Canalblog Tous les blogs Top blogs Famille & Enfants
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Tannabelle et ses grumeaux
Publicité
   
"Livre-lui tes pensées. Des pensées que tu ne dis pas, ce sont des pensées qui pèsent, qui s'incrustent, qui t'alourdissent, qui t'immobilisent, qui prennent la place des idées neuves et qui te pourrissent. Tu vas devenir une décharge à vieilles pensées qui puent si tu ne parles pas."
Oscar et la dame rose - Éric-Emmanuel Schmitt
   
Newsletter
Derniers commentaires
30 mai 2014

Psychiatre - Épisode 1

Le 13 mai dernier, j'ai eu mon premier rendez-vous avec le Dr Terranova, une psychiatre spécialisée dans toutes les questions autour de la périnatalité. Je n'attendais pas grand-chose de ce rendez-vous, il faut dire que ce n'est pas vraiment moi qui l'avais sollicité.

J'ai donc eu affaire à cette psychiatre et à un étudiant en médecine qui s'est contenté d'assister, sans y participer, à l'entretien.
Le Dr Terranova est sans doute "familière" de ma situation mais j'ose espérer que si, à la faveur de ce rendez-vous, cet étudiant a découvert (rayez les mentions inutiles) le deuil périnatal d'un singleton, le deuil périnatal d'un multiple, l'interruption médicale de grossesse et/ou l'interruption sélective de grossesse, il a compris des choses, s'est posé et se posera des questions et fera preuve d'humanité et de compréhension s'il est de nouveau confronté à ce type de drame au cours de sa carrière.

Le Dr Terranova m'a reçue dans son bureau de l'hôpital psychiatrique à quelques kilomètres de chez moi. L'hôpital en lui-même est "accueillant" (beaucoup d'espace, de la verdure) mais dans le bâtiment où l'on m'attendait, l'ambiance n'était plus à la flânerie. Tandis que le rez-de-chaussée est consacré aux hospitalisations, le service de consultations se situe au premier étage, à première vue accessible au public uniquement par un escalier. Je m'apprêtais donc à porter Gaspard dans sa poussette pour atteindre le premier étage lorsqu'une soignante m'a aperçue à travers la porte vitrée fermée à clef séparant le hall du service d'hospitalisation et m'a proposé d'emprunter leur ascenseur de service.

Pendant le court instant où la soignante a refermé la porte vitrée derrière moi et a attendu l'ascenseur à mes côtés, un patient hospitalisé qui traînait dans le couloir a fixé obstinément Gaspard du regard - un regard qu'il m'a été impossible de déchiffrer : attendrissement, folie ? Rien de tel pour vous mettre dans l'ambiance et pour vous faire douter à la fois - et c'est paradoxal - de la pertinence de votre présence et de votre propre état mental. Pour résumer, cette question n'a cessé de faire des allers-retours dans ma tête : qu'est-ce que je fais là ?
D'ailleurs, à la fin de l'entretien, après avoir hésité un court instant à me laisser redescendre seule, la psychiatre elle-même m'a raccompagnée jusque dans le hall, hors secteur hospitalisation, justifiant sa décision d'une seule phrase : "il y a quand même des malades en bas".

Une fois arrivée dans le bureau de la psychiatre, j'ai à peine eu le temps d'ôter mon manteau et de découvrir un peu Gaspard qu'elle m'a lancé sans préliminaires : "Racontez-nous". Raconter quoi ? La grossesse ? La descente aux enfers depuis le 24 mai 2013 ? L'accouchement ? Le retour à la maison ? Comment j'ai atterri dans ce bureau ? J'ai finalement essayé de lui présenter un résumé de quelques phrases couvrant tous ces évènements.

Neuropédiatrie

Quand j'ai eu fini, elle n'a pas enchaîné tout de suite en rebondissant sur ce que je venais de lui dire ou en creusant tel ou tel aspect. Il y a eu un blanc - le premier d'une longue série au cours de cet entretien. Dans l'ensemble, il y a eu moins d'échanges qu'avec la psychologue du CHU mais le contexte est différent : elle est psychiatre et pas psychologue et elle découvre l'histoire "après la bataille" et non au fil de l'eau.

Elle m'a finalement et tant bien que mal interrogée sur différents aspects, dans le désordre :

  • Comment avions-nous accueilli l'annonce de la grossesse gémellaire ?
  • Comment s'était passé le retour à la maison avec Gaspard ?
  • Comment mon mari vivait-il la situation ?
  • Comment allais-je ?
  • Quelle relation avais-je avec Gaspard et quels sentiments éprouvais-je pour lui ?
  • Est-ce que je sortais et est-ce qu'il m'arrivait de rester enfermée plusieurs jours de suite ?
  • Avais-je toujours de l'appétit ?
  • Comment était mon sommeil ?
  • Avais-je toujours le goût pour les choses que j'aimais faire avant ?

Je lui ai également parlé spontanément :

  • du manque d'Élise,
  • de la culpabilité liée à la décision de l'ISG,
  • des difficultés liées au deuil périnatal.

Parmi les exemples qu'elle m'a demandés par rapport à ce dernier point, j'ai évoqué la phrase de la médecin de la PMI mais sans préciser de qui elle venait. J'ai hésité - j'aurais dû mais je n'ai pas osé parce que je ne voulais pas l'incriminer. Pourtant je sais que :

  1. ce n'est pas à moi de prendre soin des autres en ce moment - en tout cas pas des "étrangers" et pas comme ça ;
  2. si j'avais été plus précise, elle lui en aurait peut-être parlé et cette médecin aurait peut-être fait moins de gaffes face à d'autres parents ayant perdu un enfant.

Après ces échanges laborieux, et comme je ne savais toujours pas ce qu'elle attendait que je lui dise et ce qu'elle cherchait à comprendre ou à savoir dans mes paroles, j'ai fini par être franche : "je ne sais pas pourquoi je suis venue, je ne sais pas quel est le but de ce rendez-vous". C'est là qu'elle m'a enfin expliqué que son rôle était de déterminer si ma souffrance était normale dans le contexte ou s'il y avait un état pathologique - dépressif, appelons les choses par leur nom - derrière tout ça.

Elle m'a tenu le même discours que la psychologue du CHU lors de notre dernier RDV en février : elle n'est pas favorable aux traitements médicamenteux en cas de deuil (moi non plus, ça tombe bien), elle les juge artificiels et estime qu'un état dépressif n'est pas rare en pareille situation et peut même être nécessaire. Elle a au moins l'air de comprendre que pleurer son bébé est normal, même plusieurs mois après, et ne semble pas encline à me gaver d'anti-dépresseurs.

En lieu et place de ce traitement qui n'était pas à l'ordre du jour, elle m'a proposé un accompagnement à domicile par l'un des membres de son équipe : psychologue, puéricultrice, infirmière psychiatrique, etc. Dans mon cas et compte tenu de ce que je lui ai dit, elle a estimé que la psychologue serait la plus adaptée. Nous sommes alors convenues de nous revoir une quinzaine de jours plus tard pour en rediscuter et - si j'ai bien compris - pour que je rencontre la psychologue avant qu'elle ne vienne chez nous.

Publicité
1 avril 2014

Bretagne et coquillages

Dimanche, nous sommes rentrés de Bretagne, où nous avons passé nos premières vacances "en famille".

Forcément, ce "en famille" est chargé de sentiments partagés : le bonheur d'avoir passé une semaine non-stop avec mon mari et mon fils, la douleur à l'idée qu'Élise aurait dû être du voyage, au lieu de ce grand voyage qu'elle a entrepris trop tôt et sans nous... Notre "famille" ne sera jamais vraiment réunie...

Nous avons quand même pu emmener Élise avec nous et la faire voyager, d'une certaine façon.

  • Nous avions emporté son livre. Pour le regarder si nous en avions besoin ou envie - ça n'a pas été le cas - mais surtout pour l'avoir avec nous, tout simplement.
  • Bien que je ne sois pas croyante et que mon mari, pourtant croyant, ait lui-même hésité, nous avons allumé une bougie pour elle dans la cathédrale de Vannes.
  • Nous avons écrit son nom sur la plage de Donnant à Belle-Île-en-Mer et sur la plage de l'île de Berder.

