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Tannabelle et ses grumeaux
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"Livre-lui tes pensées. Des pensées que tu ne dis pas, ce sont des pensées qui pèsent, qui s'incrustent, qui t'alourdissent, qui t'immobilisent, qui prennent la place des idées neuves et qui te pourrissent. Tu vas devenir une décharge à vieilles pensées qui puent si tu ne parles pas."
Oscar et la dame rose - Éric-Emmanuel Schmitt
   
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Derniers commentaires
28 juin 2013

Il y a des jours...

Il y a des jours où je me dis que j'aurais préféré ne jamais tomber enceinte, quitte à ne jamais devenir mère.

Il y a des jours où je me dis que, quitte à ce qu'Élise ait une pathologie qui justifie de se poser la question de l'IMG, je préfèrerais qu'elle "parte" d'elle-même dans mon ventre, pour qu'elle nous épargne d'avoir à prendre une décision trop lourde à porter.

Il y a des jours où je me dis que, quitte à ce qu'Élise ait une pathologie grave, je préfèrerais que cette pathologie ne rentre pas dans le cadre de la loi sur l'IMG, pour qu'on nous épargne d'avoir à prendre une décision trop lourde à porter.

Réflexion

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28 août 2013

Dernière danse - Kyo

Audio

Encore une chanson d'amour amoureux qui, à quelques mots près, semble écrite pour Élise et moi...

J'ai longtemps parcouru son corps
Effleuré cent fois son visage
J'ai trouvé de l'or
Et même quelques étoiles
En essuyant ses larmes
J'ai appris par coeur
La pureté de ses formes
Parfois je les dessine encore
Elle fait partie de moi

Je veux juste une dernière danse
Avant l'ombre et l'indifférence
Un vertige puis le silence
Je veux juste une dernière danse

Je l'ai connue trop tôt
Mais c'est pas d'ma faute
La flèche a traversé ma peau
C'est une douleur qui se garde
Qui fait plus de bien que de mal
Mais je connais l'histoire
Il est déjà trop tard

Dans son regard
On peut apercevoir
Qu'elle se prépare
Au long voyage

Je veux juste une dernière danse
Avant l'ombre et l'indifférence
Un vertige puis le silence
Je veux juste une dernière danse

Je peux mourir demain
Ça n'change rien
J'ai reçu de ses mains
Le bonheur ancré dans mon âme
C'est même trop pour un seul homme
Je l'ai vue partir, sans rien dire
Il fallait seulement qu'elle respire
Merci
D'avoir enchanté ma vie

Avant l'ombre et l'indifférence
Un vertige puis le silence
Je veux juste une dernière danse

J'ai longtemps parcouru son corps
Effleuré cent fois son visage
J'ai trouvé de l'or
Et même quelques étoiles
En essuyant ses larmes
J'ai appris par coeur
La pureté de ses formes
Parfois je les dessine encore

Elle fait partie de moi

23 juillet 2013

L'association Petite Émilie

Je ne peux que vous encourager à consulter le site de l'association Petite Émilie, dont le but est de soutenir et accompagner les personnes confrontées à une interruption médicale de grossesse et, plus largement, au deuil périnatal.

 

Petite Émilie

 

http://www.petiteemilie.org/
En particulier cette page :
http://www.petiteemilie.org/index.php?option=com_content&task=view&id=29&Itemid=106

Extrait de la dernière newsletter de l'association :

Décider de garder un enfant que l’on sait très lourdement handicapé physique ou mental fait partie de ces décisions que l’on prend, péremptoire, avec beaucoup d’aplomb et de facilité lorsque le problème ne se pose pas. Pour les uns, ce sera évidemment, pour les autres évidemment pas, et pour tous, un choix d’autant plus simple que notre conviction est profonde. Sauf qu’un jour la vie vous rattrape et celle de votre enfant à naître est condamnée avant même d’avoir commencé.

30 octobre 2013

Et maintenant - Gilbert Bécaud

Audio

Une chanson d'amour amoureux de plus qui résonne étrangement à mes oreilles...

Et maintenant que vais-je faire
De tout ce temps que sera ma vie
De tous ces gens qui m'indiffèrent
Maintenant que tu es partie

Toutes ces nuits, pourquoi pour qui
Et ce matin qui revient pour rien
Ce cœur qui bat, pour qui, pourquoi
Qui bat trop fort, trop fort

Et maintenant que vais-je faire
Vers quel néant glissera ma vie
Tu m'as laissé la terre entière
Mais la terre sans toi c'est petit

Vous, mes amis, soyez gentils
Vous savez bien que l'on n'y peut rien
Même Paris crève d'ennui
Toutes ses rues me tuent

Et maintenant que vais-je faire
Je vais en rire pour ne plus pleurer
Je vais brûler des nuits entières
Au matin je te haïrai

Et puis un soir dans mon miroir
Je verrai bien la fin du chemin
Pas une fleur et pas de pleurs
Au moment de l'adieu

Je n'ai vraiment plus rien à faire
Je n'ai vraiment plus rien

12 mars 2013

Les montagnes russes - Episode 4

Mon arrêt de travail s'arrêtait vendredi soir et je n'avais plus que des pertes marron "normales". J'ai donc repris le travail hier matin. Cette absence impromptue de deux semaines a suscité quelques questions chez mes collègues, mais il est bien trop tôt pour en expliquer l'origine, même lorsque la grossesse se déroule sans heurts et a fortiori quand elle semble si fragile...

