Une petite fille.
Une mère.

Une autre petite fille.
Une autre mère.

Cette petite fille. Qui est lourdement handicapée. Qui ne peut ni parler ni marcher.
Cette mère. Qui tue sa fille.

Cette autre petite fille. Qui sera lourdement handicapée. Qui ne pourra ni parler ni marcher.
Cette autre mère. Qui tue sa fille.

Cette mère. Qui risque la réclusion criminelle à perpétuité.
Cette autre mère. Qui vit en toute impunité - si ce n'est les démons qui me rongent.

Quelle différence ?!

Réflexion

26 mars 2015

Il y a ceux

Ce billet traînait dans les tiroirs du blog depuis un moment mais ce sont deux "évènements" récents qui m'ont décidée à le publier : d'abord la publication d'un billet similaire sur le blog d'un papa endeuillé, ensuite la visite d'amis qui se reconnaîtront un peu plus bas.

 

Il y a ceux qui ne comprennent pas parce qu'ils ne peuvent pas, parce qu'ils ne veulent pas.
Il y a ceux qui n'en parlent pas, parce qu'ils ne savent pas quoi dire.

 

Et puis il y a tous les autres...

Ceux qui sont là.

Ceux qui nous écoutent.
Ceux qui nous entendent.

Ceux qui nous lisent.
Ceux qui nous écrivent.
Ceux qui nous appellent.

Ceux qui nous posent des questions.
Ceux qui se posent des questions.

Ceux qui savent que nous n'allons pas bien malgré les apparences.
Ceux qui savent qu'il nous faudra du temps, peut-être toute une vie.
Ceux qui s'inquiètent pour nous.

Ceux qui nous relayent pour expliquer et sensibiliser.

Ceux qui étaient prêts à donner un mois de congé à mon mari (si leur direction n'avait pas refusé) pour compenser les innombrables journées qu'il a posées pour m'accompagner à tous les rendez-vous pendant la grossesse des grumeaux.
Ceux qui nous parlent des chansons qui leur font penser à Élise.
Ceux qui nous offrent une rose blanche en l'honneur d'Élise à chaque fois qu'ils font un cadeau à Gaspard ou Hector.
Ceux qui font des dons à une association d'accompagnement du deuil périnatal au nom d'Élise.

Ceux qui nous parlent d'Élise comme ils nous parlent de Gaspard ou Hector.
Ceux qui considèrent Élise comme un enfant, comme notre enfant, comme la grande soeur de Gaspard et Hector.

Ceux qui nous considèrent exactement et entièrement comme nous sommes : des parents endeuillés.

Ceux qui nous AIDENT à avancer, en fait.

Réflexion

23 avril 2014

Bonne nouvelle, mais...

La semaine dernière, nous avons appris, au milieu des torrents de larmes qui ont coulé, une bonne nouvelle : notre demande de place en crèche pour Gaspard pour septembre a été acceptée. Notre patience aura fini par payer : notre première demande, lorsqu'il était encore question de mettre Élise et Gaspard à la crèche, remontait à mars 2013 !

La directrice, que je dois rencontrer début mai pour finaliser l'inscription, m'a fait la liste des documents à lui fournir lors de notre entretien, parmi lesquels un certificat d'aptitude à la vie en collectivité. N'ayant pas envie de perdre mon temps chez le pédiatre ou chez notre médecin traitant, j'ai pris RDV avec la médecin de la PMI, que j'ai rencontrée pour la première fois ce matin.

Évidemment, elle m'a demandé comment s'était passée la grossesse.
Évidemment, j'ai pleuré en lui expliquant en quelques phrases.
Évidemment.
Pas si évident que ça, apparemment, car mes larmes l'ont visiblement étonnée : "Ça fait quand même sept mois."

Je ne savais pas qu'on avait un certain délai pour pleurer son enfant.
Je ne savais pas qu'on n'avait que quelques semaines pour aller mieux.
La mère d'une amie et la tante de mon mari pleurent encore leurs tout-petits. Et pourtant ça fait quand même 25 ans pour l'une, 35 ans pour l'autre.
Excusez-moi de ne toujours pas être capable de raconter en souriant que j'ai tué ma fille.

Voilà ce que j'aurais voulu lui répondre. À la place, je me suis contentée d'essuyer mes larmes et de prendre les coordonnées d'une psychiatre qu'elle me recommande.

Larme

16 août 2013

ISG : argumentation médicale et autonomie de la patiente

12 février 2014

Tanguy

La grande vadrouille de Gérard Oury a été diffusé le 25 avril 1985. Je le sais : c'est le jour de ma naissance - non que je m'en souvienne moi-même mais à chaque rediffusion, mes parents s'amusent à me le rappeler.

Ce soir, France 4 diffuse le film qui restera associé à l'arrivée d'Élise et Gaspard, celui qui a été diffusé le soir de leur naissance, ce 19 septembre 2013 : Tanguy d'Étienne Chatiliez.

J'espère simplement que Gaspard ne s'inspirera pas de ce Tanguy ! De toutes façons, je l'ai prévenu : il n'étudiera pas le chinois et il y aura bien longtemps que je ne ferai plus ses lessives quand il aura 28 ans ! :-)

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Tannabelle et ses grumeaux
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