Belle-Île-en-Mer Berder

  • Nous lui avons écrit un mot d'amour sur le livre d'or de l'église de Rochefort-en-Terre.
  • Et puis nous avons ramassé des coquillages et des cailloux à différents endroits que nous avons visités.

Et c'est ce dernier geste qui m'a fait classer ce billet dans la catégorie Petites joies et grands bonheurs : parce que, depuis le temps que je cherchais quoi faire tout au long de ma vie pour elle, nous avons enfin trouvé. De chacune de nos balades, de chacune de nos vacances, mon mari et moi lui rapporterons une petite trace, que nous irons déposer dans un vase transparent sur sa tombe. Et j'en suis heureuse.

Coquillages
À gauche, notre récolte à Belle-Île-en-Mer ; au milieu, à l'Île-aux-Moines ; à droite, à Quiberon.
J'aime particulièrement le tout petit coquillage nacré de l'Île-aux-Moines.

6 août 2014

D'ici et d'ailleurs - Épisode 9

Le dernier bilan statistique "classique" remonte à près de cinq mois : il est temps de faire le point sur ce qui a amené les visiteurs sur le blog !

Anomalies

  • cerveau mécanique
  • ventricule 12 mm 26 SA
  • dilatation ventriculaire 10 mm 2014
  • avis benouaiche fente labio-palatine
  • fente labiale double qu'est-ce que c'est ?
  • dilatation des ventricules du cerveau sans gravité
  • neuro-pédiatre diagnostic sur ventriculomégalie évolutive
  • dilatation ventriculaire
  • périmètre crânien dilatation Necker
  • témoignage amniocentèse à Arnaud-de-Villeneuve
  • taille normale des ventricules cérébraux grossesse
  • caryotype cérébral
  • neuropédiatre en Martinique
  • pourquoi le ventricule cérébral des bébés se dilate pendant la grossesse
  • ventriculomégalie qui revient normal
  • ventricules latéraux dilatés
  • ventricules cérébraux
  • dilatation des ventricules latéraux cérébraux
  • enceinte malgré mauvais caryotype
  • double fente labio-palatine
  • hydrocéphalie diagnostic prénatal

Art

  • A beautiful body Jade Beall
  • paroles de chanson Derrière l'arc-en-ciel
  • musique un pas en avant un pas en arrière
  • Pierre Perret et ses jumeaux
  • envoyer par email J'ai pas les mots de Grand Corps Malade
  • Grand Corps Malade paroles chansons sur le deuil
  • paroles Lavilliers chanson Moselle
  • blog sur Lavilliers
  • France Gall pourtant on rit encore
  • benjamin gibaux petite chose
  • sois tranquille paroles PDF
  • sculpture de l'enfant avorté d'un artiste slovaque
  • Melody Gardot handicap
  • l'enfant avorté sculpture

Blog

  • Tanabelle et ses grumeaux
  • Nos absents par Tannabelle grumeau
  • J'ai pas les mots par grumeaux
  • Grand Corps Malade Tannabelle grumeau
  • grumeaux Gaspard
  • blog mes grumeaux
  • mesgrumeauxetmoi
  • les grumeaux
  • Tannabelle
  • Tannabelle grumeaux
  • blog Tannabelle et ses grumeaux
  • blog fente labio palatine
  • blog Tannabelle

Deuil périnatal

  • sur l'échelle je voudrais
  • sur l'échelle je voudrais monter
  • je voudrais monter sur l'échelle
  • PDF deuil jumeau
  • jumeau non viable
  • musique deuil bébé
  • blog Ginie deuil périnatal
  • le magazine de la santé deuil périnatal
  • foetus non viable
  • séquelles non viable foetus

Divers

  • endométriose
  • les Razmoquette
  • robe Séraphine
  • la tête dans les étoiles
  • petites choses
  • Over ze rainbow
  • nuée d'étoiles dessins
  • tout sur la grossesse gémellaire
  • témoignage de maman rhésus négatif
  • Jade et Gaspard
  • jumeaux mon homme me quitte
  • dessin poussette 2 jumeaux garçon
  • overzerainbow
  • photo annonce grossesse
  • Youtube Marc Lavoine chanson parle-moi d'amour
  • les jumeaux Razmoket
  • papillotes verre
  • texte annonce marraine
  • PMA Lens les erreurs médicales
  • dessin tombée d'étoiles
  • faire des papillotes sans aluminium sans plastique
  • alternative aluminium cuisson papillote
  • nouvelle échographie
  • cuisson en papillote sans danger
  • que faire une fois qu'il y a des grumeaux
  • que se passe-t-il si on laisse les grumeaux
  • annoncer avec un dessin grossesse
  • prénatalité arte 27 juin 2014
  • un bébé se fait à deux
  • FIV sans jumeaux
  • Ingrid Chauvin août 2014

Fait-maison

  • centre de table montgolfière
  • fabrication d'une montgolfière
  • mobile bébé perle
  • montgolfière à fabriquer
  • rideaux fait-maison
  • fabrication mobile montgolfière
  • montgolfière fabriquer
  • patron montgolfière
  • patron mobile montgolfière
  • ballon papier montgolfière bébé
  • montgolfière déco
  • comment faire une montgolfière miniature
  • samouraï gigoteuse
  • fabriquer mini montgolfière papier
  • dessin patron mobile montgolfière
  • mobile montgolfières à créer en papier
  • couper une montgolfière dans un carton
  • la réalisation d'une montgolfière en papier
  • montgolfière patron précis
  • le patron de la montgolfière
  • mobile montgolfière à imprimer
  • gigoteuse maison

Hein ?

  • grossesse Kinder
  • préparer ses obsèques humour
  • blog la réunion Jenifer cerveaux
  • sensation d'avoir des grumeaux dans le ventre
  • ventre sans nombril
  • les vergetures en arabe
  • allô docteur peut-on manger des knacki pendant la grossesse
  • une page qui tourne

IMG/ISG

  • résultat caryotype et IMG
  • j'ai refusé l'IMG
  • IMG en cas de grossesse gémellaire
  • interruption grossesse cérébrale jumeau
  • interruption sélective de grossesse jumeaux
  • IMG grossesse gémellaire
  • quand accepter IMG
  • interruption de grossesse anomalie cérébrale
  • IMG sélective grossesse gémellaire
  • IMG grossesse gémellaire
  • interruption médicale de grossesse blog
  • deuil IMG et nouvelle naissance
  • psychologie IMG
  • IMG ISG
  • interruption médicale de grossesse

Piercing/Tatouage

  • tatouage empreinte pied
  • Jenifer tatouage ventre
  • tatouage battement cardiaque
  • piercing nombril
  • tatouage ventre grossesse
  • tatouage sur vergeture ventre
  • tatouage homme ventre côté
  • piercing au nombril
  • tatouage trace de pied
  • tatouage discret représentant loup
  • tatouage sur vergeture
  • tatouage empreinte de pied bébé
  • tatouer des vergetures
  • piercing nombril sur gros ventre
  • piercing entre les seins
  • tatouage empreinte main
  • tatouage ventre femme

Ventre

  • femme enceinte ventre fermeture
  • mon ventre après grossesse
  • nombril qui bouge grossesse
  • hématome sur le nombril après une FIV
  • ventre grossesse gemellaire 8 mois
  • nombril sortant
  • position jumeaux ventre
  • ventre fin de grossesse

Vergetures

  • vergetures 30 SA
  • fille grosse vergeture
  • vergetures nombril après grossesse
  • ventre vergeture
  • vergeture homme
  • vergetures grossesse