Hier soir, j'ai de nouveau eu des saignements rouges abondants. La conséquence de mon retour au travail (qui est pourtant loin d'être physique ou pénible) ? En tout cas, notre première expérience d'il y a deux semaines nous a appris qu'il pouvait ne pas s'agir d'une fausse couche, nous nous sommes donc efforcés de garder la tête froide en attendant l'échographie de ce matin.

Une étudiante sage-femme épaulée d'une interne plus expérimentée m'examinent. L'hématome est toujours là et a même sensiblement grossi. L'interne nous soulage alors autant qu'elle nous surprend : "le premier va bien... et le deuxième aussi". Mon mari et moi échangeons des regards interloqués, pas encore prêts à nous réjouir, encore refroidis par la mauvaise nouvelle de la semaine dernière censée rendre impossible l'annonce qu'elle vient de nous faire. Nous lui demandons confirmation en lui expliquant en deux mots les raisons de notre surprise : elle nous réaffirme, sûre d'elle, qu'il y en a bien deux et nous les montre, chacun leur tour. A vrai dire, de moi-même je n'aurais pas su distinguer qu'il s'agissait de deux embryons différents mais elle nous inspire confiance et semble si sûre d'elle et si sereine que nous décidons de la croire.

L'interne nous accompagne dans le bureau de la sage-femme qui nous suit et lui confirme la double bonne nouvelle, en précisant qu'une nouvelle échographie de contrôle s'impose, en raison de la persistance de l'hématome, la semaine prochaine, ce qui lui donnera l'occasion de prendre un cliché bichorionique. Traduction : une image sur laquelle on verra bien les deux embryons.

Cette fois, nous quittons le CHU pas complètement rassurés mais le coeur un peu plus léger, en attendant la prochaine échographie, et avec, pour moi, un nouvel arrêt jusqu'au 21 mars, puisque l'hématome fait toujours des siennes.

Montagnes russes

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6 mai 2013

Tricoti-tricoton !

Je suis maintenant en arrêt depuis plus de deux mois et risque de le rester jusqu'au début de mon congé maternité qui doit démarrer le 5 août. Comme je suis interdite de voiture et de marche, et condamnée au repos (sans devoir être alitée en permanence - pour l'instant ? - heureusement !), les journées passent plus ou moins vite selon mon humeur, mes envies, mes sollicitations, mes impératifs...

Pour éviter l'ennui et mettre à profit tout ce temps qui s'offre à moi, j'ai décidé de me lancer dans le fait-main pour certains préparatifs de l'arrivée des grumeaux : j'ai donc demandé à ma mère de m'apprendre à tricoter. N'ayant pas de talent manuel particulier (même si j'aime faire des choses de mes mains, pourvu que j'aie l'inspiration), je ne peux me lancer que dans des choses accessibles aux débutantes, du moins pour le moment. Je laisse les choses plus subtiles à ma mère, qui se débrouillera très bien : doudous-grenouilles, bonnets "compliqués", gigoteuses, etc.

De mon côté, je me suis donc lancée dans la réalisation de chaussons. Après quelques pas en avant pour autant de pas en arrière, ils commencent à prendre forme, même si je suis pour l'instant bloquée à une étape qui nécessite l'aide de ma mère (qui habite à 200 km de chez moi et que je ne vois donc que de temps en temps). Heureusement, à ce stade, mes aiguilles sont libérées : je peux donc tricoter les 4 chaussons jusqu'à cette étape, en attendant de revoir ma mère pour avancer encore.

Où j'en suis (pour les 2 premiers chaussons, il me reste les 2 autres à commencer) :

Chausson

A quoi ils doivent ressembler :

Chaussons modèle

9 mars 2017

Le petit garçon qui n'aimait pas le coiffeur

... on pourrait croire que je vous dévoile en avant-première le titre du dernier roman de Jonas Jonasson. Que nenni ! Je vais plutôt vous raconter une anecdote-pas-si-anecdotique-à-mes-yeux qui concerne Hector et son dernier passage chez le coiffeur.

Cela fait des mois que Hector a une peur bleue du coiffeur (et de tout ce qui touche de près ou de loin à ses cheveux). Pourquoi ? Bonne question ! J'ai l'impression que cela coïncide avec son hospitalisation de 24 heures il y a un an pour déshydratation suite à une gastro sévère, qui a par ailleurs marqué le début de sa peur des médecins. J'ai beau me triturer les méninges, je n'arrive pas à faire le lien entre les médecins et ses cheveux. Toujours est-il que nous en avons bien conscience à la maison et que nous repoussons toujours au maximum le passage chez le coiffeur, pour lui éviter ces désagréments.

Hier, voyant depuis quelque temps ses cheveux recouvrir inexorablement ses oreilles (tout comme son frère, d'ailleurs), je les ai emmenés tous les deux chez une coiffeuse que nous n'avions encore jamais testée.

Pour Gaspard, tout s'est passé comme prévu. RAS.
Pour Hector, tout s'est passé comme prévu également : l'inquiétude qui se lit dans son regard et son attitude dès que nous franchissons la porte, la main portée à ses cheveux à coups de "non non non", le soulagement quand il voit son frère passer en premier, la panique quand il comprend que son tour est arrivé, les pleurs intarissables et les efforts désespérés pour s'échapper pendant toute la (tentative de) coupe.