Via Canalblog

  • endométriose
  • Serge Reggiani
  • perte d'un enfant
  • Emmanuel Moire
  • administratif
  • abréviation
  • hydrocéphalie
  • amniocentèse
  • montgolfière
  • épisode 6
  • jumeaux
  • fatigué
  • parenthèse inattendue
  • demain dès l'aube
  • Petite Émilie
  • deuil périnatal
  • vous auriez été fatigués
  • carrés démaquillants
  • Tannabelle
  • perte bébé
  • coussin de grossesse
  • papier montgolfière
  • prématuré
  • couche
  • explications gratuites

 

 

Et les grumeaux ont encore visité de nouvelles contrées ! :-)

  • Argentine
  • Autriche
  • Burkina Faso
  • Chili
  • Colombie
  • Dominique
  • Égypte
  • Estonie
  • Guinée
  • Guyane française
  • Japon
  • Lituanie
  • Moldavie
  • Namibie
  • République tchèque
  • Roumanie

Statistiques

27 juin 2013

Nouvelle catégorie

 image

Pour varier un peu les registres du blog, au risque d'en détourner l'esprit, j'ai créé la catégorie "Art (au sens large)" pour parler des films, séries, livres, musiques et autres œuvres (au sens large) qui croisent mon chemin, sans prétendre être dotée d'un esprit critique affûté ou détenir la vérité sur le(s) bon(s) goût(s).

image   image

 

17 octobre 2013

Retour en arrière - Épisode 3 - Du 16 au 17 septembre 2013

(Premier épisode ici)
(Deuxième épisode ici)

Lundi 16 septembre
On me fait la prise de sang pour le bilan hépatique.
Le Pr Verspyck passe dans la matinée et m'examine : le col est ouvert à 2 doigts mais reste tonique. Il prévoit alors une échographie dans l'après-midi ou le lendemain pour vérifier où en est la dilatation d'Élise.
Dans l'après-midi, j'apprends que mon bilan hépatique est normal, il ne manque plus que les résultats des acides biliaires qui doivent être disponibles le lendemain.
Comme convenu, la psychologue nous rend visite et, même si elle me fait toujours pleurer, elle parvient toujours à trouver les mots et à m'apaiser.
Une sage-femme nous informe que des lits d'appoint sont disponibles pour les accompagnants, nous prévoyons donc d'en demander un pour mon mari pour mercredi et/ou samedi soir.

Mardi 17 septembre
Mes acides biliaires sont normaux, toute pathologie hépatique est donc écartée : tous ces petits dérèglements sont probablement liés à la fin de la grossesse et à la gémellité.
Nous avons attendu le Pr Verspyck toute la journée, il est finalement venu nous chercher en fin d'après-midi pour l'échographie : alors que Gaspard continue à bien grandir (son poids est estimé à 2,4 kg), la dilatation d'Élise a elle aussi continué à évoluer... Le Pr Verspyck ne nous a pas donné de chiffre mais j'ai vu à l'écran que son périmètre crânien était de 35 cm... Il nous a simplement fait remarquer toute l'eau qu'elle avait dans le cerveau et qu'on ne distinguait plus du tout les structures cérébrales...
Après l'échographie, le temps que le Pr Verspcyk aille chercher notre dossier, mon mari m'a dit que, d'après la tête qu'il faisait pendant l'examen, il allait sûrement nous annoncer une date pour l'ISG. Il avait vu juste car, à son retour, après nous avoir résumé l'échographie en trois phrases, le Pr Verspcyk nous a parlé de pratiquer l'ISG le lundi suivant, le 23 septembre. Je lui ai fait préciser "l'ISG et l'accouchement dans la foulée", il a confirmé sans préciser le délai entre les deux.
Le Pr Verspyck m'a demandé quel mode d'accouchement je préférais, la voie naturelle étant encore possible selon lui. Comme j'avais eu le temps d'y penser, je lui ai dit que, même si ce serait probablement plus dur psychologiquement sur le coup, je préférais effectivement la voie basse à la césarienne, afin de me remettre plus facilement et plus rapidement. En plus, cela permettra à mon mari d'être assurément présent pendant l'accouchement, ce qui n'était pas garanti en cas de césarienne, et cela posera moins problème pour les prochaines grossesses.

Quelques minutes après notre retour dans la chambre, une sage-femme est venue nous informer que je pouvais aller dîner à l'extérieur si nous le souhaitions, suite à l'annonce du Pr Verspyck : nous avons accepté immédiatement, histoire d'essayer de nous changer les idées un minimum. Elle a également précisé que, tous mes examens étant redevenus normaux, il n'y avait plus de raison de me faire trois monitorings par jour et qu'un seul suffisait, si cela me convenait. J'ai accepté également, me disant que j'en demanderais un le dimanche soir ou le lundi matin.
En sortant de la chambre, nous avons croisé une autre sage-femme qui nous a dit qu'ils avaient prévenu la psychologue mais qu'elle ne pourrait passer que le surlendemain (ce qui nous allait très bien car cela nous laissait le temps de digérer un peu l'annonce avant d'en parler, de verbaliser).
Nous avons alors compris que le Pr Verspyck avait informé toute l'équipe de l'imminence de l'ISG et que le "réseau d'accompagnement" était déjà en marche, en quelques minutes à peine. Cela ne change rien à la situation ni à notre douleur mais un tel soutien et une telle prévenance font du bien.
Ce n'est pas arrivé souvent depuis le 24 mai mais mon homme a craqué dans la chambre, juste après l'annonce de Verspyck...

Au restaurant, la discussion a évidemment tourné autour de la grossesse et de la fin qui approche. Nous nous sentions abattus, comme si nous avions reçu un coup de massue sur la tête. Depuis que notre décision est prise, on essaie de se préparer à l'ISG, on sait que ce n'est qu'une question de temps, que ça ne va pas tarder mais ça fait forcément quelque chose d'avoir une date précise, de se dire que le compte à rebours a commencé, de comprendre que les projections qu'on se fait depuis un moment vont bientôt devenir réalité...

En vrac, quelques réflexions qui me sont passées par la tête :

  • C'était notre dernier restaurant à quatre ce soir, la dernière fois qu'Élise "mangeait" en dehors de l'hôpital...
  • Les grumeaux seront Balance finalement, ce qui prouve bien que l'astrologie est vraiment n'importe quoi : à quelques jours ou même heures près, sur simple décision médicale ou peut-être sur notre souhait, ils auraient pu être Vierge. Mais Balance, c'est pas si mal pour des jumeaux.
  • Je me pose des questions "techniques" ou "logistiques" sur l'ISG et l'accouchement : où aura lieu l'ISG, est-ce que je changerai de pièce entre l'ISG et l'accouchement, est-ce que je vais sentir la différence entre Élise et Gaspard au niveau vitalité et mobilité des bébés lors de l'expulsion, est-ce qu'ils vont nous laisser au moins quelques minutes pour "accepter" l'ISG avant de déclencher l'accouchement ? Mais je ne veux pas les poser car je ne veux pas trop me projeter.
  • Finalement, même si je sais maintenant que je ne veux pas garder Élise morte trop longtemps dans mon ventre, j'aimerais que l'ISG et la naissance n'aient pas lieu le même jour.
Publicité
16 octobre 2013

Retour en arrière - Épisode 2 - Du 12 au 14 septembre 2013

(Premier épisode ici)

Jeudi 12 septembre
Après une très mauvaise nuit, mon état psychologique ne s'est pas amélioré et mon inquiétude liée à l'absence de mouvements des grumeaux a empiré. Nous avons donc convenu avec mon mari, avant qu'il ne parte au travail, que j'appellerais l'UGP vers 9h pour avoir leur avis.
Finalement trop inquiet, mon mari est revenu du travail peu avant 9h et a appelé lui-même l'UGP, où on lui a conseillé de m'amener aux urgences maternité.
J'ai été prise en charge immédiatement : analyse d'urine, prise de sang, monitoring, échographie. Les grumeaux sont bien mobiles tous les deux et ont du liquide en quantité satisfaisante : je me demande donc s'ils ne bougeaient vraiment pas, si je "psychotais" et si mon état psychologique ne m'empêchait pas de les sentir, si ma non-percetion de leurs mouvements n'était pas psycho-somatique ou si je ne me suis pas "inventé" une raison valable - à mes yeux - de revenir au CHU. Toujours est-il que la médecin m'a rassurée : quelle qu'en soit l'origine, le fait de ne plus sentir bouger ses bébés est un motif de consultation légitime pour lequel leur procédure est de garder la patiente 24h sous surveillance. En attendant qu'une chambre se libère, quelques heures plus tard, à l'UGP, nous avons "quartier libre" jusqu'en début d'après-midi.
A notre retour dans le service, on m'installe et on me demande de faire un recueil d'urines sur 24h car, en plus d'un problème avec mes enzymes hépatiques, mes analyses du matin ont révélé la présence d'albumine dans mes urines et une tension "subnormale" : on suspecte alors un début de pré-éclampsie, ce qui constitue un motif de plus de me garder en observation et finit de légitimer à mes yeux mon retour en UGP. A ce stade, je n'ai pas envie de rentrer chez moi et préfèrerais pouvoir rester à l'hôpital jusqu'au lundi suivant, jour où je devais faire un bilan complet avec le Pr Verspyck et rediscuter des prochaines étapes.