Je sais que ça se passe mal pour l'instant, mais je me dis que ça finira par rentrer dans l'ordre. En attendant, j'aimerais bien trouver un coiffeur qui sache vraiment s'y prendre avec les enfants apeurés. Car, outre le résultat médiocre (mais pouvait-elle vraiment faire mieux sur un modèle aussi agité ?) de la coupe, l'attitude de la coiffeuse m'a dérangée du début à la fin !

Pour commencer, sachez que je suis de celles qui croient (enfin, plus qu'une croyance, c'est carrément une conviction et une certitude !) que les enfants ne font pas de caprices. Alors quand j'ai entendu la coiffeuse répéter à l'envi qu'il faisait "une colère" et "de la comédie", que ce n'était "pas joli de pleurer", je peux vous dire que je me suis retenue de prendre mon "comédien colérique" sous le bras, avec sa coupe à moitié achevée !

Elle a même cru bon de rajouter que "[son] frère n'avait pas pleuré, lui". Cela ne me semble pourtant pas difficile de comprendre qu'il est plus âgé donc plus mature, qu'il n'a manifestement pas les mêmes expériences, les mêmes ressentis, les mêmes appréhensions, les mêmes traumatismes et que la comparaison s'arrête là sans conclusion à en tirer.

Par-dessus le marché, elle s'est occupée d'eux sans avertir ni expliquer. Et pour le coup, même mon docile Gaspard a moyennement apprécié l'histoire de l'eau froide pulvérisée sans aucune précaution ! Alors qu'il paraît que prévenir et expliquer permettent de tuer dans l'oeuf (et je sais de quoi je parle... humour noir, quand tu nous tiens !) tout ce qui est habituellement (et à tort, dirais-je) qualifié de "crise". Enfin, ce n'est pas "il paraît" : on le pratique à la maison et ça marche plutôt bien... elle devrait essayer !

Le clou du spectacle, c'est au moment de payer que nous y avons eu droit. Comme souvent, un bol de bonbons attendait bien sagement et bien en évidence sur le comptoir. Mes deux loustics les ont repérés et en ont réclamé, mais j'ai refusé. Et là, cette fichue coiffeuse a cru opportun de préciser à l'attention de Hector : "ah bah non, tu as trop pleuré, Maman elle veut pas". J'aurais vraiment dû remettre quelques points sur ses "i", à celle-là !
Premièrement, chez nous, les bonbons c'est en quantité très limitée. En réalité, nous n'en achetons pas et les seuls qu'ils consomment sont ceux qu'ils reçoivent à différentes occasions (rapportés de l'école lors de l'anniversaire d'un(e) camarade de Gapard par exemple).
Deuxièmement, à une demi-heure du repas, il était évident qu'ils n'auraient pas à droit à ce genre d'apéritif !
Troisièmement, chez nous, les bonbons et autres friandises ne servent certainement pas de moyens de pression, chantage ou récompense (systèmes plutôt inusités à la maison d'ailleurs).
Et quatrièmement, si j'avais été dans cette absurde logique, j'en aurais donné à Gaspard mais pas à Hector.

Bref, tout ça pour dire que, aussi futile que cela puisse paraître, nous recherchons toujours un coiffeur qui connaisse son métier et sache s'y prendre avec les enfants !

Vous me direz qu'on pourrait aussi prendre le parti de laisser pousser ses cheveux le temps qu'il s'y fasse, mais le problème, c'est qu'avec sa blondeur et son manque de volume, il risque de ressembler... à ça !

coupe au bol

20 juin 2017

On récolte ce que l'on sème

Hier matin, profitant d'un instant d'inattention et d'une fenêtre ouverte, notre chat s'est payé une escapade improvisée dans le quartier, juste avant le départ pour la crèche, l'école et le travail évidemment ! Pour éviter tout retard à l'école, j'ai emmené les enfants et laissé mon mari chercher après le chat. Sur la route, nous avons parlé de cette mini-fugue, que Gaspard a commentée ainsi, presque le sourire aux lèvres : "Si elle va sur la route, elle va se faire écraser". Me rendant bien compte qu'il n'en saisissait pas toutes les conséquences, j'ai alors expliqué que si elle se faisait écraser, elle risquait de mourir et que nous risquions de ne plus l'avoir/la voir. Et mon petit bonhonne de rétorquer tout de go : "Oui, mais on pourra la voir en photo".

Mon Gaspard a bien retenu ce que nous lui répondons lorsqu'il nous dit vouloir voir sa sœur : "on ne peut plus la voir en vrai parce qu'elle est morte, mais on peut la voir en photo".

 

Et ce matin, en arrivant à l'école, Gaspard qui me sort, une fois encore de but en blanc : "là tout de suite, Élise, elle est morte".
Moi : "Oui, effectivement."
Gaspard : "Et des fois, ça nous rend tristes et des fois, ça nous rend pas tristes."
Moi : "Et alors ce matin, ça te rend comment ?"
Gaspard : "Aujourd'hui, ça me rend pas triste."

Ouf, il semblerait qu'il ne gère pas trop mal ses émotions par rapport à Élise et qu'il s'autorise à les vivre et les exprimer, quelles qu'elles soient.

Réflexion

Eh bien, ces deux anecdotes sont pour moi des petites victoires sur notre chemin de famille endeuillée ! :-)

26 janvier 2017

On refait le match

Internet n'oublie rien et Facebook ne déroge pas à la règle. Au contraire, le non-droit à l'oubli a même été institutionnalisé sur ce réseau social. Aujourd'hui, il m'a donc rappelé ce que j'avais publié il y a quatre ans jour pour jour :

Dans le désordre, en près de 3 ans de traitement, à quelques heures de la 3e FIV :

  • 25 échographies
  • 1 IRM
  • 1 ponction de kystes
  • 29 prises de sang
  • 2 suppositoires
  • 1 hystérographie
  • 190 comprimés
  • 2 ponctions d'ovocytes
  • 1 replacement
  • 78 piqûres
  • 2 embryons non viables
  • 1 embryon viable
  • 0 bébé
Cela me fait d'ailleurs penser à une photo qui circule depuis un moment déjà et qui s'est elle aussi rappelée à mon souvenir il y a peu :

traitements FIV


Quatre ans plus tard, je peux refaire mon bilan. À ce même décompte, on peut désormais ajouter :
  • 1 grossesse provoquée
  • 1 grossesse spontanée
  • 2 bébés vivants
  • 1 bébé mort
Sur le papier, le compte est bon : 2 grossesses, 2 bébés à la maison. Mais dans les faits, les statistiques sont moins réjouissantes : 33% de perte, pour laisser parler la froideur implacable des chiffres... Si, avec un peu de chance, d'autres bébés rejoignent notre foyer, le taux diminuera peut-être à 25% voire 20%, mais Elle me manquera toujours autant...
Comme quoi, des chiffres, ça ne veut pas dire grand-chose. Seul ce que l'on ressent importe vraiment.
26 juillet 2015

Tous les trois

À l'occasion de la naissance de Hector, les collègues de mon mari ont organisé une collecte qui lui a été remise il y a quelque temps. Pour rendre l'enveloppe qui la contenait plus personnelle, une de ses collègues eu la douce idée de l'agrémenter d'un dessin né sous ses doigts de fée. Par la suite, elle a même eu la gentillesse de le reproduire dans un format un peu plus grand et en donnant à Élise la couleur de cheveux qui était la sienne à la naissance.

Inutile de préciser à quel point cette attention nous a touchés par sa simplicité, sa douceur. Tout y est. Merci Vanessa !

image

25 février 2014

Vivre encore - Bernard Lavilliers

Audio

Quand tu n’entends plus dans ton cœur trop lourd
Battre ton sang noir, voiler les tambours
Et quand le soleil comme une blessure
Fait place à la nuit quand la mort rassure
Faut vivre encore

Combien de ratures combien de nuits blanches
Pour toucher de près ce chant qui me hante
Ce qu'il faut de sang pour donner la vie
Ce qu'il faut de temps pour toucher l'oubli
Et vivre encore

Vivre encore
Vivre comme un cri
Cri du sang
De l'amour aussi
Vivre ailleurs
Survivre ici
La bataille n'est jamais finie
Quel vainqueur ?

Ce qu'il faut courir pour avoir le souffle
Ce qu'il faut sentir au dessus du gouffre
Ce qu'il faut cacher pour un mot d'amour
Ce qu'il faut tuer pour revoir le jour
Et vivre encore

Vivre encore
Vivre comme un cri
Cri du sang
De l'amour aussi
Vivre ailleurs
Survivre ici
La bataille n'est jamais finie
Quel vainqueur ?

Ce qu'il faut lâcher pour cette altitude
Ce qu'il faut forcer pour la solitude
Faut de la présence pour tenir la scène
Prendre des distances pour tenir la tienne
Et vivre encore

Vivre encore
Vivre comme un cri
Cri du sang
De l'amour aussi
Vivre ailleurs
Survivre ici
La bataille n'est jamais finie
Quel vainqueur ?

Quand tu n’entends plus dans ton cœur trop lourd
Battre ton sang noir, voiler les tambours
Et quand le soleil comme une blessure
Fait place à la nuit quand la mort rassure
Faut vivre encore
Faut vivre encore
Et vivre encore

28 janvier 2014

Il y a un an

Il y a un an, nous étions remplis d'espoir, d'appréhension et d'impatience.
Il y a un an, notre plus grande crainte était que cette troisième tentative échoue elle aussi.
Il y a un an, nous étions sur le point de voir la plus belle et la plus triste des aventures débuter.
Il y a un an, deux moitiés d'Élise et deux moitiés de Gaspard allaient bientôt se rencontrer.

Pendant la grossesse, je me disais que j'aurais préféré ne jamais tomber enceinte, ne jamais devenir mère plutôt que de vivre ce que nous vivions et ce que nous nous apprêtions à vivre.
Aujourd'hui, je ne sais pas.
Je ne sais pas si la joie de connaître Gaspard vaut le drame de ne pas connaître Élise. Je trouve que le prix du bonheur - si ce mot a encore un sens - est vraiment très élevé... trop élevé...

Bonheur

20 août 2013

Et c'est parti !

Première tournée de linge pour Gaspard...

Linge 1

... pendant que les autres attendent leur tour !

Linge 2

J'en profite pour remercier tous ceux qui nous ont fait bénéficier de ces cadeaux, prêts et dons car, alors que nous n'avons pour l'instant acheté aucun vêtement, P'tit loup a déjà de quoi voir venir !
Merci à Mamoun' et Papoun', beau-papa et belle-maman, tata Béa et tonton Robert, Caroline et Guillaume, Fabrice et Hwa-Jean, Tiph et Maxence !