Vendredi 13 septembre
En début de matinée, alors que mon mari est déjà à mes côtés, nous croisons le Pr Verspyck qui confirme que nous avons bien fait de revenir et qui nous annonce qu'il passera nous voir dans la journée.
Le vendredi, les visites du service sont assurées par le Pr Marpeau, que nous n'avons jamais rencontré mais dont nous avons entendu plutôt du bien : selon lui, il n'y a plus de gros risques pour Gaspard mais il n'y a pas d'urgence pour autant, sauf si la pré-éclampsie se confirme et s'aggrave. Il préfère donc "ne pas se prononcer" sur la conduite à tenir pour nous laisser voir cela avec le Pr Verpsyck qui nous connaît mieux.
Le monitoring suivant est normal mais mes tensions restent au-dessus de la moyenne et on suspecte une cytolyse hépatique.

En début d'après-midi, une sage-femme nous informe que le Pr Verspyck est parti voir si une salle de naissance est libre pour pouvoir pratiquer l'interruption de grossesse rapidement et qu'il doit venir nous voir. Cette annonce nous prend plus qu'au dépourvu, mon mari et moi restons sans voix : nous savons que l'échéance se rapproche inéxorablement mais nous ne sommes pas prêts, en tout cas pas avec si peu de temps pour nous préparer.
En attendant de voir le Pr Verspyck, nous recevons la visite de la pyschologue, qui ne pouvait pas mieux tomber. Nous lui parlons de l'annonce que la sage-femme vient de nous faire et nous lui disons que, en plus d'être pris au dépourvu, nous jugeons que ce n'est pas le bon moment puisque nous sommes la veille de l'anniversaire de la mère de mon mari. Nous sommes soulagés d'avoir dépassé le 6 septembre, date d'anniversaire de mon frère, et nous préférons éviter de faire coïncider l'interruption de grossesse et/ou l'accouchement avec toute autre "date familiale", même si nous ne maîtrisons pas tout. La psy nous encourage à le dire clairement au Pr Verspyck afin que cet élément soit pris en compte, sauf urgence médicale évidemment.

Le Pr Verspyck finit par nous rendre visite en début de soirée et infirme ce que nous avait dit la sage-femme : l'ISG n'est pas imminente. Pour lui, il n'y a toujours pas d'urgence, d'autant que je me rends finalement compte, maintenant que tout se concrétise dans mon esprit, que je préfèrerais "enchaîner" l'ISG et l'accouchement, pour ne pas garder Élise morte trop longtemps dans mon ventre. Il voudrait ainsi temporiser jusqu'à 36 ou 37 SA (j'en suis alors à 34 SA + 2 jours), soit jusqu'au 25/09 ou 02/10 si j'en suis capable, physiquement et psychologiquement.
Je lui avoue que je ne pourrai tenir qu'en restant hospitalisée : soit ils peuvent me garder deux ou trois semaines de plus jusqu'à la fin de la grossesse, soit je préfèrerais qu'on anticipe l'ISG et l'accouchement.
Je lui confie également que je culpabilise un peu d'être en UGP sans réelle justification médicale (même s'il y a cette histoire de pré-éclampsie à surveiller), ce à quoi il répond que j'y ai ma place et que ma grossesse est "on-ne-peut-plus pathologique".
Même si je ne veux pas quitter ma fille, je reconnais avoir hâte que "tout ça" soit derrière nous mais je ne veux pas précipiter les choses et faire courir un risque à Gaspard simplement par faiblesse psychologique ponctuelle si c'est pour le regretter ensuite mais le Pr Verspyck se montre rassurant et confiant par rapport à ça.

Samedi 14 septembre
Evidemment, je dors mal, me réveille sans cesse. Et alors que je dors mieux sur le matin, le personnel me réveille tous les jours de bonne heure : pour une prise de température ou un monitoring, passe encore, mais pour me dire qu'on ne me donnera pas de petit-déjeuner parce que je dois passer une échographie du foie à jeun en fin de matinée, je trouve ça moins intéressant !
La cytolyse hépatique détectée jeudi n'étant pas encore normalisée, cette échographie doit servir à rechercher une éventuelle lithiase vésiculaire. L'échographiste ne voit finalement rien de spécial, tout semble fonctionner normalement de ce côté-là mais, mon foie restant fainéant, un bilan hépatique complet est prévu le lundi suivant.
Pour l'instant, il n'y a rien d'inquiétant, il s'agit juste d'un diagnostic d'élimination car mon foie ne se comporte pas normalement donc ils en cherchent l'origine. En plus, mon ventre me démange depuis hier, ils suspectent donc une cholestase gravidique même si je n'ai pas de démangeaisons ailleurs, comme c'est le cas avec cette pathologie.

2 août 2013

Ta main - Grégoire

Audio

Tu sais que j’ai du mal
Encore à parler de toi
Il paraît que c’est normal
Y a pas de règles dans ces jeux-là
Tu sais j’ai la voix qui se serre
Quand je te croise dans les photos
Tu sais j’ai le cœur qui se perd
Je crois qu’il te pense un peu trop
C’est comme ça
C’est comme ça

J'aurais aimé tenir ta main
Un peu plus longtemps
J'aurais aimé tenir ta main
Un peu plus longtemps
J'aurais aimé que mon chagrin
Ne dure qu’un instant
Et tu sais j’espère au moins
Que tu m’entends

C’est dur de briser le silence
Même dans les cris, même dans la fête
C’est dur de combattre l’absence
Car cette conne n’en fait qu’à sa tête
Et personne ne peut comprendre
On a chacun sa propre histoire
On m'a dit qu’il fallait attendre
Que la peine devienne dérisoire
C’est comme ça
C’est comme ça

J'aurais aimé tenir ta main
Un peu plus longtemps
J'aurais aimé tenir ta main
Un peu plus longtemps
J'aurais aimé que mon chagrin
Ne dure qu’un instant
Et tu sais j’espère au moins
Que tu m’entends

Je voulais te dire que j’étais fier
D’avoir été au moins un jour
Un peu ton ami et ton frère
Même si la vie a ses détours
C'est comme ça
C'est comme ça

J'aurais aimé tenir ta main
Un peu plus longtemps
J'aurais aimé tenir ta main
Un peu plus longtemps
J'aurais aimé que mon chagrin
Ne dure qu’un instant
Mais tu sais j’espère au moins
Que tu m'attends

16 mai 2013

Papillote sans aluminium ni silicone

Dans un précédent billet, j'évoquais les pochettes alimentaires vendues par www.sans-bpa.com en guise d'alternative saine et écolo à l'aluminium ou au papier sulfurisé pour emballer les aliments mais regrettais de ne pas avoir encore trouvé de solution équivalente pour les papillotes.

Après quelques recherches complémentaires, je suis finalement arrivée à cette conclusion : rien de tel que le verre pour faire cuire les aliments !

En effet, d'après plusieurs sources concordantes que je cite plus bas, le silicone est loin d'être une alternative satisfaisante, quels qu'en soient la qualité et le prix d'ailleurs.