15 octobre 2019

Pour la première fois...

Voilà, je craque.
 
En cette journée symbolique de sensibilisation au deuil périnatal, 6 ans et 26 jours plus tard, je craque : je publie sur Internet une photo de mon bébé mort, de mon bébé, de mon enfant, de ma fille, de mon Élise.

bonnet nb

Crédit photo : notre lointaine, mais indéfectible amie Chrystelle

 
Bien sûr, cette photo est "soft". On devine à peine Élise, on ne peut même pas la reconnaître, on ne voit rien de ses malformations, on ne peut même pas comprendre - si on ne le sait pas déjà - qu'elle n'est pas vivante sur cette photo.
Mais j'avais ce besoin inexplicable, dévorant, inextinguible, vorace, viscéral de montrer ma fille, comme pour dire au monde qu'elle a vécu, qu'elle a existé, qu'elle existe. De faire comprendre avec du concret - pas juste avec des mots, des émotions, de l'intangible - que je ne pleure pas un fantôme, qu'elle était faite de chair et d'os (et d'un peu trop d'eau aussi... putain d'hydrocéphalie) et de beaucoup d'amour.
Je regretterai peut-être ce billet, peut-être même au point de le retirer du blog (ou du moins la photo), car depuis le début, je me refuse à l'exposer sur Internet, au milieu d'innombrables envies toujours réprimées de déroger à cette règle.
Mon mari, qui n'est pas encore au courant, sera peut-être dérangé par ce billet et s'il le souhaite, je le retirerai.

Bref, ce billet est très impulsif, il vient tout droit de mon coeur de maman qui souffre, qui crève de ne pas pouvoir serrer sa fille dans ses bras, de ne pas pouvoir lui parler, lui montrer le chemin que je croirais bon pour elle, lui donner les armes et les outils pour affronter ce monde, l'ouvrir à ses trésors et richesses intérieurs pour trouver sa place sur cette planète.
Au final, je crois que si je publie ce billet aujourd'hui, ce n'est pas un hasard. (En écrivant cela, je pense à mon amie Hélène, fondatrice de Souvenange, pour qui "il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous".) En fait, je me réjouis que la Journée de sensibilisation au deuil périnatal existe, évidemment, car cela met en lumière ce sujet si méconnu. Mais ce que je dépllore, c'est que j'ai la sensation que les gens ne voient derrière cela qu'un "concept", une idée, une notion.
Non, le deuil périnatal, ce ne sont pas des statistiques ("7000 familles par an en France", 7000 ! Plus que la sécurité routière, quoi !) et ce n'est pas un calendrier bien précis ("du cours de la grossesse aux premiers jours de vie").
Le deuil périnatal, ce sont des bébés, des enfants, des êtres vivants, des êtres humains qui meurent et qui ouvrent derrière eux un océan de chagrin, un abîme de solitude et un enfer de culpabilité.
Le deuil périnatal, c'est la vie et la mort qui s'entremêlent, c'est le destin qui te violente à un point inimaginable, c'est la vie qui te met à terre en te faisant croire que tu ne te relèveras jamais.
Le deuil périnatal, c'est du concret : au choix, selon les circonstances, décider de tuer ton enfant ("pour son bien"...), accoucher de ton bébé déjà mort, le mettre au monde sans lui donner la vie, ne jamais l'habiller ou le changer ni même poser tes mains sur sa peau nue et sentir sa chaleur t'envahir le coeur, aller le voir à la morgue, lui choisir un cercueil au lieu d'un berceau.
Le deuil périnatal, c'est un vide au quotidien. Qui se remplit aléatoirement de mille choses. Mais remplissez-le de tout ce que vous voudrez, mettez-y les plus jolies choses, les plus belles surprises du destin, les plus grandes joies de la vie : le vide sera toujours là, quelque part, en-dessous.

Le vide. Le manque.
Élise manquera toujours pendant l'histoire du soir. Élise manquera toujours à table. Élise manquera toujours dans le planning chronométré du matin. Élise manquera toujours dans les larmes et les rires de notre famille. Élise manquera toujours dans nos projets.

Élise, c'est pas juste un bonus qu'on n'a pas eu, une promesse qui n'a pas été tenue. C'est une petite fille qui manque à nos vies. À chaque instant.
4 juillet 2015

Un lit pour Hector

Après le lit de Gaspard il y a deux ans, le lit de Hector est maintenant retapé. La peinture sèche depuis une dizaine de jours, Hector va donc bientôt pouvoir intégrer sa chambre et son lit :-)

Nous avons oublié de faire une photo avant restauration et la dame à qui nous l'avons acheté sur leboncoin avait déjà supprimé l'annonce et les photos qui allaient avec lorsque nous nous en sommes rendu compte. Il faudra donc vous contenter d'imaginer qu'il était "blanc-plus-que-défraîchi-avec-des-taches-et-des-résidus-de-colle" lorsque nous l'avons récupéré.

Pour Hector, nous n'avions pas de couleur spéciale comme pour les grumeaux mais il se trouve que, parmi les nouveautés qu'il a reçues ou que nous avons choisies pour lui (décoration, linge, etc.), il y a différentes nuances de bleu, indépendamment du fait qu'il soit un garçon, à qui le bleu est souvent attribué. Ça tombait bien puisqu'il restait chez mes parents un reste de peinture bleue en quantité suffisante. Et mon mari a trouvé des draps assortis. La couleur de M. Hector sera donc les bleus.

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Je te souhaite d'y faire de beaux rêves, mon p'tit chat ! <3

 

Du coup, je vais pouvoir rayer le premier point de ma liste de choses à faire : je progresse, je progresse !

 

20 septembre 2015

Anniverciel

À la fin de cette journée en famille en l'honneur de Gaspard, nous sommes allés sur la tombe d'Élise, pour son "anniverciel".

Il faisait beau et doux, exactement comme il y a deux ans.

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Et le soir, à la nuit tombée, mon mari et moi avons pu faire ce que nous n'avions pas réussi la veille, malgré notre patience et trois tentatives : envoyer une lanterne pour Élise, comme l'an dernier, depuis la plage de la petite ville où elle est enterrée.

Il faut croire qu'Élise ne voulait pas que l'on célébre sa mort mais sa naissance...

5 avril 2015

Du haut de son étoile

Il y a longtemps que je suis via Facebook le dessinateur Jack Koch, qui se trouve être également un ancien instituteur, d'où le thème récurrent de l'enfance dans ses dessins.

Il y a quelques mois, j'avais vu passer un dessin mettant en scène un petit garçon assis sur une étoile et lançant un doudou à une petite fille. Malgré l'inversion des "rôles", j'avais évidemment pensé à Élise et Gaspard. J'ai alors contacté Jack Koch pour lui faire une demande spéciale, qu'il a acceptée : c'est ainsi que nous avons reçu, peu avant Noël dernier, notre dessin personnalisé.

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Et puis, cette semaine, après avoir vu défiler des dizaines d'autres scènes étoilées réalisées par Jack, j'ai été particulièrement touchée par l'un de ses dessins. Il m'a étreint le coeur à un point...

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Moi aussi, je voudrais lui parler.

Comment vas-tu, là-haut ou là-bas ?
Comment c'est, chez toi ?
Est-ce qu'il fait bon être morte sur ton étoile ?
Je connais plein de petits enfants comme toi, qui n'ont pas pu vivre. Est-ce que tu t'es fait des amis parmi eux ?
On ne se moque pas trop de toi ? De ta double fente labio-palatine, de ta grosse tête, de tes yeux trop écartés, de tes petites oreilles placées trop bas ? Les enfants sont souvent moqueurs entre eux ici-bas, mais peut-être pas chez toi.
Est-ce que tu nous vois ?
Est-ce que tu sais à quel point tu nous manques ?
Est-ce que tu as vu que ton petit frère a dormi 7 heures d'affilée cette nuit ?
Est-ce que nous te manquons ?
Est-ce qu'il y a des saisons chez toi ?
Est-ce que tu entends ton frère jumeau prononcer ton prénom ?
Est-ce qu'il y a la nuit et le jour chez toi ?
Est-ce que tu connais le chaud et le froid, la faim et la soif ?
Est-ce que tu nous en veux ?

 

11 octobre 2014

Vole - Céline Dion

Audio

Vole, vole petite aile
Ma douce, mon hirondelle
Va-t'en loin, va-t'en sereine
Qu'ici rien ne te retienne

Rejoins le ciel et l'éther
Laisse-nous, laisse la terre
Quitte manteau de misère
Change d'univers

Vole, vole petite soeur
Vole mon ange, ma douleur
Quitte ton corps et nous laisse
Qu'enfin ta souffrance cesse

Va rejoindre l'autre rive
Celle des fleurs et des rires
Celle que tu voulais tant
Ta vie d'enfant

Vole, vole mon amour
Puisque le nôtre est trop lourd
Puisque rien ne te soulage
Vole à ton dernier voyage
Lâche tes heures épuisées
Vole, tu l'as pas volé
Deviens souffle, sois colombe
Pour t'envoler

Vole, vole petite flamme
Vole mon ange, mon âme
Quitte ta peau de misère
Va retrouver la lumière

11 août 2015

De l'air

Se balader en poussette dans la maison. Jouer dans le parc. Faire la sieste dans son lit. Me regarder depuis sa chaise haute.
...
Rien n'y fait : il veut être avec moi, sur moi.

Sa peau contre la mienne.
Sa chaleur.
Ses gémissements de contentement.
Ses doigts qui s'agrippent à mes vêtements.
Ses yeux qui cherchent les miens.
Sa respiration qui ralentit.
Sa lèvre inférieure qui tète dans le vide.
Ses soupirs d'aise.
Son corps qui s'abandonne en pleine confiance.

Tout ce que j'aurais voulu dire d'Élise, vivre avec Élise, voilà que je n'en peux plus, que je n'en veux plus avec lui.
Ce contact physique. Cette fusion. Cette vampirisation.
Mon coeur, mon esprit, mon âme veulent respirer. Mon corps cherche de l'air malgré moi. Littéralement. Je ne contrôle plus ma respiration. Ma fonction vitale a pris son indépendance et va chercher ce dont elle a besoin comme elle peut, où elle peut.

Lui sur moi.
Lui si bien.
Moi si mal.
Comment est-ce possible ?

La certitude d'être incapable de lui faire du mal, de mal le traiter, volontairement ou par négligence.
Mais le sentiment de le trahir.
Alors mon rejet de lui n'est-il pas déjà une négligence ou une maltraitance ?...