Le silicone, qu'est-ce que c'est ?

Le silicone alimentaire est un mélange de polymères de silicone associé à un catalyseur. Les matériaux alimentaires sont censés rester inertes, c'est-à-dire qu'ils doivent empêcher la migration des particules vers les aliments.
Cependant, certains fabricants de moules en silicone utilisent des agents de remplissage qui peuvent diminuer la résistance des produits et donner un goût ou une odeur de caoutchouc aux aliments.
En fonction du catalyseur utilisé, on distingue deux types de silicone :

  • le silicone platine, qui reste inerte jusqu'à 250-300°C,
  • le silicone peroxydé, qui reste inerte jusqu'à 160°C (une température relativement basse !).

Quel silicone choisir ?

Malheureusement aucun étiquetage ne permet de distinguer ces deux types de silicone. Plusieurs sites mentionnent toutefois deux astuces simples pour faire la distinction soi-même :

  • Avant l'achat : si une marque blanche apparaît lorsque l'on pince le silicone, il y a de fortes chances qu'il s'agisse de silicone peroxydé.
  • Après l'achat : le silicone peroxydé dégage une odeur désagréable, surtout lors des premières utilisations.

On aurait donc tendance à préférer le silicone platine (qui reste généralement plus cher que le peroxydé). Toutefois, l'Office fédéral de la Santé publique suisse recommande de ne pas chauffer les moules, quel que soit le type de silicone, à plus de 200°C. Au-delà de cette température, le silicone semble en effet se dégrader plus vite et favoriser la migration de substances chimiques vers l’aliment.

Si vous souhaitez tout de même utiliser des moules en silicone, mieux vaut prendre cette précaution préalablement à toute utilisation : curer le moule, c'est-à-dire le "nettoyer" (avec un mélange d'eau et d'huile car le silicone n'aime pas être chauffé "pour rien" - pensez-y aussi si tous les compartiments de votre moule ne sont pas remplis avec votre préparation quand vous cuisez vos muffins, par exemple !) pendant 4 heures à 200°C.

Pas de silicone chez moi !

Bon, d'accord, je l'avoue : nous avons un moule à muffins en silicone, mais nous l'avions acheté avant de nous poser toutes ces questions. Nous nous contenterons de l'utiliser dans les conditions décrites ci-dessus pour limiter les risques.

Moule silicone

 

Et pour continuer à cuisiner à l'étouffée en toute tranquillité sanitaire et écologique, je vais investir tout simplement dans un plat en verre avec couvercle. J'ai repéré ce site que j'envisage de tester prochainement : http://www.videlice.com/103-verre-.

 

Sources sur le silicone :

22 mai 2013

En cloque - Renaud

Audio

Depuis le temps qu'il attendait ce moment... mon homme peut enfin chanter cette petite perle de Renaud !

Elle a mis sur le mur
Au-dessus du berceau
Une photo d'Arthur
Rimbaud
Avec ses cheveux en brosse
Elle trouve qu'il est beau
Dans la chambre du gosse
Bravo
Déjà les p'tits anges
Sur le papier peint
Je trouvais ça étrange
Je dis rien
Elles me font marrer
Ses idées loufoques
Depuis qu'elle est
En cloque

Elle se réveille la nuit
Veut bouffer des fraises
Elle a des envies
Balaises
Moi je suis aux p'tits soins
Je me défonce en huit
Pour qu'elle manque de rien
Ma p'tite
C'est comme si je pissais
Dans un violoncelle
Comme si j'existais
Plus pour elle
Je me retrouve planté
Tout seul dans mon froc
Depuis qu'elle est
En cloque

Le soir elle tricote
En buvant de la verveine
Moi je démêle ses pelotes
De laine
Elle use les miroirs
À se regarder dedans
À se trouver bizarre
Tout le temps
Je lui dis qu'elle est belle
Comme un fruit trop mûr
Elle croit que je me fous d'elle
C'est sûr
Faut bien dire ce qui est
Moi aussi je débloque
Depuis qu'elle est
En cloque

Faut que je retire mes grolles
Quand je rentre dans la chambre
Du p'tit rossignol
Qu'elle couve
C'est que son p'tit bonhomme
Qui arrive en décembre
Elle le protège comme
Une louve
Même le chat pépère
Elle en dit du mal
Sous prétexte qu'il perd
Ses poils
Elle veut plus le voir traîner
Autour du paddock
Depuis qu'elle est
En cloque

Quand je promène mes mains
De l'autre côté de son dos
Je sens comme des coups de poings
Ca bouge
Je lui dis "T'es un jardin"
"Une fleur, un ruisseau"
Alors elle devient
Toute rouge
Parfois ce qui me désole
Ce qui fait du chagrin
Quand je regarde son ventre
Puis le mien
C'est que même si je devenais
Pédé comme un phoque
Moi je serais jamais
En cloque

31 mai 2013

À toi - Joe Dassin

Audio

À toi
À la façon que tu as d'être belle
À la façon que tu as d'être à moi
À tes mots tendres un peu artificiels
Quelquefois

À toi
À la petite fille que tu étais
À celle que tu es encore souvent
À ton passé, à tes secrets
À tes anciens princes charmants

À la vie, à l'amour
À nos nuits, à nos jours
À l'éternel retour de la chance
À l'enfant qui viendra
Qui nous ressemblera
Qui sera à la fois toi et moi

À moi
À la folie dont tu es la raison
À mes colères sans savoir pourquoi
À mes silences et à mes trahisons
Quelquefois

À moi
Au temps que j'ai passé à te chercher
Aux qualités dont tu te moques bien
Aux défauts que je t'ai cachés
À mes idées de baladin

À la vie, à l'amour
À nos nuits, à nos jours
À l'éternel retour de la chance
À l'enfant qui viendra
Qui nous ressemblera
Qui sera à la fois toi et moi

À nous
Aux souvenirs que nous allons nous faire
À l'avenir et au présent surtout
À la santé de cette vieille terre
Qui s'en fout

À nous
À nos espoirs et à nos illusions
À notre prochain premier rendez-vous
À la santé de ces millions d'amoureux
Qui sont comme nous

À toi
À la façon que tu as d'être belle
À la façon que tu as d'être à moi
À tes mots tendres un peu artificiels
Quelquefois

À toi
À la petite fille que tu étais
À celle que tu es encore souvent
À ton passé, à tes secrets
À tes anciens princes charmants

19 décembre 2013

Évidemment - France Gall

Audio

Y a comme un goût amer en nous
Comme un goût de poussière dans tout
Et la colère qui nous suit partout
Y a des silences qui disent beaucoup
Plus que tous les mots qu'on avoue
Et toutes ces questions qui ne tiennent pas debout

Évidemment
Évidemment
On danse encore
Sur les accords
Qu'on aimait tant

Évidemment
Évidemment
On rit encore
Pour des bêtises
Comme des enfants
Mais pas comme avant

Et ces batailles dont on se fout
C'est comme une fatigue, un dégoût
À quoi ça sert de courir partout
On garde cette blessure en nous
Comme une éclaboussure de boue
Qui ne change rien et qui change tout

Évidemment
Évidemment
On rit encore
Pour des bêtises
Comme des enfants
Mais pas comme avant
Pas comme avant

14 juillet 2013

Le p'tit air - Maxime Le Forestier

Audio

Je ne sais pas de quoi parle cette chanson mais je sais comment je la ressens...