Réflexion

3 juillet 2015

Pas elle, pas eux

Il y a quelques jours, nous avons gardé une petit fille de notre entourage. Dans le désordre, notre après-midi a ressemblé à ça :

Hector et cette petite fille ont passé du temps ensemble dans le parc à s'observer, à se regarder, à se toucher, à se demander "tékitoi ?".
J'ai amusé Hector et cette petite fille avec des livres, des jouets, de la musique.
Hector a tété à droite pendant que je donnais un biberon à cette petite fille au creux de mon bras gauche.
Hector et cette petite fille ont pleuré en même temps.
J'ai changé Hector et cette petite fille.
Nous sommes sûrement passés pour une "famille-alloc" en allant nous promener à cinq, Gaspard et nous à pieds, Hector dans l'écharpe de portage et cette petite fille dans la poussette.

Hector et cette petite fille n'ont que quelques semaines d'écart, une différence assez visible à leur âge, mais dimanche, je ne voyais que deux bébés, un garçon et une fille - ceux que j'aurais dû avoir.

Ce n'est pas Hector et cette petite fille qui devaient jouer ensemble.
Ce n'est pas Hector et cette petite fille que je devais amuser.
Ce n'est pas Hector et cette petite fille que je devais nourrir en même temps.
Ce n'est pas Hector et cette petite fille qui devaient pleurer de concert.
Ce n'est pas cette petite fille la première petite fille que je devais changer.
Ce n'est pas avec Hector et cette petite fille que nous devions nous faire dévisager dans la rue.

Ça ne devait pas être "Hector et cette petite fille". Ça devait être "Gaspard et Élise". C'est avec eux que je devais vivre tout ça.
Mais il n'y a plus de "Gaspard et Élise". Il n'y aura plus jamais de "Gaspard et Élise".

Réflexion

14 avril 2014

Une jolie robe

Vendredi dernier, je suis sortie prendre un verre en terrasse avec une amie. Avec le soleil qu'il faisait, je me suis fait la réflexion qu'il fallait que je protège la tête de Gaspard. Nous avons donc fait un crochet dans une boutique pour enfants pour y trouver une casquette ou un bob.

J'ai trouvé ce que je cherchais pour Gaspard - et même plus. Je me suis en effet fait plaisir pour cet été car, depuis sa naissance, nous n'avons choisi nous-mêmes que quelques pyjamas et paires de chaussettes : tout ce qu'il porte vient de dons, prêts ou cadeaux !

Quand je me retrouve dans ce genre d'endroit, je prends par ailleurs toujours le soin d'éviter les rayons "petite fille" - c'est encore trop douloureux - mais la boutique était trop petite pour que je ne remarque pas cette jolie petite robe dans laquelle je t'imaginais si bien...

Robe marguerites

Depuis que tu n'es plus là (as-tu seulement été vraiment là ?), je me suis toujours dit que si quelque chose - un vêtement, un doudou - me plaisait au point de t'imaginer avec, je m'autoriserais à le prendre. Cette robe aurait été la première occasion. Mais je ne l'ai pas fait.
Peut-être parce que je n'étais pas seule.
Peut-être parce que j'ai eu peur que la vendeuse ne me pose des questions auxquelles je n'avais pas envie de répondre.
Peut-être parce que je me suis rendu compte que c'était absurde. Mais ton absence n'est-elle pas ce qu'il y a de plus absurde dans ma vie ?
Peut-être parce que j'ai compris que voir cette robe chez nous, sans petite fille à y glisser, me ferait plus de mal que de bien.

23 avril 2015

Gaspard et Hector prennent l'avion

Aujourd'hui, c'est la première fois que nous prenons l'avion avec (et depuis) Gaspard et Hector. Pour Hector, je ne suis pas inquiète : un câlin, une tétée et les 90 minutes de vol devraient passer vite. Pour Gaspard, le temps lui paraîtra sans doute plus long.

Alors, au cas où mon petit crapaud dérangerait nos voisins, nous avons pris les devants pour essayer de les mettre dans de bonnes dispositions à notre égard, à travers de petites "pochettes détente" destinées à notre voisinage immédiat, à l'aller et au retour.

Au menu : des petites friandises, des mots croisés (personnalisés autour de Gaspard, Hector et notre voyage) avec un crayon pour chacun (merci Monsieur-le-fabricant-de-meubles-suédois !) et... des boules Quies ! ^^

image

12 mars 2015

Merci

Suite à mon billet "baby blues" (même si c'est un peu plus que ça...), j'ai reçu beaucoup de réactions, que ce soit en commentaire ou en message privé, qu'il s'agisse de témoignages similaires ou de marques d'affection.

Je tâcherai de répondre à chacun d'entre vous, mais, comme je suis souvent "longue à la détente" (j'ai dans la boîte de réception liée au blog des messages datant de plusieurs semaines voire mois auxquels je ne désespère pas de répondre un jour !), cela risque de prendre un peu de temps.

En attendant, je voulais simplement vous remercier, tous et chacun.
Me livrer sur ce sujet si sensible m'a libérée. Tout n'est pas rentré dans l'ordre - loin de là - mais me sentir moins seule, me savoir soutenue, me découvrir comprise a été salvateur. Cela me conforte dans l'idée à laquelle je croyais déjà : parler est le début de la guérison.