Il suffit que quelqu'un fredonne
Le p'tit air que j'avais fait pour toi
Et c'est un peu de nous qui sonne
Dans l'au-delà
Il suffit que quelqu'un murmure
Le p'tit air que j'avais fait pour toi
Si c'est un peu de nous qui dure
C'est déjà ça

La mousse a recouvert les lettres
Et déjà la pierre se fend
C'est sûr qu'avoir été vivant
C'est moins amusant que de l'être
On se dissout, on s'évapore
On se répand dans le grand flou
Que peut-il bien rester de nous
Quel fil de nous s'agite encore
S'agite encore

Il suffit que quelqu'un fredonne
Le p'tit air que j'avais fait pour toi
Et c'est un peu de nous qui sonne
Dans l'au-delà
Il suffit que quelqu'un murmure
Le p'tit air que j'avais fait pour toi
Si c'est un peu de nous qui dure
C'est déjà ça

On laisse des traces ou des séquelles
Des peintures ou des monuments
Les statues tombent forcément
Gravitation universelle
Alors qu'un air qui se faufile
De lèvre en lèvre et qui survit
Ça peut nous faire un paradis
Viens, on s'en va danser tranquille
Danser tranquille

Il suffit que quelqu'un fredonne
Le p'tit air que j'avais fait pour toi
Et c'est un peu de nous qui sonne
Dans l'au-delà
Il suffit que quelqu'un murmure
Le p'tit air que j'avais fait pour toi
Si c'est un peu de nous qui dure
C'est déjà ça
C'est déjà ça
C'est déjà ça
C'est déjà ça

7 août 2013

Sois tranquille - Emmanuel Moire

Audio

Je veux croire que, comme nous, Gaspard entendra ces mots quand il pensera à sa sœur...

Je sais la peine, je sais les pleurs et les pensées
Que les mots ne peuvent apaiser
Je sais l'absence, je sais le manque et les regrets
Les souvenirs qu'il faut revivre et partager
Je sais tout ce qui est pour toi

Sois tranquille
Tout va bien
Sois tranquille
Je suis serein
Je repose en paix
Où je vais


Sois tranquille
Ce n'est rien
Sois tranquille
J'en ai besoin
Et je m'en sers
Je me libère
Enfin

Je sais le temps, je sais les heures, les nuits passées
Que les rêves ne peuvent soulager
Je sais l'effort et le courage à retrouver
Se souvenir qu'il faudra vivre et continuer
Je sais tout ce qui est pour toi

Sois tranquille
Tout va bien
Sois tranquille
Je suis serein
Je repose en paix
Où je vais


Sois tranquille
Ce n'est rien
Sois tranquille
J'en ai besoin
Et n'oublie pas, n'oublie pas
Je suis là
Je suis là
Je suis là
Je suis là

Sois tranquille
Tout va bien
Sois tranquille
Je suis serein
Je repose en paix
Où je vais


Sois tranquille
Tout va bien
Sois tranquille
Et sois certain
Où que tu sois
Je veille sur toi

Mon frère

24 juillet 2013

Tears in heaven - Eric Clapton

Audio
Une chanson qu'Eric Clapton a écrite suite à la mort accidentelle de son fils de 4 ans et que tous les parents désenfantés peuvent s'approprier...
Would you know my name
If I saw you in heaven
Would it be the same
If I saw you in heaven

I must be strong
And carry on
'Cause I know I don't belong
Here in heaven

Would you hold my hand
If I saw you in heaven
Would you help me stand
If I saw you in heaven

I'll find my way
Through night and day
'Cause I know I just can't stay
Here in heaven

Time can bring you down
Time can bend your knees
Time can break your heart
Have you begging please, begging please

Beyond the door
There's peace I'm sure
And I know there'll be no more
Tears in heaven

Would you know my name
If I saw you in heaven
Would it be the same
If I saw you in heaven
I must be strong
And carry on
'Cause I know I don't belong
Here in heaven
30 septembre 2013

Chère amie (Toutes mes excuses) - Marc Lavoine

Audio

Je pense à vous souvent
Je continue quand même
D'aimer les bateaux blancs
Que le désir entraîne
Je manque de vous souvent
Mais je m'en vais quand même
Laisser voler le vent
Qui souffle sur la peine

Chère amie, je vous envoie ces quelques mots
Pour vous dire qu'il ne fait pas beau
Et que j'ai mal, seul, depuis que je vous ai perdue
Je vous écris ces quelques fleurs
Avec mon cœur à l'intérieur
Je vous fais toutes mes excuses

Je rêve à vous souvent
Je me souviens de tout
Je me réveille à temps
Mais je vous vois partout
Je vous attends souvent
J'invente un rendez-vous
Vous n'avez plus le temps
Plus une minute à vous

Chère amie, je vous envoie ces quelques mots
Pour vous dire qu'il ne fait pas beau
Et que j'ai mal, seul, depuis que je vous ai perdue
Je vous écris ces quelques fleurs
Avec mon cœur à l'intérieur
Je vous fais toutes mes excuses

25 septembre 2016

Dans le sien aussi

Il y a plusieurs mois que je ne vous ai pas rapporté les propos de Gaspard par rapport à sa sœur. Il est donc temps d'y remédier ! :-)

 

L'autre jour, alors que nous nous souhaitions mutuellement un bon appétit à table, Gaspard a décidé d'associer sa sœur, en y mettant tout son cœur (et toutes ses cordes vocales) : "BON APPÉTIT, ÉLISE !"

Cette semaine, alors que nous évoquions Élise, je ne sais plus exactement à quel titre mais c'était sans doute par rapport à cette période anniversaire, Gaspard m'a regardé d'un air inquisiteur, mais bienveillant : "tu vas pleurer parce qu'on parle d'Élise, Maman ?", tout ça parce qu'il a bien compris qu'en ce moment, le seul prénom de sa sœur suffit à ouvrir mes vannes.
Je me suis empressée de le rassurer : "ce n'est pas impossible, mais ce n'est pas grave. Je pleure quand on parle d'Élise parce qu'elle me manque, mais j'aime bien quand on parle d'elle. Alors si tu veux parler d'elle, tu peux. Et si tu ne veux pas, tu peux aussi."

Cette après-midi, alors que mon mari déplaçait un meuble, ce dernier a émis un bruit proche d'une flatulence. Pour faire rire Gaspard et Hector, je les ai accusés à tour de rôle d'en être l'auteur. Et Gaspard de rétorquer : "c'est pas nous, c'est Élise !".

 

Et voici l'anecdote qui m'a fait fondre, tout récemment.

Ce matin, au petit-déjeuner, Gaspard a failli renverser son lait sur son torse, sous son haut de pyjama, du côté gauche. Joignant le geste à la parole, il nous a expliqué, hilare : "mon lait, il a failli passer là, mais il y a déjà Élise !"

Belle-Île-en-Mer

13 mars 2015

En attendant Hector...

... nous avons immortalisé, fin janvier, les derniers instants de la grossesse avec notre amie et photographe Chrystelle.

Petit aperçu dans cet album !

Silhouette

Ces photos m'inspirent un seul regret : ne pas avoir eu le courage ou la présence d'esprit de faire de même pour la grossesse d'Élise et Gaspard.

Ces photos vous ont plu ?
Vous souhaitez profiter du talent de Chrystelle ?
Vous habitez la région rouennaise ?
Alors c'est par ici que ça se passe : http://www.chrystelleriquier.com/.

25 janvier 2015

Les chaussures

Voici un texte que j'ai découvert aujourd'hui. Dès la première phrase, j'ai compris de quelles chaussures il s'agissait.

Je porte une paire de chaussures.
Elles sont très laides, inconfortables ; je les déteste.
Chaque jour, je les porte et chaque jour, je rêve que j'en porte d'autres.
Certains jours, mes chaussures me font tellement souffrir que je pense ne plus pouvoir avancer.
Personne ne me parle jamais de mes chaussures mais je peux lire dans les yeux de qui me regarde que chacun est soulagé que ce soit les miennes.
Personne ne me parle d'elles.
Pour vraiment comprendre ces chaussures, vous devez les porter, mais une fois que vous les aurez aux pieds, jamais plus vous ne pourrez les enlever.
Je me rends compte que je ne suis pas seule à porter ces chaussures.
Il y a beaucoup de paires de par le monde.
Certaines femmes sont comme moi et elles essayent de marcher avec la douleur quotidienne de ces chaussures.
Certaines ont appris comment marcher avec ces chaussures et elles ne sont plus autant blessées.
Aucune femme ne mérite de porter ces chaussures.
Pourtant, c'est à cause de ces chaussures que je suis une femme forte.
Ces chaussures m'ont donné la force d'affronter n'importe quoi.
Elles ont fait de moi ce que je suis.
Je marcherai toujours dans les chaussures d'une femme qui a perdu un enfant.

Ce genre de textes est souvent écrit au nom des mamans mais je sais que les papas aussi portent ces chaussures.

Réflexion

17 novembre 2014

Malgré moi

En ce moment, le moral n'est pas très haut, c'est le moins que l'on puisse dire. Certains d'entre vous s'en sont aperçus à la lecture des derniers billets. Je n'ai pourtant pas identifié d'élément déclencheur particulier. J'imagine qu'il s'agit "juste" d'un "bas", qui a été précédé et sera probablement suivi d'un "haut".

Toujours est-il que je suis en ce moment hyper sensible et incapable de gérer des émotions qui se rapprochent trop de ce que nous avons vécu avec Élise. J'ai en tête trois exemples précis et récents.

Le premier remonte à vendredi soir, lors de la conférence organisée par Endofrance sur le thème "Endométriose et douleur" avec pour intervenants Isabella Chanavaz-Lacheray, une gynécologue-obstétricien spécialiste de l'endométriose qui a abordé concrètement les caractéristiques de cette maladie protéiforme, deux médecins anesthésistes qui ont parlé de la prise en charge de la douleur et de l'hypnose et, pour finir, Sophie Bonnet, la psychologue qui nous suit, qui a évoqué le soutien psychologique qu'elle peut proposer aux femmes et couples confrontés à l'endométriose, entre autres à travers l'hypnose.
De ces quatre présentations, j'ai surtout retenu le discours sur la "douleur" - qui concerne d'abord le corporel - qui résonnait tellement en moi, pour peu que l'on remplace ce terme par "souffrance" - davantage liée au psychisme. J'ai par ailleurs été spécialement attentive aux discours sur l'hypnose et l'auto-hypnose.
À la fin de la conférence, Mme Bonnet et moi nous sommes saluées. Et pour toute réponse à sa question "Comment allez-vous ?", j'ai fondu en larmes. Elle m'a alors proposé que l'on se voie dans les jours à venir, et non en janvier comme prévu lors de notre dernier rendez-vous début octobre. Je pense évoquer avec elle l'idée de tenter l'hypnose. Je ne suis ni sceptique ni convaincue ; je ne demande qu'à voir et me sens prête à accepter une nouvelle forme d'aide, sans pour autant savoir quels bénéfices je peux en attendre.

Le deuxième exemple remonte à hier soir. Nous avons essayé de nous distraire devant "Braquage à l'anglaise", diffusé sur France 2, mais, après un quart d'heure à ne rien comprendre et à nous ennuyer, nous avons basculé sur M6, qui diffusait un numéro de Zone interdite consacré à l'euthanasie, notamment à l'histoire de Vincent Humbert et de sa famille. Malheureusement, nous sommes tombés précisément au moment où son épouse, favorable à l'arrêt des soins - contrairement aux parents de son mari, lisait un extrait d'une lettre qu'elle a reçue de militants anti-euthanasie. Je n'ai pu retenir mes larmes face à la souffrance qu'elle éprouvait indéniablement en lisant ces mots bien-pensants et accusateurs - une souffrance et des mots qui faisaient douloureusement écho à ce billet publié l'an dernier (et surtout à un certain commentaire) et à la réponse que j'y avais apportée. Je n'ai pas pu aller plus loin dans cette émission.

Le troisième exemple remonte à quelques heures à peine. L'épisode de Plus belle la vie (personne n'est parfait ! :-)) de ce soir s'est ouvert de façon inattendue sur la mort d'une adolescente. S'en sont suivies l'annonce du décès à la maman et la visite de cette dernière auprès de sa fille à la morgue. Je ne suis pourtant pas du genre à me laisser attendrir devant ce feuilleton mais il m'a été impossible de lutter ce soir, d'autant plus que l'adolescente en question s'appelle... Élise ! Une Élise qui décède (même pour de faux) le jour de la Sainte Élise, la veille des 14 mois du décès de mon Élise... Comment rester indifférente ?

1 décembre 2015

Lumière

Il y a des semaines - une éternité, en somme - que je n'ai pas publié ici. Ce ne sont ni l'envie, ni l'inspiration, ni le besoin qui manquent : ce sont le temps et l'énergie qui font défaut. Je ne désespère pas de retrouver prochainement et régulièrement l'occasion de m'épancher ici.

En attendant, j'avais envie de vous rapporter une bribe de la conversation que j'ai eue avec Gaspard ce soir.

Alors que je m´apprêtais à mettre Hector en pyjama dans sa chambre, j'ai demandé à Gaspard :

- Tu veux bien allumer la lumière de Hector, s'il te plaît ?
- Oui !
- Merci, Gaspard !
Il s'est empressé de le faire, avant de se précipiter dans sa chambre et de revenir me voir quasiment aussitôt :
- A'umé ma 'umière aussi moi.
- Tu as allumé ta lumière ?
- Oui.
- Super !
- Est où 'umière à 'Etor ?
- Ben elle est là, tu viens de l'allumer.
- Ah oui. Est où ta 'umière à toi ?
- Elle est où ma lumière ?
- Oui.
- C'est vous ma lumière.
- Ah.

Juste des paroles d'une maman amoureuse de ses enfants, mais cette idée de lumière m'a fait du bien... et m'a rappelé ces paroles de Leonard Cohen que j'aime tant (Leonard Cohen et ces paroles) :

image

There is a crack in everything
That's how the light gets in

30 mai 2014

Psychiatre - Épisode 2

Lundi dernier, j'ai à nouveau rencontré le Dr Terranova. Le calendrier a voulu que ce rendez-vous vienne conclure une semaine de dates particulières :

  • le 18 mai : l'anniversaire de mon mari, que l'on avait fêté à presque quatre en 2013 en pensant qu'on serait bel et bien quatre un an plus tard, mais aussi les huit mois du décès d'Élise,
  • le 19 mai : les huit mois des grumeaux,
  • le 23 mai : les huit mois de l'enterrement d'Élise,
  • le 24 mai : le premier anniversaire de ce jour où notre vie a basculé,
  • le 25 mai : la fête des mères où mon cœur de maman était encore plus coupé en deux.

Alors forcément, dans le cabinet de la psychiatre, on ne peut pas dire que j'étais en pleine forme.

Contrairement à ce que j'avais cru comprendre, je n'ai pas rencontré la psychologue qui devait nous accompagner à domicile ; ce nouvel entretien s'est déroulé en tête-à-tête avec le Dr Terranova.

Neuropédiatrie

Elle a rapidement vu et senti que j'allais moins bien que la dernière fois. J'ai essayé de lui donner une explication rationnelle (la succession récente de toutes ces dates) à la dégradation de mon état mais ça ne lui a pas suffi. L'entretien a beaucoup tourné autour de la culpabilité cette fois. Parce que la culpabilité vous dévore, vous ronge de l'intérieur - elle est insidieuse et s'insinue partout.

Je culpabilise d'avoir tué Élise.
Je culpabilise de ne pas toujours penser à Élise.
Je culpabilise par rapport à Gaspard. D'ailleurs, dimanche dernier - jour de la fête des mères, j'étais tellement mal que j'ai fait un énorme câlin à Gaspard au moment de le coucher. Moi-même je sentais bien que je perdais pied à ce moment-là, je l'embrassais et le caressais en repensant à Élise et à ces mêmes gestes que je n'avais pu faire que quelques fois à peine avec elle. Et comme par hasard, alors que Gaspard dort entre 12 et 14 heures, cette nuit-là, il s'est réveillé six fois - comme si je l'avais perturbé, comme si je lui avais communiqué mon mal-être, comme s'il avait absorbé ma détresse. Je sais bien qu'on peut trouver mille explications à la mauvaise nuit d'un bébé mais vous ne m'ôterez pas de la tête que j'y suis nécessairement pour quelque chose.
Je culpabilise de ne visiblement pas réussir à m'en sortir toute seule.
Je culpabilise quand je me dis que rien ne pourrait être pire que l'absence d'Élise et que cette absence est de notre faute. En même temps, peut-on commettre un tel acte sans le payer toute sa vie ?
Je culpabilise quand j'imagine qu'un accident ou une maladie pourrait laisser Gaspard dans l'état végétatif qui aurait été celui d'Élise à la naissance : et pourtant, si ça arrivait, on ne tuerait pas Gaspard alors pourquoi n'avons-nous laissé aucune chance à Élise ?