Aujourd'hui, un peu plus d'un mois après l'arrivée d'Hector et une semaine après m'être ouvertement exprimée à ce sujet, je me sens moins mal ; je me sens mieux, même.
Je n'ai toujours pas réussi à lui dire "je t'aime". J'ai encore du mal à lui parler, de ce que je ressens précisément par rapport à lui ou comme on parle à son bébé. Je ne suis pas encore tout à fait naturelle ou à l'aise avec lui. Toutes mes pensées négatives ne m'ont pas quittée.
Mais il commence à trouver le chemin de mon cœur et je commence à m'attendrir devant lui. Petit à petit.
Il commence à me séduire et je commence à me laisser charmer. Petit à petit.
Nous commençons à échanger un peu plus que des gestes techniques. Nous commençons à dépasser le nécessaire pour atteindre autre chose, quelque chose de plus beau, de plus sincère, de plus naturel, de plus évident.

L'évidence se fait attendre mais elle est en train de poindre.

Réflexion

15 janvier 2015

Ça va pas changer le monde - Joe Dassin

Audio

C'est drôle, tu es partie
Et pourtant tu es encore ici
Puisque tout me parle de toi
Un parfum de femme, l'écho de ta voix
Ton adieu, je n'y crois pas du tout
C'est un au revoir, presqu'un rendez-vous

Ça va pas changer le monde
Il a trop tourné sans nous
Il pleuvra toujours sur Londres
Ça va rien changer du tout
Qu'est-ce que ça peut bien lui faire
Une porte qui s'est refermée ?
On s'est aimés, n'en parlons plus
Et la vie continue

Ça va pas changer le monde
Que tu changes de maison
Il va continuer, le monde
Et il aura bien raison
Les poussières d'une étoile
C'est ça qui fait briller la voie lactée
On s'est aimés, n'en parlons plus
Et la vie continue

Ça va pas changer le monde
Ça va pas le déranger
Il est comme avant, le monde
C'est toi seule qui as changé
Moi, je suis resté le même
Celui qui croyait que tu l'aimais
C'était pas vrai, n'en parlons plus
Et la vie continue

20 août 2014

Ton héritage - Benjamin Biolay

Audio

C'est étrange, je ne sais pas bien à qui s'adresse cette chanson dans ma tête - certaines phrases pourraient s'adresser à Gaspard ou à moi - mais elle me plonge inévitablement au coeur de mon histoire avec Élise et Gaspard. Cette histoire d'héritage, de transmission, de "on fait comme on peut avec ce qu'on a", ça me parle, forcément. Ça parle à la femme, à la maman de Gaspard et à la maman d'Élise que je suis.

Si tu aimes les soirs de pluie
Mon enfant, mon enfant
Les ruelles de l'Italie
Et les pas des passants
L'éternelle litanie
Des feuilles mortes dans le vent
Qui poussent un dernier cri
Crie mon enfant

Si tu aimes les éclaircies
Mon enfant, mon enfant
Prendre un bain de minuit
Dans le grand océan
Si tu aimes la mauvaise vie
Ton reflet dans l'étang
Si tu veux tes amis
Près de toi tout le temps

Si tu pries quand la nuit tombe
Mon enfant, mon enfant
Si tu ne fleuris pas les tombes
Mais chéris les absents
Si tu as peur de la bombe
Et du ciel trop grand
Si tu parles à ton ombre
De temps en temps

Si tu aimes la marée basse
Mon enfant, mon enfant
Le soleil sur la terrasse
Et la lune sous le vent
Si l'on perd souvent ta trace
Dès qu'arrive le printemps
Si la vie te dépasse
Passe mon enfant

Ça n'est pas ta faute
C'est ton héritage
Et ce sera pire encore
Quand tu auras mon âge
Ça n'est pas ta faute
C'est ta chair, ton sang
Il va falloir faire avec
Ou plutôt sans

Si tu oublies les prénoms
Les adresses et les âges
Mais presque jamais le son
D'une voix, un visage
Si tu aimes ce qui est bon
Si tu vois des mirages
Si tu préfères Paris
Quand vient l'orage

Si tu aimes les goûts amers
Et les hivers tout blancs
Si tu aimes les derniers verres
Et les mystères troublants
Si tu aimes sentir la terre
Et jaillir le volcan
Si tu as peur du vide
Vide mon enfant

Ça n'est pas ta faute
C'est ton héritage
Et ce sera pire encore
Quand tu auras mon âge
Ça n'est pas ta faute
C'est ta chair, ton sang
Il va falloir faire avec
Ou plutôt sans

Si tu aimes partir avant
Mon enfant, mon enfant
Avant que l'autre s'éveille
Avant qu'il te laisse en plan
Si tu as peur du sommeil
Et que passe le temps
Si tu aimes l'automne vermeil
Merveille rouge sang

Si tu as peur de la foule
Mais supporte les gens
Si tes idéaux s'écroulent
Le soir de tes 20 ans
Et si tout se déroule
Jamais comme dans tes plans
Si tu n'es qu'une pierre qui roule
Roule mon enfant

Ça n'est pas ta faute
C'est ton héritage
Et ça sera pire encore
Quand tu auras mon âge
Ça n'est pas ta faute
C'est ta chair, ton sang
Il va falloir faire avec
Ou plutôt sans

Mon enfant... Mon enfant...

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Tannabelle et ses grumeaux
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