Et c'est la nature de nos échanges qui lui a fait réviser son jugement quant au traitement médicamenteux, puisqu'elle m'a avoué qu'elle se posait la question, alors qu'elle l'avait exclu lors de notre premier entretien. Je lui ai rappelé que je n'y étais pas favorable a priori, pas plus que mon mari. Elle m'a alors expliqué qu'il s'agirait de toutes façons d'un traitement léger, qui ne m'abrutirait pas et qui ne modifierait pas mon comportement.
Elle a notamment insisté sur l'importance des premiers mois de vie de Gaspard et la nécessité qu'il bénéficie d'un environnement équilibré pendant cette période de sa vie en particulier.
Elle a précisé que c'était la notion de culpabilité qui ressortait de mes propos qui l'incitait à se poser la question. Elle m'a expliqué que la culpabilité est l'un des symptômes de la dépression. Voilà, le mot est lâché - le mot qui fait peur, le mot qui fait fuir. Je lui ai demandé si cette culpabilité n'était pas normale compte tenu de la décision que nous avions prise. Elle m'a alors fait comprendre (je ne me souviens plus de ses termes exacts) que, huit mois après, ce n'était pas tout-à-fait normal.

Je ne demande qu'à la croire et qu'à être aidée. Après tout, il paraît qu'elle s'y connaît, en deuil périnatal, d'un jumeau qui plus est.

Je dois à nouveau la rencontrer dans une dizaine de jours, accompagnée de mon mari cette fois, notamment pour discuter de l'opportunité de ce traitement.

Mais prendre des anti-dépresseurs, cela implique probablement que j'interrompe la relactation (je vous en reparlerai plus tard) et que nous fassions une croix sur notre espoir d'une nouvelle grossesse dans les semaines ou mois à venir.
Toujours est-il que, si elle me propose effectivement un traitement, ce ne sera pas pour moi mais pour Gaspard que je l'accepterai. Parce que je ne veux pas qu'il souffre de mon état. Car au final, le plus difficile à encaisser au sortir de cet entretien, c'est qu'il semble que je ne suis pas tout-à-fait à la hauteur pour m'occuper de Gaspard. Et si c'est comme ça que je suis censée lâcher prise par rapport à la culpabilité, c'est mal parti...

25 avril 2014

29 ans

En 1985, un jour comme aujourd'hui, je pointais le bout de mon nez - à l'heure du goûter, ce qui explique bien des choses d'ailleurs.

En 1999, un jour comme aujourd'hui, mon grand-père que j'aimais tant ne trouvait rien de mieux à faire que de s'éteindre. 15 ans. Déjà.

En 2013, un jour comme aujourd'hui, j'avais le ventre alourdi par l'amour, l'espoir et la promesse d'un bel avenir ; j'avais le coeur impatient de vieillir d'un an.

En 2014, aujourd'hui, je penserai à mon grand-père et j'irai sur la tombe de ma fille.

Joyeux anniversaire !

image

27 novembre 2014

Au Québec...

Vidéo

Au Québec, ils diffusent des publicités sur le deuil périnatal à la télévision...

"Le deuil d'un bébé, c'est le deuil de toute une vie."

Ce que j'aime particulièrement dans cette phrase, c'est son double sens.

Le deuil d'un bébé, c'est le deuil de toute une vie dans le sens où c'est de la vie de son enfant qu'il faut faire le deuil.

Le deuil d'un bébé, c'est aussi le deuil de toute une vie dans le sens où c'est un deuil qui dure toute la vie, toute notre vie.

13 mars 2014

Aller mieux

e soir, au groupe de paroles, une maman disait qu'après le décès de son enfant, elle n'avait pas voulu de "bébé-pansement" : elle ne voulait pas faire un bébé pour aller mieux, elle voulait aller mieux pour faire un bébé. J'ai réagi à ce qu'elle disait, sans jugement, sans comparaison, juste parce que je comprenais ce qu'elle voulait dire, précisément parce que je n'ai pas eu ce choix-là. Le "bébé-pansement" est arrivé au moment où mon autre bébé est parti. Et c'est ça qui est compliqué.

Tout le monde dit qu'il faut du temps pour se reconstruire, que le chemin du deuil est long. Mais j'ai l'impression qu'avec notre cas particulier, le temps s'étire, le chemin est encore plus long, le deuil prend du retard. J'ai l'impression de "faire mon deuil" en pointillés, de ne vivre mon deuil que quand Gaspard n'a pas besoin de moi. J'ai l'impression que chaque étape prend plus de temps que ce qu'elle aurait pris si Élise avait été seule. En même temps, si Élise avait été seule, Gaspard n'aurait pas été là pour me tirer vers le haut. Il me freine tout en me faisant avancer. Un paradoxe de plus.

Réflexion

17 septembre 2014

Il y a un an

Ce soir, je pense à ce soir du 17 septembre 2013, dont je ne savais pas à l'époque tout ce qu'il était, tout ce qu'il impliquait, tout ce qu'il signifiait, tout ce qu'il représentait.

Je ne me souviens pas de la journée du 17 septembre 2013. C'était sans doute une journée ennuyeuse, passée à l'hôpital en compagnie de mon mari, rythmée par les visites des sages-femmes et des aides-soignantes.

En revanche, je me souviens bien de l'enchaînement de la soirée, à partir du moment où le Professeur Verspyck est venu me chercher pour l'échographie, en fin d'après-midi. Mon mari était en train de lire Stephen King, assis dans le fauteuil, à côté de moi, pendant que je faisais une réussite sur le plateau roulant, assise dans le lit.
Je me souviens de la salle où j'ai passé l'échographie - la dernière pour les grumeaux. C'était la salle où j'avais passé une échographie de surveillance pendant le traitement d'une des trois FIV (je ne sais plus laquelle) et surtout la salle où j'avais passé l'amniocentèse.
Je me souviens que je ne voyais pas grand-chose de l'écran pendant l'échographie.
Je me souviens de l'attente alors que le Pr Verspyck allait chercher mon dossier.
Je me souviens de la surprise - que mon mari avait cependant vue venir - de l'annonce de la date prévue pour l'ISG.
Je me souviens de notre retour dans la chambre.
Je me souviens de mon autorisation de sortie pour le dîner, annoncée par une sage-femme sans doute mise au courant quelques minutes plus tôt par le Pr Verspyck.
Je me souviens des coups de téléphone à nos parents, avant de sortir.
Je me souviens du trajet à pieds jusqu'au restaurant, du dîner (le dernier passé ensemble, à quatre), du trajet retour à pieds sous la pluie jusqu'à l'hôpital.
Je me souviens de la sage-femme croisée juste avant de rejoindre ma chambre, à qui j'ai expliqué brièvement mon autorisation de sortie et qui était déjà au courant, bien sûr.
Je me souviens de ma peine à trouver le sommeil.
Je me souviens de la perte des eaux au milieu de la nuit.
Je me souviens de ma prise en charge par la sage-femme, justement celle croisée avant de rejoindre ma chambre quelques heures plus tôt.
Je me souviens de mon attente jusqu'à une heure décente pour prévenir mon mari.
Je me souviens de l'arrivée de mon mari.

Je me souviens de tout ce qui a suivi. Mais, même si nous avions déjà changé de jour depuis quelques heures, tout ce qui a suivi appartient au 18 septembre 2013. Le 17 septembre s'est terminé pour moi au petit matin du 18.

Larme

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>
Visiteurs
Depuis la création 356 787
Publicité
Tannabelle et ses grumeaux
Publicité
Publicité